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samedi 18 novembre 2017

Le Coin des libraires - #76 Brisée (#3 Effacée) de Teri Terry

Un an après avoir débuté la trilogie Effacée de Teri Terry, je me suis finalement plongée dans le troisième et dernier volet, oui, il n'est pas trop tôt ! 
J'aurais voulu le lire avant, rien que pour terminer la saga un bon coup et ne pas avoir besoin d'y revenir mais ça ne s'est pas fait de cette façon alors tant pis, voilà que je reviens aujourd'hui pour conclure mon périple. 

Je précise que mon avis sur Effacée et Fracturée doivent sans doute être lus avant de lire celui-ci, mais c'est comme vous préférez. 



Kyla est en danger. Les Lorders sont toujours à sa poursuite et le TAG, groupe Terroriste Anti-Gouvernemental, l'a manipulée.
Pour leur échapper, Kyla a dû se résoudre à une mesure extrême : se faire passer pour morte.
Sous une nouvelle identité et avec une nouvelle apparence, elle part à la recherche de son passé et de sa vraie famille.
Mais la vérité est plus compliquée - et bien plus sombre - que Kyla l'avait imaginée…



Dans la continuité des deux tomes précédents, on retrouve Kyla qui se cherche toujours. Elle désire renouer avec son identité, mais la vraie cette fois, celle qu'elle était avant qu'elle se fasse enlever par les Lorders. Kyla aka Lucy du coup, doit retourner d'où elle vient. 
L'auteure a énormément joué avec l'identité de son personnage si bien qu'il devient facile de se perdre, est-elle Kyla ou alors Lucy, puisque visiblement elle a prouvé dans le deuxième tome qu'elle n'est certainement pas Ondée ? 

Toute cette quête identitaire est vraiment intéressante je ne dis pas le contraire mais l'univers dystopique de l'auteure est lui aussi très intéressant et je trouve que globalement l'auteure s'est trop concentrée sur les diverses identités de Kyla ce qui est dommage. Je ne veux pas dire mais au final, on s'en fout un peu du prénom de Kyla, ce qui importe et d'en savoir plus sur le gouvernement des Lorders, sur sa mise en place, sur ses objectifs, tout ça, tout ça. 

Évidemment ces aspects sont aussi abordés, mais c'est plus par petites touches, quand l'intrigue identitaire s'y prête - par exemple, Kyla découvre l'horreur de l'orphelinat parce qu'elle est rentrée chez elle, du moins, là où elle a vécu lorsqu'elle était enfant. 
En fait j'ai trouvé un peu abusé de nous faire croire que ça y est, elle a enfin retrouvé sa place alors qu'en fait non, toujours pas. 

Je critique je sais et c'est un peu injuste parce que ça m'a plu, ce besoin de savoir qui elle est réellement et d'où elle vient, mais ce n'était pas ce qui m'intéressait le plus, pour un dernier tome, je m'attendais à autre chose, à une réelle explosion et non plus une simple continuité des deux premiers volets. J'ai énormément accroché à cette saga, j'ai trouvé l'idée très réaliste parce que tout à fait probable dans le monde dans lequel on vit - du moins, ça ne me choquerait pas outre mesure - et j'avais vraiment de très grande attente pour ce dernier tome et c'est normal d'un côté puisque j'ai beaucoup aimé les deux premiers, il fallait que le dernier dépasse mes espérances. 


Brisée de Teri Terry, éditions La Marinière jeunesse.

J'ai passé un bon moment c'est indéniable, j'ai aimé retrouver Kyla, mais l'excitation qui était bien présente auparavant n'était pas là cette fois. Je tournais les pages et à chaque fois je me disais qu'il manquait quelque chose et en effet, je ne saurais dire quoi exactement mais il m'a manqué quelque chose. 

J'apprécie toujours Kyla, son personnage est fidèle à celui du premier tome malgré tous les retournements de situation, mais j'aurais aimé qu'elle soit un peu moins naïve, qu'elle essaie de réfléchir avant d'agir notamment par rapport à Ben - même si je dois bien dire que la conclusion qu'elle donne et franchement choquante/insultante mais je vais y revenir. 
J'ai pas très bien compris l'intérêt du triangle amoureux Ben-Kyla-Aiden, je me demande encore si c'était une bonne décision de l'introduire. Après avoir passé deux tomes et demi à n'entendre parler que de Ben, voilà qu'on assiste à un virage à 180 degrés si bien que je n'ai pas vraiment compris l'intérêt si ce n'est de caser Kyla avec quelqu'un. 

