mardi 21 février 2017

Le Coin des libraires - #44 Charlotte de David Foenkinos

J'ai reçu Charlotte de David Foenkinos à Noël. Je le voulais depuis sa sortie, lorsqu'il a fait grand bruit après avoir été couronné par le Goncourt des lycéens et le prix Renaudot si je ne dis pas de bêtises. 

Comme souvent, je préfère lire un livre quand la tension médiatique baisse, donc j'ai attendu et beaucoup repoussé. J'ai vu en fin d'année dernière que Folio sortait une nouvelle édition, illustrée des oeuvres de Charlotte Salomon et en format "semi-poche". Ensuite, j'ai dû tellement en parler qu'on me l'a offert ! 

L'avoir en ma possession m'a rappelé à quel point je souhaitais le lire, à quel point il m'intriguait. 
En ce moment, je n'ai le temps de rien, pourtant, je ne sais comment, j'arrive à trouver le temps pour lire, alors je lis. 


Le roman de David Foenkinos retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu'elle était @enceinte. Après une enfance à Berlin, Charlotte est exclue par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France. Elle y entreprend la composition d'une œuvre picturale autobiographique d'une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : «C'est toute ma vie.» 



Dès la première page, les choses décollent, on découvre une famille, deux soeurs extrêmement liées et le suicide de l'une d'elle, prénommée Charlotte. Cette Charlotte, c'est la tante de celle qui nous intéresse, et qui s'est suicidée à l'aube de la vingtaine. 
C'est dans cette atmosphère assez glauque et saturée par le chagrin que nous entrons dans la vie de Charlotte Salomon. Pourtant, bien que l'histoire soit absolument horrible pour notre héroïne, on trouve une pointe de tendresse dans la plume de l'auteur, une fascination omniprésente qui fait vivre Charlotte même quand celle-ci semble éteinte. 

Lire Charlotte en même temps que Si c'est un homme de Primo Levi (dont je vous parle bientôt) a été une expérience très intéressante. Les deux livres traitent du même sujet : la Seconde Guerre mondiale, mais les vies sont si différentes qu'elles ne sont comparables en rien. Ici, on ne parle pas seulement de la guerre, on parle de la vie d'une femme, de son début jusqu'à sa fin, jusqu'à sa postérité. La vie de Charlotte en débute en 1917, la guerre est présente en Allemagne, mais elle est inhibée, on ne parle essentiellement que de la mère de Charlotte et de son père. 

Charlotte va naître, elle va grandir et devoir vivre avec la perte de sa mère, un suicide là encore. Le récit va s'étaler jusqu'à la mort de l'artiste en 1943, soit à l'âge de vingt-six ans. Notre protagoniste découvre alors la vie, l'adolescence, la vie de jeune femme, la montée du nazisme et avec elle la haine envers les juifs. Mais Charlotte est allemande, elle n'est pas juive. Pourtant si, elle l'est et elle va devoir se battre pour vivre. 

Mais avant ça, elle fait la connaissance de l'amour de sa vie : Alfred, professeur de musique de sa belle-mère, Paula. Son amour pour lui est parfait, étouffant, déchirant aussi. Elle voudrait tout lui donner, mais il n'accepte rien. 
Un soir, le père de Charlotte se fait arrêter à leur domicile et sera envoyé en camp, après quelques mois, il sort finalement, complètement changé. 


Charlotte de David Foenkinos, Folio illustré.

Finalement, il est décidé que Charlotte doit partir, que ce n'est pas sûr pour elle en Allemagne, elle s'en va donc rejoindre ses grands-parents exilés en France. 
Sans compter les nombreux retours au présent lorsque l'auteur parle de ses recherches sur les traces de Charlotte, j'ai eu l'impression que le livre est coupée en deux parties : la première est celle où Charlotte est entourée par sa famille, celle où elle vit dans sa patrie, ressent une passion démesurée pour un homme. La deuxième représente l'exil, l'arrivée en inconnue dans un lieu qu'elle ne connait pas, où elle retrouve une partie de sa famille qui semble très loin d'elle. Dans cette partie, Charlotte est seule avec elle-même. 

Pourtant, plus que la vie de Charlotte, c'est son oeuvre qui est au centre de tout. Sa vie, c'est sa peinture, son art c'est un mélange des arts qu'elle a mixé pour en faire son chef-d'oeuvre : Vie ? ou Théâtre ? qui est très souvent évoqué car c'est ce que la peintre a laissé, toute sa vie est ici

Une fois la dernière ligne lu, le dernier point passé sous mes yeux, j'ai eu envie d'en savoir plus encore simplement parce que je ne comprends pas comment une femme comme elle a a pu demeurer quasi inconnue durant plusieurs décennies comme c'est dit dans l'épilogue. 
J'ai également été écoeurée, dégoutée de voir que sa mort était le fait d'une personne, de ce qu'on appelle une balance, un être humain qui a simplement passé à coup de fil pour que la jeune Charlotte alors enceinte de quatre mois se fasse arrêter, se fasse tuer. 

La vérité éclate au grand jour et avec elle nous avons ce rappel de la collaboration française qui a joué un rôle majeur dans la traque des juifs en France. Et dire qu'ils pensaient être en sécurité ici... 

Illustration 4235 (p. 36) de Charlotte Salomon

Illustration 4366 (p. 84) de Charlotte Salomon.

Charlotte étant ma première lecture de l'oeuvre de David Foenkinos, je peux dire que j'ai eu de la chance de débuter par celui-ci, parce qu'il me donne envie d'en lire d'autres. 
Je ne sais pas vraiment si je le considère comme un coup de coeur ou alors une excellente lecture, je sais uniquement que tout ce qui compte dans ce roman, c'est l'histoire. Digne d'un roman, on partage les émotions de Charlotte, on se retrouve propulsé dans les années 40 en Allemagne d'abord, puis en France. Cette impression de réalité est également renforcée par les illustrations bien évidemment. Pouvoir avoir un aperçu du travail de Charlotte Salomon et surtout pouvoir lier les peintures avec la biographie écrite par Foenkinos, c'est tout simplement génial. 

Je sais que je n'ai pas parlé du style de l'auteur ni même de la forme choisi par celui-ci. Pour ce qui est de la mise en page, je n'ai pas été particulièrement touché, je n'ai pas eu l'impression que ce choix de poème en prose renforçait le propos, car celui-ci est à la base très fort. La poésie si elle est présente se trouve dans la vie de Charlotte, dans l'objet décrit et non pas dans la mise en page ou l'écriture. Après, dire que la plume de David Foenkinos est mauvaise serait un mensonge, elle est agréable et douce, mais ce n'est pas ce qui m'a fait aimer le livre, non, ça, je le dois à Charlotte Salomon et à sa vie semblable à une tragédie. 


"Merci pour tes dessins.
Ils sont naïfs, approximatifs, inaboutis.
Mais je les aime pour la puissance de leur promesse.
Je les aime car j’ai entendu ta voix en les regardant.
J’ai ressenti une forme de perte et une incertitude aussi.
Peut-être même l’esquisse d’une folie.
Une folie douce et docile, sage et polie, mais réelle."
David Foenkinos, Charlotte.







samedi 11 février 2017

Le Coin des libraires - #43 Le cœur de la terre de Svatislav Basara

Dernier livre reçu grâce à Babelio ce mois-ci, il s'agit de Le coeur de la terre de Svetislav Basara chez Noir sur Blanc, édition Notabilia. Ai-je besoin de préciser pourquoi j'ai participé pour ce livre ? 

Forcément il fallait que je le lise rapidement - après réception du livre, il y a une limite de 30 jours pour publier son avis sur le site. J'ai reçu pas moins de trois livres de leur part ce mois-ci grâce à leur concours et je voudrais les remercier une fois encore ainsi qu'aux maisons d'éditions respectives. Néanmoins, le fait d'avoir une date donnée pour lire trois livres et parvenir à publier un avis rapidement est assez stressant. Bon finalement je m'en plutôt bien puisque le jour où j'écris cet article, il me reste encore 18 jours pour le publier, donc ça va ! 

