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dimanche 19 août 2018

Le Coin des libraires - #107 Le Procès de Franz Kafka + adaptation cinématographique d'Orson Welles

Voilà longtemps que je pense à écrire cet article. J'ai eu la chance d'étudier le roman Le Procès de Franz Kafka et j'avais envie de vous en parler pour la simple raison que j'ai beaucoup aimé lire cette oeuvre - comme toutes les autres oeuvres de l'auteur lues jusqu'ici. 

Paradoxalement à ça, j'appréhende un peu d'écrire cet article, Le Procès est une oeuvre tellement complexe, possédant tellement d'interprétations qui, parfois et même souvent, n'ont rien à voir entre elles que, je ne sais pas très bien comment je vais pouvoir me dépatouiller de tout ça, mais bon, autant essayer ! 
Et puis, j'avais aussi envie de refaire ce format d'article où je parle du roman pour ensuite aborder son adaptation cinématographique, je le fait peu parce que mine de rien, ça prend du temps - d'ailleurs, si tout se passe bien le prochain article de ce type que vous devriez voir n'est autre que sur Gone Baby Gone de Dennis Lehane, adapté par Ben Affleck ! 


Un matin, au réveil, alors qu’il n’est coupable d’aucun crime, Joseph K est accusé et arrêté. Arrêté, mais laissé entièrement libre. Accusé, mais sans savoir ni de quoi ni par qui. Ainsi s’ouvre Le Procès, qui dépeint les affres d’un personnage aux prises avec un adversaire aussi implacable qu’insaisissable, la loi. Terreur, mépris, révolte, indifférence : quoi qu’il éprouve ou fasse, le prévenu s’enferre, aggrave son cas, court à sa perte. Et, à mesure que s’effondrent toutes ses hypothèses, la réalité se dévoile pour ce qu’elle est : un univers de faux-semblants. Roman de la justification impossible, Le Procès nous invite à emboîter le pas à Joseph K, au narrateur et à Kafka lui-même, pour méditer sur le destin d’un individu, le sens de la vie et la question du salut.



C'est mon premier roman de Kafka, je ne le connaissais auparavant que par le biais de ses nouvelles : La Métamorphose, La colonie pénitentiaire, mais je n'avais pas encore eu l'opportunité de me pencher sur ses romans qui sont au nombre de trois : Le Procès, Le Disparu, Le Château, et sont tous inachevés. 

Kafka est un auteur qui me fascine, en grande partie à cause de son histoire personnelle, son besoin d'être un homme normal c'est-à-dire avec un travail, une femme, etc. et de vivre une vie d'artiste, une vie où il remplit sa vocation qui n'est autre que l'écriture - il dessinait aussi, c'est généralement passé sous silence, mais apparemment il lui arrivait de dessiner et ses productions n'étaient pas si mal, de ce que j'en ai entendu. 
Enfin voilà j'ai avec lui un sentiment de grande étrangeté dans le sens où j'ai le sentiment que son oeuvre m'est toujours insaisissable. Il me semble qu'on a tellement dégagé de thèses dessus que jamais on ne trouvera une explication ou une démarche à son écriture, sans doute est-ce un peu un mélange de différentes thèses, une seule étant trop réductrice pour l'auteur praguois. 

En tout cas, pour ma part, je ne me suis pas arrêtée à la seule lecture psychologique de l'oeuvre - comme quoi tout ce qui arrive à Joseph K., le protagoniste est en réalité une façon de montrer la relation de Kafka avec son père, ni même une seule lecture politique : Kafka dénonce un système insaisissable, inconnaissable qui a droit de vie ou de mort sur les citoyens de ce système. 

Kafka représente l'écrivain par excellence qu'on ne peut catégoriser, qu'on ne peut pas non plus expliquer, il est une sorte d'ovni, d'auteur de génie qui n'a rien laissé derrière lui excepté des manuscrits inachevés, destinés aux flammes. 


Pour parler seulement du Procès et arrêter de donner mon avis sur ce grand auteur qu'est pour moi Franz Kafka, je dirais tout d'abord que c'est un roman rempli de non sens, d'obscurité, d'incompréhension.
Joseph K. est lui-même un personnage ambivalent, un personnage dont on ne sait pas grand chose et qui se trouve être accusé comme ça, en un claquement de doigts. 
C'est une des choses que j'aime chez Kafka, le fait qu'on ait dès le début la situation de posée. On ne passe pas des plombes à poser un environnement, une atmosphère, non non, dès la première phrase on nous dit ce qu'il en est. 

Description d'une quête sans identité, nécessité d'absolution religieuse, absurdité qui frise le non sens, Le Procès est bel est bien la quête d'un homme pour prouver son innocence. Jusque là, c'est franchement banal, mais ça l'est quand même beaucoup moins quand il s'agit de prouver son innocence alors qu'on ne sait même pas de quoi on est accusé. L'idée est folle quand même, non mais franchement, comment peut-on proclamer son innocence si on ne sait tout bonnement pas ce qu'on nous reproche ?
Cette question fait partie de beaucoup d'autres questions du même acabit, mais globalement, le noyau du roman est de donner à voir la lutte d'un homme face au pouvoir. J'ai trouvé ça passionnant, la façon dont Kafka nous donne à voir un personnage qui, comme le lecteur, se trouve complètement dépassé, qui passe de la surprise totale, à la remise en question. 

J'ai aimé aussi cette façon de faire rire le lecteur alors que la situation est tout à fait angoissante, voire tragique. Cette absurdité, mêlée à la farce à moitié, ça m'a, par moment, fait exploser de rire alors qu'après coup, je me disais que c'était horrible, en fait. C'est sinistre, tout en étant drôle, c'est dingue quand même ! 

Alors il est évident que même après deux lectures (quasi trois), il y a encore plein de choses que je n'ai pas compris, je ne peux pas prétendre que j'ai tout saisi parce que c'est absolument faux, à vrai dire, je ne peux faire que des conjectures - et puis, faut dire que je ne suis pas une très bonne exégète non plus haha ! 
Quoi qu'il en soit l'auteur pose énormément de questions, comme sur la loi par exemple : ce qu'on pense qu'elle est, ce qu'elle est réellement, et ce, par le biais du chapitre Dans la cathédrale qui fait énormément réfléchir avec la parabole du gardien. Chapitre qui, par ailleurs, est fondamental puisque c'est le seul que Kafka a publié de son vivant et surtout, qu'il ne voulait pas détruire. 


Vous l'aurez donc compris, j'ai adoré lire et étudier cette oeuvre, même si j'ai bien conscience de ne pas avoir tout saisi, j'ai passé un excellent moment avec ce roman qui ne cesse de nous questionner sur tout un tas de sujets importants, tout en mêlant une sorte d'humour noir qui, quand on y pense, fait froid dans le dos ! 


"D’ailleurs de toute façon, comment est-ce qu’un être humain peut être coupable. Nous sommes pourtant tous des êtres humains, ici, tous autant que nous sommes."
Franz KafkaLe Procès.


J'aimerais désormais lire sa correspondance avec Milena Jesenska, ou sinon peut-être lire un autre roman, je ne sais pas trop encore. 



  • Du papier à l'écran 

Mon prof nous avait conseillé de regarder l'adaptation réalisée par Orson Welles en 1962, ce n'était pas obligatoire, mais comme vous pouvez vous en douter je n'ai pas résisté à l'envie de voir l'adaptation. 
Autant le dire dès maintenant, ce qui m'a décidé à voir le film au-delà du réalisateur, c'est bien évidemment l'acteur qui joue Joseph K. et qui n'est autre qu'Anthony Perkins. 

Pour ceux à qui le nom ne dit rien, c'est tout simplement l'acteur qui incarne Norman Bates dans Psychose d'Alfred Hitchcock - le meilleur film du monde ! Je n'ai pas pu résister juste pour ça, juste parce qu'il joue incroyablement bien Norman dans Psychose et parce que je ne l'avais jamais vu dans un autre film. Après coup, j'a regardé une biographie de l'auteur et il semblerait que ce soit ses deux plus grands rôles, il a surtout fait des films de "séries B" comme on dit, puis il est décédé du sida. 

Bon déjà, j'ai adoré le parti pris de Welles qui est celui du rêve. On remarque aussi dès le début l'importance qu'a pour lui le chapitre Dans la cathédrale puisque le film commence justement avec la parabole présente dans ce chapitre. 
Et puis, très vite on se rend aussi compte de la fidélité à l'oeuvre originelle. Welles utilise le parti-pris du rêve pour justifier les événements, mais il n'en reste pas moins tout à fait fidèle au roman - sauf quelques digressions ici et là.