J'ai vraiment bien aimé le personnage de Stella, elle m'a vraiment fait énormément de peine et j'ai trouvé qu'elle était un des personnages les plus touchants de cette trilogie. Sa relation avec Kyla/Lucy est difficile, parfois Kyla m'a semblé être injuste et parfois c'était l'inverse, mais dans les deux cas, j'ai trouvé que c'était une belle relation, quelque chose de sincère, quelque chose qui manquait à l'histoire. 

Non, en vérité c'est le personnage de Ben qui me laisse le plus dubitative. Ce changement de tempérament, le massacre dont il est à l'origine et surtout, cette phrase de Kyla à la fin, lors de l'épilogue si je me souviens bien, cette formule qui dit que Ben a été effacé parce que contrairement à elle, il avait fait de mauvaises choses, cette formule qui dit que comme il n'a pas un bon fond de base, il ne pouvait qu'être quelqu'un de mauvais. J'ai trouvé ça choquant, complètement à l'opposé du message délivré par la trame et vraiment, je n'ai pas compris comment la protagoniste qui a vu des horreurs, qui a été témoin du lavage de cerveau de gens qu'elle connaît peut dire ça, après tout ce qu'elle a vécu, je ne comprends pas et c'est la chose qui m'a véritablement déçue. 

Bon, pour ce qui est de la fin, je ne peux pas dire que je sois déçue ou quoi, mais j'ai trouvé que c'était un peu bâclé, un peu facile aussi - un peu de tout va bien dans le meilleur des mondes - Kyla retrouve sa famille, enfin ce qu'il en reste et puis comme sa famille a un rapport avec le gouvernement des Lorders - bah ouais sinon c'est pas drôle... - et bien, forcément avec les preuves accumulées et l'ignorance de certains dirigeants, tout redevient normal, la tyrannie disparaît, la démocratie revient et tout est beau. Je voulais que ça se termine bien, il était quasiment certain que ce serait le cas quand même, mais aussi bien, que ce soit aussi facile, c'est dommage. 


Globalement j'ai passé un bon moment de lecture. J'ai aimé découvrir la plume de Teri Terry et faire la connaissance de Kyla qui, à mon avis, aurait bien besoin d'un forfait à vie chez le psy après ce qu'elle a vécu ! J'ai trouvé que l'auteure a imaginé une dystopie qu'il est tout à fait possible de voir se réaliser d'ici quelques décennies - je ne le souhaite pas bien évidemment, mais ça me semble être possible.
C'est une bonne trilogie, une bonne histoire, mais qui se termine d'une manière un peu trop simpliste à mon goût. 

N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé si jamais vous l'avez lu ! 








samedi 24 septembre 2016

Le Coin des libraires - #33 Fracturée (#2 Effacée) de Teri Terry

On se retrouve aujourd'hui pour parler de Fracturée,  la suite d'Effacée de Teri Terry, trilogie dystopique que j'ai commencé le mois dernier. D'ailleurs, si ça vous intéresse, mon article sur le premier tome est ici

Fracturée, deuxième tome donc d'une trilogie reprend à peu près là où le premier s'était arrêté. On retrouve Kyla qui refuse de laisser partir Ben et ne cesse de s'interroger : Est-il encore vivant ? Comment pourrait-il être encore vivant après avoir coupé son nivo et été emmené par les Lorders ? 
Autant de questions qui me tournaient dans la tête à moi aussi, c'est pour cette raison que je n'ai pas attendu longtemps avant de lire ce deuxième tome. 


Résumé édition de La Marinière 

Après son effacement, Kyla devrait avoir perdu tout souvenir de son passé et se demande quel avenir peut elle imaginer pour elle. Pourtant, des bribes de mémoire lui reviennent avec d’inquiétants points sombres. Et quand un homme mystérieux qu’elle a connu avant son effacement réapparait dans son existence, elle se dit qu’elle va enfin comprendre d’où elle vient. Mais plus elle en apprend sur elle même, plus son avenir devient confus…


En plus de s'interroger sur la possible survie de Ben, Kyla se rend compte que son nivo ne fonctionne plus, l'agression qu'elle a subi à la fin du tome I lui a permis de faire remonter certains souvenirs à la surface et ont rendu son nivo inutile, désormais, elle peut ressentir toutes sortes d'émotions sans qu'elle ne s'évanouisse ou pire. 