Qui était vraiment Friedrich Nietzsche ? Il y a dans sa biographie un trou de trois mois, et c’est là que se trouve peut-être la réponse. En effet, Nietzsche est victime d’une cabale internationale ourdie par Wagner, Lou Salomé, Freud et autres Illuminati, auxquels, moyennant une légère torsion historique, viennent s’ajouter Staline et Atatürk. En 1882, afin d’échapper à cette meute, le philosophe prétend partir pour la Sicile, mais s’embarque en fait pour Chypre. Incognito. À moins que ce ne soit contraint et forcé, puisque, selon une autre hypothèse, captif du rêve d’un lecteur de Zarathoustra, il est entraîné malgré lui dans cette île au statut ontologique douteux. Quoi qu’il en soit, il y passera trois mois indescriptibles, que Le cœur de la terre, roman halluciné et hallucinant, s’emploie à décrire.



Quand il s'agit d'un concours sur Babelio, je lis toujours les quatrièmes (bon il est m'est arrivé une fois de choisir un livre par rapport à sa couverture...) et là, quand j'ai lu celle de ce roman, j'ai un peu hésité. Nietzsche est un homme dont je sais peu de choses, même quasiment rien ! Je me souviens l'avoir vaguement étudié en philo et c'est à peu près tout. C'est pour cette raison que je n'étais pas certaine de vouloir m'y plonger maintenant et de pouvoir le lire à temps. 
La curiosité et mon amour pour cette collection ont eu raison de mes doutes et je l'ai demandé. 

Après la réception je n'ai pas relu le résumé, j'ai attendu d'avoir terminé Ressentiments distingués et je m'y suis attelée. 
Le début de la lecture a été très mystérieux. On entre dans une sorte de préface qui est en fait l'histoire de la "recherche" de l'auteur qui a écrit ce roman, Le coeur de la terre. Cette histoire est tellement folle que j'hésite même à y croire. L'auteur donné sur la couverture n'aurait en effet pas écrit le livre en lui-même (qui en soit représente à mon avis un peu plus de la moitié de l'œuvre ici) mais celui-ci aurait été retrouvé plus tard sans que personne ne puisse confirmer son auteur. 

Le coeur de la terre, le roman que j'ai lu est en réalité une compilation de divers éléments venant illustrer la personne qu'était Nietzsche, mais aussi qui vient prouver que l'écrivain a bien séjourné quelque temps à Chypre et non en Sicile comme beaucoup le pensaient. 



Le coeur de la terre de Svetislav Basara aux éditions Noir sur Blanc (collection Notabilia).


Le mystère posé au début du livre m'a donné envie d'en savoir plus, ça a été une très bonne entrée en matière pour moi puisque ça a attisé ma curiosité et je pense que c'est pour cette raison que le début de ma lecture n'a pas été difficile ! Une fois passée l'histoire insolite liée à la recherche de l'auteur, puis la préface, nous voici aux portes du roman en lui-même : Le coeur de la terre. Ça m'a beaucoup plu, contrairement à ce que je pensais ce n'était pas chaotique, sauf à quelques moments, mais globalement j'ai trouvé ce roman très intéressant.

J'ai adoré apprendre des choses sur la relation de Nietzsche avec Wagner ou encore avec Lou Salomé, j'ai adoré la façon dont l'auteur a donné la parole à Nietzsche en quelque sorte.
Comme Socrate, il n'est qu'un homme et c'est sur ce paradoxe que repose son personnage. En effet, malgré cette donnée, sa postérité et ce livre nous montrent bien à quel point Nietzsche a pu être adulé ou détesté (même encore maintenant) et comment il a été rendu coupable de la montée du nazisme - et du bolchevisme en URSS -, comme s'il était directement lié aux horreurs du XXè...
Également, l'auteur s'attache énormément à faire de Nietzsche un personnage universel, j'entends par là qu'on entend beaucoup parler des "sosies" de Nietzsche, de sa moustache qui fait l'homme et non pas l'homme qui fait la moustache. Nietzsche est alors partout et nulle part à la fois.

Ce qui a à trait à la vie de l'écrivain m'a énormément plu, en revanche, j'ai trouvé certaines longueurs, lorsque par exemple on nous parle des services secrets britanniques (Chypre était sous la coupe de l'Angleterre), donc bien sûr on en revient toujours à Nietzsche, mais il n'empêche que j'aie trouvé ça un peu long ce qui est dommage parce que l'œuvre en elle-même est vraiment très pointilleuse dans ses recherches.

Pour rejoindre ce que j'ai dit plus haut, j'ai énormément aimé en savoir plus sur la vie de cet homme, et ça a été le cas grâce aux lettres qu'il a écrites à sa sœur notamment et où il admet être à Chypre, où il confesse qu'il attend la mort de Wagner pour revenir.
Tous les documents ajoutés à l'œuvre Le coeur de la terre donnent vraiment un résultat très complet avec ces lettres, ces notes de manchettes, ces notes des services britanniques qui écrivaient sur Nietzsche. Ce sont toutes ces choses qui m'ont permis d'apprécier ma lecture malgré ma faible connaissance de l'homme.

Franchement, je ne pense pas qu'il faille être absolument calé sur Nietzsche pour lire ce roman. Après, c'est vrai qu'il me semble préférable d'avoir déjà lu au moins une œuvre de lui ou de connaitre les grandes lignes de sa vie avant de se lancer parce que c'est vrai que ça reste une lecture pointilleuse et il faut être intéressé par le philosophe pour pouvoir l'apprécier à sa juste valeur.


Encore un grand merci à Babelio et aux éditions Noir sur Blanc pour m'avoir permis de lire ce livre !








mardi 7 février 2017

Bilan - #7 Janvier 2017

Vous avez pu le voir, je n'ai pas écrit de bilan le mois dernier et c'est tout simplement parce que je n'avais pas grand à y mettre. Je reviens donc aujourd'hui pour tracer un peu mon bilan livres/séries/films du mois de janvier.

  • Littérature 

Ce mois-ci a été assez riche en littérature. Lors de mon séjour à Paris début janvier, j'ai emmené deux livres, Tant que nous sommes vivants d'Anne-Laure Bondoux et Eva de Simon Liberati. Après un peu plus d'une semaine, j'ai fait un petit tour en librairie et je n'ai pas pu m'empêcher d'acheter trois Notabilia, ce qui m'a permis de ne pas tomber en panne de lecture !

J'ai enchaîné avec Spring hope de Sam Savage puis j'ai terminé Lettre à ma fille de Maya Angelou - j'ai prévu de rédiger des avis pour ces livres qui m'ont beaucoup plu ! Et après, comme vous l'avez sans doute déjà vu, j'ai lu Au fond des bois de Karin Slaughter et Ressentiments distingués de Christophe Carlier. Bon, il est vrai que j'ai terminé le mois avec la lecture de Marat-Sade, une pièce de Peter Weiss, mais je ne pense pas que ça vous intéresse particulièrement !

J'ai choisi aujourd'hui de vous donner mon ressenti sur mes deux premières lectures du mois - et donc de l'année !

  • Tant que nous sommes vivants d'Anne-Laure Bondoux 

Voilà un petit bout de temps que je voulais le lire et puis j'ai désespéré de le trouver en poche. Voilà qu'en fin d'année 2016 je m'aperçois qu'il vient de paraître en format poche j'ai Gallimard jeunesse, ni une ni deux, il repart avec moi. Je le mets en avance dans ma valise, je décide qu'il m'accompagnera pour le voyage.

Comment m'expliquer maintenant ? l'entrée dans l'histoire a été plutôt facile, j'ai bien aimé l'ambiance dès le début, le fait qu'on n'ait pas d'éléments comme un lieu prédéfini ou une période historique donnée. Voilà que nous sommes dans une ville qui abrite une usine. Auparavant prospère, cette ville est devenue triste et morose.
On rencontre ensuite Bo et Hama. Celui-ci est un "étranger" il vient du nord de la France, Hama, elle, est un membre à part entière de la ville et ce, depuis toujours. Ils travaillent tous les deux à l'usine, elle de nuit, lui de jour, et ils tombent amoureux.

Bien que ce soit un roman "d'adolescent", on ne tombe pas dans la niaiserie ou quoi, leur affection est réelle et sincère, voilà tout. L'histoire va plus loin également puisqu'un accident se produit et que leur vie s'en trouve radicalement changée.

