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mercredi 5 avril 2017

Bilan - #9 Mars 2017

Le mois de mars a été un mois plutôt fructueux niveau lecture - même si je peine à faire baisser ma pile de livres à lire... - j'ai surtout lu des livres pour les cours (les trois-quarts de mes livres lus sont des livres de cours), mais j'ai aussi eu le plaisir de lire le dernier tome de la saga L'Epouvanteur de Joseph Delaney dont je vous parlerai bientôt (en tout cas j'essaierai !) ou même le tome II de la saga Harry Hole, Les Cafards de Jo Nesbø. 


  • Littérature

Comme je compte faire un article détaillé sur mes lectures personnelles du mois de mars, je vais aujourd'hui vous parler du roman Une saison de machettes de Jean Hatzfeld. Après vous avoir parlé de Dans le nu de la vie le mois dernier, je me suis dit que c'était l'occasion. 


  • Une saison de machettes de Jean Hatzfeld


Ce livre fait suite à Dans le nu de la vie. L'auteur traite toujours du même sujet : le génocide rwandais. Cette fois, il décide d'interroger non plus les rescapés mais les bourreaux eux-mêmes. C'est une tâche pour le moins délicate il faut bien le dire et la lecture de ce livre l'est tout autant. 
J'ai vraiment beaucoup aimé le premier volet qui m'a permis d'apprendre plein de choses sur l'histoire du Rwanda à la fin du XXème, mais aussi de saisir des parcelles de vies brisées, de personnes qui tentent de vivre malgré tout. Dans ce deuxième tome, je dois dire que j'émets des réserves. La démarche en elle-même est intéressante et c'est vrai qu'il est plus juste d'entendre les deux parties concernées et non pas de se cantonner aux victimes, mais qu'apprend-on finalement ? 

J'ai le sentiment d'avoir vu des chapitres se succéder sans être plus avancée dans l'explication. C'est bien simple, il n'y a aucune justification, rien. La question du pourquoi est obsédante et elle reste sans réponse jusqu'à la fin. Peut-être est-ce trop demander, peut-être qu'aucune réponse ne conviendrait, mais là, on ne peut pas se prendre d'empathie pour eux. Pour ce qu'ils ont fait à la base bien évidemment, mais aussi parce qu'ils sont incapables de se faire pardonner, il ne désire pas réellement le pardon, s'ils peuvent l'obtenir c'est tant mieux, mais c'est tout. 

Dans le nu de la vie de Jean Hatzfeld, édition Points.

Ces tueries apparaissent comme un passage de leur vie à la limite de la fantasmagorie, ça s'est passé sans que l'on sache réellement pourquoi si ce n'est que la faute revient aux autres, toujours. À ceux qui leur ont "ordonné" d'aller tuer leurs voisins, prétextant que la vie leur serait meilleure - forcément quand on vole autrui, on se retrouve plus riche. 
J'ai souvent été gêné par tant d'indifférence, par le manque de culpabilité pour certains (tous ?). 

À la fermeture du livre j'étais soulagée, je n'avais plus envie d'entendre de telles excuses, de tels propos, je me sentais plus mal encore pour ces rescapés qui ont tant souffert pour des "ordres", des "il fallait faire comme les autres". 
Lire ce livre aura été une expérience pour le moins étrange il faut bien le dire, je suis contente de l'avoir lu parce qu'il vient quand même compléter Dans le nu de la vie, mais il est certain que j'en garderai un souvenir plutôt désagréable.


« Parce que si on s’attarde trop sur la peur du génocide, on perd l’espoir. On perd ce qu’on a réussi à sauver de la vie. On risque d’être contaminé par une autre folie. Quand je pense au génocide, dans un moment calme, je réfléchis pour savoir où le ranger dans l’existence, mais je ne trouve nulle place. Je veux dire simplement que ce n’est plus de l’humain. »

Jean Hatzfeld, Une Saison de machettes.

Bilan du mois.







  • Cinéma 


J'ai vu très peu de films ce mois-ci, cinq exactement, mais ils ont tous été des films que j'ai beaucoup aimés. Celui que j'ai préféré reste Take Shelter (2011) de Jeff Nichols que je n'avais encore jamais vu et qui est juste génial - normal avec Michael Shannon dedans en même temps ! -. Il y a eu Logan de James Mangold qui est vraiment cool, même si j'aurais préféré que certains événements se passent différemment. Et puis il y a eu Split de M. Night Shyamalan dont je vais rapidement vous parler aujourd'hui. 