Ces digressions, elles apparaissent surtout dans l'optique de faire du Procès, une sorte d'écho de la Seconde Guerre mondiale, écho sans doute des juifs dans les camps (avec le plan où Joseph K. se trouve entouré d'hommes accusés qui sont affublés de pancartes numérotées), écho aussi de bombe nucléaire (la fin du film) qui vient conclure la chute. 




Anthony Perkins est fidèle au personnage de base : il passe de l'incompréhension au rejet, puis de la volonté de s'en dépatouiller à une lassitude qui ne peut se résoudre que d'une seule façon.
J'ai adoré sa façon d'incarner le rôle, à vrai dire quand j'ai vu le film après avoir lu le livre, je me suis faite la réflexion que c'était exactement comme ça que je voyais Joseph K. 
Enfin ce qui m'a marqué, ce sont les décors, je pense notamment à ce plan où Joseph K. se trouve littéralement écrasé par l'architecture du tribunal, image qui traduit à la perfection le sentiment d'angoisse que l'on ressent à la lecture du Procès, quand on comprend que l'homme se trouve aux prises avec la justice, la loi, le tribunal que l'on ne connaît pas, que l'on ne peut pas rencontrer et qui reste une vérité irréfragable. 

C'est un film à la hauteur de son oeuvre originelle qu'Orson Welles a pondu, un film à la mesure du géant qu'était Kafka et qui, pour ma part, est une interprétation intéressante et personnelle du roman sans pour autant que celui-ci soit dénaturé. Globalement il reste assez proche du livre, un peu comme c'était le cas pour Sa majesté des mouches, adapté par Peter Brook.
J'ai l'impression qu'a cette époque, on évitait les écarts, en tout cas plus qu'aujourd'hui où on trouve plus d'interprétations libres et personnelles - enfin, ce n'est évidemment que mon avis ! 


Le Procès (1962) d'Orson Welles.


L'avez-vous déjà lu ou vu ? Est-ce qu'un des deux vous fait envie ? 






dimanche 24 septembre 2017

L'Avenue du cinéma - #25 Les Proies de Sofia Coppola

Voilà longtemps que je n'ai pas écrit un article sur le cinéma. Le dernier en date était pour le film Mademoiselle de Park Chan-wook qui fait partie de mon tops 10 de l'année 2016. J'ai souvent voulu écrire des articles sur des films, j'ai longuement hésité pour Get Out de Jordan Peele que j'ai littéralement adoré, mais par manque de temps j'ai été obligée d'abandonner l'idée. 

J'ai aussi hésité avant de commencer à écrire cet article, j'ai un peu peur d'être rouillée après avoir passé plus de six mois sans donner un avis qui soit relativement détaillé sur un film, mais j'ai envie de vous en parler alors on verra. 

J'attends Les Proies depuis des mois, étant une grosse fan de Kirsten Dunst, je me tiens au courant de ses projets et quand j'ai appris qu'elle allait de nouveau travailler aux côtés de Sofia Coppola j'étais trop heureuse. Je trouve que ce duo marche très bien, d'ailleurs, il me semble que tous les films que j'ai vu de cette réalisatrice sont ceux qu'elle a fait avec Kirsten Dunst, excepté The Bling Ring (2013) auquel je n'ai pas trop adhéré - et oui, honte à moi qui n'aies pas vu ni Lost in Translation (2003) ni Somewhere (2010) ! 

Avant d'entrer dans le vif du sujet, je tiens à préciser que je n'ai pas lu le livre éponyme (1966) de Thomas Cullinan et je n'ai pas vu la version cinématographique de Jon Siegel (1971) avec Clint Eastwood. Pour tout dire, je ne pense pas que je lirai le livre, ça m'a tout l'air d'être une brique et pour ce que j'en ai lu, je crois que j'aurais trop de mal à entrer dedans. Pour le film, franchement d'un côté, la curiosité prend le dessus et j'aimerais savoir ce qui a été fait avant, mais d'un autre, le film de Coppola semble prendre un tollé parce qu'il est justement comparé au film de 1971 alors qu'ils sont apparemment très différents - même si évidemment le postulat est le même, alors je suis sur la réserve. 


Affiche The Beguiled/Les Proies (2017), Sofia Coppola.


Bon comme vous l'avez probablement compris, plus que pour l'histoire, c'est pour la réalisation et les acteurs que j'a vu ce film. Bon, ce n'est clairement pas pour Colin Farrell ou même Nicole Kidman, mais bien uniquement pour Kirsten Dunst et un peu Elle Fanning aussi. 

Rapidement quand même, l'histoire est celle de John McBurney (Colin Farrell), un yankee trouvé à la limite de l'inconscience dans les bois par Amy (Oona Laurence) qui décide de le ramener dans le pensionnat où elle vit exclusivement avec des femmes. Nous sommes en 1964, la guerre de Sécession a commencé depuis quelques années et pourtant les femmes du pensionnat décident de le remettre sur pied, bien qu'il soit un ennemi - il est un Nordiste, elles sont des Sudistes. 
Voilà le postulat de départ en gros. 

Franchement, je pense que j'aime autant ce film parce que justement ce n'est pas l'histoire qui me faisait le plus envie. C'est ce que j'ai le moins aimé dedans, son intrigue principale. Les personnages sont un peu trop survolés, ils n'ont pas de véritable passé - Martha (Nicole Kidman) avait quelqu'un avant la guerre de Sécession, Edwina (Kirsten Dunst) désire se barrer du pensionnat plus que toutes les autres. C'est quand même la raison pour laquelle elles sont bloquées ensemble et au final on ne se concentre que sur le rapport entre les femmes et John.  
Pour ajouter de l'épaisseur aux personnages, je pense qu'il aurait été bien de les doter d'un passif et non pas de seulement se concentrer sur l'instant, sur leur désir, leur besoin d'être celle qui gagnera John même si je peux comprendre que ce soit un parti pris que de saisir des femmes à des âges divers et dans une situation aussi délicate, peut-être que finalement le passé ne compte pas dans ce genre de situation (?). 
Le fait qu'on ne sache rien sur eux rend flou les prises de positon. On ne connaît pas le tempérament des personnages, Colin Farrell joue bien, mais son personnage est volatile, a-t-il véritablement des raisons de devenir menaçant après la mutilation ? a-t-il vu clair dans le jeu de ces femmes qui incarnent l'innocence même ? les femmes voulaient-elles réellement se venger en exerçant une forme de castration perceptible par la mutilation ? oui, encore maintenant il y a trop de questions qui se bousculent et trop peu de réponses peut-être.

Mais aussi, c'est cet aspect là qui m'a énormément plu dans le film, qui est innocent, qui ne l'est pas ? Dès le début on est persuadé que l'intrus qu'est John va être le "chasseur" et que ces femmes seront ses "proies", c'est évident de se dire ça rien que par le titre - un titre qui est pour moi particulièrement très mal choisi puisque personnellement il n'y a aucune nécessité d'y mettre un pluriel... - mais finalement à la fin du film la question se pose de nouveau, qui a été chassé ? 
Ce ne sont sûrement pas les femmes. Ce sont elles qui mènent la danse, ce sont elles qui décident si John doit rester pour guérir ou être livré, s'il a le droit de manger avec elles ou s'il doit manger seul, enfermé. La seule décision de John est celle de choisir le lit dans lequel il veut coucher, sa seule décision, et sans aucun doute la plus bête vu la tournure des événements. 


Les Proies (2017), Sofia Coppola.


Bien évidemment il fallait s'attendre à la question de la féminité chez Coppola, leur virginité, leur pureté transparaît par tous les pores de ces femmes habillées de blanc ou encore de bleu, mais c'est un portrait en demi teinte que la réalisatrice nous livre. 
Au départ elles sont ce qu'elles représentent, des sortes de saintes vivant en autarcie, qui vouent leur journée à un labeur (celui de travailler au jardin ou celui d'étudier) et dès l'arrivée du sexe opposé, d'un homme qui s'affiche immédiatement en tant qu'ennemi - parce qu'il est un yankee déjà mais parce qu'il est un homme surtout, alors ces femmes changent du tout au tout. Elles deviennent calculatrices - je pense à Martha qui tente de tromper John avec l'alcool, elles sont perfides et jalouses entre elles - on le voit avec les remarques sur les bijoux, les épaules nues d'Edwina qui choque par son audace et son manque de pudeur, et ça va carrément jusqu'au dévergondage avec Carol (Elle Fanning) qui, ni une ni deux décide d'embrasser John et accepte même de l'avoir dans son lit ! 