Sans trop en dévoiler, j'ai été un peu mitigée avec la tournure des évènements, j'ai eu un peu le sentiment que l'irruption fantastique sortait un peu de nulle part. J'ai aimé la part de l'histoire avec les ombres, mais d'un autre côté, j'ai trouvé ça vraiment dommage de n'avoir aucun semblant d'explication quant à ces ombres et tout cet aspect magique dans l'oeuvre.
J'ai énormément aimé tout ce voyage initiatique, le fait que l'on suive ensuite Tsell, que la fin et le début soit si proche, mais j'ai été très déçu quand on a arrêté de suivre Hama et Bo. J'aime énormément ces personnages et j'aurais voulu savoir ce qu'ils devenaient.

Globalement, je dirais que ça a été une bonne lecture, j'ai passé un bon moment avec la plume d'Anne-Laure Bondoux et j'ai aimé me heurter à des questions dures comme l'abandon de la part d'un parent, la question du rejet envers l'étranger, celle de la guerre, de l'identité et aussi - et surtout pour moi parce que ça a été l'aspect que j'ai préféré - celui de l'handicap : que faire lorsque l'on perd un membre de son corps ?

P.S. : je ne regrette pas cette lecture rien que pour la famille qui vit dans une grotte, celle où tous les enfants portent en tant que prénoms, des numéros !


Tant que nous sommes vivants d'Anne-Laure Bondoux, éditions Gallimard.



  • Eva de Simon Liberati

Pour ce livre, ça a été un achat absolument au hasard. Je n'avais jamais entendu parler de Simon Liberati, auteur français et ami de Frederic Beigbeder - je n'ai jamais eu vraiment le temps (ou l'envie?) de découvrir la plume de ce dernier non plus faut dire. Je ne sais plus à quelle occasion, mais j'avais rapidement lu le résumé d'Eva qui m'avait beaucoup intrigué, alors je me suis lancée complètement à l'aveugle.

Une chose est sûre, j'ai bien fait de l'emmener à Paris avec moi. Oui, la plupart du roman se passe dans la capitale et l'auteur est vraiment précis par rapport aux arrondissements, aux rues, aux boutiques. J'ai aimé le sentiment de proximité qui s'est installé grâce au lieu où se passe l'action. Enfin bref.

Eva, c'est un roman sans en être réellement un. Disons que l'auteur a écrit un livre sur sa femme. Bon, faut dire que sa femme n'est pas n'importe qui puisqu'il s'agit d'Eva Ionesco, que je connaissais essentiellement pour avoir entendu parler de son film My little princess (2011) . Il est vrai que j'avais rapidement lu quelque chose par rapport à sa relation avec sa mère, une photographe qui n'a pas hésité à faire poser sa fille nue lorsqu'elle était une enfant - My little princess traite de sa relation  plus que tumultueuse avec sa mère.

Ce livre est une ode, une sorte d'hommage sans en être un non plus. Avec du recul, je n'arrive toujours pas à me positionner avec ce livre. J'ai beaucoup aimé certains aspects et d'autres beaucoup moins. Il y a des moments où je me sentais clairement mal à l'aise - je pense par exemple aux moments où Liberati fait allusion à la pédophilie de manière presque indécente je trouve. On peut vouloir écrire un livre subversif si l'on veut, mais là, j'ai trouvé que c'était dans l'excès, une espèce de déballage de clinquant, mais du clinquant cheap.

Sans remettre en cause le talent de l'auteur - certains passages sont merveilleusement bien écrits - j'ai eu le sentiment qu'il tournait un peu en rond. Il nous raconte des évènements sans qu'ils aient une véritable importance, j'entends par là que certains passages de leur relation sont clairement inutiles pour le lecteur ! Sans s'inventer une vie, il s'agit là de savoir raconter quelque chose qui serve, il ne s'agit pas seulement d'écrire sinon tout le monde publierait ses journaux intimes !

Finalement, j'ai été déçu, en grande partie parce que certains passages m'ont ennuyé. Le style de l'auteur qui est agréable ne se dévore pas non plus, en tout cas, personnellement, ce n'est pas le genre de livre que je lis d'une traite.
Et puis surtout, se pose la question : qu'apprend-on d'important sur Eva Ionesco que l'on ne trouve pas par ses propres moyens ?


Eva de Simon Liberati, éditions Livre de poche


J'espère avoir rapidement le temps de rattraper mon retard au niveau de mes avis littéraires, mais en attendant n'hésitez pas à jeter un coup d'œil à ceux publiés en janvier :


  •  Mes avis en ligne : 

Le Coin des libraires - #41 Au fond des bois de Karin Slaughter 
Le Coin des libraires - #42 Ressentiments distingués de Christophe Carlier







Livres lus en janvier 2017. 



  • Cinéma 

  • Live By Night de Ben Affleck 


Le mois de janvier a été un peu désert niveau ciné. Je n'ai rien vu si ce n'est le dernier film de Ben Affleck, Live By Night. Je n'aime pas Ben Affleck en tant qu'acteur, je suis désolée mais pour moi il est et sera toujours Daredevil ce qui n'est franchement pas un cadeau... Il n'empêche que c'est la deuxième fois qu'il s'intéresse à une œuvre de Dennis Lehane. Après Gone Baby Gone (2007), voilà qu'il s'attaque à Live By Night (fr. : Ils vivent la nuit).

Je n'ai pas lu le livre et je ne suis pas sûre que je le lirai un jour, mais quand même !
Ce que je peux en dire est que j'ai passé un bon moment. Sans être un film extraordinaire il se regarde très bien et certaines scènes sont très bien pensées, même si je n'ai pas eu l'impression qu'Affleck essayait quelque chose de nouveau dans le genre "gangster".
L'histoire en elle-même est vraiment cool - en même temps, c'est normal c'est celle de Lehane... - les personnages sont bien construits, Joe (Ben Affleck) est (je trouve) typique des héros de l'auteur. En effet, il n'est ni bon, ni mauvais, il est irlandais, le début de l'histoire se passe à Boston en plus enfin voilà, tous les ingrédients habituels de l'auteur américain sont bien présents !

En vérité, je ne peux pas dire grand chose de plus, je le conseille surtout à tous ceux qui aiment les films de gangster qui se passe dans les années 1920 et qui mettent en scène des conflits de mafieux (les éternels italiens et irlandais...), mais qui traite également de religion avec la talentueuse Elle Fanning ou encore du racisme par le biais de Graciella (Zoé Saldana). C'est un film sans grande prétention qui se regarde parce que tous ses ingrédients sont déjà connus et généralement appréciés, voilà tout !




  • Série 

Qui dit janvier dit retour des séries après la trêve hivernal. Je n'ai rien regardé durant les deux premières semaines, je n'avais pas le temps et je préférais garder tous mes épisodes pour mon retour chez moi.
J'ai poursuivi mes séries et j'en ai débuté une nouvelle, il s'agit de Taboo.


  • Taboo de Steve Knight (et Tom Hardy & son père, je crois !) 

Franchement, il m'est impossible de vous résumer cette série tellement elle est énigmatique. Tout ce que je peux dire avec certitude, c'est que nous sommes au début du XIXè siècle et que nous suivons James (Tom Hardy). Il revient d'Afrique, son père vient de mourir et il y a un délire avec de la magie. En fait, il y a plusieurs délires, notamment un truc incestueux avec sa demi-soeur. Je ne peux vraiment rien dire parce que là où j'en suis (il faut que je voie l'épisode 5) on ne sait pas encore grand chose de réellement pertinent. Enfin il y a tout une intrigue autour de la terre dont James  a hérité puisque tout le monde la convoite (les Américains comme les Anglais).

Si vous êtes fans de séries, je ne peux que vous la conseillez. Déjà c'est Tom Hardy qui joue le personnage principal - rien que cet argument devrait suffire ! - et en plus, ça se passe au début du XIXè siècle, et en plus, c'est quand même produit par Ridley Scott quoi !





  • Mes avis en ligne : 


Série du moment - #17 Shadowhunters (saison 1)



J'espère que vous avez passé un bon premier mois de cette année 2017 et à très bientôt pour un nouvel article !







vendredi 27 janvier 2017

Le Coin des libraires - #42 Ressentiments distingués de Christophe Carlier

Comme je vous le disais dans mon article précédent, je vais aujourd'hui vous parler du roman Ressentiments distingués de Christophe Carlier, livre que j'ai eu la chance de recevoir par le biais du site livresque Babelio, et également grâce aux éditions Phébus. 

