lundi 10 octobre 2016

Série du moment - #15 American Gothic

Série diffusée cet été sur CBS, American Gothic de Corinne Brinkerhoff peut sembler relativement simple de prime abord. En effet, après le visionnage du premier épisode, on sait deux choses vraiment importantes, la première est que l'on a retrouvé une ceinture liée à une affaire irrésolue depuis vingt ans, celle du tueur aux clochettes d'argent (Silver Bells) et également que la famille Hawthorne, famille fortunée de Boston a définitivement quelque chose à se reprocher quant à cette affaire. 

Alors oui c'est vrai que ce scénario est un peu simpliste, c'est quelque chose de vu et revu et bien évidemment le but est de se démarquer de tout ce qui a été fait auparavant. 
Est-ce qu'American Gothic a réussi ce défi ? Oui et non. 

Comme dit plus haut, on va suite la famille Hawthorne durant treize épisodes, famille influente de Boston qui vit dans son grand manoir à l'abri de la misère. Dès le premier épisode tout est lancé donc avec cette révélation sur ce tueur en série qui a sévi quasiment deux décennies auparavant, histoire que l'on sait forcément liée à cette famille. La ceinture retrouvé et qui réouvre l'enquête provient d'un pont qui s'est écroulé et qui a été construit par Mitchell Hawthorne (Jamey Sheridan) patriarche de la famille. 
Parallèlement à cela, on apprend qu'une des filles Hawthorne, Alison (Juliet Rylance) est en courses pour devenir maire. Durant l'un de ses speech, son père fait une crise cardiaque et est hospitalisé. Cette hospitalisation permet de faire resurgir l'aîné de la famille, Garrett (Anthony Starr) qui s'est volatilisé un peu après le dernier meurtre du tueur aux clochettes, une coïncidence ? forcément que non. 

Cet épisode d'American Gothic est très dense, on en apprend vraiment beaucoup, du moins suffisamment pour poser un postulat de départ qui tient la route, le temps de découvrir partiellement tous ces personnages que l'on va suivre durant treize épisodes. Bien évidemment on en sait peu sur chacun d'entre eux à ce moment, déjà parce que ce n'est pas en seulement quarante minutes que l'on peut connaître la vie de quelqu'un de long en large, mais aussi parce que la famille est quand même constituée de sept personnes, les deux parents - même si le père ne compte pas trop étant donné qu'il est présent que dans le premier épisode... - les quatre enfants et le fils de l'un d'eux. 

Néanmoins, dès ce premier épisode, on sait que quelque chose cloche avec cette famille, que l'un d'eux est sûrement ce tueur recherché durant toutes ces années, c'est en tout cas ce que l'on veut nous faire croire. 
Le reste de la saison va s'évertuer à nous faire suspecter tous les membres de la famille, chacun leur tour, même si le plus souvent les doutes se portent sur Garrett et sur Cam (Justin Chatwin) et puis bah forcément sur la mère (Virginia Madsen) qui ne peut être que coupable tellement elle semble perfide et vicieuse. 


Tous les personnages sont des stéréotypes ce qui est plutôt dérangeant au début. Il y a la mère qui cache des choses en tout cas qui n'est jamais véritablement honnête et qui est dangereuse comme on peut le voir dès le premier épisode. 
C'est l'aîné, Garrett, qui, ne supportant plus la vie luxueuse de sa famille a décidé de s'en aller sans prévenir personne et de vivre dans la forêt avec absolument rien. Puis, c'est Alison véritable politique qui ne rêve que d'une chose : devenir la première femme maire. Ensuite, c'est Cam, véritable junkie qui est le père de Jack (Gabriel Bateman) un enfant relativement insensible qui va aller jusqu'à couper la queue du chat de leur voisine pour voir si celle-ci bougeait encore, pour voir les tissus et ce genre de choses. Enfin, c'est Tessa (Megan Ketch) la cadette, petite femme fragile et douce qu'il faut protéger. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien si elle est mariée à un inspecteur de police, ce même inspecteur qui sera sur l'affaire du tueur aux clochettes. 

Dis comme ça, les personnages semblent sans intérêt et pourtant ! Garrett est celui que j'ai préféré avec Cam. Déjà parce qu'ils sont ceux que l'on soupçonne le plus et pas une fois je me suis doutée de la tournure que prendraient les évènements. L'explication sur le départ de Garrett n'est pas du tout celle à laquelle je m'attendais, pas plus que sa motivation pour rencontrer la fille de la dernière victime du tueur aux clochettes. Et puis, plus que l'homme qui a sa famille en horreur, on peut à la fin de la saison saisir toute la mesure de ses choix, de ce qui l'a motivé à prendre ces décisions et en particulier celle de s'en aller. 
En y pensant, le personnage de Cam évolue peu au fil des épisodes, mais dans le dernier, enfin dans le double épisode (12 & 13) c'est un peu pareil, son rôle dans l'histoire du tueur est tellement invraisemblable que l'on ne peut qu'être triste pour lui. 

J'ai bien aimé le personnage d'Alison également, son personnage se révèle au fur et à mesure. Au début elle paraît tellement innocente qu'on ne peut pas la suspecter, elle n'a pas pu faire ça. On se dit que la seule chose qu'elle cache, c'est son homosexualité, sa liaison avec la femme chargée de campagne mais jamais elle aurait été capable de commettre un meurtre, du moins d'être la complice du tueur. Et puis, on se dit ensuite, pourquoi pas ? Et on repousse l'idée, se rendant à l'évidence que non, ça ne colle pas. Mais pourtant, le dernier épisode nous permet aussi de voir son visage au grand jour, de voir qu'elle a compris qui était ce fameux complice mais qu'elle l'a gardé pour elle, quitte à sacrifier quelqu'un. Sa mère devait y passer, alors elle a en quelque sorte était complice du complice dans ce dernier meurtre. Ça, je ne l'ai pas vu venir, mais alors pas du tout ! 

Le personnage de Tessa, je n'ai pas grand chose à en dire, il m'a plus ennuyé qu'autre chose. Je n'ai pas trouvé son personnage véritablement utile, elle est et reste jusqu'au bout la cadette, l'innocence même qui n'est pas capable de se souvenir qu'elle a poussé quelqu'un dans les escaliers quand elle était plus jeune, voilà. 

American Gothic est pour moi une bonne série thriller de l'été, quelque chose de léger, de tout public. Jamais on aura vu une goutte de sang, jamais on aura assisté à une quelconque scène de réelle violence - excepté peut-être lors de ce flash-back où Garrett se souvient de son affrontement avec le tueur. 
Le suspense est présent jusqu'au bout et surtout la série réussit son tour de force : faire en sorte que les spectateurs créent toute sorte de théories farfelues quant à l'identité du tueur et de son complice, quant à ses motivations. Ça m'a parfois fait penser à une partie de cluedo avec cette grande maison, ces escaliers qui ont une place importante dans l'histoire quand on y pense et surtout, dans cette volonté de suspecter individuellement chaque personnage, d'analyser leur mobile, leur comportement. 

Par-dessus tout, on reste ans le flou jusqu'au bout, personnellement, j'ai trouvé l'idée du tueur superbement trouvée, cette vérité s'encastre parfaitement avec toutes les informations qui nous ont été données et pourtant, on ne voit rien, en tout cas je n'ai personnellement rien vu et c'est seulement quelque minutes avant la révélation que j'ai compris toute la supercherie. Comme voulu, l'identité du complice reste secrète jusqu'au dernier épisode et quel épisode ! Je l'ai trouvé très bon parce que même à ce moment les personnages agissent d'une manière que l'on n'aurait pas pu suspecter, je pense essentiellement à Alison qui m'a laissé pantoise quand l'on voit le rôle qu'elle a joué dans le dénouement de cette histoire. 

Durant ce double épisode qui est venu conclure la saison, je me suis dit qu'il n'y aurait sûrement pas de saison 2, que je ne voyais pas comment il pouvait y en avoir une à moins que ce soit une série d'anthologie - il commence à y en avoir un peu trop à mon humble avis - et une fois encore je me suis trompée, enfin, j'ai été trompé et la fin de cet épisode, la dernière scène nous amène à penser le contraire car, même si l'on connaît l'identité de ce complice, celui-ci n'a pas été capturé. 

J'ai aimé cette série pour son scénario, pour le fait que le spectateur se retrouve perdu au milieu de suspects plus coupables les uns des autres sans jamais vraiment suspecter la bonne personne. J'ai aimé la plupart des personnages que j'ai trouvé intéressant, en particulier Jack qui, même s'il fait un peu psychopathe pour un enfant d'une dizaine d'années, il m'a beaucoup amusé. 