Un tas de nouvelles images vont resurgir dans son inconscient, des images de son ancienne personnalité, Ondée comme elle a voulu s'appeler. Durant tout ce deuxième tome, c'est une quête d'identité toujours plus profonde et nécessaire qui va s'offrir à nous. Après des interrogations "timides" dans le premier tome, voilà que l'on se demande carrément comment il est possible que Kyla réussisse à se souvenir de son passé, mais d'un passé qui parait ne pas être le sien puisqu'on le sait depuis le premier tome, son prénom, c'est Lucy et non Ondée. 

Combien de personnalités a-t-elle ? Quelle personnalité a réellement été effacée lors de la procédure et surtout, qui est-elle à présent ? Encore énormément de questions, c'est vrai. 
Certaines trouvent des réponses dans ce tome, comme le pourquoi elle se remémore des souvenirs d'Ondée et pas de Lucy. J'ai trouvé l'explication avec le traumatisme et la main gauche de détruite vraiment bien trouvée. 
Je ne comprenais pas vraiment en quoi c'était si important dès le début, le fait qu'elle soit droitière mais que naturellement, elle dessine de la main gauche et là, tout vient s'éclairer et il faut le dire, c'est une pure idée ! 
La remontée de ses souvenirs s'est sans doute effectuée grâce au personnage de Nico qu'on entre-aperçoit dans le premier tome. Dès le début je ne sentais pas son personnage et la lecture de ce tome a confirmé cet instinct. 

Fracturée de Teri Terry.

Avec l'arrivée de nouveaux personnages par le biais de Nico notamment, on va entrer dans une histoire plus sombre que son prédécesseur. On entre complètement du côté des terroristes, ceux qui se disent du LRU (Libérer le Royaume-Uni) et on va côtoyer des personnes prêts à tout pour renverser le pouvoir en place, des personnes qui prévoient littéralement des attentats et des meurtres, le truc pas très pacifique quoi.
Kyla entre donc dans cette organisation qu'elle connaît bien puisqu'elle en faisait partie avant d'être attrapé et effacé. Elle retrouve des visages connus, celui de Katran en plus de celui de Nico. 
Le personnage de Katran bien que très peu exploité finalement est un personnage que j'ai beaucoup aimé, à qui j'ai pu le plus m'identifier dans ces nouveaux personnages parce qu'il est véritablement humain, il ne veut pas tout détruite, il veut simplement que les Lorders soient vaincus et qu'un monde de paix s'installe. 

On retrouve le personnage de Tori qui est plutôt antipathique dans le premier tome, enfin pour le peu qu'elle apparaît et, je dois dire que ça a été pareil pour le deuxième. Elle a beau avoir dix-sept ans, j'ai un peu l'impression qu'elle est cette gamine de douze ans qui ne supporte pas quand sa mère lui dit "non, on n'achète pas de bonbons à la boulangerie" et qui fait une crise. Oui voilà, Tori c'est l'adolescente en crise complètement à côté de la plaque. 
Mais c'est vrai qu'elle n'est rien comparée à Nico, le personnage qui récolte toute mon aversion. Alors vraiment, lui, je suis pressée de le retrouver dans le tome III et j'espère sincèrement que l'auteure lui a concocté une fin digne de sa malveillance et de ma répugnance envers lui. 

Comme je le disais plus haut, le personnage de Kyla évolue puisqu'elle mute en quelque sorte et est partagée par ses autres personnalités. Je l'ai trouvé toujours aussi agréable parce qu'au fond, elle reste la même fille qu'au début du tome I, je veux dire le fait qu'elle ait récupéré ses souvenirs ne la change pas du tout au tout, au contraire, elle les accepte, vit avec et agit en conséquence, mais en aucun cas elle devient une autre personne. 
Elle devient plus attachante encore quand ça y est, tout se délie enfin et qu'elle se souvient, que le traumatisme remonte à la surface : la mort de son père sous ses yeux et évidemment, il n'a pas été tué par n'importe qui. 