Lorsque Babelio m'a proposé de participer à un tirage au sort pour ce roman, je l'ai fait uniquement pour l'éditeur. Phébus fait partie du même groupe (Libella) que la collection Notabilia (qui appartient à la maison d'édition Noir sur Blanc. Vous le savez, j'aime énormément cette collection et surtout, j'avais extrêmement envie de découvrir certains titres chez Phébus parce que mine de rien, ça commence à faire un certain temps que je lorgne dessus. 

Pour le dire rapidement - je ne pense pas que ce soit vraiment hyper intéressant - j'apprécie beaucoup le travail effectué sur l'objet livre qui est toujours de qualité avec une couverture qui n'est pas vraiment "lisse" et une illustration vraiment très jolie à chaque fois - oui, le design d'un livre compte beaucoup pour moi quand même. 

Enfin bref, tout ça pour dire que j'ai été sélectionné, que j'ai reçu le livre et qu'une fois Au fond des bois terminé, bah j'ai enchaîné, forcément. 

Sur l’île, le facteur ne distribue plus de lettres d’amour. Mais des missives anonymes et malveillantes qui salissent les boîtes aux lettres.

Un corbeau avive les susceptibilités, fait grincer les armoires où l’on cache les secrets. Serait-ce Tommy, le benêt ? Irène, la solitaire ? Ou bien Adèle qui goûte tant les querelles ? Ou encore Émilie, Marie-Lucie ou Félicien ? Bien vite, les soupçons alimentent toutes les conversations. Et l’inquiétude s’accroît. Jusqu’où ira cet oiseau maléfique ?



Ressentiments distingués est un livre court, même pas 200 pages. En ne sachant rien de la quatrième de couverture, je ne pouvais pas vraiment dire au départ si l'illustration en couverture était réellement pertinente avec le sujet du livre. Je peux désormais vous dire qu'elle l'est, et que l'illustratrice Héloïse Jouanard a vraiment fait un très beau travail. 

Avec ce roman, on va être plongée sur une île, on ne sait rien de celle-ci, ni son nom, ni sa localisation, elle entre uniquement en opposition avec le "continent". 
Là où je suis passée un peu à côté, c'est que je ne savais pas où je mettais les pieds, alors que le titre est assez révélateur quand on y pense. On va suivre une espèce de dérèglement sur l'île à cause d'un mystérieux corbeau qui envoie des lettres anonymes aux habitants. Ressentiments distingués est en effet une sorte de clin d'oeil à la formule "sentiments distingués" parfois présentes dans le langage épistolaire. 

Découpé en trois parties, enfin pour moi c'est plutôt deux parties et un épilogue, mais bref. La première partie s'ouvre sur le facteur, qui, de manière parfaitement normale distribue son courrier. J'ai trouvé intéressante la vision qu'a le facteur (Gabriel) sur son métier. Comme je l'ai dit un peu plus haut, il va être question d'envoi de lettres pas forcément hyper sympa alors après avoir décrit quelques habitants de l'île, décrit leurs habitudes, l'essentiel du propos se trouve dans la rumeur, dans les ragots et les "menaces" dues à celui qu'ils ont nommé le "corbeau". La panique apparaît peu à peu, le silence s'installe et même si personne ne dit rien, tout le monde pourrait être le coupable, enfin, à quelques exceptions près. 

La deuxième partie est focalisée sur le point de vue du corbeau, dont nous est dévoilée l'identité. J'ai beaucoup aimé le suivre, en apprendre plus et j'ai trouvé intelligent de ne pas faire une nouvelle fois une histoire de vengeance, parce qu'ici, je ne considère pas que cela le soit. Je ne vais pas trop m'étaler dessus parce que je ne veux pas gâcher la surprise, mais si jusque-là ça vous intéresse, foncez ! 

Ressentiments distingués,  Christophe Carlier aux éditions Phébus.

Cette lecture amène à se rendre compte à quel point les apparences sont trompeuses déjà, mais surtout que la peur peut-être attisée n'importe où, n'importe quand. Le corbeau paraît parfois simplement s'amusait sans que ce soit de la méchanceté perverse. Il semble plus s'attacher à essayer de faire réfléchir ses "victimes" qu'à les faire culpabiliser ou à les blesser. Pourtant, quelques drames vont se produire sur l'île, parfois sans que le corbeau ait quelque chose à y faire, d'autres où c'est entièrement de sa faute - je pense aux événements de la fin de la deuxième partie. 

Pour moi, c'est une réussite du point de vue de l'esquisse des insulaires, l'auteur nous parle de pas mal de personnes, mais seulement en quelques lignes. Il parvient de manière vraiment brillante à nous décrire ces personnages que l'on aperçoit qu'au café La Marine ou même à l'épicerie et qui, finalement, sont simplement des personnages faisant partie du décor - ou non d'ailleurs. 
Cette manière de survoler les personnages a contribué à ce que je me perde dans le livre, quand l'auteur a pour la première fois abordé Tommy, je pensais que nous allions le suivre plus en profondeur, pareil pour Gwenegan qu'on ne suit pas tant que ça au final. Enfin voilà, j'ai aimé tomber dans les pièges tendus consciemment ou non pas l'auteur. 


Ce livre aussi je l'ai dévoré : l'histoire m'a plu, peut-être aussi parce qu'après avoir lu un polar/thriller assez long et assez sanglant, j'ai eu besoin de lire quelque chose de plus léger, mais qui reste dans le registre de l'enquête. J'ai aimé simplement parce que c'est sans prétention, parce que l'auteur nous donne à voir une histoire bien ficelée dans une écriture toute en simplicité et efficace. À vrai dire je ne connaissais pas du tout Christophe Carlier, même pas de nom. Il est apparemment surtout connu pour son roman L'Assassin à la pomme verte qui m'a l'air d'être pas mal d'après le peu que j'en ai entendu. 


"La vague pétrit la mer sans fin. Elle sculpte et elle anéantit. Comme la vie, elle s’étire, en dérobant ce qu’elle avait offert. On met des années à se construire une existence. Surgit une force sans visage, qui dévaste tout. Elle prend la forme de la rumeur, du vent, du hasard."
Christophe Carlier, Ressentiments distingués.



Pour une découverte, ça a été une grande découverte et je ne pouvais pas rêver mieux pour démarrer cette année 2017 en beauté. Une fois encore, un très grand merci à Babelio et aux éditions Phébus








dimanche 22 janvier 2017

Le Coin des libraires - #41 Au fond des bois de Karin Slaughter

Dans le cadre d'une opération sur le site Babelio, j'ai eu la chance de recevoir Au fond des bois de Karin Slaughter qui m'a beaucoup intrigué avec sa couverture. 

Je tiens dès à présent à préciser que je ne savais pas que ce livre est une suite de saga - longue saga puisque l'auteure a commencé à écrire une série de six livres (réunis sous le nom de Grant County) sur les personnages de Sara et Lena, puis en a démarré une nouvelle avec le personnage de Will. Ce tome est le septième. En gros, pour bien comprendre toute la psychologie des trois personnages que l'on va suivre, il est préférable de lire les douze tomes qui précèdent celui-ci, chose que je n'ai bien évidemment pas faite. 

Une fois de retour chez moi, après avoir fait patienter ce petit pavé une semaine, je m'y suis attaquée, bah oui, ce n'est pas le tout mais il faut bien que je ponde un avis dessus. 

J'ai démarré sur les chapeaux de roue et pourtant, dès le premier chapitre, en découvrant le personnage de Lena, j'ai eu le sentiment que je n'avais pas toutes les clés. Je me suis alors renseignée et c'est à ce moment que j'ai découvert le grand nombre d'œuvres de cette auteure que je ne connaissais absolument pas avant - j'imagine qu'elle est assez connue, elle a vraiment l'air alors j'avoue, je me sens un peu honteuse. 