American Gothic est une série sans prétention, une série de l'été qui ne se revendique pas comme la série de l'année, mais qui se laisse regarder avec un certain plaisir et, si saison 2 il y a, je serai probablement au rendez-vous. 






samedi 8 octobre 2016

Le Coin des libraires - #35 À tout moment la vie de Tom Malmquist

Aujourd'hui on va parler roman suédois avec À tout moment la vie de Tom Malmquist que j'ai eu la chance de recevoir par le biais de l'opération Masse Critique Babelio que je remercie ainsi que les éditions Noir sur Blanc. 

Plus qu'un simple roman suédois, j'aimerais parler, du moins essayer de vous confier ce que j'ai ressenti durant ma lecture de ce livre. 
Ce sera sûrement difficile pour moi de mettre les bons mots sur mes impressions, sur mon ressenti, À tout moment la vie faisant partie de ces livres qui bousculent, qui remette en question la perception que l'on a d'un sujet. 

Avant de le recevoir, je ne savais pas de quoi il parlait, je déteste lire les résumés alors j'ai simplement fait confiance à la couverture. Faut dire d'une part que la collection Notabilia des éditions Noir sur Blanc est magnifique, l'idée d'utiliser trois couleurs - beige, noir, rouge - sur chaque couverture est génial, sans parler du marque-page qui a été une bonne surprise ! D'autre part parce que pour le coup, la couverture est assez significative avec ce spermatozoïde qui se dirige vers le sablier - symbole du temps. 

J'ai lu le résumé une fois ma lecture terminée, une fois le dernier mot de la dernière ligne et je dois avouer que je suis bien contente de ne pas l'avoir lu au préalable. 
Je déteste lire les résumés simplement parce que je préfère me plonger dans une histoire sans forcément en connaitre le début ni même le sujet et là, le résumé donne beaucoup - trop - d'informations sur la lecture, pour ma part, bien évidemment. 


Pour Tom, il y aura désormais un avant et un après. Dans la fracture du temps, dans les profondeurs d’un hôpital de Stockholm, un corps dévasté, comme un autre lui-même, est arraché à tous ses liens terrestres. Mais au-delà des moindres signes cliniques émerge encore, par moments, la conscience d’une femme aimée, Karin, qu’il faut délivrer d’urgence de l’enfant qu’elle porte. Sa famille, ses amis veillent dans l’ombre, séparés d’elle, mis à nu devant la finalité obscure des jours.

Dans l’après, malgré les douleurs de la perte, les tourments, et les complications de la vie civile, Tom se consacre à la petite Livia et revit par la pensée ses années auprès de Karin, s’évertuant à ranimer partout la jeune femme.

À mille lieues du pathos et des poncifs sentimentaux, Tom Malmquist a ciselé un texte fort et vrai. Grâce à ses observations justes et fines, il évoque toute la gamme des nuances et des sensations qui restituent l’être aimé dans la mémoire et même dans la chair des jours. Voici un livre sur l’énigme indéchiffrable de l’existence.

Acclamé unanimement par la critique lors de sa sortie, le premier roman de Tom Malmquist est finaliste pour le Grand Prix de littérature du Conseil nordique 2016. Il a été vendu dans une dizaine de pays.

« Dans un souffle, elle murmure : Je t’aime autant qu’il est possible d’aimer. »



Dès la première page, la base est posée, nous allons suivre Tom (le narrateur) qui vient d'arriver à l'hôpital de Karolinska avec sa femme Karin, admise pour insuffisance respiratoire. À partir de là, le drame commence. 
Alors enceinte de huit mois, on diagnostique à Karin une leucémie aiguë, il faut lui faire une césarienne où elle risque de perdre le bébé. Elle donne donc naissance à une petite fille qu'elle va appeler Livia - "la vie" -. 
Ce sera son dernier mot, plus jamais Tom ne l'entendra parler ou être consciente, c'est fini. 

J'ai fidèlement suivi Tom à travers son périple entre deux services, celui de Karin qui n'a cessé d'être ballottée d'un service à un autre et Livia, jeune prématurée. D'un jour sur l'autre, les diagnostiques changent, tout d'abord optimiste, l'état de santé de Karin ne cesse de se détériorer au fil du temps, ce qui donne au narrateur et au lecteur le temps d'assimiler toute sorte de termes médicaux. Puis, on commence à être moins optimiste, Karin n'est plus capable de respirer par elle-même, les médecins vont même jusqu'à la placer en ECMO (Oxygénation par membrane extra-corporelle), puis on dit à Tom qu'il y a un risque qu'elle perde sa jambe droite, le sang a de plus en plus de mal à circuler correctement, et finalement non, il sauve la jambe, mais pas la femme. 

C'est en vain, Karin meurt. Tom la débranche de l'assistance respiratoire artificielle, c'est la fin de ce que j'ai nommé Partie I. 

J'ai découpé ce livre en deux parties, la première regroupe les cent premières pages, jusqu'à la mort de Karin, la vie à l'hôpital, l'espoir qui, même s'il est peu présent persiste jusqu'au dernier moment, jusqu'à ce qu'on lise "[...] La patiente est décédée à 06:31". 
Le reste du livre regroupe toute la Partie II, la vie sans Karin, la vie qui reprend, la vie passée qui se mêle à la vie présente et même future dans les dernières pages. 

En entrant dans ce livre, je pensais que les 300 et quelques pages se passeraient à l'hôpital, que tout le livre raconterait comment Karin ou Livia a perdu la vie ou quelque chose comme ça, je ne m'attendais pas à autre chose que l'hôpital comme lieu de vie en fait. 

Pourtant si, la partie II s'ouvre et Tom qui n'a plus sa compagne avec lui doit faire face à la difficulté qu'est d'élever une petite fille seule, sans la mère pour l'aider. 
On nous présente quelques personnages ici et là, la mère de Tom qui l'aide, son père qui a une place relativement importante dans le récit ou encore des amis de la famille. 

Karin n'est plus, elle s'en est allée, mais elle reste toujours présente. Le souvenir que Tom a d'elle reste indélébile et c'est dans ce souvenir qu'il va la faire revivre pour nous, et sûrement aussi pour elle, si jamais un jour, elle lisait ce qu'il a vécu, ce qu'ils ont vécu. 

À tout moment la vie de Tom Malmquist.

Le retour sur le passé de Tom permet d'en apprendre plus sur la personne qu'était Karin parce que, mine de rien, on ne savait rien d'elle auparavant. 
Il nous explique alors qu'elle était aussi écrivain, qu'ils se sont rencontrés à l'Université lors d'un cours d'écriture créative - il me semble -. On apprend également qu'elle a eu deux "grosses" maladies par le passé d'abord un kyste au cerveau. Elle a été abandonnée par son copain du moment et sa mère a été "obligée" de s'occuper d'elle. Ça a été une expérience traumatisante et c'est pour cela qu'elle désire qu'il n'y ait que Tom qui soit avec elle à l'hôpital, elle ne veut personne d'autre parce que Tom, c'est sa famille à elle, au point qu'on a presque l'impression de voir se former une bulle autour d'eux lors des évènements de la partie I. 
Ensuite, elle a eu une hémorragie au cerveau en 2002, soit dix ans avant les évènements de À tout moment la vie - qui se déroule donc en 2012. Là encore, le narrateur nous parle de cette expérience qui a été dure pour eux d'eux - bon pour elle surtout j'imagine. 
Il revient souvent sur cette période parce que, justement elle s'en est sorti à ce moment-là, elle a réussi à s'en remettre et à reprendre sa vie, ce qui n'est pas arrivé cette fois.

J'ai trouvé le personnage de Tom extrêmement courageux, il continue à se battre pour sa fille malgré les problèmes qui se posent. D'abord, il perd sa femme, sa compagne depuis une dizaine d'années, il a des soucis avec la justice, n'étant pas marié à Karine, il n'est pas considéré comme le tuteur légal de la petite Livia même s'il est le père, détail qui paraît extrêmement futile et surtout absurde. Enfin, il perd son père, souffrant d'un cancer depuis une dizaine d'années. La relation avec son père a son importance, Tom en parle lorsqu'il se remémore des souvenirs en rapports avec Karin ou même ses souvenirs à lui, lorsqu'il n'était encore qu'un adolescent et qu'il devait faire face à la difficulté qu'a été d'être le fils de cet homme qui a notamment dénoncé des matchs truqués en Suède dans un grand magazine suédois, L'Expressen. 