J'ai vu Les Proies comme l'invitation d'un corps étranger, un double ennemi dans un microcosme matriarcal qui refuse la servitude, qui souhaite faire les règles et compte bien les appliquer peu importe ce que ça demande. C'est assez ironique de voir des femmes qui semblent si pieuses et en même temps qui sont si facilement convaincues qu'il faut supprimer un homme.

Tout le long du film on a cette ambivalence des personnages qui est dû au jeu, les femmes sont discrètes, elles parlent avec une sorte de réserve, une timidité qui se révèle être feinte - pour Edwina et Carol qui prouvent qu'elles ne sont pas du tout blanches comme neige, bien au contraire, et je crois qu'il en va de même pour Martha qui aurait bien aimé avoir sa part du gâteau aussi. Ce ne sont pas dans les mots qu'il faut chercher des réponses, mais dans le regard. Ils disent tous ce qu'ils désirent avec celui-ci et du coup ça entraîne une certaine retenue qui est intéressante à observer. 
Même le personnage de John finalement, il paraît franchement sympa même si on sent bien que les femmes l'intéresse, il n'est pas non plus insensible à leur charme et il a bien senti qu'il avait le choix alors il a saisi sa chance, mais en soi, il ne dit rien qui puisse être mal interprété avant qu'il ne se blesse de nouveau. 


La réalisation est tout en finesse avec une photographie absolument magnifique - merci au directeur de la photographie Philippe Le Sourd, il a fait un excellent boulot ! - ainsi qu'un décor majestueux qui souligne l'enfermement, le repli de ces femmes qui sont perpétuellement étouffées. Elles le sont avec cette imposante bâtisse, avec ces énormes colonnes qui sont comme des barreaux de prison mais aussi l'expression de leur pouvoir - cette maison n'est pas sans faire penser aux palais antiques je trouve. 
Les plans soulignent toujours l'enfermement : on est derrière les grilles, on est enfermé à clé dans la chambre, on est dans le jardin, mais on est pris entre les arbres si bien que le soleil transperce mais ne se déverse pas et les arbres nous bouchent la vue... 
Je souligne d'ailleurs que les décors sont naturels, ce ne sont pas de vulgaires images réalisées en studio et si je ne dis pas de bêtise, le tournage s'est notamment effectué en Louisiane - dites moi si je dis n'importe quoi ! 


Cet avis est évidemment très subjectif, j'y ai vu ça mais d'autres ont sûrement vu d'autres choses et peut-être que ce que j'y ai vu n'est absolument pas ce que Sofia Coppola voulait nous montrer, mais finalement je me dis que le principal c'est que j'ai passé un excellent moment, j'ai aimé voir ce film et je suis heureuse qu'il me plaise - j'avais quand même des attentes. C'est essentiellement grâce à la réalisation et aux acteurs, que je salue ce film, Sofia Coppola montre une fois encore qu'elle maîtrise son travail, qu'elle sait diriger des acteurs et ça a fonctionné avec moi - même si je le redis encore, j'aurais aimé qu'il fasse 20-30 min en plus afin qu'on saisisse parfaitement tous les enjeux et ainsi ne pas se tenir à distances des personnages.  






mercredi 5 avril 2017

Bilan - #9 Mars 2017

Le mois de mars a été un mois plutôt fructueux niveau lecture - même si je peine à faire baisser ma pile de livres à lire... - j'ai surtout lu des livres pour les cours (les trois-quarts de mes livres lus sont des livres de cours), mais j'ai aussi eu le plaisir de lire le dernier tome de la saga L'Epouvanteur de Joseph Delaney dont je vous parlerai bientôt (en tout cas j'essaierai !) ou même le tome II de la saga Harry Hole, Les Cafards de Jo Nesbø. 


  • Littérature

Comme je compte faire un article détaillé sur mes lectures personnelles du mois de mars, je vais aujourd'hui vous parler du roman Une saison de machettes de Jean Hatzfeld. Après vous avoir parlé de Dans le nu de la vie le mois dernier, je me suis dit que c'était l'occasion. 


  • Une saison de machettes de Jean Hatzfeld


Ce livre fait suite à Dans le nu de la vie. L'auteur traite toujours du même sujet : le génocide rwandais. Cette fois, il décide d'interroger non plus les rescapés mais les bourreaux eux-mêmes. C'est une tâche pour le moins délicate il faut bien le dire et la lecture de ce livre l'est tout autant. 
J'ai vraiment beaucoup aimé le premier volet qui m'a permis d'apprendre plein de choses sur l'histoire du Rwanda à la fin du XXème, mais aussi de saisir des parcelles de vies brisées, de personnes qui tentent de vivre malgré tout. Dans ce deuxième tome, je dois dire que j'émets des réserves. La démarche en elle-même est intéressante et c'est vrai qu'il est plus juste d'entendre les deux parties concernées et non pas de se cantonner aux victimes, mais qu'apprend-on finalement ? 

J'ai le sentiment d'avoir vu des chapitres se succéder sans être plus avancée dans l'explication. C'est bien simple, il n'y a aucune justification, rien. La question du pourquoi est obsédante et elle reste sans réponse jusqu'à la fin. Peut-être est-ce trop demander, peut-être qu'aucune réponse ne conviendrait, mais là, on ne peut pas se prendre d'empathie pour eux. Pour ce qu'ils ont fait à la base bien évidemment, mais aussi parce qu'ils sont incapables de se faire pardonner, il ne désire pas réellement le pardon, s'ils peuvent l'obtenir c'est tant mieux, mais c'est tout. 

Dans le nu de la vie de Jean Hatzfeld, édition Points.

Ces tueries apparaissent comme un passage de leur vie à la limite de la fantasmagorie, ça s'est passé sans que l'on sache réellement pourquoi si ce n'est que la faute revient aux autres, toujours. À ceux qui leur ont "ordonné" d'aller tuer leurs voisins, prétextant que la vie leur serait meilleure - forcément quand on vole autrui, on se retrouve plus riche. 
J'ai souvent été gêné par tant d'indifférence, par le manque de culpabilité pour certains (tous ?). 

À la fermeture du livre j'étais soulagée, je n'avais plus envie d'entendre de telles excuses, de tels propos, je me sentais plus mal encore pour ces rescapés qui ont tant souffert pour des "ordres", des "il fallait faire comme les autres". 
Lire ce livre aura été une expérience pour le moins étrange il faut bien le dire, je suis contente de l'avoir lu parce qu'il vient quand même compléter Dans le nu de la vie, mais il est certain que j'en garderai un souvenir plutôt désagréable.


« Parce que si on s’attarde trop sur la peur du génocide, on perd l’espoir. On perd ce qu’on a réussi à sauver de la vie. On risque d’être contaminé par une autre folie. Quand je pense au génocide, dans un moment calme, je réfléchis pour savoir où le ranger dans l’existence, mais je ne trouve nulle place. Je veux dire simplement que ce n’est plus de l’humain. »

Jean Hatzfeld, Une Saison de machettes.

Bilan du mois.







  • Cinéma 


J'ai vu très peu de films ce mois-ci, cinq exactement, mais ils ont tous été des films que j'ai beaucoup aimés. Celui que j'ai préféré reste Take Shelter (2011) de Jeff Nichols que je n'avais encore jamais vu et qui est juste génial - normal avec Michael Shannon dedans en même temps ! -. Il y a eu Logan de James Mangold qui est vraiment cool, même si j'aurais préféré que certains événements se passent différemment. Et puis il y a eu Split de M. Night Shyamalan dont je vais rapidement vous parler aujourd'hui. 

  • Split de M. Night Shyamalan


Dès que j'ai vu la bande-annonce de ce film l'année dernière, j'avais envie de le voir. Je dois dire d'avance que je n'ai pas été déçue, j'ai été happé par ce thriller très bien mené par James McAvoy qui livre une interprétation folle, je crois qu'il n'y a pas d'autres mots. 
Tout le début de "des filles (un peu pétasses) qui se font enlever puis séquestrer" ne m'a pas particulièrement plu, j'ai trouvé ça un bateau, mais ce n'est clairement pas le propos, l'enjeu est entièrement centré sur "les personnages" incarnés par McAvoy. 