Lena est flic. Un soir, elle est sauvagement agressée à son domicile. Alors que son mari Jared est touché à la tête, elle perd le contrôle et, prise d’une rage meurtrière, tue tout aussi sauvagement l’un de ses agresseurs. Qui a tenté de les éliminer, et pour quelles raisons ? L’enquête commence, ardue et douloureuse. Ses ramifications rejoignent progressivement celles d’un autre dossier : l’investigation sous couverture menée par Will Trent pour localiser BigWhitey, un pédophile proxénète qui dirige un trafic d’héroïne depuis son repaire, au fond des bois…


Au fond des bois va se centrer sur trois personnages différents, mais bien évidemment, ils sont liés. Le roman s'ouvre sur Lena qui a passé une sale journée, enfin, je dirais même qu'elle enchaîne les problèmes depuis quelque temps : en tant que flic, le raid qu'elle "commanditait" a été un véritable échec, il faut donc qu'elle en réponde devant les Affaires internes. Ah oui, en plus elle vient de faire une fausse couche et aussi, en pleine nuit des hommes sont arrivés chez elle et son mari Jared et leur ont tiré dessus. Son mari risque de mourir, mais elle, elle s'en est bien sorti en éclatant les deux zouaves. 

Ensuite, on va suivre les personnages de Sara et Will. La première est une infirmière, ancienne médecin légiste pour la police (je crois) et Will est un agent qui travaille pour l'état de Georgie. Les deux sont évidemment liés puisqu'ils sont amoureux l'un de l'autre. Ils connaissent aussi Lena puisque celle-ci était la coéquipière du mari de Sarah (qui est aussi le père de Jared, le mari de Lena - ouais, il faut suivre...) et Will a enquêté sur elle quelques années plus tôt. 

Enfin voilà, je rencontre tout ce beau monde et au début, c'est vraiment dur. En grande partie parce que je ne les connais pas, que je n'ai pas eu la possibilité de m'attacher à eux par le passé et donc j'ai du mal. C'est ici le point négatif pour moi dans ce livre, évidemment l'enquête est indépendante des autres romans, mais il n'empêche que la psychologie est très importante, en particulier chez Lena et Sara qui ont une vieille rancoeur depuis le décès du mari de cette dernière. Il est difficile de "choisir un camp" simplement parce qu'il n'est pas possible de mesurer la faute de chacun. 
L'auteure décrit énormément les états d'âme de ses personnages - en particulier de Sara, qui est celle que j'ai le moins aimé, possiblement pour cette raison. 


Les choses s'enchaînent d'elle-même, une fois passées les deux-trois premiers chapitres, et le lecteur est pris dans une sorte de soif de connaissance, ce qui est quand même un très très bon point pour un roman policier/thriller. J'ai eu du mal à entrer dedans comme pour beaucoup de livres - bon ma lecture du moment vient contredire cette phrase, mais tant pis - mais une fois dans le bain, c'était parti et je l'ai dévoré en deux jours.
J'ai aimé le rythme qu'instaure l'auteure a découpant son livre de telle sorte qu'on a des flash-backs d'avant le raid qu'a effectué Lena et ses coéquipiers et également des chapitres qui narrent le présent, l'enquête en cours qui est bien évidemment liée au raid effectué par Lena. 

Au fond des bois de Karin Slaughter, édition HarperCollins Noir.


L'écriture de Karin Slaughter (en tout cas la traduction ici) est incisive, percutante. On se retrouve parfois dans des scènes très réalistes et sanglantes. J'ai eu le sentiment que l'auteure parvenait parfaitement à nous propulser sur les lieux de son livre, je dirais bien que son écriture est très imagée, mais je ne suis pas certaine que ça ait un véritable sens. 
Quoi qu'il en soit, elle est par moment très crue dans ses paroles, dans les actes de ses personnages et cette crudité en ressort d'autant plus qu'elle contraste avec les personnages que j'appellerai "extérieure" comme la mère de Jared par exemple qui reste relativement "douce" au vu des évènements qui lui arrivent. 

On sent très bien qu'elle a vraiment élaboré des personnages, car, ils ne sont plus des personnages, mais bien des personnes avec de véritables identités. En parlant d'identité, j'ai énormément aimé Will pour cette raison, ce côté de perte des repères en quelque sorte par le biais de son infiltration en tant que Bud Black. 

Malheureusement, je n'ai pas aimé tous les personnages de la même façon. Sara a été celle que j'ai le moins aimé, sans doute parce que je ne l'ai pas trouvé hyper utile, on ne va pas se mentir, dans l'intrigue elle ne sert pas à grand chose. C'est d'un point de vue sentimental, affectif qu'elle est importante, mais comme je ne connais pas véritablement l'histoire de la mort de son mari, ni sa relation avec Will, je n'ai pas été particulièrement touchée. Je l'ai trouvé parfois un peu impuissante - bon même carrément impuissante - au point que j'étais pressée de terminer un chapitre concentré sur elle et d'arriver dans l'action pure et dure que l'on nous donne à voir avec Lena et Will. 
Lena est mon personnage fétiche, probablement parce qu'elle est d'abord celui qui ouvre le livre, c'est son point de vue que l'on suit, sa situation merdique qui nous est exposée. Je me suis attachée à elle également parce qu'elle est en quelque sorte seule contre tous, tout le monde la déteste et ne fait que rabâcher qu'elle n'est qu'une sale égoïste et que tout le monde autour d'elle vient à mourir. D'ailleurs, sans raconter la fin ou autre, je tiens quand même à dire que cette fin est hyper bien trouvée puisqu'elle vient remettre en cause toutes les accusations qui ont été dites sur Lena. 
Enfin, pour ce qui est de Will, comment dire ? Déjà, il est le seul personnage masculin que l'on suit, ce que j'ai aimé, sans doute parce que j'aime son personnage. Un peu pareil que pour les deux précédents, j'ai été un peu perdue par rapport à son histoire avec Sara ou même avec Faith, sa coéquipière, j'ai eu le sentiment de manquer de certaines cartes importantes, mais bon, je l'ai quand même bien apprécié. 
À vrai dire, il fait simplement ce qu'il faut, il est droit dans ses bottes, même s'il fait des erreurs et c'est évidemment ce qui est intéressant, car qui n'en fait pas ? Malgré sa double identité dans ce tome, on sent bien son humanité, son sens du devoir et c'est ce qui compte le plus. 

Je mets la barre assez haut maintenant pour ce qui est roman policier américain, je me dis qu'après Lehane, je ne suis pas sûre de pouvoir lire un autre policier digne de ce nom, et pourtant. Pourtant, je me suis trompée et je m'en rends compte grâce à Babelio et aux éditions HarperCollins que je remercie énormément pour cette bonne surprise ! 

J'ai aimé, j'ai vraiment beaucoup aimé ce livre au point que je pense m'acheter au moins le premier tome de la première saga de Karin Slaughter pour voir si ça me plaît aussi. La petite déception se trouve dans le fait que je sais comment les choses se goupillent à présent et ça, c'est dommage, mais bon, je pense que cette auteure mérite que je la découvre un peu mieux, c'est donc ce que je ferai dans les mois à venir. 


"Enfant, Will avait pris l’habitude de se dire que toutes les vicissitudes de la vie étaient faciles à gérer. Pas besoin de les garder en lui. Il les mettait dans des boîtes. Au bout d’un moment, ça fait un paquet de boîtes. Il ne savait plus où les ranger. Elles flottaient autour de son lit à l’orphelinat. Elles le suivaient à l’école. Dans la rue, elles le pourchassaient comme des petites brutes décidées à le coincer.
Plus il grandissait, plus la question du stockage se posait. Ou peut-être était-ce la métaphore qui changeait. Les cartons flottants s'étaient transformés en feuilles, qu'il rangeait dans un dossier." 
Karin Slaughter, Au fond des bois


P.S. : si vous me suivez sur d'autres réseaux sociaux comme Instagram, vous avez dû voir pas mal de livres passer, livres dont je n'ai pas encore eu le temps de discuter ici avec vous. J'ai un retard énorme à rattraper et Au fond des bois est ma dernière lecture achevée, mais il fallait que je publie rapidement mon avis, tout comme ce sera le cas pour le prochain avis sur le blog qui sera sur Ressentiments distingués de Christophe Carlier, que j'ai aussi eu la chance de recevoir grâce à Babelio. 









vendredi 13 janvier 2017

Série du moment - #17 Shadowhunters

Adaptation de la saga de Cassandra Clare, La Cité des Ténèbres - The Mortal Instruments - que je n'ai pas lu, et non.
J'ai souvent eu envie de m'y plonger, l'histoire de chasseurs de démons qui protègent les humains tout ça, ça me plaît assez, mais j'ai toujours été découragé face au trop grand nombre de bouquins de cette série, franchement je ne saurais dire combien il y en a (et je crois qu'elle a même annoncé l'écriture d'une nouvelle série).
Mais du coup, comme j'ai souvent entendu parler des livres de façon plutôt élogieuse, j'avais très envie de voir le film adapté de ceux-ci, The Mortal Instruments : La cité des ténèbres (2013) d'Harald Zwart. Et contre toute attente, je n'avais pas trouvé ça génial, un peu trop "teenage", un peu trop mal joué, un peu trop creux, fin un peu trop de beaucoup de choses en fait.