Ce livre m'a mis une claque, véritablement j'ai ressenti comme une onde de choc dans tout le corps durant toute la première partie. C'est une immersion directe dans le milieu hospitalier avec l'utilisation de tous ces termes scientifiques que Tom veut connaître, qu'il consigne d'ailleurs dans un bloc-notes pour "pouvoir le raconter à Karin si jamais elle se réveille, pour qu'elle sache exactement ce qu'il s'est passé". Malheureusement, l'utilité de ces notes n'aura pas été celle-ci, mais plutôt les premières pistes pour écrire son histoire, une sorte d'hommage avec cette femme aimée, à cette femme qui est la mère de sa fille. 

Dans cette partie I, Tom est comme nous, il obtient les informations en même temps que nous lecteurs, il est, entre guillemets, spectateur de son histoire, contrairement à la partie II où il prend la figure du conteur. 
La réalité est oblige dans la première partie qui tranche totalement avec la suite où là, nous avons droit à des souvenirs mêlés à la vie "réelle", au présent qui continue malgré tout.

D'ailleurs, les dialogues sont inclus dans le récit de sorte que nous avons un bloc et non une mise en page "classique" où l'on revient à la ligne quand on fait parler un personnage. J'ai eu un petit temps d'adaptation pour cette forme, notamment pour discerner qui parlait lors des dialogues, mais après quelques pages, on s'y fait très rapidement. Surtout, le fait de tout réunir en un seul morceau, j'ai trouvé ça très intimiste, nos yeux n'ont pas la possibilité de s'arrêter sur une phrase de dialogue lorsqu'on tourne la page. Nous avons seulement ce bloc qui prend toute la page et qui continue encore et encore, comme si, quelque part l'auteur ne voulait pas perdre de temps - enfin ça, je ne sais pas trop. 

À tout moment la vie est en quelque sorte la célébration d'une vie, celle de Karin qui renaît par le souvenir, mais aussi celle de Livia qui va grandir sans sa maman, mais pas sans la connaissance de la personne que celle-ci était et qui, même si elle est encore trop jeune, portera sa robe d'un bleu azuré que Tom connaît si bien. 
C'est un roman très fort dans son propos : la mort, l'amour, la vie. J'aurais pu écrire encore des lignes et des lignes, mais je ne veux pas raconter toute l'histoire, je veux simplement transmettre le plaisir que j'ai eu à lire cette œuvre. 
Il n'y a aucun épanchement de l'auteur, aucune volonté de faire pleurer dans les chaumières même si, on ne va pas se mentir, il y aurait de quoi. Non, Tom Malmquist raconte les faits, presque cliniquement, avec détachement, mais il connaît les lecteurs, il sait qu'il n'y a pas besoin de parler de l'abattement, de la tristesse pour que ceux-ci le ressentent et oui, on ressent de la tristesse, une tristesse infinie mais pas une tristesse pathétique.

Il a été difficile d'écrire cet avis, comme pour toutes les œuvres qui me tiennent particulièrement à cœur, j'ai du mal à trouver les mots justes, j'ai du mal à exprimer le panel d'émotions diverses que j'ai ressenti lors de ma lecture, mais qu'est-ce que j'ai aimé ! 
À tout moment la vie est le genre d'œuvre où j'aimerais pouvoir avoir l'auteur en face de moi et lui dire merci, seulement merci d'avoir écrit un texte si puissant, si étourdissant, merci de faire en sorte que moi, petite lectrice dans sa petite ville puisse éprouver des émotions encore jamais ressenties. 

Vous l'aurez probablement compris, À tout moment la vie de Tom Malmquist a été l'une de mes meilleures lectures de cette année 2016, une pépite comme j'en trouve trop peu, une histoire dont je me souviendrai longtemps. 



"L’appartement de Karin paraît soudain un lieu de rassemblement pour le silence, quelque chose qui s’est produit à notre insu en l’espace d’une heure à peine, mais la masse de silence dépasse tout."

Tom Malmquist, À tout moment la vie

Cette citation extraite à la page 173 est pour moi représentative du départ de Karin, de son départ qui a été fulgurant, sans même que l'on s'en rende pleinement compte, elle n'était plus là.



Encore une fois, un grand merci à Babelio et à la maison d'édition Noir sur Blanc pour m'avoir permis de découvrir cette œuvre majestueuse et intemporelle.






mercredi 5 octobre 2016

Bilan - #4 septembre 2016

On se retrouve aujourd'hui pour le bilan du mois de septembre (à retrouver le bilan du mois d'août). 
Autant débuter maintenant avant de commencer à raconter ma vie tout sauf intéressante - haha ! 


  • Littérature


Huit livres lu ce mois-ci, quelques classiques dont je vais parler aujourd'hui, deux romans dystopiques avec Fracturée, le deuxième tome de la trilogie Effacée de Teri Terry (les liens sont plus bas) et La 5è Vague de Rick Yancey (à retrouver très bientôt sur le blog pour un comparatif livre/film !) Il y a eu aussi la lecture de La femme au petit renard de Violette Leduc, réédité par l'Imaginaire Gallimard au début de ce mois de septembre, ou encore le tome II de la saga Kenzie/Gennaro de Dennis Lehane (article précédent). 

Enfin voilà, j'ai lu pas mal de livres de genres différents et je compte bien continuer ainsi, même si je risque de bien moins lire les mois à venir, en tout cas pas de livres "personnels" mais plutôt des livres de cours. Oui, je commence avec du retard une deuxième année de lettres, j'ai donc pas mal de lectures en perspective ! 

Certains articles sont en cours d'écriture et seront très bientôt publiés sur le blog, notamment mon article sur La femme au petit renard où je parle également d'un autre livre de Violette Leduc, La vieille fille et le mort. Normalement, le prochain livre dont je parlerais sur le blog sera À tout moment la vie de Tom Malmquist (éditions Noir sur Blanc) que j'ai eu la chance de recevoir grâce à Babelio, et dont je peux déjà vous dire que j'ai adoré cette lecture !

Lectures du mois de septembre.


Aujourd'hui, j'ai décidé de parler de deux classiques dans mon bilan, deux classiques que j'ai beaucoup aimé lire - oui, je suis le genre à aimer les classiques, particulièrement du XIX & XXè - et il s'agit de Contes du jour et de la nuit de Guy de Maupassant & Le chef-d'oeuvre inconnu et Sarrasine d'Honoré de Balzac. 


  • Contes du jour et de la nuit, Guy de Maupassant 


Plus jeune, quand j'étais au collège, je n'aimais pas beaucoup cet auteur, je le trouvais trop "campagnard" et puis, j'ai lu Le Horla et comment dire que depuis, j'ai appris à découvrir cet auteur et à l'aimer. 
Je ne suis pas le genre de lectrice à aimer les nouvelles, les textes "courts" simplement parce que j'ai souvent un certain temps d'adaptation on va dire, je mets du temps à rentrer dans un livre et lorsque celui-ci est très court, je n'ai souvent même pas le temps d'entrer dedans qu'il est déjà terminé. Pour l'instant, il n'y a que trois auteurs où je n'ai pas ce problème : Edgar Allan Poe, Stefan Zweig & bien évidemment Guy de Maupassant. 

J'ai par le passé lu plusieurs de ses recueils de nouvelles et également Une Vie que j'ai adoré - bien plus que Bel Ami. Je me suis rendu compte lors d'une de mes excursions en librairie qu'il me manque encore - beaucoup - de livres de cet auteur, notamment Contes du jour et de la nuit que j'ai acheté en premier pour sa couverture, oui oui. 

Ce recueil regroupe des contes comme l'indique le titre, certains très connus, la Parure étant sans doute la nouvelle la plus célèbre. 
Constitué d'une vingtaine de contes, le recueil est très éclectique même si on peut dire que la morale de chacun est la plupart du temps très pessimiste. Il suffit de voir des nouvelles telles que Le Petit ou encore Histoire Vraie qui sont vraiment horribles dans le fond et je ne parle même pas de L'Aveu qui, juste avant La Parure nous parle d'une fille qui tombe enceinte après avoir accepté de faire "la rigolade" pour éviter de payer le cocher pour un trajet qu'elle effectue tous les jours. 

D'une crudité sans pareille, on a presque envie de rire lors de cette lecture, particulièrement au moment où la fille ignorante dit à sa mère "Je crois ben que me v'là grosse" et que s'ensuit une conservation très cruelle entre mère et fille, avec la première qui insulte sa fille de "roulure" ou encore de "salope" et dont la conclusion n'est pas réjouissante puisque la mère lui dit de continuer à cacher sa grossesse pour ne pas payer le plus longtemps possible. 