Ces nouvelles informations qui arrivent quasiment à la fin du tome II nous donnent enfin toutes les clés pour comprendre qui elle était et donc qui elle est devenue par la suite. Sa psychologie est vraiment passionnante avec justement ce développement de plusieurs personnalités pour survivre au traumatisme. D'ailleurs, cette histoire de dédoublement de personnalité m'a beaucoup fait penser au roman Angie, 13 ans, disparue - un des premiers livres que j'ai chroniqué sur le blog. 

Ce tome est plus cruel que le précédent avec énormément de violence ou encore de situations extrêmes comme les tentatives d'attentats, l'histoire de kamikaze, etc. On entre vraiment dans un aspect très négatif et cette exposition des terroristes comme ils sont appelés ne permet pas de les trouver juste dans leurs actions. Leur volonté qui est de renverser le régime en place et donc les Lorders est bonne, mais finalement, ils ne sont pas meilleurs que les Lorders, alors, on est en droit de se poser la question : si aucun des deux camps n'est le bon, que choisir ? 

Fracturée est très pessimiste dans son histoire principale (le fait que Kyla rejoigne les terroristes) mais aussi dans sa trame secondaire - qui pour moi est toute aussi principale - avec Ben que l'on retrouve mais qui a tout oublié et semble être promis au destin de lorder.
L'action semble moins continue que dans le tome I, mais tout finit par s'accélérer afin de nous livrer une fin qui ne peut que donner envie de lire la suite - et fin - très, très vite. 
Je vais quand même attendre le début du mois prochain pour le lire, histoire de me laisser du temps avant de le dévorer et de ne pas être déçue d'être arrivée à la fin de cette trilogie trop rapidement. 

Une fois encore, Teri Terry a su m'emmener dans son univers et me captiver durant ma lecture. Ce genre de livre, on ne peut le lâcher tant qu'on ne l'a pas terminé. À suivre avec le tome III donc ! 



"Des lambeaux de souvenirs surgissent, disparaissent, me donnent l’impression d’être vivante, me tentent avant de se dérober."
Teri Terry, Fracturée.







samedi 17 septembre 2016

Le Coin des libraires - #32 Effacée de Teri Terry

La dystopie est un genre que j'affectionne particulièrement, que ce soit dans la littérature ou au cinéma,  je trouve toujours intéressante la vision de l'auteur par rapport à la société dans laquelle il vit. 
Ça faisait longtemps maintenant que je n'en avais pas lu, depuis la trilogie Hunger Games en fait, je crois. J'ai eu envie de me plonger dans la saga Divergent, les films m'ont tellement dégoûté que j'ai décidé de m'abstenir, et puis, j'ai la trilogie de la 5ème Vague de Rick Yancey qui n'attend qu'à être lu et auquel je pense bientôt m'atteler - si j'arrive à trouver le temps... 

Sinon, il y a une trilogie que j'ai beaucoup aimée lorsque j'étais au lycée, il s'agit de Uglies de Scott Westerfield. C'est une copine qui m'avait prêté le tome 1 et j'avais vraiment beaucoup aimé la vision de l'auteur par rapport au diktat de la beauté et tout ce que ça entraînait. Malheureusement, les quatre tomes qui constituent cette saga sont plutôt inégaux, les deux premiers tomes sont excellents, les deux derniers biens moins, mais ça restait un bon moment de lecture. 

Et puis il y a quelques jours je tombe sur la couverture d'Effacée de Teri Terry, me doutant que c'est une dystopie ou en tout cas quelque chose dans ce goût-là, je me dis que ça pourrait être une lecture intéressante, agréable. Comme je le fais souvent, je l'ai acheté - ainsi que les deux tomes qui constituent la trilogie - sans même avoir lu la quatrième, j'aime me plonger tête baissée quand je lis un livre. 



Dans un futur proche, les criminels de moins de 16 ans sont condamnés à avoir la mémoire effacée. Ils doivent repartir de zéro, avec interdiction d'éprouver des émotions négatives : un appareil greffé sur eux est là pour le contrôler.
Kyla, 16 ans, a ainsi été « reprogrammée » et doit tout réapprendre, sous le contrôle sévère de ses parents adoptifs.
Pourtant, malgré son effacement, elle fait d'étranges cauchemars et se découvre des qualités qu'elle n'est plus censée avoir. Comme si son passé s'obstinait à remonter à la surface…
Et quand elle apprend qu'un avis de recherche la concernant a été lancé avant son effacement, elle s'interroge : a-t-elle vraiment été une criminelle ? A-t-elle vraiment mérité son sort ?
Alors, lorsque des lycéens opposés à l'effacement commencent à disparaitre, Kyla réagit.
Avec l’aide de Ben, effacé, lui aussi, elle décide de comprendre et part à la recherche de son histoire.
Mais le chemin qui mène à la vérité s'avère plus difficile que prévu. Et Kyla n'est pas de plus en plus certaine d'assumer le passé qu'elle sent progressivement revenir à elle…