J'ai trouvé ce film différent de ce que l'on voit en ce moment, un film qui n'a pas de prétention d'un point de vue médical (son but n'est pas de fidèlement représenter la maladie) mais il utilise plutôt une histoire peu commune pour la modifier et en faire la matière de son film à connotations presque fantastiques. Tout ce qu'il y a à dire est que Shyamalan a très bien traduit toute l'ambiguïté du personnage de McAvoy, tantôt il apparaît comme un homme inoffensif (qui voit une psychologue !) tantôt il apparaît comme un homme dangereux et sans pitié. 
Le dosage est parfait et le plaisir se retrouve décuplé. Franchement je pense que je le reverrai bientôt, je sens que je suis passée à côté de choses. 


Beaucoup semblent avoir été déçus par ce film relativement attendu, et je dois dire que je ne comprends pas vraiment pourquoi, je ne vois pas à quoi s'attendaient ces personnes et ce que le film ne leur a pas donné. 
Pour ma part j'ai beaucoup aimé ! et puis il y a cette fin qui laisse un sentiment étrange, fallait-il s'y attendre ? fallait-il en finir ? 




  • Série 

Ce mois-ci j'ai commencé la saison 2 de Love qui est enfin sortie sur Netflix. La saison 1 avait été un gros coup de coeur, alors forcément j'attendais la deuxième avec impatience. Je ne l'ai pas encore terminé (je ne veux pas trop me jeter dessus !) donc je ne vous en parlerai pas aujourd'hui mais sans doute dans un prochain article. 
J'ai regardé Marvel's Iron Fist aussi où là je suis plutôt mitigée. J'en attendais beaucoup parce que je suis pressée de voir Defenders, mais le truc c'est que je n'ai pas aimé Jessica Jones - l'épisode 1 m'a suffit - et pareil pour Luke Cage alors ça commence à être compliqué. Heureusement le personnage de Danny Rand m'a assez plu - jusqu'à une certaine mesure quand même. 

Mais aujourd'hui je vais vous parler de la série Legion qui est un gros gros coup de coeur, je pense qu'elle est l'une des meilleures séries de ce début d'année. 

  • Legion


Avec cette série on entre directement dans l'univers X-Men. Ce que j'ai adoré c'est que la série ne s'attarde pas vraiment sur tout le côté X-Men, on dirait plutôt que nos mutants font carrière en solo, loin de Charles Xavier est compagnie. On suit David (qui est le fils de Charles Xavier dans les romans) qui se trouve en hôpital psychiatrique pour schizophrénie - oui encore ! -, mais forcément il s'avère qu'il n'en est rien et qu'en réalité David n'est pas fou, il entend bel et bien des voix dans sa tête. 

S'ensuit huit épisodes tous plus intenses les uns des autres qui se terminent à chaque fois en laissant le spectateur sur le carreau. Le gros point fort de cette série outre son scénario qui est vraiment intéressant, c'est sa réalisation ! On trouve certaines séries avec une certaine prétention esthétique avec une envie de sortir de la norme visuelle en matière de série, ici on ose et c'est génial ! Chaque épisode est réalisé par une personne différente et la qualité ne descend pas parce qu'ils essaient tous de faire quelque chose d'original, de créer une vraie ambiance qui transparaît aussi bien dans les dialogues que dans l'image. 

En y repensant c'est sans doute l'une des séries les mieux abouties que j'aie eu l'occasion de voir. J'ai l'impression qu'on a tendance à aimer les séries pour leur scénario, pour ce qu'elles racontent dans ses grandes lignes, mais pas pour ce qu'elles montrent visuellement, pas pour ce qu'elles racontent entre les lignes. Ici, c'est un mix des deux, le scénario se trouve être renforcé par une réalisation qui renforce du coup aussi le scénario, l'un ne va pas sans l'autre comme on le voit dans les bons films. 


À peine terminée, Legion vient d'être renouvelé pour une saison 2, ce qui est un véritable plaisir quand on voit comment la 1 se termine. Vraiment s'il y a une série de ce début d'année 2017 qu'il faut que je conseille, c'est celle-ci parce qu'elle vaut largement le coup. 







samedi 4 mars 2017

Bilan - #8 Février 2017

Ce mois de février est passé à une vitesse, je n'ai même pas eu le temps d'y penser que le mois était déjà terminé ! 



  • Littérature

Côté lecture j'ai quand même découvert de belles oeuvres. Je n'ai malheureusement pas eu le temps de rattraper mon retard dans les publications, mais bon, le principal c'est que je fasse les choses à mon rythme et que j'y prenne toujours du plaisir. 

La majeure partie des livres que j'ai lu ce mois-ci ont ou vont faire l'objet d'un article, alors je ne vais pas répéter ici ce que je dirais plus tard. Pour cette raison, j'ai décidé de vous parler un peu de ma lecture en cours : Dans le nu de la vie de Jean Hatzfeld


  • Dans le nu de la vie de Jean Hatzfeld. 

On parle toujours beaucoup du génocide juif dans la littérature (ou les arts en général), mais on parle peu, voire pas du tout du génocide qui a frappé le Rwanda en 1994. Certes, ce dernier a eu lieu il y a beaucoup moins longtemps, mais il n'empêche que c'est carrément un pan de l'histoire qui passe à la trappe pour la plupart d'entre nous. 

Concrètement, j'ai découvert ce livre - et cet auteur - parce qu'il faut que je le lise pour un cours sur la littérature du témoignage, sinon, je pense que je n'aurais simplement jamais entendu parler de son existence. 
Avant de l'entamer, je me suis demandée ce que je sais du génocide du Rwanda - même ce que je sais du pays en général - et, là vérité, c'est que je n'en sais pas grand chose. Ce n'est pas un pays dont l'on parle souvent et, surtout, ce n'est pas quelque chose que l'on étudie au lycée comme c'est le cas de la Seconde Guerre mondiale. 

Jean Hatzfeld, Dans le nu de la vie.

Je n'arrive pas à trouver de raison à ce manquement, peut-être que c'est "loin de nous" alors on ne se sent pas concerné, peut-être qu'il faudrait commencer à considérer toutes les ethnies pour ce qu'elles sont, aussi. 

Ce livre est riche en informations sur les tueries qui ont eu lieu en 1994 au Rwanda. On apprend que les Hutus ont littéralement massacré à la machette leurs voisins (et amis pour certains), les Tutsis sans raison - déjà parce qu'il n'y a aucune raison à donner à ça, mais plusieurs hypothèses sont avancées dans le livre quant aux motivations des Hutus. 
L'auteur a consacré son livre aux témoignages des marais du pays pour la plupart. Composé de quatorze chapitres (un chapitre = un témoignage différent). On accède à plusieurs récits d'une même survie pour ces Rwandais(es) qui ne comprennent pas, qui ont tout perdus et qui doivent se reconstruire. Beaucoup se répètent, ce qui vient confirmer les propos de chacun et surtout, c'est rempli d'une sincérité, d'une objectivité telle que c'est hallucinant de voir à quel point des êtres humains qui ont vécu l'horreur ne souhaitent pas forcément que la vengeance. 

Comme tout témoignage sur la Seconde Guerre mondiale, Dans le nu de la vie doit être lu déjà pour reconnaître le fait que le Rwanda a bien fait l'objet d'un génocide, mais aussi parce que c'est une partie de l'histoire qui compte toute autant qu'une autre, et qu'il ne faut pas la faire disparaître en la mettant de côté. 


  • Cinéma 

J'ai eu le plaisir de voir plus de films lors du mois de février que lors de janvier. J'ai notamment pu voir Loving de Jeff Nichols qui est sorti le 14 février. À la base, je comptais écrire un article dessus, et puis finalement, à la sortie, je me suis dit que je n'avais pas tant de choses à dire. Je l'ai d'une certaine façon trouvée très beau, mais j'ai un peu été déçu. Faut dire, c'était LE film que je voulais voir en ce début d'année 2017 et j'ai trouvé la performance des acteurs (surtout Ruth Negga en fait) un peu trop passives et la réalisation manquait cruellement d'originalité. Dit comme ça, c'est un peu violent c'est vrai, surtout que je le conseille quand même, parce qu'il faut bien le dire, il reste un très bon film !
Mais donc aujourd'hui, j'ai décidé de vous parler d'un autre film que j'ai pu voir lors du mois de février et il s'agit de Nocturnal Animals de Tom Ford.


  • Nocturnal Animals 

J'ai vu la bande-annonce il y a quelques mois et là, je savais, je savais que j'aurais envie de le voir. La bande-annonce m'a énormément intrigué et retrouver Amy Adams et Jake Gyllenhaal dans un même film me donnait pas mal envie, il faut bien le dire. 