Pourtant, à bien y réfléchir, après m'être accordé une bonne semaine de réflexion après la fin de mon visionnage de la saison 1 de Shadowhunters, je dirais qu'au final, bah le film se défend plutôt bien, quand on le compare à la série ! Bah oui parce que franchement, il y a du boulot !

Tout d'abord, le point le plus - plus, plus - négatif, c'est les acteurs. Je ne sais pas où les deux principaux ont été trouvés - Katherine McNamara & Dominic Sherwood - mais ça frise sérieusement le ridicule. J'ai franchement rarement vu un jeu aussi mauvais et surtout pour l'interprète de Clary qui est juste, mais juste le personnage principal, je me demande comment les producteurs, le réalisateur et toute l'équipe ont pu laisser faire ça, ouais ça me dépasse. Non parce que quand même, avec les deux acteurs principaux qui sont mauvais de chez mauvais, je ne vois pas ce qu'il peut y avoir de mieux pour flinguer une série entière !
Clary & Jace sont tellement faux que ça en devient amusant parfois, quand ils partagent une scène tous les deux et que ça pue le factice à plein nez. Surtout, la meilleure scène est sans doute celle où ils apprennent qu'ils sont frères et sœurs, elle m'a achevé celle-là - hahaha ! Ça ne tient pas la route une seule seconde mais pourtant ça va durer une dizaine d'épisodes, treize plus exactement, avant de découvrir que vraiment, c'est con hein, mais c'est foutu, ils sont mauvais, il n'y a rien à faire.

Alors quand les personnages qui sont au centre enterrent absolument tout ce qu'il y a autour d'eux, ça devient compliqué d'apprécier ce qu'il se passe. Mais encore, s'il n'y avait que ça pour me déranger... parce qu'il y a aussi le scénario en lui-même qui ne va pas, l'ensemble n'a aucune crédibilité, on ne peut pas faire comme si c'était possible, parce que ça l'est pas.


C'est tout d'abord le personnage principal, Clary Fray donc, qui le jour de ses 18 ans apprend qu'elle est une shadowhunter, que sa mère lui a menti toute sa vie et que maintenant, bah, elle va devoir se bouger parce que sa mère a été enlevé par le grand méchant Valentin.
Jusque-là, d'accord, pourquoi pas. Mais ça déconne. Fatalement. On ne sait pas comment mais du jour au lendemain Clary devient genre une pro de la baston, elle tue des démons tranquilles, elle manie son épée (cette chose peut-elle vraiment être considérée comme telle ?) comme une déesse, "elle a ça dans le sang" quoi. Ouais, mais non, c'est un petit peu trop facile quand même. Comme de nous dire que sa mère est la plus forte de tous les shadowhunters alors qu'elle ne sert à rien du premier jusqu'au treizième épisode, mais vraiment à rien quoi. Pourtant, tout va tourner autour d'elle, absolument tout, ce qui devient rapidement très chiant. Enfin autour de la coupe aussi, mais ils en ont besoin simplement pour pouvoir retrouver la mère, donc ça revient un peu au même.
Pareil, si quelqu'un peut m'éclairer sur ce moment où, en grand danger, Clary prend quand même la peine de parler avec Jace tranquillement pour le remercier de l'avoir sauvé bla, bla, bla, alors que techniquement elle n'est pas sortie d'affaire. J'avoue, je ne comprends toujours pas ce passage, pourquoi ne pas d'abord sauver sa peau et ensuite passer à la scène "remerciements chaleureux" ??

J'aborde à peine les dialogues qui sont creux au possible et qui sont là pour te faire comprendre que le spectateur est un idiot et qu'il n'est pas capable de comprendre quelque chose avec ses yeux, alors il faut que ce soit en plus, souligné dans les dialogues !

Fin ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas une excuse le "c'est une série destinée aux ados", d'abord je trouve ça insultant, genre "faut faire des trucs moins savants pour eux, parce que bon, ils ne sont pas forcément intelligents" mais surtout, il y a des séries pour ados qui ont une consistance, qui traitent de sujets sérieux ou du moins qui savent capter l'attention.
Je pense par exemple à des séries comme Pretty Little Liars, également adaptée de livres - Les Menteuses, Sara Shepard - ou encore Teen Wolf - adaptée du film éponyme - et qui tiennent la route !
Non, la vérité c'est que le choix du casting est mauvais, que la mise en scène est mauvaise, que les effets spéciaux sont mauvais, voilà, faut l'accepter.

Mais, parce que oui certaines choses m'ont quand même plu, certains personnages relèvent le tout. Pour ça, je crois qu'à peu près tout le monde s'accorde pour dire que le personnage de Magnus Bane est bon, vraiment Harry Shum Jr. (vu dans Glee) s'en sort vraiment bien, surtout quand on voit par qui il est entouré... C'est son personnage que j'ai préféré et j'aurais aimé en savoir encore plus sur son passé. Bon, il est vrai que sa relation avec Alec (Matthew Daddario) est un peu tirée par les cheveux (la scène du mariage était à prévoir x1000) mais j'avoue, ça m'a plu.

Également, le personnage de Simon, interprété par Alberto Rosende, que j'ai trouvé intéressant quand il n'est pas lié à Clary. Toute son histoire de vampire est vraiment cool, l'acteur joue bien, il m'a fait sourire plusieurs fois - à titre comparatif, je dirais qu'il m'a un peu fait penser à Stiles dans Teen Wolf - mais à partir du moment où il y a Clary dans les parages, ça se gâte, il devient inintéressant au possible dans le rôle du meilleur ami amoureux. Vraiment trop cliché.



Je suis très mitigée par rapport à cette série, très déçue surtout. Je crois qu'il faudra que je trouve un moment pour me mettre à la lecture des livres pour enfin pouvoir me faire un avis sur cette histoire.
Est-ce que je regarderais la saison 2 ? j'avoue que ma curiosité prend le dessus et que j'aimerais beaucoup voir dans quelle direction iront Magnus & Simon, mais ça n'est pas dit que j'aille jusqu'au bout de la saison, cette fois.


Vous en avez pensé quoi de cette première saison de Shadowhunters ?








samedi 31 décembre 2016

Le Coin des libraires - #40 Les gens heureux lisent et boivent du café d'Agnès Martin-Lugand

Je sais, j'ai énormément de retard sur mes articles par rapport à mes lectures. J'ai lu Les gens heureux lisent et boivent du café d'Agnès Martin-Lugand il y a plus d'un mois maintenant et heureusement que j'ai pris des notes sur mon ressenti à la fin de ma lecture, sinon, je n'aurais sans doute pas pu vous écrire cet article aujourd'hui. 

J'ai reçu ce livre en novembre dernier pour mon anniversaire dans une édition vraiment magnifique puisqu'il s'agit de l'édition limitée Pocket - je tiens d'ailleurs à dire qu'au vu de la beauté du livre comparé à la version classique, Pocket a pris une très bonne décision en l'éditant avec cette nouvelle couverture même si c'est dommage qu'il n'ait pas édité la suite La vie est facile, ne t'inquiète pas dans une édition du même esprit (peut-être pour l'année prochaine ?) 

Depuis le temps qu'il me fait de l'oeil ce livre je n'ai pas pu m'en empêcher, il a été ma première lecture parmi tous les livres que l'on m'a offert. 
Cela fait maintenant plusieurs semaines/mois que je ne peux plus trop lire, en tout cas pas dans un rythme aussi soutenu qu'auparavant alors j'ai tendance à favoriser les lectures assez courtes comme vous avez pu le voir sur Instagram - bon Temps glaciaires & Sacré sont les exceptions - et pour le coup, ce qui est sûr c'est que Les gens heureux lisent et boivent du café entre parfaitement dans ce critère puisqu'il ne fait même pas 200 pages. 



« Ils étaient partis en chahutant. J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux. »
Diane a brusquement perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son coeur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. Afin d’échapper à son entourage qui l’enjoint à reprendre pied, elle décide de s’exiler en Irlande, seule.