  • Split de M. Night Shyamalan


Dès que j'ai vu la bande-annonce de ce film l'année dernière, j'avais envie de le voir. Je dois dire d'avance que je n'ai pas été déçue, j'ai été happé par ce thriller très bien mené par James McAvoy qui livre une interprétation folle, je crois qu'il n'y a pas d'autres mots. 
Tout le début de "des filles (un peu pétasses) qui se font enlever puis séquestrer" ne m'a pas particulièrement plu, j'ai trouvé ça un bateau, mais ce n'est clairement pas le propos, l'enjeu est entièrement centré sur "les personnages" incarnés par McAvoy. 

J'ai trouvé ce film différent de ce que l'on voit en ce moment, un film qui n'a pas de prétention d'un point de vue médical (son but n'est pas de fidèlement représenter la maladie) mais il utilise plutôt une histoire peu commune pour la modifier et en faire la matière de son film à connotations presque fantastiques. Tout ce qu'il y a à dire est que Shyamalan a très bien traduit toute l'ambiguïté du personnage de McAvoy, tantôt il apparaît comme un homme inoffensif (qui voit une psychologue !) tantôt il apparaît comme un homme dangereux et sans pitié. 
Le dosage est parfait et le plaisir se retrouve décuplé. Franchement je pense que je le reverrai bientôt, je sens que je suis passée à côté de choses. 


Beaucoup semblent avoir été déçus par ce film relativement attendu, et je dois dire que je ne comprends pas vraiment pourquoi, je ne vois pas à quoi s'attendaient ces personnes et ce que le film ne leur a pas donné. 
Pour ma part j'ai beaucoup aimé ! et puis il y a cette fin qui laisse un sentiment étrange, fallait-il s'y attendre ? fallait-il en finir ? 




  • Série 

Ce mois-ci j'ai commencé la saison 2 de Love qui est enfin sortie sur Netflix. La saison 1 avait été un gros coup de coeur, alors forcément j'attendais la deuxième avec impatience. Je ne l'ai pas encore terminé (je ne veux pas trop me jeter dessus !) donc je ne vous en parlerai pas aujourd'hui mais sans doute dans un prochain article. 
J'ai regardé Marvel's Iron Fist aussi où là je suis plutôt mitigée. J'en attendais beaucoup parce que je suis pressée de voir Defenders, mais le truc c'est que je n'ai pas aimé Jessica Jones - l'épisode 1 m'a suffit - et pareil pour Luke Cage alors ça commence à être compliqué. Heureusement le personnage de Danny Rand m'a assez plu - jusqu'à une certaine mesure quand même. 

Mais aujourd'hui je vais vous parler de la série Legion qui est un gros gros coup de coeur, je pense qu'elle est l'une des meilleures séries de ce début d'année. 

  • Legion


Avec cette série on entre directement dans l'univers X-Men. Ce que j'ai adoré c'est que la série ne s'attarde pas vraiment sur tout le côté X-Men, on dirait plutôt que nos mutants font carrière en solo, loin de Charles Xavier est compagnie. On suit David (qui est le fils de Charles Xavier dans les romans) qui se trouve en hôpital psychiatrique pour schizophrénie - oui encore ! -, mais forcément il s'avère qu'il n'en est rien et qu'en réalité David n'est pas fou, il entend bel et bien des voix dans sa tête. 

S'ensuit huit épisodes tous plus intenses les uns des autres qui se terminent à chaque fois en laissant le spectateur sur le carreau. Le gros point fort de cette série outre son scénario qui est vraiment intéressant, c'est sa réalisation ! On trouve certaines séries avec une certaine prétention esthétique avec une envie de sortir de la norme visuelle en matière de série, ici on ose et c'est génial ! Chaque épisode est réalisé par une personne différente et la qualité ne descend pas parce qu'ils essaient tous de faire quelque chose d'original, de créer une vraie ambiance qui transparaît aussi bien dans les dialogues que dans l'image. 

En y repensant c'est sans doute l'une des séries les mieux abouties que j'aie eu l'occasion de voir. J'ai l'impression qu'on a tendance à aimer les séries pour leur scénario, pour ce qu'elles racontent dans ses grandes lignes, mais pas pour ce qu'elles montrent visuellement, pas pour ce qu'elles racontent entre les lignes. Ici, c'est un mix des deux, le scénario se trouve être renforcé par une réalisation qui renforce du coup aussi le scénario, l'un ne va pas sans l'autre comme on le voit dans les bons films. 


À peine terminée, Legion vient d'être renouvelé pour une saison 2, ce qui est un véritable plaisir quand on voit comment la 1 se termine. Vraiment s'il y a une série de ce début d'année 2017 qu'il faut que je conseille, c'est celle-ci parce qu'elle vaut largement le coup. 







samedi 4 mars 2017

Bilan - #8 Février 2017

Ce mois de février est passé à une vitesse, je n'ai même pas eu le temps d'y penser que le mois était déjà terminé ! 