Impossible d'aller le voir à sa sortie, j'ai donc dû attendre un peu. 
Très rapidement, Nocturnal Animals c'est un film avec une double narration : d'un côté nous suivons Susan Morrow (Amy Adams) dans la "réalité" où elle est mariée, elle travaille dans l'art et d'un autre, nous est raconté l'histoire du roman de son ex-mari Tony (Jake Gyllenhaal) nommé Nocturnal Animals.
Ce film est extrêmement énigmatique parce qu'on s'y perd facilement, parce qu'on ne sait pas réellement si cette histoire sort de la tête de son auteur ou si elle a existé. Et puis, on ne rencontre jamais Tony dans la vraie vie, on ne le voit qu'à travers son roman, dans la perception qu'en a Susan lors de sa lecture.
J'aime beaucoup Amy Adams en tant qu'actrice, mais ici, son rôle passait au second plan par rapport à l'histoire de Tony qui est juste folle quoi ! 

En plus, j'ai eu la bonne surprise d'y voir Michael Shannon - une coïncidence de la retrouver dans un film après avoir vu Frank & Lola dans lequel il joue - acteur que j'aime vraiment beaucoup. Une fois de plus il joue magnifiquement bien et son duo avec Tony est très touchant dans sa façon de vouloir se battre pour avoir justice.

Même si je suis restée un peu sur ma faim - faut dire que la dernière scène laisse un gros point d'interrogation quand même - j'ai adoré ! Je n'ai pas vu le temps passer et surtout j'avais tellement l'impression d'y être. J'ai trouvé que pour la réalisation, Tom Ford avait de très bonnes idées par moment, mais pas sur la totalité du film, ce qui est dommage.

Nocturnal Animals fait partie de ces films où on ne comprend pas pourquoi ils sont restés seulement deux semaines à l'affiche, ceux qui passent relativement inaperçus, mais qui mériteraient d'être vus.


Nocturnal Animals (2017), Tom Ford

  • Série
Je ne savais pas de quelle série j'allais vous parler cette fois, parce que j'en regarde vraiment beaucoup et que je ne peux pas écrire sur toutes et parce que je voulais une série dont la saison s'est terminée au mois de février. J'ai alors choisi Timeless

  • Timeless

Timeless est une série de la CW qui traite des voyages temporels - vraiment très en vogue depuis quelque temps déjà et plus encore depuis la rentrée dernière. On suit trois personnages très différents les uns des autres, mais qui vont se rencontrer, travailler ensemble pour éviter que l'Histoire (oui oui, avec un grand H) ne change. Chaque épisode se situe dans une période historique différente si bien que l'on va rencontrer Lincoln, Bonnie & Clyde, Al Capone, plein de beau monde quoi !

Sans être franchement transcendante, la série se laisse regarder facilement. Les personnages sont attachants en particulier le trio, qui forme une très bonne équipe. Le fait que ce soit une femme un peu au centre de tout est intéressant, mais j'ai surtout aimé le fait qu'elle soit une historienne. C'est un métier dont on parle peu dans les séries (en tout cas dans celle que je regarde) et souvent les voyages dans le temps ne sont pas organisés en présence d'un(e) historien(ne) afin de pouvoir se fondre parmi la population.

Pour donner un point de comparaison à Timeless, je vais très rapidement parler de la série Fréquency, également diffusée sur CW. Elle traite du même thème et a commencé en même temps, c'est-à-dire en septembre/octobre 2016.
Les deux nous proposent une femme comme personnage principal ce qui est plutôt un bon point, faut bien le dire. Par contre, la réelle différence entre les deux se trouvent au niveau de la pitié que l'on souhaite que le spectateur ressente.
Dans Timeless, il est question de la perte de l'être aimé et aussi d'un membre de la famille, dans Frequency, il est question d'empêcher la mort du père de l'héroïne (puis de la mère), mais aussi de retrouver son petit ami après avoir changé le présent en changeant le passé.
Comme on le voit il y a des similitudes, mais on remarque très rapidement que ce n'est pas traité de la même façon. Timeless prend le partie de l'humanité dans sa globalité, du monde qu'il faut sauver en quelque sorte, tandis que Frequency s'attache à une famille, aux parents de notre héroïne. Forcément, on trouve une forte dose de pathos et c'est vraiment dommage parce que ça nuit à la série plus qu'autre chose.
Enfin bref, tout ça pour dire qu'entre ces deux séries, on trouve autant de points communs que de différence et que, personnellement, j'ai préféré Timeless.




En plus, faut quand même dire qu'elle a été en partie créée par Eric Kripke qui n'est autre que le créateur de Supernatural, sans doute l'une des meilleures séries au monde alors forcément ça donne envie ! Et puis aussi, j'aimerais tellement que Lucy termine avec Wyatt alors rien que pour ça, je voudrais qu'il y ait une saison 2 !




















mardi 7 février 2017

Bilan - #7 Janvier 2017

Vous avez pu le voir, je n'ai pas écrit de bilan le mois dernier et c'est tout simplement parce que je n'avais pas grand à y mettre. Je reviens donc aujourd'hui pour tracer un peu mon bilan livres/séries/films du mois de janvier.

  • Littérature 

Ce mois-ci a été assez riche en littérature. Lors de mon séjour à Paris début janvier, j'ai emmené deux livres, Tant que nous sommes vivants d'Anne-Laure Bondoux et Eva de Simon Liberati. Après un peu plus d'une semaine, j'ai fait un petit tour en librairie et je n'ai pas pu m'empêcher d'acheter trois Notabilia, ce qui m'a permis de ne pas tomber en panne de lecture !

J'ai enchaîné avec Spring hope de Sam Savage puis j'ai terminé Lettre à ma fille de Maya Angelou - j'ai prévu de rédiger des avis pour ces livres qui m'ont beaucoup plu ! Et après, comme vous l'avez sans doute déjà vu, j'ai lu Au fond des bois de Karin Slaughter et Ressentiments distingués de Christophe Carlier. Bon, il est vrai que j'ai terminé le mois avec la lecture de Marat-Sade, une pièce de Peter Weiss, mais je ne pense pas que ça vous intéresse particulièrement !

J'ai choisi aujourd'hui de vous donner mon ressenti sur mes deux premières lectures du mois - et donc de l'année !

  • Tant que nous sommes vivants d'Anne-Laure Bondoux 

Voilà un petit bout de temps que je voulais le lire et puis j'ai désespéré de le trouver en poche. Voilà qu'en fin d'année 2016 je m'aperçois qu'il vient de paraître en format poche j'ai Gallimard jeunesse, ni une ni deux, il repart avec moi. Je le mets en avance dans ma valise, je décide qu'il m'accompagnera pour le voyage.

Comment m'expliquer maintenant ? l'entrée dans l'histoire a été plutôt facile, j'ai bien aimé l'ambiance dès le début, le fait qu'on n'ait pas d'éléments comme un lieu prédéfini ou une période historique donnée. Voilà que nous sommes dans une ville qui abrite une usine. Auparavant prospère, cette ville est devenue triste et morose.
On rencontre ensuite Bo et Hama. Celui-ci est un "étranger" il vient du nord de la France, Hama, elle, est un membre à part entière de la ville et ce, depuis toujours. Ils travaillent tous les deux à l'usine, elle de nuit, lui de jour, et ils tombent amoureux.

Bien que ce soit un roman "d'adolescent", on ne tombe pas dans la niaiserie ou quoi, leur affection est réelle et sincère, voilà tout. L'histoire va plus loin également puisqu'un accident se produit et que leur vie s'en trouve radicalement changée.

Sans trop en dévoiler, j'ai été un peu mitigée avec la tournure des évènements, j'ai eu un peu le sentiment que l'irruption fantastique sortait un peu de nulle part. J'ai aimé la part de l'histoire avec les ombres, mais d'un autre côté, j'ai trouvé ça vraiment dommage de n'avoir aucun semblant d'explication quant à ces ombres et tout cet aspect magique dans l'oeuvre.
J'ai énormément aimé tout ce voyage initiatique, le fait que l'on suive ensuite Tsell, que la fin et le début soit si proche, mais j'ai été très déçu quand on a arrêté de suivre Hama et Bo. J'aime énormément ces personnages et j'aurais voulu savoir ce qu'ils devenaient.

Globalement, je dirais que ça a été une bonne lecture, j'ai passé un bon moment avec la plume d'Anne-Laure Bondoux et j'ai aimé me heurter à des questions dures comme l'abandon de la part d'un parent, la question du rejet envers l'étranger, celle de la guerre, de l'identité et aussi - et surtout pour moi parce que ça a été l'aspect que j'ai préféré - celui de l'handicap : que faire lorsque l'on perd un membre de son corps ?