Je connaissais certains contes qui figuraient dans mon édition de "Contes normand" - je crois. J'avais déjà lu le conte sur Le Petit par exemple, mais d'autres m'étaient tout à fait inconnu. C'est le cas pour La Confession que j'ai trouvé également très dur : histoire de deux sœurs devenues religieuses après que l'aîné ait vu mourir celui qui devait être son mari. L'histoire est tout à fait tragique même avec le dénouement qui est l'accord du pardon de l'aîné pour sa jeune sœur qui a passé sa vie à tenter de se racheter. 

D'autres histoires valent le détour, toutes quasiment en fait, mais je ne vais pas perdre mon temps - et le vôtre surtout - à détailler chaque conte/nouvelle, autant vous conseiller d'aller acheter ce recueil - ou un autre de l'auteur - et de vous y mettre, vous ne perdrez rien, au contraire, vous avez tout à y gagner. 
Pour ma part, je compte bien lire d'autres nouvelles de Maupassant, le plus possible en fait car, une fois encore, l'auteur m'a montré qu'il pouvait me passionner, qu'il pouvait me donner le sentiment de non plus lire un livre, mais de voir une scène sous mes yeux. 
Oui, c'est exactement ce que j'ai ressenti lors de ma lecture de Contes du jour et de la nuit, l'impression que je ne suis plus seulement une lectrice, mais un personnage à part entière, une petite souris qui voit tout. 

P.S. : l'édition Folio classique est agrémentée d'un dossier à la fin qui permet d'en savoir plus sur chaque conte, quand et où a-t-il été publié dans les journaux, quel fait divers ou moment de l'histoire personnel de l'auteur a pu l'inspirer pour la rédaction. 
En somme, le dossier nous livre des informations en plus qui, si ça vous intéresse, sont très enrichissantes. 

Contes du jour et de la nuit, Guy de Maupassant édition Folio classique.



  • Le chef-d'œuvre inconnu & Sarrasine d'Honoré de Balzac. 


Je vais rapidement parler de ces deux textes très courts de l'auteur de La Comédie humaine, parce qu'ils étaient dans le même livre - donc je les ai lus ensemble - et aussi parce qu'il traite du même sujet : l'art en général. 
Le chef-d'oeuvre inconnu est une sorte d'essai sur ce qu'est l'art, le beau ou encore les limites de l'art. J'ai suivi un cours de Philosophie de l'art lors de ma licence de cinéma et il est vrai que j'aurais aimé avoir cet exemple de Balzac à soumettre à mon professeur qui n'en a pas parlé. Je trouve que c'est une vision supplémentaire sur ce sujet très vaste que la conception de l'art, surtout du point de vue d'un auteur de roman. 

J'ai trouvé intéressante cette nouvelle est plus particulièrement sa conclusion - que je vais bien évidemment taire - qui laisse à penser que chacun a sa propre définition de l'art, sa propre vision de ce qu'est l'art. Ici, le sujet est la peinture et le maître ne voit pas la même chose que ses élèves, maître de son œuvre, il a une relation privilégiée à celle-ci qui n'existe évidemment pas chez les simples "spectateurs". 
Si vous ne voyez pas du tout où je veux en venir, c'est normal, il faut lire Le Chef-d'œuvre inconnu pour ! haha 

Sarrasine traite également de l'art mais, dans une moindre mesure finalement. On va suivre Sarrasine donc, qui est un artiste notamment un sculpteur et qui décide de partir en Italie, voyage qui était très commun à l'époque (voir le Prix de Rome qui permettait de passer une année à Rome pour perfectionner son art grâce à l'inspiration/apprentissage des grands artistes italiens). 
Notre protagoniste va tomber une femme qui va devenir son modèle, la perfection incarnée. Plus qu'une muse, il va s'enticher d'elle au point qu'il lui clamera son affection, mais ça ne se passera pas comme prévu. 
Je ne veux pas dire ce qui se passe, ce serait dommage de raconter la fin qui est très étonnante et que j'ai trouvée particulièrement contemporaine dans son sujet. C'est, du moins un sujet que j'ai peu lu et qui me semble être relativement "tabou" en fonction des époques. 


J'ai surtout été surprise par la taille de ces textes qui sont très courts, je crois que ça revient à quelque chose comment 60 pages pour les deux réunis, je n'avais jamais lu quelque chose d'aussi court chez Balzac même si, on ne va pas se mentir je suis loin - très, très loin - d'avoir lu tous ses livres. 

Je ne sais pas trop où me positionner vis-à-vis de cet auteur, j'ai bien aimé quelques-unes de ses œuvres comme La Peau de Chagrin, Le Lys dans la vallée ou encore ces deux textes, contrairement au Père Goriot par exemple que je n'ai pas trop aimé. Balzac est un véritable auteur je ne remets pas cette donnée en cause, je parle seulement de mon appréciation en tant que lectrice et aujourd'hui encore, je ne sais pas si je le classe dans les auteurs que j'aime ou non. 

"La beauté est une chose sévère et difficile qui ne se laisse point atteindre ainsi ; il faut attendre ses heures, l’épier, la presser et l’enlacer étroitement pour la forcer à se rendre."

Honoré de Balzac, Le Chef-d'oeuvre inconnu


Le chef-d'oeuvre inconnu & Sarrasine d'Honoré de Balzac,  éditions Hatier, coll. Classique & cie.



  • Mes avis en ligne : 






  • Cinéma 


The Neon Demon, Nicolas Winding Refn

Sortie en juin dernier, j'avais tellement, tellement envie de voir ce film que quand j'ai vu qu'il n'était plus à l'affiche au moment où je devais y aller, j'ai été dégouté. 
C'est désormais chose faite et finalement, bah disons que je suis assez mitigée. 

Autant le dire tout de suite, le début est fracassant, les premières images sont d'une beauté à couper le souffle - comme tout le film d'ailleurs, on ne peut pas lui enlever ça. Ces premières images, c'est la musique, la position du corps ensanglanté de Jesse (Elle Fanning), c'est par-dessus tout la beauté. 
C'est en tout cas avec ce terme que je définirai ce terme - comme beaucoup, je pense - : la beauté. 

Ce film est un bijou, ou un parfum, d'ailleurs l'esthétique peut parfois faire penser à une pub pour une  marque de haute couture. Mais tout ça, c'est pour son côté esthétique, visuel seulement et malheureusement pour lui, un film n'est pas seulement de belles images. 
Parce que oui, après cette beauté à couper le souffle que représente chaque plan du film, qu'est-ce qu'on a ? Absolument tout est mis au service de la beauté, la perfection d'Elle Fanning, sa pureté face à un monde où l'innocence n'a pas sa place, au-delà de ça, bah, le film est plutôt creux malheureusement. 

Au final, quelle est l'évolution des personnages ? aucune, seule la beauté compte. Il n'y a aucune réelle profondeur et on se dit rapidement que les premières images du film sont une sorte de prémonition de ce qui attend notre protagoniste. 
Chaque image est une splendeur, une claque esthétique c'est indéniable, mais il aurait peut-être fallu penser à tout ce qu'il y a derrière la mise en scène, à l'histoire qu'il veut raconter au lieu de nous présenter un film bien emballé comme un cadeau qui est vide à l'intérieur. 

Il n'empêche que je le reverrai un jour, je pense qu'un seul visionnage est trop peu pour saisir pleinement tout l'enjeu du film, mais pour l'instant, malgré une beauté indiscutable, je ne trouve pas qu'il y ait un vrai propos derrière ce qui est dommage. 


The Neon Demon de Nicolas Winding Refn.


Dernier train pour Busan, Yeon Sang-ho. 

J'aurais bien écrit un article complet sur ce film tellement je l'ai aimé, histoire de développer tous les points, d'en sortir un avis constructif et complet, mais par manque de temps, j'ai décidé d'en parler dans mon bilan, histoire de quand même écrire dessus, il le mérite. 

Je ne connaissais pas du tout le réalisateur, il faut dire que pour tout ce qui est cinéma asiatique, je n'ai commencé à vraiment m'y intéresser que l'année dernière donc j'ai encore beaucoup de lacunes dans ce cinéma et notamment dans le cinéma sud-coréen. De ce que j'ai rapidement lu, c'est le premier film "réel" de Yeon Sang-ho qui est un habitué des films d'animation. 

Je ne vais pas parler de son histoire ou quoi, tout ce qu'il faut savoir, c'est que c'est un film de zombie. Je ne vais pas non plus faire de comparatif avec tous les films/séries avec des zombies, je n'aime pas les catalogues et je pense que c'est un sujet qui parle à tous même sans avoir vu énormément de choses. 
Dernier train pour Busan est donc une reprise d'un thème classique : un virus qui infecte très rapidement les hommes et qui deviennent des zombies, voilà. 
De prime abord, ça sonne de façon tellement classique et pourtant, le réalisateur est parvenu à faire du neuf avec du vieux, à reprendre ce sujet qui a été abordé des dizaines de fois et à se l'approprier pour nous donner sa propre vision de la chose. 