Mais, à fuir avec acharnement la vie, elle finit par vous rattraper…


Bon, une fois encore j'ai retrouvé cet éternel débat dû à l'engouement des livres : la médiatisation d'un livre le rend-il moins bon parce que les critères d'appréciation se trouvent être plus élevés que d'ordinaire ? 
C'est une question délicate dont la réponse n'est pas la même en fonction du livre en lui-même je trouve, mais aussi en fonction du lecteur. 

Pour ma part, c'est vrai que quand j'entends vraiment beaucoup parler d'un livre comme ça a été le cas pour celui-ci, j'ai tendance à mettre la barre très haute et à avoir des attentes relativement importantes. Il m'arrive de regretter l'engouement autour d'un livre ou d'un auteur à cause de cela justement - même si je souhaite aux auteurs d'acquérir une certaine notoriété bien évidemment ! 
C'est vrai aussi que j'ai tendance à me plonger dans un livre tout en sachant le moins possible de ce qu'il va raconter, de telle sorte que j'évite les résumés ou autre sur les réseaux sociaux, mais on ne peut pas passer à côté de la médiatisation de certains livres - en ce moment, c'est par exemple Chanson douce de Leïla Slimani qui a en plus remporté le prix Goncourt de cette année et qui m'intrigue beaucoup, mais je pense que je vais attendre quelques mois, peut-être pour sa sortie poche ou quoi, mais en tout cas pas maintenant, tout le monde ne fait qu'en parler et je préfère toujours attendre de retrouver le calme d'après la tempête. 


Bon bref, tout cela pour dire que ce livre a été vraiment énormément vendu, que beaucoup le considèrent comme un coup de coeur ou en tout cas, une excellente lecture, etc, etc. comme vous l'avez sans doute un peu compris, ça n'a pas vraiment été le cas pour moi. 

Je m'explique - avant de me faire égorger par les fans de l'auteure -. L'histoire en elle-même est plutôt intéressante, puisque l'on suit Diane une parisienne qui vit dans le passé ou plus exactement qui ne vit plus réellement. Elle vit en quelque sorte en exilé dans son appartement depuis qu'elle a perdu son mari et sa fille il y a de cela une année. Complètement désemparée, elle ne semble plus savoir comment vivre tout simplement. 
Le postulat est tout à fait correct, l'histoire promet d'être riche en émotion. De prime abord j'ai pris le livre pour un mélange entre le drame et le développement personnel comme on en voit beaucoup pullulé depuis des années (comme avec Laurent Gounelle par exemple), mais en fait non, pas vraiment en tout cas. 

Bien évidemment tout le roman va tourner autour de Diane, la protagoniste du roman qui est tout aussi énervante qu'épuisante, mais pas tout le temps ! Enfin si, mais c'est surtout que ça fonctionne à l'usure. Au début on comprend pourquoi elle est aussi mal, pourquoi elle se plaint toutes les pages et tout et puis, voilà qu'elle prend la décision de partir en Irlande et on se dit alors : ça y est l'apprentissage de la guérison va commencer, on ne va pas la supporter pendant tout le bouquin dans son appart dégueulasse de Paris. 

J'ai vraiment aimé le moment où elle décide de prendre sa vie en main avec ce voyage, de se prouver à elle-même qu'elle en est capable, qu'elle peut le faire seule. Sur certains aspects, je me suis retrouvée dans la psychologie du personnage ce qui n'était pas désagréable, mais sur d'autres j'ai plus eu l'impression d'avoir affaire à une fille de 16 ans qu'à une femme qui, certes a perdu son mari et sa fille, mais qui a quand même des choses auxquelles se raccrocher, comme son meilleur ami Felix ou son café-librairie quoi. Fin je suis désolée, mais c'est un peu capricieux de sa part de tout abandonner comme ça, surtout quand on sait que des gens tueraient pour avoir la chance de faire la même chose, mais bref.



Les gens heureux lisent et boivent du café d'Agnès Martin-Lugand, édition Pocket collector.


Voilà donc que Diane part en Irlande histoire de guérir seule, histoire d'être recluse dans un pays étranger et d'avoir enfin la solitude dont elle a besoin - c'est en tout cas comme ça que je l'ai perçu. À ce moment là, ça allait un peu mieux, je la trouvais un peu moins pitoyable à toujours se plaindre et tout. 
Finalement, ça a été de courte durée parce qu'elle repart à la fin du bouquin et alors une grosse interrogation s'est posée : à quoi bon partir ? en quoi ce voyage en Irlande est-il légitime pour l'histoire puisqu'au final, retour à la case départ, Diane revient à Paris et décide de reprendre en main "Les gens", mais ce n'est pas comme s'il n'était pas là avant qu'elle parte, elle n'avait peut-être pas besoin de partir faire ce qu'elle a fait pour s'en rendre compte quoi. 

Lors de la dernière page du livre je me suis demandée à quoi ça a servi, à quoi ça l'a avancé de partir en Irlande si ce n'est faire n'importe quoi, si ce n'est briser le coeur du pauvre Edward qui était prêt à sauter le pas pour elle. Définitivement, ça a été une déception parce que le personnage est bien trop creux et pitoyable pour moi. 

J'ai surtout eu l'impression que l'auteure voulait mettre le paquet sur le pathos afin de combler certaines lacunes comme le fait de ne peut-être pas réellement savoir ce que cela fait de perdre des êtres aussi proches. Oui, c'est ça, j'ai eu le sentiment que l'auteure n'a peut-être pas suffisamment creusé dans son personnage en tant que telle et l'a surtout utilisé comme généralité. 
Je m'explique : Diane = représentation d'une femme qui a perdu sa famille donc elle est la figure de proue de tous ceux qui ont perdu un jour leur conjoint ou un enfant, mais au-delà de cela, où est l'individu en tant que tel ? où se trouve le personnage que l'on suit ? D'un point de vue psychologique je n'ai pas eu le sentiment de suivre un personnage à part entière, plus une vague image d'une femme qui a perdu sa famille mais qui n'a pas d'identité propre, qui se définit toujours par le biais des autres : d'abord sa famille, Felix, puis Edward et enfin son café/librairie, mais le personnage de Diane, je n'ai jamais eu le sentiment de le découvrir. 

Vous l'aurez donc compris, je n'ai pas trouvé Diane particulièrement attachante, évidemment on ressent de la compassion pour ce qu'elle a vécu, pour ce qu'elle subit au quotidien, mais c'est aussi difficile d'apprécier un personnage quand l'on ne perçoit pas réellement ses contours et quand celui-ci pleure la moitié - les trois-quarts ? - du temps. 
Ce problème de psychologie des personnages n'est pas applicable à tous puisque j'ai beaucoup aimé les personnages seconds comme Felix même si je l'ai trouvé trop stéréotypé dans le genre "coureur de jupons gay" ce qui est dommage parce qu'il a un potentiel vraiment intéressant. 
Non, c'est surtout Edward que j'ai aimé, j'ai trouvé qu'il était le personnage le plus élaboré, le plus abouti avec une réelle construction du personnage. Oui c'est vrai, son histoire peut paraître tirer par les cheveux, mais il n'empêche que ses réactions paraissent sincères et qu'il a l'air d'avoir été travaillé par l'auteure. En tout cas, j'ai cru sentir un réel cheminement dans la façon d'écrire ce personnage que ce soit dans son histoire passée et même dans celle que l'on suit avec sa femme, avec son métier de photographe. 


Comme je le disais au début de mon article la sur-médiatisation de ce livre a sans doute joué dans mon appréciation, après tout, quand beaucoup de monde a adoré un bouquin, on est toujours un peu déçu de ne pas l'avoir autant aimé. Que voulez-vous, je m'attendais à mieux je ne vais pas mentir simplement pour être comme tout le monde. J'ai été déçu par la résolution, par le personnage de Diane et aussi par le style malheureusement. Sans m'attendre à quelque chose d'hyper transcendant, je n'ai pas été particulièrement transporté par l'écriture de l'auteure. 
Pour dire la vérité, j'ai trouvé le style assez plat, le point positif est que ça se lit très vite, en une journée c'était plié, mais au-delà, j'ai tendance à préférer quand l'écriture est plus poétique, plus lyrique. 
J'ai eu un gros problème avec les nombreuses répétitions. Je veux dire, répéter toutes les deux pages que Diane est déprimée, qu'elle fume cigarette sur cigarette et n'arrête pas de pleurer est une façon de dire les choses franchement et je préfère quand les choses sont dites de manière un peu plus subtile, plus métaphorique on va dire. 