P.S. : je ne regrette pas cette lecture rien que pour la famille qui vit dans une grotte, celle où tous les enfants portent en tant que prénoms, des numéros !


Tant que nous sommes vivants d'Anne-Laure Bondoux, éditions Gallimard.



  • Eva de Simon Liberati

Pour ce livre, ça a été un achat absolument au hasard. Je n'avais jamais entendu parler de Simon Liberati, auteur français et ami de Frederic Beigbeder - je n'ai jamais eu vraiment le temps (ou l'envie?) de découvrir la plume de ce dernier non plus faut dire. Je ne sais plus à quelle occasion, mais j'avais rapidement lu le résumé d'Eva qui m'avait beaucoup intrigué, alors je me suis lancée complètement à l'aveugle.

Une chose est sûre, j'ai bien fait de l'emmener à Paris avec moi. Oui, la plupart du roman se passe dans la capitale et l'auteur est vraiment précis par rapport aux arrondissements, aux rues, aux boutiques. J'ai aimé le sentiment de proximité qui s'est installé grâce au lieu où se passe l'action. Enfin bref.

Eva, c'est un roman sans en être réellement un. Disons que l'auteur a écrit un livre sur sa femme. Bon, faut dire que sa femme n'est pas n'importe qui puisqu'il s'agit d'Eva Ionesco, que je connaissais essentiellement pour avoir entendu parler de son film My little princess (2011) . Il est vrai que j'avais rapidement lu quelque chose par rapport à sa relation avec sa mère, une photographe qui n'a pas hésité à faire poser sa fille nue lorsqu'elle était une enfant - My little princess traite de sa relation  plus que tumultueuse avec sa mère.

Ce livre est une ode, une sorte d'hommage sans en être un non plus. Avec du recul, je n'arrive toujours pas à me positionner avec ce livre. J'ai beaucoup aimé certains aspects et d'autres beaucoup moins. Il y a des moments où je me sentais clairement mal à l'aise - je pense par exemple aux moments où Liberati fait allusion à la pédophilie de manière presque indécente je trouve. On peut vouloir écrire un livre subversif si l'on veut, mais là, j'ai trouvé que c'était dans l'excès, une espèce de déballage de clinquant, mais du clinquant cheap.

Sans remettre en cause le talent de l'auteur - certains passages sont merveilleusement bien écrits - j'ai eu le sentiment qu'il tournait un peu en rond. Il nous raconte des évènements sans qu'ils aient une véritable importance, j'entends par là que certains passages de leur relation sont clairement inutiles pour le lecteur ! Sans s'inventer une vie, il s'agit là de savoir raconter quelque chose qui serve, il ne s'agit pas seulement d'écrire sinon tout le monde publierait ses journaux intimes !

Finalement, j'ai été déçu, en grande partie parce que certains passages m'ont ennuyé. Le style de l'auteur qui est agréable ne se dévore pas non plus, en tout cas, personnellement, ce n'est pas le genre de livre que je lis d'une traite.
Et puis surtout, se pose la question : qu'apprend-on d'important sur Eva Ionesco que l'on ne trouve pas par ses propres moyens ?


Eva de Simon Liberati, éditions Livre de poche


J'espère avoir rapidement le temps de rattraper mon retard au niveau de mes avis littéraires, mais en attendant n'hésitez pas à jeter un coup d'œil à ceux publiés en janvier :


  •  Mes avis en ligne : 

Le Coin des libraires - #41 Au fond des bois de Karin Slaughter 
Le Coin des libraires - #42 Ressentiments distingués de Christophe Carlier







Livres lus en janvier 2017. 



  • Cinéma 

  • Live By Night de Ben Affleck 


Le mois de janvier a été un peu désert niveau ciné. Je n'ai rien vu si ce n'est le dernier film de Ben Affleck, Live By Night. Je n'aime pas Ben Affleck en tant qu'acteur, je suis désolée mais pour moi il est et sera toujours Daredevil ce qui n'est franchement pas un cadeau... Il n'empêche que c'est la deuxième fois qu'il s'intéresse à une œuvre de Dennis Lehane. Après Gone Baby Gone (2007), voilà qu'il s'attaque à Live By Night (fr. : Ils vivent la nuit).

Je n'ai pas lu le livre et je ne suis pas sûre que je le lirai un jour, mais quand même !
Ce que je peux en dire est que j'ai passé un bon moment. Sans être un film extraordinaire il se regarde très bien et certaines scènes sont très bien pensées, même si je n'ai pas eu l'impression qu'Affleck essayait quelque chose de nouveau dans le genre "gangster".
L'histoire en elle-même est vraiment cool - en même temps, c'est normal c'est celle de Lehane... - les personnages sont bien construits, Joe (Ben Affleck) est (je trouve) typique des héros de l'auteur. En effet, il n'est ni bon, ni mauvais, il est irlandais, le début de l'histoire se passe à Boston en plus enfin voilà, tous les ingrédients habituels de l'auteur américain sont bien présents !

En vérité, je ne peux pas dire grand chose de plus, je le conseille surtout à tous ceux qui aiment les films de gangster qui se passe dans les années 1920 et qui mettent en scène des conflits de mafieux (les éternels italiens et irlandais...), mais qui traite également de religion avec la talentueuse Elle Fanning ou encore du racisme par le biais de Graciella (Zoé Saldana). C'est un film sans grande prétention qui se regarde parce que tous ses ingrédients sont déjà connus et généralement appréciés, voilà tout !




  • Série 

Qui dit janvier dit retour des séries après la trêve hivernal. Je n'ai rien regardé durant les deux premières semaines, je n'avais pas le temps et je préférais garder tous mes épisodes pour mon retour chez moi.
J'ai poursuivi mes séries et j'en ai débuté une nouvelle, il s'agit de Taboo.


  • Taboo de Steve Knight (et Tom Hardy & son père, je crois !) 

Franchement, il m'est impossible de vous résumer cette série tellement elle est énigmatique. Tout ce que je peux dire avec certitude, c'est que nous sommes au début du XIXè siècle et que nous suivons James (Tom Hardy). Il revient d'Afrique, son père vient de mourir et il y a un délire avec de la magie. En fait, il y a plusieurs délires, notamment un truc incestueux avec sa demi-soeur. Je ne peux vraiment rien dire parce que là où j'en suis (il faut que je voie l'épisode 5) on ne sait pas encore grand chose de réellement pertinent. Enfin il y a tout une intrigue autour de la terre dont James  a hérité puisque tout le monde la convoite (les Américains comme les Anglais).

Si vous êtes fans de séries, je ne peux que vous la conseillez. Déjà c'est Tom Hardy qui joue le personnage principal - rien que cet argument devrait suffire ! - et en plus, ça se passe au début du XIXè siècle, et en plus, c'est quand même produit par Ridley Scott quoi !





  • Mes avis en ligne : 


Série du moment - #17 Shadowhunters (saison 1)



J'espère que vous avez passé un bon premier mois de cette année 2017 et à très bientôt pour un nouvel article !







mercredi 21 décembre 2016

L'Avenue du cinéma - #24 Mademoiselle de Park Chan-wook

Ce nom ne vous est certainement pas inconnu puisqu'à mon avis, il est un des cinéastes sud-coréens du moment qui a le plus le vent en poupe. Park Chan-wook, surtout connu à la base pour Old Boy (2003) - que je n'ai même pas vu - puis ensuite avec Stoker (2013) et enfin Snowpiercer qui avait fait grand bruit lors de sa sortie en 2014. Bon pour être franche, à part Mademoiselle, j'ai seulement vu Stoker, et encore, ça date de la semaine dernière. 
J'ai vu plusieurs extraits de Old Boy qui a l'air vraiment cool, mais c'est tout et j'espère le voir quand même bientôt. 

Enfin bref, on n'est pas vraiment là pour parler de la filmographie de Park Chan-wook, mais plutôt pour parler de son dernier film, Mademoiselle donc. Sorti début novembre, j'ai vu la bande-annonce qui m'a tout de suite donné envie. Ces derniers mois, la Corée du Sud a été à l'honneur pour moi, puisque j'ai vu Dernier train pour Busan de Yeon Sang-ho (vraiment troooop cool), puis The Strangers de Na Hong-jin dont j'ai été assez déçue quand même en particulier parce que je n'ai pas eu le sentiment de comprendre grand chose. Et puis, le dernier en date a été Mademoiselle que j'ai vu il y a bientôt un mois maintenant. 