Voilà que pour lieu principal, il est choisi que ce sera un train - ouais c'était dur à deviner hein ! - un espace confiné donc où on va plusieurs fois jouer au chat et à la souris avec les zombies présents dans le train. Parce que oui, on ne s'encombre pas trop de détails sur la vie de nos protagonistes, on rencontre très rapidement Seok Woo (Gong Yoo) et sa fille Soo-an (Kim Soo-Ahn) dans leur petite vie rangée et relativement aisée, mais voilà que c'est l'anniversaire de la petite fille et qu'elle veut être près de sa maman qui vit à Busan, il faut donc prendre le train. 
Dès l'arrivée dans le train - soit une quinzaine de minutes après le début du film je pense - on entre dans le vif du sujet avec l'entrée d'un passager clandestin qui est bien évidemment contaminé. 

Étant de nature claustrophobe, j'étais pas forcément toujours bien dans ce train rempli de zombies qui réagissent à la vue des humains. Je ne parle même pas de cette scène, un peu avant la fin du film où les protagonistes sont coincés entre deux trains infestés de zombies et qui en plus manque de s'écrouler - comme si c'était pas suffisant quoi. 

Plus qu'un film sur les zombies, c'est une sorte d'étude sur l'individualisme qui mène à la fin de la collectivité. Quand on y pense, tous les morts parmi les passagers du train comme celle de Sang Hwa (Ma Dong-seok) - R.I.P. ...-  sont dû à une seule et unique personne Yong-suk (Kim Ui-seong), une raclure mais d'une puissance assez folle quand même, il faut bien le dire. 
L'individualisme est aussi représenté par le père, Seok Woo qui durant presque la première moitié du film ne pense qu'à lui et essaie d'inculquer à sa fille que c'est chacun pour sa pomme - grossière erreur évidemment. 

On pose également les questions de savoir qui est responsable de cette situation et surtout, si nos décisions sont-elles toujours sans conséquence ? Indirectement, on peut prendre parti dans quelque chose que l'on ne veut pas et dont on regrette les retombées par la suite. Il suffit de voir l'appel passé par Kim, le collège de Seok Woo. 

J'ai trouvé particulièrement intéressant le fait qu'on ne tue pas les zombies, on les repousse seulement. C'est une des choses que je redoute si jamais les Américains achètent bien les droits pour en faire un remake, avec leur délire d'armes à feu toutes les 30 secondes, ce sera complètement dénaturé, pour changer. 
En revanche, scénaristiquement il y a peut-être un peu trop de facilité, peut-être un peu trop de morts inutiles comme celle de la grande sœur qui aurait dix fois eu le temps de rentrer dans le wagon avant de se faire attraper ou même le joueur de baseball qui aurait dû abandonner sa copine plutôt que de devenir un zombie à son tour. 

En plus d'être un film haletant avec un sujet relativement sérieux (un virus contamine les hommes à une vitesse folle) on arrive quand même à avoir quelques scènes amusantes qui peuvent, si elles ne font pas rire, font au moins sourire. 

Affiche Dernier Train pour Busan de Yeon Sang-ho.


  • Mes avis en ligne : 




  • Séries 


J'ai regardé beaucoup de séries lors du mois de septembre, certaines ont recommencé, c'est le cas de The Strain ou encore Gotham. J'en ai terminé aussi, histoire de rattraper mon retard qui n'est plus si grand que ça maintenant. 
J'ai évidemment commencé de nouvelles séries comme Fleabag mini-série de 6 épisodes seulement dont mon avis sera très bientôt en ligne ou encore L'Exorciste dont je n'ai vu que le premier épisode que j'ai trouvé plutôt prometteur, à voir la suite donc. 

J'ai regardé la saison 2 de Narcos aussi, forcément, mon article doit encore être écrit, mais vous aurez mon avis, pareil pour American Gothic qui devrait être en ligne après l'article sur Fleabag. 

Sinon, j'ai regardé la saison 5 d'American Horror Story avant le début de la saison 6 qui a débuté depuis quatre semaines maintenant. J'avais juste vu le premier épisode et j'avoue je n'étais pas vraiment convaincu par le rôle de Lady Gaga, surtout en remplaçante de la grande Jessica Lange que je trouvais indispensable à la série. 
J'ai réessayé, j'ai bataillé et finalement j'ai bien accroché. J'ai beaucoup aimé l'intrigue d'Hôtel, tout autant que la saison 4, Circus que j'avais trouvé vraiment bien. 
La saison 6 est pour l'instant tout autant prometteuse, en ayant vu seulement trois épisodes, je peux dire que je trouve que cette saison, Roanoke, risque d'être encore riche en émotion. 

Ryan Murphy fait définitivement partie de ces créateurs/producteurs de série que j'adore. Avec à son actif bien évidemment American Horror Story, mais aussi American Crime Stroy ou encore Scream Queens, je ne peux que saluer son génie. 

D'ailleurs, j'ai entendu qu'il serait également créateur/producteur sur une nouvelle série qui sortira l'année prochaine : Feud, toujours une anthologie, toujours avec Sarah Paulson devenue son actrice fétiche et surtout, surtout avec Jessica Lange ! 


  • Mes avis en ligne : 















samedi 1 octobre 2016

Le Coin des libraires - #34 Ténèbres, prenez-moi la main (#2 Kenzie/Gennaro) de Dennis Lehane

Deuxième tome de la saga Kenzie/Gennaro, Ténèbres, prenez-moi la main est plus qu'à la hauteur de son prédécesseur, Un dernier verre avant la guerre (vous pouvez retrouver mon avis dessus ici). 

J'ai décidé de lire un roman policier par mois, c'est en quelque sorte un challenge que je me suis personnellement fixé (ainsi qu'un classique !), du coup je compte lire le tome III, Sacré le mois prochain et ainsi de suite. Ce challenge personnel me permet tout d'abord d'étaler ma lecture de cette saga sur un temps plus long que si je les lisais tous à la suite, mais aussi, ça me permet de lire d'autres livres qui eux, ne sont pas des romans policier. J'aime quand c'est diversifié oui, haha. 


Résumé des éditions Payot & Rivages 

Une nuit, la psychiatre Diandra Warren reçoit un appel anonyme et menaçant qu’elle croit lié à l’une de ses patientes. Quand arrive au courrier une photo de son fils Jason sans aucune mention d’expéditeur, elle prend peur et demande de l’aide à Patrick Kenzie et Angela Gennaro. C’est pour les deux détectives le début d’une affaire bouleversante qui va les confronter à l’inacceptable, jusqu’à l’imprévisible dénouement. La peur, la compassion, la répulsion, l’amour, toutes ces émotions sont remarquablement mises en scène parDennis Lehane dans un livre qu’on ne lâche pas avant la dernière page et dont les échos résonnent bien après qu’on l’a refermé.


Cette fois et contrairement au précédent, Patrick et Angie se retrouvent en première ligne, ils sont dans le viseur d'un serial killer qui sévit depuis plus de 20 ans à Boston, et plus précisément dans le quartier de nos protagonistes. Bon voilà, ce n'est pas nouveau j'adore les histoires sanglantes, macabres, morbides, tout ce que vous voulez, du coup, je dois bien avouer qu'avec cette histoire, bah j'en ai eu pour mon argent haha !

Déjà dans Un dernier verre avant la guerre, je parlais du fait que nous ne sommes jamais à l'abri, que dès le début du livre on se sent comme épié, avec un sentiment d'être nu face aux autres, ou plutôt que les autres - l'ennemi en l'occurrence - a une longueur d'avance sur nous. C'est un sentiment vraiment très désagréable et en même temps très addictif parce qu'en sachant que nous ne sommes pas ceux qui en savent le plus, forcément, on cherche à en apprendre davantage. 

Comme nos protagonistes sont en première ligne, on se retrouve à leur côté. J'avais trouvé le tome précédent très sombre avec cette histoire de viol d'enfants, de racisme à en vomir. Cette fois, c'est tout à fait différent et pourtant dans son genre, c'est tout aussi odieux. Cette histoire, c'est celle de la folie, c'est le paroxysme de la violence, de la torture, c'est l'apothéose du morbide. 

L'histoire est complexe en grande partie parce que le criminel recherché tue des gens depuis plus de 20 ans, depuis la première moitié des années 1970, ce qui remonte à l'enfance de Patrick et de sa bande (Angie, Phil, Bubba ou encore le mafieux Kevin) à peu près âgés de dix ans.
L'entrée dans le vif du sujet est relativement longue, on est vraiment dans l'histoire qu'à partir du moment où son amie d'enfance Kara est retrouvée crucifiée, ouais c'est quand même pas commun faut bien le dire. C'est le premier meurtre vraiment abject parmi une dizaine tous plus horrible les uns des autres. À la suite de ce passage où on retrouve son corps, j'ai trouvé que l'histoire débutait vraiment quand Kenzie va parler avec l'ancien flic, Gerry Glynn, devenu patron de bar. 