  • Littérature

Côté lecture j'ai quand même découvert de belles oeuvres. Je n'ai malheureusement pas eu le temps de rattraper mon retard dans les publications, mais bon, le principal c'est que je fasse les choses à mon rythme et que j'y prenne toujours du plaisir. 

La majeure partie des livres que j'ai lu ce mois-ci ont ou vont faire l'objet d'un article, alors je ne vais pas répéter ici ce que je dirais plus tard. Pour cette raison, j'ai décidé de vous parler un peu de ma lecture en cours : Dans le nu de la vie de Jean Hatzfeld


  • Dans le nu de la vie de Jean Hatzfeld. 

On parle toujours beaucoup du génocide juif dans la littérature (ou les arts en général), mais on parle peu, voire pas du tout du génocide qui a frappé le Rwanda en 1994. Certes, ce dernier a eu lieu il y a beaucoup moins longtemps, mais il n'empêche que c'est carrément un pan de l'histoire qui passe à la trappe pour la plupart d'entre nous. 

Concrètement, j'ai découvert ce livre - et cet auteur - parce qu'il faut que je le lise pour un cours sur la littérature du témoignage, sinon, je pense que je n'aurais simplement jamais entendu parler de son existence. 
Avant de l'entamer, je me suis demandée ce que je sais du génocide du Rwanda - même ce que je sais du pays en général - et, là vérité, c'est que je n'en sais pas grand chose. Ce n'est pas un pays dont l'on parle souvent et, surtout, ce n'est pas quelque chose que l'on étudie au lycée comme c'est le cas de la Seconde Guerre mondiale. 

Jean Hatzfeld, Dans le nu de la vie.

Je n'arrive pas à trouver de raison à ce manquement, peut-être que c'est "loin de nous" alors on ne se sent pas concerné, peut-être qu'il faudrait commencer à considérer toutes les ethnies pour ce qu'elles sont, aussi. 

Ce livre est riche en informations sur les tueries qui ont eu lieu en 1994 au Rwanda. On apprend que les Hutus ont littéralement massacré à la machette leurs voisins (et amis pour certains), les Tutsis sans raison - déjà parce qu'il n'y a aucune raison à donner à ça, mais plusieurs hypothèses sont avancées dans le livre quant aux motivations des Hutus. 
L'auteur a consacré son livre aux témoignages des marais du pays pour la plupart. Composé de quatorze chapitres (un chapitre = un témoignage différent). On accède à plusieurs récits d'une même survie pour ces Rwandais(es) qui ne comprennent pas, qui ont tout perdus et qui doivent se reconstruire. Beaucoup se répètent, ce qui vient confirmer les propos de chacun et surtout, c'est rempli d'une sincérité, d'une objectivité telle que c'est hallucinant de voir à quel point des êtres humains qui ont vécu l'horreur ne souhaitent pas forcément que la vengeance. 

Comme tout témoignage sur la Seconde Guerre mondiale, Dans le nu de la vie doit être lu déjà pour reconnaître le fait que le Rwanda a bien fait l'objet d'un génocide, mais aussi parce que c'est une partie de l'histoire qui compte toute autant qu'une autre, et qu'il ne faut pas la faire disparaître en la mettant de côté. 


  • Cinéma 

J'ai eu le plaisir de voir plus de films lors du mois de février que lors de janvier. J'ai notamment pu voir Loving de Jeff Nichols qui est sorti le 14 février. À la base, je comptais écrire un article dessus, et puis finalement, à la sortie, je me suis dit que je n'avais pas tant de choses à dire. Je l'ai d'une certaine façon trouvée très beau, mais j'ai un peu été déçu. Faut dire, c'était LE film que je voulais voir en ce début d'année 2017 et j'ai trouvé la performance des acteurs (surtout Ruth Negga en fait) un peu trop passives et la réalisation manquait cruellement d'originalité. Dit comme ça, c'est un peu violent c'est vrai, surtout que je le conseille quand même, parce qu'il faut bien le dire, il reste un très bon film !
Mais donc aujourd'hui, j'ai décidé de vous parler d'un autre film que j'ai pu voir lors du mois de février et il s'agit de Nocturnal Animals de Tom Ford.


  • Nocturnal Animals 

J'ai vu la bande-annonce il y a quelques mois et là, je savais, je savais que j'aurais envie de le voir. La bande-annonce m'a énormément intrigué et retrouver Amy Adams et Jake Gyllenhaal dans un même film me donnait pas mal envie, il faut bien le dire. 