Je pense que cet article va être relativement court, en tout cas plus que d'ordinaire, car je ne veux absolument pas raconter l'histoire ni rien, je ne veux pas gâcher le plaisir que les retournements de situation procurent, alors je vais essayer de faire au plus court afin de seulement vous confier mon ressenti sans trop m'étaler sur l'intrigue. 




Tout d'abord, j'aimerais parler de cette force qu'a le réalisateur pour raconter des histoires. Le fait que le film soit découpé en trois parties bien distinctes permet l'élaboration de trois points de vue différents, autant de façon d'interpréter des actes ou des paroles. Cette manière de contrôler parfaitement son scénario et plus largement son histoire en entière est ce qui a rendu mon appréciation du film aussi bonne. Plus qu'un simple film "d'arnaque", c'est un film qui tente d'aborder des tas de sujets importants et toujours actuels - l'homosexualité pour n'en citer qu'un. 

L'atmosphère est, elle aussi pleinement maîtrisée, on se retrouve dans les années 1930, en Corée du Sud qui est colonisée par le Japon - après The Strangers, on peut définitivement comprendre que la Corée du Sud a très mal vécu cette annexion par le Japon. Ce dernier a une place fondamentale puisque Hideko (Kim Min-hee) est japonaise ainsi que son oncle (Jo Jin-woong), mais je ne connais pas l'histoire de la Corée du Sud, je ne suis pas historienne non plus alors je ne prétendrai pas comprendre tous les tenants et aboutissants qui se jouent dans les films coréens qui traitent de ce sujet.

Lors du début du film, nous sommes avertis : nous entrons dans la première partie, il est donc logique de considérer que le film sera découpé en quartier en quelque sorte. Sans faire attention à la durée de cette première partie sur un film qui fait quasiment 2h30, on arrive à la fin et là, un énorme wtf m'échappe et je ne comprends absolument pas la scène qui vient de se dérouler sous mes yeux. Ce que j'ai trouvé le plus admirable dans ce film - autre que l'esthétique - c'est l'enchevêtrement des évènements qui est simplement fou et là, on comprend la force du savoir-faire de Park Chan-wook quand il s'agit de perdre son spectateur pour mieux le retrouver plus tard. 

Pour ce qui est du jeu des acteurs, je dirais que celui des deux actrices principales est bluffant : Sookee (Kim Tae-ri) et Hideko sont simplement excellentes, qu'est-ce que je pourrais dire de plus ? Le double-jeu instauré par les deux est palpable tout au long du film, jusqu'au point qu'à la dernière scène, on se demande si elles ne vont pas faire crever l'écran. 
Les autres acteurs sont très bons aussi, que ce soit le "comte" ou l'oncle, simplement l'histoire est quand même surtout centrée sur ces deux femmes et la découverte de l'amour en quelque sorte alors il me semble normal de surtout parler d'elles. 


Mademoiselle, Park Chan-wook.


Pour ce qui est de l'esthétique du film, je ne peux que me ranger du côté de ceux qui le trouvent magnifique, parce que définitivement, il l'est. Certains plans sont éclatants de beauté et renforce l'aspect presque irréel des situations.
Forcément - je suis loin d'être la première à le faire - on peut faire un parallèle avec La Vie d'Adèle (2013) de Kechiche, film que je n'ai pas du tout aimé et qui m'a profondément ennuyé. On retrouve néanmoins certaines thématiques comme celle de l'entrée dans l'âge adulte pour ces deux filles-femmes qui se découvrent l'une l'autre. C'est aussi, et surtout ces scènes de sexe très crues ponctuées par des gros plans.
Petit point négatif : certaines de ces scènes sont trop longues, le propos est trop appuyé si bien que ça rend certaines scènes à la limite de la gêne si ce n'est de l'inutilité - je pense surtout à la scène où Sookee met son doigt dans la bouche de Hideko pendant quoi, une bonne minute ?


Enfin voilà, pour mon premier film de Park Chan-wook j'en ai pris plein les yeux. J'ai été happé par la beauté des décors, des personnages et par une histoire qui est bien plus complexe qu'elle n'y paraît.
Je n'ai plus qu'à voir les autres nombreux films de lui que je n'ai pas vu avant de pouvoir donner un avis qui soit construit sur sa filmographie.



P.S. : Mademoiselle est adapté du roman du Bout des doigts de Sarah Waters, écrit au début des années 2000. Je ne l'ai pas lu mais j'aimerais beaucoup, surtout que le réalisateur semble avec effectué quelques digressions.

Comme toujours si vous avez des questions, des avis à me donner par rapport à Mademoiselle ou même un autre de Park Chan-wook, n'hésitez pas !









samedi 10 décembre 2016

Bilan - #6 Novembre 2016

Retard. Voici le mot qui décrit le mieux l'état de mon blog depuis maintenant deux mois. J'ai accumulé un retard monstrueux au point que je ne vais même pas écrire d'articles sur des sujets dont j'aurais aimé parler (comme la dernière saison de The Strain, ou encore la saison 6 d'AHS - American Horror Story - qui était juste folle !) ça m'ennuie de ne pas vous en parler, ça c'est clair, mais je n'aurais pas le temps d'écrire énormément d'articles et je me dis qu'il est sans doute préférable que je rattrape déjà mon retard niveau articles de livre. 

Enfin bon, une fois encore ce sera sans doute un tout petit bilan, en grande partie par manque de temps. Je suis en plein dans la fin de mon premier semestre, mes partiels sont dans même pas un mois ce qui veut dire que je dois m'organiser, etc, etc. du coup, bah j'ai eu le temps de lire ou même de  regarder des séries/films, mais je n'ai pas eu le temps d'écrire dessus, malheureusement. 


  • Littérature


Le mois de novembre est celui de mon anniversaire et comme toujours, j'ai été très gâté en particulier au niveau des livres - si vous me suivez sur Instagram ou même sur Tumblr, vous avez pu le voir. Surtout, on m'a offert des livres que je mourrais d'envie de lire depuis pas mal de temps et alors, je n'ai pas résisté, j'en ai lu quelques-uns. 

Mais avant ça, histoire de faire une pause dans mes lectures obligatoires pour les cours, j'ai eu envie de lire un tout petit livre, un livre de l'auteur Hubert Haddad que je vois très souvent lors de mes expéditions en librairie - en particulier aux éditions Zulma. C'est sans doute le plus petit livre que je possède dans ma bibliothèque, il est plus petit qu'un poche et vraiment, vraiment pas très épais (un tout petit peu plus de 40 pages), mais qu'est-ce qu'il est mignon ! 


  • Vent printanier d'Hubert Haddad

Une des raisons pour laquelle j'adore les éditions Zulma (mise à part le travail illustratif sur les  couvertures qui est toujours absolument génial !) c'est parce qu'il n'y a pas de quatrième avec un résumé, et si on veut lire le résumé c'est sur le rabat à l'intérieur du livre. Pour les gens qui n'aiment pas lire les résumés, c'est encore plus pratique, ça évite que la quatrième soit "gâchée" par des lignes que l'on ne va jamais lire. 
En l'occurrence, là, je m'attendais à tout sauf à ça. Vent printanier est un tout petit livre découpé en quatre nouvelles très courtes et qui ont pour sujet commun la rafle du Vel' d'hiv'. Le nom du livre est en réalité le nom de code de cette opération qui s'est déroulée en 1942 lors de la Seconde Guerre mondiale, lors de l'occupation et du régime de Vichy. 

Cette époque m'a toujours énormément intéressé et j'adore lire des choses dessus parce que je ressors toujours profondément bouleversée et tout simplement, je trouve ça important de lire des écrits qui portent sur le passé, ça permet de ne pas reproduire les mêmes erreurs - en tout cas c'est comme ça que je le vois ! 

Donc voilà que j'entre dans une lecture qui évidemment n'est pas facile, mais qui n'est pas non plus à la hauteur d'Au nom de tous les miens de Martin Gray question tristesse, vérité, douleur.
Oui, ce livre n'est absolument pas un regroupement de petites histoires vraies, ce sont des histoires fictives qui peuvent tout à fait avoir un fond de vérité, comme c'est si bien dit dans le livre : "Hubert Haddad écrit ces histoires vraies de tout leur poids imaginaire". 