L'histoire est folle, très clairement il est difficile de lâcher le livre parce qu'on veut savoir, parce que la curiosité prend le pas sur l'horreur et que l'on désire connaître le fin mot de l'histoire, le pourquoi Hardiman qui est en prison depuis des années pour avoir tué son "ami" veut parler à Patrick en sachant que ce dernier ne le connaît même pas ? pourquoi le tueur qui tire toutes les ficelles, celui qui se cache dans l'ombre a décidé de cibler Patrick et donc ses proches par la même occasion ? surtout, lequel des proches de notre protagoniste va mourir ? Parce que oui, le tueur qui a une longueur d'avance sur lui - et donc sur nous - le prévient, il ne pourra pas protéger tout le monde.
Après avoir écrit ces mots, l'auteur était obligé de faire mourir quelqu'un, il ne pouvait pas jeter ces mots au hasard simplement pour faire peur, il fallait transformer cette menace en exécution pour que justement, on ne comprenne que personne n'est à l'abri, pas même nos deux héros fétiches. 

Ténèbres, prenez-moi la main de Dennis Lehane.

En parlant de héros, Patrick et Angie forment un duo absolument parfait, leur relation ambiguë mi-amitié, mi-amour est mise à rude épreuve dans ce tome et on en vient à se dire que quelque chose va se briser entre eux, mais non, leur relation est si forte qu'elle provoque un fort effet de contraste avec l'enquête, avec la haine que l'on ressent vis-à-vis des tueurs. Ce tandem nous prouve à eux deux que quoiqu'il se passe, eux s'aimeront toujours, eux seront toujours là l'un pour l'autre, même si dans le fond, ça signifie devenir une autre personne que celle qu'ils sont. Ils sont des héros qui se battent mais qui n'en sont pas moins ravagés par la peur, par la vengeance qui amène comme une auréole de noirceur au-dessus d'eux. Si l'un de deux morts, en l'occurrence Angie est bien plus en danger que Patrick dans ce tome, la seule solution, c'est de tuer le coupable, le faire souffrir autant qu'eux ont souffert. 

C'est une situation qui n'est pas sans rappeler celle de Marion Socia, grand méchant du tome précédent que Patrick a liquidé. Sur le moment le détective savait que c'était la meilleure solution, celle qu'il fallait prendre, mais ça n'empêche qu'il reste hanté par cet homme qu'il a abattu et c'est en ça que Lehane est très fort parce que même si ses protagonistes sont prêts à tout pour se sauver l'un l'autre, même à donner leur âme au diable, il n'empêche qu'ils sont par la suite, rempli de honte, de remords et la fatigue, l'usure prend le pas sur le reste. On le remarque par exemple lors de cette discussion entre Angie et Patrick où celle-ci parle d'un homme qu'elle a tué par le passé et que depuis, elle ne vit plus de la même façon, elle ressent une sorte d'abattement qui ne s'en ira probablement jamais. 

Pour ce qui est du personnage du serial killer, dont je ne révélerai pas le nom - au cas où - je dirais que j'ai trouvé son personnage absolument fou. Sa psychologie est tellement bien écrite, il paraît tellement normal que l'on se demande comment il a pu faire ça, comment il peut faire ça. Il n'y a qu'à voir la lettre qu'il adresse à Patrick où il explique son premier meurtre et ce qui en a découlé, cette lettre est si humaine qu'elle donne froid dans le dos. L'idée qu'un homme devienne un tueur parce qu'après avoir tué quelqu'un il se rend compte qu'il continue à vivre, qu'il s'en sort et peut donc recommencer pour en gros se sentir plus vivant, j'ai trouvé ça vraiment tordu, mais d'un autre côté, très compréhensible dans la démarche - je ne suis pas sûre que l'on comprendra très bien ce que je veux dire là haha. 
Par contre, je dois avouer que je n'ai pas vraiment adhéré au fait qu'il n'utilise pas toujours le même mode opératoire pour tuer ses victimes. Enfin même s'ils sont toujours deux, LE cerveau de l'opération n'en reste pas moins le véritable serial killer et pour moi, il va de soi que le mode opératoire doit toujours être le même, mais bon. 

Contre toute attente, j'ai beaucoup aimé le personnage de Phil, dont on entend parler dès le tome I puisqu'il a été marié à Angie durant 12 ans. Je détestais son personnage dans Un dernier verre avant la guerre. Déjà parce que j'ai en horreur ces connards qui frappent leur femme c'est une chose et aussi parce que le peu où il apparaît vraiment, c'est-à-dire à la fin du tome, c'est pour mieux passer pour une raclure. 
Néanmoins, Lehane a décidé de lui donner une deuxième chance avant le lever de rideau, il a voulu faire du personnage de Phil l'homme qui était le meilleur ami d'enfance de Patrick, cet homme que nous n'avons pas connu, mais qui semblait être un chic type. Je dois avouer que j'ai été un peu triste pour lui, qu'il n'y avait peut-être aucune autre alternative pour son personnage mais qu'il n'empêche que je commençais à m'attacher à son personnage qui a compris de ses erreurs et qui au lieu d'essayer de les effacer, essaie de vivre avec et d'accepter ses fautes. 

Forcément, le personnage de Bubba m'a encore beaucoup amusé. Il est un peu plus présent dans ce tome et qu'est-ce qu'il me fait rire avec ses répliques assassines, c'est vraiment un plaisir d'avoir découvert un personnage si atypique, j'espère qu'il sera plus présent encore dans la suite. 
Et enfin, le nouveau personnage de ce livre, c'est quand même Grace, la nouvelle amie de Patrick. Alors, je dois dire que j'ai aimé son personnage, j'ai trouvé qu'elle apportait une certaine fraîcheur, une certaine nouveauté aussi, mais déjà étant pro Patrick/Angie, j'avais pas forcément envie qu'ils terminent ensemble, mais surtout, elle devient tellement casse pied au bout d'un moment qu'on aimerait qu'elle disparaisse loin, très loin, ce qui finit par se passer. 

Je dois avouer que ce genre de personnages qui fait des reproches à tout-va, ça me saoule au bout de cinq minutes. Je trouve ça débile le fait qu'elle sorte à Patrick "tout ça c'est ta faute, à cause de ton métier, tu recherches la violence, bla bla, bla" Au secours ! Elle savait où elle mettait les pieds, c'est bon, c'est une grande fille, elle était au courant de son métier, au bout d'un moment faut arrêter de faire la fragile et de rejeter la faute sur les autres. Si elle avait peur des conséquences, elle n'aurait pas dû commencer une relation avec lui, un point c'est tout ! 

Enfin voilà, comme vous vous en doutez, j'ai adoré cette lecture, Dennis Lehane fait partie (pour moi) de ces maîtres du genre, il parvient si bien à allier l'horreur des situations, le suspense de l'enquête à des personnages principaux si bien dessinés, si profonds que l'on ne peut qu'y croire et donc entrer dedans, c'est fatal. On retrouve cette écriture cynique, désenchantée de l'auteur avec toujours un côté dénonciateur. Cette fois-ci ce n'est pas pour parler du racisme, mais du contrôle exercé par les policiers (l'enquête de 74 qui a été conclue avec l'arrestation de Hardiman quand tout montrait qu'il était peu probable qu'il soit le coupable) ou encore par de petits groupuscules qui pensent faire la loi (le groupe dans lequel le père de Patrick a fait partie) et je ne parle même pas de la mafia irlandaise qui est quand même bien présente dans cette histoire. 
Plus que tout, ce tome nous confirme quelque chose que l'on savait déjà : personne n'est à l'abri, tout le monde peu tomber, et mourir. 

"Quelquefois, tu te demandes si tu ne préférerais pas encore une confrontation directe, pour au moins faire quelque chose au lieu d’avoir l’impression d’étouffer à l’intérieur de ton propre corps."

Dennis Lehane, Ténèbres, prenez-moi la main.








mercredi 28 septembre 2016

L'Avenue du cinéma - #23 Le Cercle des poètes disparus de Peter Weiss + livre éponyme

Comme je vous le disais dans mon bilan du mois d'août, j'ai lu le roman Le Cercle des poètes disparus. Ça faisait pas mal de temps que je voulais voir le film, surtout après avoir étudié un extrait en cours et avoir essuyé des "quoi ? tu n'as jamais vu ce film ??"
Voilà, c'est désormais chose faite, ma culture cinématographique n'a plus à en souffrir, haha. 