Impossible d'aller le voir à sa sortie, j'ai donc dû attendre un peu. 
Très rapidement, Nocturnal Animals c'est un film avec une double narration : d'un côté nous suivons Susan Morrow (Amy Adams) dans la "réalité" où elle est mariée, elle travaille dans l'art et d'un autre, nous est raconté l'histoire du roman de son ex-mari Tony (Jake Gyllenhaal) nommé Nocturnal Animals.
Ce film est extrêmement énigmatique parce qu'on s'y perd facilement, parce qu'on ne sait pas réellement si cette histoire sort de la tête de son auteur ou si elle a existé. Et puis, on ne rencontre jamais Tony dans la vraie vie, on ne le voit qu'à travers son roman, dans la perception qu'en a Susan lors de sa lecture.
J'aime beaucoup Amy Adams en tant qu'actrice, mais ici, son rôle passait au second plan par rapport à l'histoire de Tony qui est juste folle quoi ! 

En plus, j'ai eu la bonne surprise d'y voir Michael Shannon - une coïncidence de la retrouver dans un film après avoir vu Frank & Lola dans lequel il joue - acteur que j'aime vraiment beaucoup. Une fois de plus il joue magnifiquement bien et son duo avec Tony est très touchant dans sa façon de vouloir se battre pour avoir justice.

Même si je suis restée un peu sur ma faim - faut dire que la dernière scène laisse un gros point d'interrogation quand même - j'ai adoré ! Je n'ai pas vu le temps passer et surtout j'avais tellement l'impression d'y être. J'ai trouvé que pour la réalisation, Tom Ford avait de très bonnes idées par moment, mais pas sur la totalité du film, ce qui est dommage.

Nocturnal Animals fait partie de ces films où on ne comprend pas pourquoi ils sont restés seulement deux semaines à l'affiche, ceux qui passent relativement inaperçus, mais qui mériteraient d'être vus.


Nocturnal Animals (2017), Tom Ford

  • Série
Je ne savais pas de quelle série j'allais vous parler cette fois, parce que j'en regarde vraiment beaucoup et que je ne peux pas écrire sur toutes et parce que je voulais une série dont la saison s'est terminée au mois de février. J'ai alors choisi Timeless

  • Timeless

Timeless est une série de la CW qui traite des voyages temporels - vraiment très en vogue depuis quelque temps déjà et plus encore depuis la rentrée dernière. On suit trois personnages très différents les uns des autres, mais qui vont se rencontrer, travailler ensemble pour éviter que l'Histoire (oui oui, avec un grand H) ne change. Chaque épisode se situe dans une période historique différente si bien que l'on va rencontrer Lincoln, Bonnie & Clyde, Al Capone, plein de beau monde quoi !

Sans être franchement transcendante, la série se laisse regarder facilement. Les personnages sont attachants en particulier le trio, qui forme une très bonne équipe. Le fait que ce soit une femme un peu au centre de tout est intéressant, mais j'ai surtout aimé le fait qu'elle soit une historienne. C'est un métier dont on parle peu dans les séries (en tout cas dans celle que je regarde) et souvent les voyages dans le temps ne sont pas organisés en présence d'un(e) historien(ne) afin de pouvoir se fondre parmi la population.

Pour donner un point de comparaison à Timeless, je vais très rapidement parler de la série Fréquency, également diffusée sur CW. Elle traite du même thème et a commencé en même temps, c'est-à-dire en septembre/octobre 2016.
Les deux nous proposent une femme comme personnage principal ce qui est plutôt un bon point, faut bien le dire. Par contre, la réelle différence entre les deux se trouvent au niveau de la pitié que l'on souhaite que le spectateur ressente.
Dans Timeless, il est question de la perte de l'être aimé et aussi d'un membre de la famille, dans Frequency, il est question d'empêcher la mort du père de l'héroïne (puis de la mère), mais aussi de retrouver son petit ami après avoir changé le présent en changeant le passé.
Comme on le voit il y a des similitudes, mais on remarque très rapidement que ce n'est pas traité de la même façon. Timeless prend le partie de l'humanité dans sa globalité, du monde qu'il faut sauver en quelque sorte, tandis que Frequency s'attache à une famille, aux parents de notre héroïne. Forcément, on trouve une forte dose de pathos et c'est vraiment dommage parce que ça nuit à la série plus qu'autre chose.
Enfin bref, tout ça pour dire qu'entre ces deux séries, on trouve autant de points communs que de différence et que, personnellement, j'ai préféré Timeless.




En plus, faut quand même dire qu'elle a été en partie créée par Eric Kripke qui n'est autre que le créateur de Supernatural, sans doute l'une des meilleures séries au monde alors forcément ça donne envie ! Et puis aussi, j'aimerais tellement que Lucy termine avec Wyatt alors rien que pour ça, je voudrais qu'il y ait une saison 2 !




















La promise au visage de fleurs de Roshani Chokshi

Il était une fois un homme qui croyait aux contes de fées. Il était une fois un homme qui savait que les contes révèlent ce qui demeure cach...