Hubert Haddad s'est rendu sur place, au Vélodrome d'hiver pour écrire ces histoires, là où les personnes arrêtées par la police française ont été emmenées avant d'être ensuite déportées à Auschwitz-Birkenau. Évidemment, ce ne sont pas des nouvelles faciles, elles possèdent l'empreinte du chagrin, du souvenir, mais forcément ça n'a pas eu le même impact sur moi que lors de récits qui sont des témoignages directs - je suis actuellement en train de lire le tome I Aucun de nous ne reviendra de la trilogie Auschwitz et après de Charlotte Delbo qui est évidemment fondée sur la réalité puisque l'auteure a fait partie des déportés, et des survivants. 

Mais sans être fondé sur des évènements dont on sait qu'ils se sont passés, Hubert Haddad essaie tant bien que mal de faire parler ceux qui ont survécu, ceux qui ont survécu mais qui ne sont pas forcément vivants - Charlotte Delbo fait toute une comparaison entre les mannequins de vitrine et les 
femmes/hommes déportés à ses côtés, eux-mêmes ne sont plus vivants, à ce niveau de détresse. 
Pourtant, malgré tout, l'auteur nous livre quatre nouvelles agréables qui font revivre, le temps de quelques pages, les souvenirs, les fantômes qui hantent encore aujourd'hui, et ce, pour toujours. 
J'ai particulièrement aimé la troisième nouvelle La nuit du fou ou les sonneurs de l'ancien monde que j'ai trouvé vraiment très bien écrite et pleine d'émotions. Je ne dis pas que les trois autres ne sont pas bien écrites ou autre, simplement que j'ai été plus sensible à cette histoire.

Vent printanier de Hubert Haddad, édition Zulma.


Ce que j'ai trouvé intéressant surtout, c'est le fait de parler de l'après et non pas de l'horreur de la déportation, des camps, de la mort, mais plutôt de se focaliser sur la vie de ceux qui ont vécu, ceux qui ont eu la "chance" d'en revenir et qui étaient néanmoins comme mort à l'intérieur. 

Vraiment, pour toutes les personnes qui sont intéressées par la Shoah dans la littérature, je ne peux que conseiller ce livre car, même si l'auteur n'a pas connu cet enfer, j'ai comme l'impression qu'il a effectué un travail très délicat et approfondi pour toujours tenter de trouver le mot juste. 



"Ses nuits étaient hachées de rêves identiques et d’éveils en sursaut, comme si aucune trêve ne devait suspendre l’espèce d’investigation indéfinie à quoi se résumait sa vie, qu’elle fût consciente ou chimérique."
Hubert Haddad, Vent printanier.


Après avoir lu Vent Printanier, je me suis attaqué à Les gens heureux lisent et boivent du café d'Agnès Martin-Lugand dont j'ai entendu parler pendant des mois et des mois. Je pense que ce sera le prochain article publié sur le blog, je vais essayer en tout cas !
Et puis ensuite, j'ai lu Temps glaciaires de Fred Vargas, mon tout premier roman de l'auteure et là, pareil je vous en parlerai dans un article - il va juste falloir patienter un petit peu !


(petit) bilan du mois de novembre


  • Mes avis en ligne : 


Le Coin ds libraires - #38 La 5e Vague de Rick Yancey + l'adaptation ciné




  • Cinéma 
Comme vous avez dû vous en rendre compte, je n'ai publié aucun article de cinéma au mois de novembre.

  • Doctor Strange de Scott Derrickson 


Je voulais parler de Doctor Strange et finalement ça ne s'est pas fait. En y réfléchissant, à part dire que je l'ai trouvé pas mal, mais franchement pas fou, je n'aurais peut-être pas eu grand chose à raconter. Je veux dire, il est bien dans le sens où il se regarde sans souci, certaines scènes sont vraiment bien réalisées, je pense notamment à la toute première scène qui met directement dans le bain. Pourtant, une fois passée cette fameuse entrée dans le film, les seules autres scènes un peu "spectaculaires" sont sur le même modèle alors d'un point de vue esthétique ce n'est pas trop trop ça, on ne va pas se mentir - et encore, je ne parle pas de cette scène d'affrontement final absolument dégueulasse où Strange semble ne pas prendre au sérieux - mais pas du tout - la menace qu'il y a devant lui avec ce jeu de "on recommence jusqu'à l'infini, hourra !!"
En revanche, j'ai beaucoup aimé le jeu des acteurs, faut dire que j'aime beaucoup Benedict Cumberbatch et Madds Mikkelsen alors c'était déjà un peu du tout cuit de ce point de vue. Mais alors par contre, franchement je commence à en avoir ras la casquette des personnages féminins complètement bidons chez Marvel. Il y a quoi franchement avec les femmes chez eux ?
Il faut absolument qu'elle soit genre "femme fatale/trop badass" à la Scarlett Johansson (sans commentaire...) ou alors complètement transparente et inexistante à la Rachel McAdams comme on le voit ici ? Il serait temps de changer de mentalité quand même, enfin, ce n'est que mon avis, comme toujours.

Sans être détestable, Doctor Strange se laisse regarder sans aucune prétention, on passe un bon moment en mettant en quelque sorte son cerveau à côté pour suivre cette histoire parfaitement décousue sans fil narratif précis si ce n'est que voilà, il va apprendre la magie et devenir bien fort. Sans vouloir abuser, il aurait pu être bien d'ajouter des indications temporelles, histoire que le spectateur ne se disent pas que d'un plan à un autre, Strange a appris la magie - surtout quand L'Ancien dit juste avant que ça prend un temps fou.



Enfin, un peu comme tous les films Marvel/DC que j'attends, je suis toujours irrémédiablement déçue, cette année en tout cas, ça n'aura pas été une bonne année pour les super-héros - pour les "super vilains" non plus vu Suicide Squad qui est clairement l'un des navet de cette année 2016. J'espère sincèrement que Marvel ne va pas foirer son prochain Spiderman parce que sinon, ça n'ira plus entre eux et moi !




  • Série


Je me demande souvent, comment je ferai sans série ? Je veux dire je sais que je n'arriverai pas à me passer de lecture, même pendant "seulement" quelques jours, et en fait, je crois qu'il en va de même avec les séries.
J'aurais adoré vous écrire un article sur The Strain ou sur American Horror Story, histoire que vous voyez à quel point je les adore et à quel point je les conseille ! Maintenant, ça n'a plus vraiment d'utilité je trouve, alors pour faire un petit "paragraphe" série, j'ai décidé de vous parler d'une que j'ai commencée il y a de ça trois jours et que j'ai déjà bien entamé.


  • Dirk Gently's Holistic Detective Agency de Max Landis 

Voilà plusieurs semaines que je voyais l'affiche avec Elijah Wood dessus, sans savoir de quoi ça parle, je me disais qu'il faudrait peut-être que je tente. Ayant bien avancé dans mes séries diffusées en ce moment, je me suis retrouvée dans une sorte de pénurie le week-end dernier, alors je me suis dit "autant regarder le premier, et puis j'aviserai". J'ai regardé le premier, puis les deux suivants.
Au début, je me disais un peu "mais c'est quoi ce délire, han comment c'est barré" et oui, c'est complètement (complètement) barré, mais qu'est-ce que c'est marrant !
Le duo Elijah Wood (Todd) et Samuel Barnett (Dirk) est juste à mourir de rire, ils sont amusants, parfois lourds, mais jamais grossiers, on a simplement envie de leur dire qu'ils disent parfois, mais n'importe quoi !
Au-delà de la "rigolade" j'aime le postulat, le fait que ce soit une série qui traite du surnaturel - c'est un domaine que j'adore, après tout ce n'est pas pour rien si je suis toujours Supernatural qui en est à sa douzième saison haha ! -


Je ne veux pas raconter l'histoire, de peur de trop en dire et de ne pas vous donnez envie d'aller voir par vous-mêmes. Finalement, c'est tout ce que je peux vous conseiller, allez regarder le premier épisode et si vous n'accrochez pas, ben tant pis, mais essayez, parce que vraiment, elle vaut le coup.

À l'heure où j'écris cet article, les sept premiers épisodes de la saison 1 sont sortis, il ne reste qu'un seul épisode et ce sera la fin de cette saison, mais pas de panique, la saison 2 est d'ores et déjà prévue !
Un autre plus : la série est diffusée sur BBC America ce qui n'est pas étonnant quand l'on sait que c'est cette même chaîne qui diffuse Orphan Black, un petit bijou dans son genre. Enfin voilà, maintenant c'est à vous de jouer !




J'espère que cet article vous aura quand même un peu inspiré, et surtout comme toujours, si vous avez des conseils/recommandations, n'hésitez pas !





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