Pour la "petite histoire", Le Cercle des poètes disparus fait partie de ces films qui ont été conçu avec une idée originale et non provenant d'une œuvre littéraire, ce qui, il faut bien le dire est tout à son honneur. On trouve quand même beaucoup de films qui sont des adaptations et ce, depuis la création du cinéma, ce n'est pas quelque chose de nouveau, le cinéma se lie très bien à la littérature et c'est un rapport que j'ai toujours trouvé passionnant. 

J'ai d'abord lu le livre avant de voir le film, même si j'aurais préféré le contraire, oui, vous devriez avoir remarqué que je suis ce genre de personne qui lit/voit d'abord l'œuvre originale et se tourne ensuite vers l'adaptation. Cette fois, ça n'était pas possible alors j'ai d'abord lu le roman. 
Sauf si ma mémoire est défaillante, je crois bien que c'était la première fois que je lisais un livre qui était auparavant un film, ce qui est un peu étrange quand on est habitué au contraire. 

J'ai décide de d'abord parler du film et d'ensuite le comparer au livre car, après tout, celui-ci est venu le premier.

L'approche du film est assez originale, on ne suit pas des pauvres ou encore des marginaux, non non, on suit l'élite, ceux qui sont destinés à rejoindre de grandes écoles et à exercer des métiers influents.
Le milieu rigide et archaïque de cette école pour garçons qu'est Welton, étonne par son aspect vieillit  au point qu'aujourd'hui, on peut penser que ça ne se passe plus du tout de cette façon, même dans ce genre d'école. En définitive, le fait que ce soit toujours comme ça aujourd'hui compte peu. Ce que j'ai trouvé un peu abusé de prime abord, c'est le fait que justement, on suit une bande d'adolescents qui n'ont pas à se plaindre de leur statut, du genre "quoi, tu vas devenir un prestigieux avocat et faire tes études à Yale, oh grand Dieu, quelle chienne de vie !"

Mais avec du recul, j'en suis venue à me demander si justement le cas de Neil n'était pas différent. Je veux dire par là que le fait que l'argent ne fait pas tout n'entre pas en compte pour lui, étant donné que même si sa famille a de l'argent aujourd'hui,  on nous fait bien comprendre que son père a trimé toute sa vie pour être là où il est et que c'est pour cette raison qu'il veut que son fils soit l'excellence même.
Donc oui, l'environnement fortuné de l'école est primordial, on suit des ados fortunés qui pourront faire ce que bon leur chante une fois sortis des jupes des parents. Il n'empêche néanmoins que Neil est un personnage à part pour cette raison et que c'est sans doute pour cela qu'il sera celui qui s'en ira.


L'histoire est très belle évidemment, les acteurs ajoutent grandement à sa beauté et en particulier Robin Williams dans le rôle de Mr Keating, il est un personnage attachant que l'on ne peut qu'adorer notamment pour son attitude qui détone complètement avec l'école. Je pense bien sûr à cette scène où il leur dit d'arracher l'introduction de leur livre, les élèves sont tellement façonnés par l'enseignement délivré par des professeurs austères qu'ils n'y croient pas leurs oreilles.
C'est un sujet noble que celui de la liberté, de la poésie, du fait qu'il faut "sucer la moelle de la vie" comme Keating le reprend si bien.

J'ai vraiment beaucoup aimé l'histoire que j'ai trouvée horriblement triste, incontestablement. Il fait partie de ces films très beaux avec un message très fort - Carpe diem ici - et c'est surtout le message que j'ai aimé, plus que le film en lui-même.
Bien que d'une certaine beauté, je n'ai pas trouvé l'esthétique du film très recherché, tout est au service de l'histoire et aucun plan ne ressort par rapport aux autres, excepté cette scène finale, celle où Todd court dans une neige qui ne s'arrête pas de tomber, qu'il court dans cette étendue de blanc, qu'il trébuche et pourtant, il continue à courir encore et encore, pour ne pas se laisser tomber, pour ne pas abandonner son cher ami qui l'a quitté. Ce plan est vraiment magnifique visuellement comme narrativement, mais j'ai trouvé dommage de devoir attendre la fin pour trouver un plan qui soit esthétiquement bon et pas seulement au service du scénario.

Attention, je ne dis pas que le film est moche parce que ce n'est pas le cas, certaines scènes sont intéressantes, notamment celles dans la grotte où se réunit le cercle, mais il n'y a rien de transcendant, malheureusement.

Il y a juste une chose qui m'a un peu fait tiquer (mais pareil dans le livre), c'est le fait que ce soit de la poésie d'hommes pour les hommes. Où est la poésie féminine ? Non parce que Keating cite quelques noms à un moment dont Shelley, mais Shelley l'homme, l'époux de Mary qui n'est "qu'une femme de lettres" et non une poétesse. Rien, la poésie féminine passe à la trappe ! Déjà que la femme en tant que telle n'est pas très bien représentée dans les deux supports, j'ai trouvé ça un peu moyen de voir que toute la poésie qui est citée n'est que de la poésie écrite par des hommes et ici, lu par des hommes aussi.
Je ne critique pas White, Thoreau ou même Shakespeare, absolument pas, mais ça n'aurait tué personne d'ajouter rien qu'un poème écrit par une femme, je vous assure.
Mais surtout le problème c'est que l'image de la femme dans ce film est franchement discutable. Non parce qu'au final, à quoi servons-nous ? Et bien, retour aux siècles précédents, nous ne sommes que des muses, des sources d'inspiration pour ces grands auteurs masculins ! Chris qui est la seule fille vraiment présente tout au long du film ne sert qu'à inspirer Knox pour écrire son poème, les deux autres filles présentes lors d'une des réunions du cercle ne servent à rien à part faire les pimbêches.
Le pire, c'est quand même qu'il suffit à Charlie de deux vers qu'il fait passer pour sa création (et qui sont en réalité de Shakespeare) pour que celles-ci soient en admiration devant lui, comme si elles n'avaient jamais rien entendu de telle.
Non mais franchement, faut pas abuser non plus, on n'est pas aussi niaises que ça, merci !

Au final, le seul moment relativement juste, c'est celui où est publié l'article où il est demandé que les filles puissent s'inscrire dans l'école. Mais là encore, ce n'est pas pour les bonnes raisons, c'est simplement parce que les garçons s'ennuient sans les filles et que bah, ce serait plus sympa s'ils pouvaient s'occuper quand même ! Donc voilà, pour ce qui est de l'image de la femme, on peut sérieusement repasser.



  • De l'écran au papier


Publié en 1990 soit un an après la sortie du film, le livre Le Cercle des poètes disparus est une transposition en livre, tout simplement. Très court, à peine deux cents pages, j'ai trouvé l'histoire très intéressante - faut dire que je la découvrais pour la première fois comme je n'avais pas vu le film. Pour tous ceux qui ont aimé le film, je leur dirai qu'il peut être sympa de lire le livre, mais en soit il n'est pas non plus très différent du film.
Le style d'écriture est plaisant, ça se lit bien et on arrive rapidement au bout sans y trouver de longueur.

En revanche, est-ce que le livre apporte plus que le film ? Oui et non.
Comme très souvent, on a généralement plus de détails dans un livre que dans un film, c'est par exemple comme cela que j'ai su que les vers récités par Charlie aka Ruwanda - je crois - sont en réalité ceux de Shakespeare, chose qui n'est pas dite dans le film. C'est ce genre de petits détails qui rend le livre intéressant par rapport à l'œuvre originelle.
J'ai aussi trouvé que l'on sent plus que Todd est le protagoniste que dans le film où là, tout le monde est un peu sur la même échelle et gravite autour de Neil.
Sinon, bah je dois bien avouer que durant le visionnage du film, j'ai surtout trouvé que l'auteur, N.H. Kleinbaum a repris le tout plan par plan et l'a écrit. Sans être une pale copie, le roman n'offre pas forcément un regard nouveau et c'est peut-être pour cela au final que j'ai été plutôt déçue par la réalisation. Le même point de vue a été adopté dans les deux ce qui du coup ne permet pas d'avoir un regard très original en fonction du support.

Le Cercle des poètes disparus de  N.H. Kleinbaum.

Ça a été un bon livre, un bon film aussi. Je dirais quand même un meilleur film qu'un livre parce que finalement, je ne trouve pas que ce soit très dur d'écrire à la lettre une histoire qui a déjà été écrite auparavant - ça n'est que mon avis évidemment. J'ai particulièrement aimé le message, comme beaucoup je pense, c'est un message vraiment magnifique, un message qui touche tout le monde et qui nous rappelle de ne pas attendre pour vivre notre vie, parce que la vie ne nous attend pas pour nous quitter. Une belle histoire, une histoire triste comme il y en a de plus en plus rarement au cinéma.