Sans être un fiasco total quand même, je m'attendais à mieux - beaucoup mieux - si bien que je ne comprends pas l'engouement qu'il y a eu pour ce livre, mais je suis contente de l'avoir lu, de m'être fait mon propre avis. Je tiens enfin à dire que ce n'est pas parce que je n'ai pas aimé que ça signifie que je ne le conseille pas, si je ne l'ai pas aimé, quelqu'un d'autre l'aimera, c'est évident. Il n'empêche également, malgré mon appréciation, que je salue le travail de l'auteure, comme toujours parce qu'il n'est jamais facile d'écrire un livre, parce qu'un auteur met une part de lui-même dans ses écrits et je ne veux pas donner l'impression de penser que c'est un travail aisé et rapide, parce que ce n'est pas le cas.


Pour finir, je me demande toujours si je vais me mettre à la lecture de la suite, La vie est facile, ne t'inquiète pas qui, si j'ai bien compris, vient en quelque sorte conclure l'histoire de Diane. J'aimerais bien le lire, surtout qu'il est tout aussi court, mais le seul truc qui me chiffonne vraiment c'est la couverture. Je n'ai pas envie d'acheter cette couverture avec une femme dessus que je trouve vraiment moche, surtout qu'elle ne va pas du tout avec l'édition collector de Pocket.


"Je n’avais jamais habité seule, j’avais quitté la maison de mes parents pour m’installer avec lui. J’avais peur de passer un simple coup de téléphone pour demander un renseignement ou faire une réclamation. Colin, lui, savait tout faire. Il fallait que je l’imagine me guider pour tout préparer. J’allais le rendre fier de moi. Si c’était une des dernières actions que je faisais avant de m’enterrer, je prouverais à tous que j’étais capable d’aller jusqu’au bout."

Agnès Martin-Lugand, Les gens heureux lisent et boivent du café


À bientôt, en 2017 !
















mercredi 21 décembre 2016

L'Avenue du cinéma - #24 Mademoiselle de Park Chan-wook

Ce nom ne vous est certainement pas inconnu puisqu'à mon avis, il est un des cinéastes sud-coréens du moment qui a le plus le vent en poupe. Park Chan-wook, surtout connu à la base pour Old Boy (2003) - que je n'ai même pas vu - puis ensuite avec Stoker (2013) et enfin Snowpiercer qui avait fait grand bruit lors de sa sortie en 2014. Bon pour être franche, à part Mademoiselle, j'ai seulement vu Stoker, et encore, ça date de la semaine dernière. 
J'ai vu plusieurs extraits de Old Boy qui a l'air vraiment cool, mais c'est tout et j'espère le voir quand même bientôt. 

Enfin bref, on n'est pas vraiment là pour parler de la filmographie de Park Chan-wook, mais plutôt pour parler de son dernier film, Mademoiselle donc. Sorti début novembre, j'ai vu la bande-annonce qui m'a tout de suite donné envie. Ces derniers mois, la Corée du Sud a été à l'honneur pour moi, puisque j'ai vu Dernier train pour Busan de Yeon Sang-ho (vraiment troooop cool), puis The Strangers de Na Hong-jin dont j'ai été assez déçue quand même en particulier parce que je n'ai pas eu le sentiment de comprendre grand chose. Et puis, le dernier en date a été Mademoiselle que j'ai vu il y a bientôt un mois maintenant. 

Je pense que cet article va être relativement court, en tout cas plus que d'ordinaire, car je ne veux absolument pas raconter l'histoire ni rien, je ne veux pas gâcher le plaisir que les retournements de situation procurent, alors je vais essayer de faire au plus court afin de seulement vous confier mon ressenti sans trop m'étaler sur l'intrigue. 




Tout d'abord, j'aimerais parler de cette force qu'a le réalisateur pour raconter des histoires. Le fait que le film soit découpé en trois parties bien distinctes permet l'élaboration de trois points de vue différents, autant de façon d'interpréter des actes ou des paroles. Cette manière de contrôler parfaitement son scénario et plus largement son histoire en entière est ce qui a rendu mon appréciation du film aussi bonne. Plus qu'un simple film "d'arnaque", c'est un film qui tente d'aborder des tas de sujets importants et toujours actuels - l'homosexualité pour n'en citer qu'un. 

L'atmosphère est, elle aussi pleinement maîtrisée, on se retrouve dans les années 1930, en Corée du Sud qui est colonisée par le Japon - après The Strangers, on peut définitivement comprendre que la Corée du Sud a très mal vécu cette annexion par le Japon. Ce dernier a une place fondamentale puisque Hideko (Kim Min-hee) est japonaise ainsi que son oncle (Jo Jin-woong), mais je ne connais pas l'histoire de la Corée du Sud, je ne suis pas historienne non plus alors je ne prétendrai pas comprendre tous les tenants et aboutissants qui se jouent dans les films coréens qui traitent de ce sujet.

Lors du début du film, nous sommes avertis : nous entrons dans la première partie, il est donc logique de considérer que le film sera découpé en quartier en quelque sorte. Sans faire attention à la durée de cette première partie sur un film qui fait quasiment 2h30, on arrive à la fin et là, un énorme wtf m'échappe et je ne comprends absolument pas la scène qui vient de se dérouler sous mes yeux. Ce que j'ai trouvé le plus admirable dans ce film - autre que l'esthétique - c'est l'enchevêtrement des évènements qui est simplement fou et là, on comprend la force du savoir-faire de Park Chan-wook quand il s'agit de perdre son spectateur pour mieux le retrouver plus tard. 

Pour ce qui est du jeu des acteurs, je dirais que celui des deux actrices principales est bluffant : Sookee (Kim Tae-ri) et Hideko sont simplement excellentes, qu'est-ce que je pourrais dire de plus ? Le double-jeu instauré par les deux est palpable tout au long du film, jusqu'au point qu'à la dernière scène, on se demande si elles ne vont pas faire crever l'écran. 
Les autres acteurs sont très bons aussi, que ce soit le "comte" ou l'oncle, simplement l'histoire est quand même surtout centrée sur ces deux femmes et la découverte de l'amour en quelque sorte alors il me semble normal de surtout parler d'elles. 


Mademoiselle, Park Chan-wook.


Pour ce qui est de l'esthétique du film, je ne peux que me ranger du côté de ceux qui le trouvent magnifique, parce que définitivement, il l'est. Certains plans sont éclatants de beauté et renforce l'aspect presque irréel des situations.
Forcément - je suis loin d'être la première à le faire - on peut faire un parallèle avec La Vie d'Adèle (2013) de Kechiche, film que je n'ai pas du tout aimé et qui m'a profondément ennuyé. On retrouve néanmoins certaines thématiques comme celle de l'entrée dans l'âge adulte pour ces deux filles-femmes qui se découvrent l'une l'autre. C'est aussi, et surtout ces scènes de sexe très crues ponctuées par des gros plans.
Petit point négatif : certaines de ces scènes sont trop longues, le propos est trop appuyé si bien que ça rend certaines scènes à la limite de la gêne si ce n'est de l'inutilité - je pense surtout à la scène où Sookee met son doigt dans la bouche de Hideko pendant quoi, une bonne minute ?


Enfin voilà, pour mon premier film de Park Chan-wook j'en ai pris plein les yeux. J'ai été happé par la beauté des décors, des personnages et par une histoire qui est bien plus complexe qu'elle n'y paraît.
Je n'ai plus qu'à voir les autres nombreux films de lui que je n'ai pas vu avant de pouvoir donner un avis qui soit construit sur sa filmographie.



P.S. : Mademoiselle est adapté du roman du Bout des doigts de Sarah Waters, écrit au début des années 2000. Je ne l'ai pas lu mais j'aimerais beaucoup, surtout que le réalisateur semble avec effectué quelques digressions.

Comme toujours si vous avez des questions, des avis à me donner par rapport à Mademoiselle ou même un autre de Park Chan-wook, n'hésitez pas !









La promise au visage de fleurs de Roshani Chokshi

Il était une fois un homme qui croyait aux contes de fées. Il était une fois un homme qui savait que les contes révèlent ce qui demeure cach...