On va donc suivre Kyla qui vient tout juste d'être effacée. Lors de notre "arrivée" dans son monde, dans un futur qui n'est pas si loin de nous, elle est encore à l'hôpital et va très bientôt en sortir pour rencontrer ceux qu'elle doit appeler ses parents, sa soeur, sa famille quoi. 
Kyla est bien évidemment différente des autres effacés puisqu'elle a des cauchemars sont en quelque sorte des souvenirs de son passé qui surgissent et le genre de souvenirs pas très marrants quand même. 

Au fur et à mesure des pages, on en apprend évidemment plus sur cette procédure d'effacement, pourquoi a-t-elle été créée ? par qui ? pour qui ? 
Bien évidemment on est loin d'avoir toutes les réponses après la lecture du tome I, sinon, il n'y aurait pas d'intérêt d'en écrire deux autres, ça tombe sous le sens ! 
Mais quand même, on en apprend suffisamment pour avoir envie d'en savoir plus, pour vouloir connaître le fin mot de l'histoire par rapport à la mère adoptive de Kyla qui n'est autre que la fille de ceux qui ont mis en place la procédure de l'effacement et les Lorders. Ah oui, parce que je n'en ai pas encore parlé d'eux mais en gros, ils sont une espèce de milice qui enlève un peu qui ils veulent et ceux qui disparaissent bah, ils ne reviennent pas. 

On peut s'imaginer que les disparus vont être "effacés" or, on ne peut être effacé que jusqu'à l'âge de 16 ans et quand l'amie de Ben - le copain de Kyla - qui a 17 ans se fait arrêter ainsi que le professeur d'arts plastiques de Kyla qui n'est pas loin d'être un vieillard se font enlever, on peut aisément imaginer qu'ils passent directement à la case mort 

Cette mise en place des Lorders et de l'opération d'effacement date des années 30, soit plus de 20 ans avant les évènements que nous suivons. La mère adoptive de Kyla nous apprend que ça vient des années 2020, à la suite d'émeutes urbaines. Le gouvernement afin de contrôler les "délinquants" a décidé de mettre en place l'opération afin de donner une seconde chance aux jeunes tout en les contrôlant jusqu'à leurs 21 ans par le biais de ce que l'on appelle un Nivo, c'est-à-dire une sorte de bracelet directement relié au cerveau qui tue son hôte si jamais celui-ci ressent des émotions trop fortes (amour, colère, etc.) ou encore s'il tente de retirer son nivo.

Ce contrôle effectué par le biais du nivo a une place relativement importante dans le récit puisque pour je ne sais quelle raison encore Kyla peut très bien s'énerver sans que son nivo ne réagisse, en revanche si elle est trop malheureuse/triste, son nivo chute et alors elle s'évanouis.
Tout au long de ce premier tome on ressent que personne n'est à l'abri, que l'on ne peut s'exprimer librement. En réalité, toutes les libertés m'ont l'air d'être bafouées - un peu comme en France en ce moment en fait.

Effacée de Teri Terry.

En plus d'être une quête identitaire pour notre protagoniste qui est persuadée d'avoir été une mauvaise personne, c'est aussi la représentation réaliste de ce que pourrait être notre monde d'ici quelques années/décennies : un monde régit par les forces de l'ordre qui font absolument tout ce qu'ils veulent et n'ont de comptes à rendre à personne, une population qui vit dans la peur en somme. Bon je dis dans quelques années ou décennies mais en réalité, c'est comme ça, on n'est déjà plus libre de s'exprimer ou encore de manifester alors je m'interroge, notre monde va-t-il devenir comme celui dans lequel évoluent Kyla et les autres ? Son monde n'est-il pas le nôtre finalement ?