L'adaptation de ce film en livre m'a mené à une question dont je n'ai pas trouvé la réponse, pourquoi ce film-là a eu droit à son roman et pas d'autres films tout aussi beaux ? Qui est-ce qui a décrété, permis, décidé que Le Cercle des poètes disparus deviendrait un livre en plus d'être déjà un film ?
Cette histoire méritait d'être écrite, c'est vrai, mais comme d'autres histoires, comme j'aurais aimé lire l'histoire d'Eternal Sunshine of the spotless mine de Gondry par exemple, alors pourquoi lui précisément ?








samedi 24 septembre 2016

Le Coin des libraires - #33 Fracturée (#2 Effacée) de Teri Terry

On se retrouve aujourd'hui pour parler de Fracturée,  la suite d'Effacée de Teri Terry, trilogie dystopique que j'ai commencé le mois dernier. D'ailleurs, si ça vous intéresse, mon article sur le premier tome est ici ! 

Fracturée, deuxième tome donc d'une trilogie reprend à peu près là où le premier s'était arrêté. On retrouve Kyla qui refuse de laisser partir Ben et ne cesse de s'interroger : Est-il encore vivant ? Comment pourrait-il être encore vivant après avoir coupé son nivo et été emmené par les Lorders ? 
Autant de questions qui me tournaient dans la tête à moi aussi, c'est pour cette raison que je n'ai pas attendu longtemps avant de lire ce deuxième tome. 


Résumé édition de La Marinière 

Après son effacement, Kyla devrait avoir perdu tout souvenir de son passé et se demande quel avenir peut elle imaginer pour elle. Pourtant, des bribes de mémoire lui reviennent avec d’inquiétants points sombres. Et quand un homme mystérieux qu’elle a connu avant son effacement réapparait dans son existence, elle se dit qu’elle va enfin comprendre d’où elle vient. Mais plus elle en apprend sur elle même, plus son avenir devient confus…


En plus de s'interroger sur la possible survie de Ben, Kyla se rend compte que son nivo ne fonctionne plus, l'agression qu'elle a subi à la fin du tome I lui a permis de faire remonter certains souvenirs à la surface et ont rendu son nivo inutile, désormais, elle peut ressentir toutes sortes d'émotions sans qu'elle ne s'évanouisse ou pire. 

Un tas de nouvelles images vont resurgir dans son inconscient, des images de son ancienne personnalité, Ondée comme elle a voulu s'appeler. Durant tout ce deuxième tome, c'est une quête d'identité toujours plus profonde et nécessaire qui va s'offrir à nous. Après des interrogations "timides" dans le premier tome, voilà que l'on se demande carrément comment il est possible que Kyla réussisse à se souvenir de son passé, mais d'un passé qui parait ne pas être le sien puisqu'on le sait depuis le premier tome, son prénom, c'est Lucy et non Ondée. 

Combien de personnalités a-t-elle ? Quelle personnalité a réellement été effacée lors de la procédure et surtout, qui est-elle à présent ? Encore énormément de questions, c'est vrai. 
Certaines trouvent des réponses dans ce tome, comme le pourquoi elle se remémore des souvenirs d'Ondée et pas de Lucy. J'ai trouvé l'explication avec le traumatisme et la main gauche de détruite vraiment bien trouvée. 
Je ne comprenais pas vraiment en quoi c'était si important dès le début, le fait qu'elle soit droitière mais que naturellement, elle dessine de la main gauche et là, tout vient s'éclairer et il faut le dire, c'est une pure idée ! 
La remontée de ses souvenirs s'est sans doute effectuée grâce au personnage de Nico qu'on entre-aperçoit dans le premier tome. Dès le début je ne sentais pas son personnage et la lecture de ce tome a confirmé cet instinct. 

Fracturée de Teri Terry.

Avec l'arrivée de nouveaux personnages par le biais de Nico notamment, on va entrer dans une histoire plus sombre que son prédécesseur. On entre complètement du côté des terroristes, ceux qui se disent du LRU (Libérer le Royaume-Uni) et on va côtoyer des personnes prêts à tout pour renverser le pouvoir en place, des personnes qui prévoient littéralement des attentats et des meurtres, le truc pas très pacifique quoi.
Kyla entre donc dans cette organisation qu'elle connaît bien puisqu'elle en faisait partie avant d'être attrapé et effacé. Elle retrouve des visages connus, celui de Katran en plus de celui de Nico. 
Le personnage de Katran bien que très peu exploité finalement est un personnage que j'ai beaucoup aimé, à qui j'ai pu le plus m'identifier dans ces nouveaux personnages parce qu'il est véritablement humain, il ne veut pas tout détruite, il veut simplement que les Lorders soient vaincus et qu'un monde de paix s'installe. 

On retrouve le personnage de Tori qui est plutôt antipathique dans le premier tome, enfin pour le peu qu'elle apparaît et, je dois dire que ça a été pareil pour le deuxième. Elle a beau avoir dix-sept ans, j'ai un peu l'impression qu'elle est cette gamine de douze ans qui ne supporte pas quand sa mère lui dit "non, on n'achète pas de bonbons à la boulangerie" et qui fait une crise. Oui voilà, Tori c'est l'adolescente en crise complètement à côté de la plaque. 
Mais c'est vrai qu'elle n'est rien comparée à Nico, le personnage qui récolte toute mon aversion. Alors vraiment, lui, je suis pressée de le retrouver dans le tome III et j'espère sincèrement que l'auteure lui a concocté une fin digne de sa malveillance et de ma répugnance envers lui. 

Comme je le disais plus haut, le personnage de Kyla évolue puisqu'elle mute en quelque sorte et est partagée par ses autres personnalités. Je l'ai trouvé toujours aussi agréable parce qu'au fond, elle reste la même fille qu'au début du tome I, je veux dire le fait qu'elle ait récupéré ses souvenirs ne la change pas du tout au tout, au contraire, elle les accepte, vit avec et agit en conséquence, mais en aucun cas elle devient une autre personne. 
Elle devient plus attachante encore quand ça y est, tout se délie enfin et qu'elle se souvient, que le traumatisme remonte à la surface : la mort de son père sous ses yeux et évidemment, il n'a pas été tué par n'importe qui. 

Ces nouvelles informations qui arrivent quasiment à la fin du tome II nous donnent enfin toutes les clés pour comprendre qui elle était et donc qui elle est devenue par la suite. Sa psychologie est vraiment passionnante avec justement ce développement de plusieurs personnalités pour survivre au traumatisme. D'ailleurs, cette histoire de dédoublement de personnalité m'a beaucoup fait penser au roman Angie, 13 ans, disparue - un des premiers livres que j'ai chroniqué sur le blog. 

Ce tome est plus cruel que le précédent avec énormément de violence ou encore de situations extrêmes comme les tentatives d'attentats, l'histoire de kamikaze, etc. On entre vraiment dans un aspect très négatif et cette exposition des terroristes comme ils sont appelés ne permet pas de les trouver juste dans leurs actions. Leur volonté qui est de renverser le régime en place et donc les Lorders est bonne, mais finalement, ils ne sont pas meilleurs que les Lorders, alors, on est en droit de se poser la question : si aucun des deux camps n'est le bon, que choisir ? 

Fracturée est très pessimiste dans son histoire principale (le fait que Kyla rejoigne les terroristes) mais aussi dans sa trame secondaire - qui pour moi est toute aussi principale - avec Ben que l'on retrouve mais qui a tout oublié et semble être promis au destin de lorder.
L'action semble moins continue que dans le tome I, mais tout finit par s'accélérer afin de nous livrer une fin qui ne peut que donner envie de lire la suite - et fin - très, très vite. 
Je vais quand même attendre le début du mois prochain pour le lire, histoire de me laisser du temps avant de le dévorer et de ne pas être déçue d'être arrivée à la fin de cette trilogie trop rapidement. 

Une fois encore, Teri Terry a su m'emmener dans son univers et me captiver durant ma lecture. Ce genre de livre, on ne peut le lâcher tant qu'on ne l'a pas terminé. À suivre avec le tome III donc ! 



"Des lambeaux de souvenirs surgissent, disparaissent, me donnent l’impression d’être vivante, me tentent avant de se dérober."
Teri Terry, Fracturée.







La promise au visage de fleurs de Roshani Chokshi

Il était une fois un homme qui croyait aux contes de fées. Il était une fois un homme qui savait que les contes révèlent ce qui demeure cach...