J'ai souvent vu des similitudes avec notre époque, avec la mentalité des gens. Ça m'a amusé de lire que les émeutes et l'effondrement de l'économie ont eu lieu lors de la sortie de l'Angleterre de l'Union européenne, ça sonne tellement dans l'actualité alors que l'auteure a écrit ce livre il y a quatre ans si je ne m'abuse !
C'est sans doute une des raisons qui ont fait que j'ai tant aimé cette lecture, elle sonnait réelle, actuelle. Quand on lit Hunger Games, on a conscience que les Etats-Unis ne sont pas exactement comme ça, que même s'ils finissent de cette façon, ce ne sera pas avant un paquet de temps, là, pour ce qui est de cette histoire je me dis, pourquoi pas après tout ? Les gouvernements seraient tout à fait capables de mettre au point une opération qui permettraient d'effacer les mémoires et ainsi se débarrasser des fauteurs de troubles - ce n'est que mon point de vue après tout.

Pour ce qui est des personnages, Kyla reste évidemment au centre, on suit son point de vue, on ressent ses sentiments, on assiste à ses cauchemars donc forcément, on s'identifie plus à elle qu'à n'importe qui d'autre. Étant donné que cette trilogie entre dans la catégorie jeunesse j'avais peur qu'elle soit un peu niaise, chiante quoi, en fait non, du tout même. On a droit à un personnage conscient de la réalité, du bien et du mal sans que ce ne soit trop manichéen, elle-même ne sait pas ce qu'elle a fait pour mériter d'être effacée ce qui permet d'avoir un point de vue un peu plus ouvert sur la question de ce qui est bon ou mauvais.
Même si à la fin du tome I on ne peut pas remettre en question que le gouvernement (donc les Lorders) sont les ennemis du peuple, on ne peut pas dire que les terroristes soient "les gentils" non plus. Il n'y a pas de gentil à proprement parler, il n'y a que la population, les effacés et ceux qui ne l'ont pas été d'un coté et le gouvernement de l'autre.

Après, il y a le personnage de Ben, le copain de Kyla qui a lui aussi été effacé. Son personnage est tout simplement génial, voilà. Pour le coup, l'auteure a réussi à me faire adorer un personnage dont on  ne connait rien ! Il est le gentil garçon inoffensif au point qu'on se demande ce qu'il a bien pu faire pour être effacé d'ailleurs. On en sait autant que lui sur sa vie c'est-à-dire pas grand chose puisqu'évidemment, il n'a aucun souvenir. Il n'empêche que je l'aie trouvé vraiment très attachant, surtout à partir du moment où il ouvre réellement les yeux sur ce que le gouvernement fait aux effacés mais aussi à ceux qui ne le sont pas. Il passe du garçon tout gentil avec son sourire un peu niais à un jeune homme qui n'a plus l'intention de se faire marcher sur les pieds et surtout qui est prêt à tout pour se libérer des chaînes du gouvernement, quitte à en mourir - attention, je ne dis pas qu'il est mort parce que j'avoue, j'en sais rien du tout.

Le seul bémol que j'aurais à reprocher est la qualité des descriptions. Alors oui, je n'aime pas quand il y a 10 pages de description, mais là il y en a tellement peu que j'ai eu énormément de peine à me représenter l'environnement dans lequel les personnages évoluent, que ce soit la maison de Kyla ou encore le lycée, c'est si rapidement dessiné que l'on n'a pas vraiment la possibilité de pouvoir se l'imaginer.
Et aussi, j'ai trouvé la plume (ou la traduction ?) de l'auteure un peu moyenne, le style est fluide, agréable à lire mais voilà quoi je n'ai rien trouvé de transcendant, je n'ai même pas trouvé une seule citation à relever - chose qui ne m'arrive que très, très rarement.


Pour un premier tome de trilogie, Effacée remplit plutôt bien son contrat, il pose les bases d'une société qui n'est pas exactement la nôtre mais qui pourrait l'être, il pose également un certain nombre de questions qui restent en suspens et donnent très envie de découvrir la suite, de savoir ce qu'il va se passer pour la battante Kyla surtout après cette fin un peu incompréhensible par rapport à son passé. J'étais un peu sonnée quand j'ai lu les dernières pages au point que je me demande si j'ai bien compris haha, à suivre donc !






La promise au visage de fleurs de Roshani Chokshi

Il était une fois un homme qui croyait aux contes de fées. Il était une fois un homme qui savait que les contes révèlent ce qui demeure cach...