mercredi 17 août 2016

Série du moment - #10 Wayward Pines (saison 2)

Après une fin de saison 1 plutôt mitigée pour ma part, je pensais que Wayward Pines s'arrêterait ici, mais finalement non, elle a été renouvelée pour une saison 2 avec une liberté intégrale puisque la série, qui est de base adaptée des livres de Blake Crouch a porté à l'écran tout l'univers de l'auteur dans sa première saison. 

Voilà donc qu'au mois de mai j'apprends que la saison 2 de Wayward Pines va être diffusée d'ici quelques jours. C'est d'abord une interrogation de ma part, est-ce que je vais regarder la suite ? après tout la fin de la saison 1 peut être vue comme une fin en tant que telle et puis, j'ai été tellement prise au dépourvu par les changements survenus au milieu de cette saison que je ne sais pas, j'hésite. 

Oui parce qu'il faut déjà savoir que j'ai adoré la saison 1, du moins les cinq premiers épisodes, j'ai trouvé l'intrigue vraiment intéressante malgré des personnages que je n'ai pas trouvés particulièrement bien construits ou attachants. Autant le dire maintenant le personnage d'Ethan était pour moi insipide voir énervant, c'est sans doute pour cette raison que ça m'a fait ni chaud ni froid de voir sa mort à la fin de la première saison. 


Quand j'y repense, j'ai été déçu de la saison 1 parce que pour moi les cinq premiers épisodes ne peuvent pas être liés aux cinq derniers. J'ai un peu l'impression d'avoir commencé une série et qu'au beau milieu, elle change et ce n'est plus la même chose que je regarde bien que le nom n'a pas changé. 
On commence avec une intrigue pour le moins policière avec Ethan Burke qui recherche sa coéquipière du FBI - si je ne m'abuse - et qui a disparu, il se retrouve on ne sait trop comment dans la petite ville de Wayward Pines. Jusque-là ça va, et puis vient l'épisode 5 où on ne peut que se dire "mais WTF ???" comment c'est possible de faire un virage à 180° comme ça, sans pression ? 
Alors bah ouais du coup j'ai été assez déçue parce que finalement ça n'a rien de policier, non, c'est de la science-fiction - ouais vous l'aviez pas vu venir hein ? et bien moi non plus. 

Donc après le visionnage de la saison 1 je me dis, ouais bon c'est un peu du gâchis d'avoir voulu présenter deux genres complètement différents en une seule saison, pour une seule série, mais c'est pas grave au moins avec la fin, la boucle est bouclée. Et voilà qu'en fait non, qu'en fait au lieu de faire la série sur une saison, la Fox aimerait la faire sur trois alors pourquoi pas. 

Alors évidemment, vous vous en doutez j'ai regardé la saison 2 de Wayward Pines, j'ai patiemment attendu chaque semaine la sortie d'un épisode et ce, pendant dix semaines. Comment dire ? j'ai été bouleversé, j'ai été passionné par la trame et la direction que prennent les évènements. 


La saison 2 commence un peu comme la saison 1, Ethan ayant rejoint le royaume des morts on se retrouve coincé avec un petit nouveau qui vient d'être libéré de sa cryogénisation, Théo Yedlin que l'on a réveillé parce qu'il est un excellent médecin et que la ville a bien besoin de lui. 
On va le suivre durant dix épisodes, tout d'abord il va vouloir en apprendre plus sur où la ville, pourquoi il est là, où est sa femme Rebecca ? beaucoup de questions qui trouveront leurs réponses au fil des épisodes. 

Pourtant, une fois encore, ce n'est pas le protagoniste que j'ai préféré, mais plutôt les autres personnages importants, tout d'abord Jason, le remplaçant de Pilcher, le dictateur en puissance qui aime pendre les gens sur la place publique, ou encore CJ qui au fil des épisodes devient vraiment un personnage attachant que j'ai particulièrement aimé suivre. 

Pour ce qui est des personnages féminins, je le dis maintenant, la série ne s'emmerde pas. Alors on a d'abord Megan qui est franchement fanatique et antipathique au possible. On retrouve Kate & Theresa qui, disons-le ne feront pas long feu - à croire d'ailleurs qu'il a été décidé qu'il fallait effacer tout ce qui a été construit dans la première saison ce qui inclut de tuer tous ceux qui étaient déjà présents initialement. 
Sinon, il y a Kerry que j'aime vraiment beaucoup, dont je vais seulement dire que ce qui lui arrive est assez tragique et que son rôle de Jocaste est franchement choquant, dans le sens où, haan je l'ai tellement pas vu venir ! 
Excepté ces personnages, les femmes n'ont aucune véritable utilité, je passe volontairement le rôle de Rebecca qui m'a plus saoulé qu'autre dans le rôle de la femme qui a refait sa vie avec un autre homme et qui est incapable de l'assumer - à la poubelle les triangles amoureux

En revanche, là où la femme prend un rôle important, c'est du côté des Abbies, de ces êtres qui sont en quelque sorte notre héritage, ceux qui vivent après nous sur Terre, je rappelle d'ailleurs que Wayward Pines se passe en 4000 quelque chose, soit plus de deux mille ans après nous ! 
Il reste encore énormément de secrets autour de ces "aberrations" mais la saison 2 permet d'apprendre qu'ils sont intelligents, du moins qu'ils sont sous la direction d'une femelle qui est quelque chose comme deux fois plus intelligente que nous, quand même, donc autant dire qu'on ne fait franchement pas le poids. 

Certains épisodes de la saison 2 sont juste fous, vraiment ils sont absolument géniaux, en particulier l'épisode 6,7 & 9 il me semble. Ce que j'aime particulièrement dans cette série, cette saison devrais-je dire, c'est le questionnement qui en ressort, que se passera-t-il quand l'espèce humaine viendra à s'éteindre ? après tout, nous serons la première espèce qui aura conscience qu'elle disparaît, comment allons-nous réagir ? Allons-nous redevenir des animaux comme le montre le dernier épisode avec la population qui se bat dans la rue parce qu'elle a peur de mourir, avec ce père de famille qui se pend devant sa maison, ne pouvant accepter la mort autrement qu'en se la donnant ? Ou au contraire allons-nous l'accepter, "mettre en ordre nos affaires" et profiter des derniers instants qui nous seront donnés ? Ce genre de questionnement, je l'ai rarement vu de manière aussi poussée dans un media, que ce soit un film, une série, un livre. 
Ici il y a justement ce fait d'être les derniers humains sur terre, les seuls qui peuvent repeupler la terre - ce qui n'est pas sans faire penser à Noé - mais aussi la terre n'appartient plus réellement aux hommes, elle appartient désormais aux Abbies qui sont plus évolués que nous, il faut accepter que nous ne soyons plus les plus forts, les plus intelligents parce que nous sommes conscients, il faut accepter qu'il y ait une autre "espèce" supérieure à la nôtre. 

Ce sont pour ces préoccupations que j'ai particulièrement aimées la saison 2 de Wayward Pines. La saison 1 nous amenait à nous interroger sur le mensonge en tant que tel, vaut-il mieux être mis au courant des choses ou alors rester dans sa propre caverne ? Je ne répondrais pas à cette question tellement c'est évident. 
La saison 2 nous amène à voir plus loin et à imaginer ce que sera le monde quand l'humanité se sera éteinte, ou du moins, à l'aube de l'extinction et je trouve ça particulièrement fascinant. 

En revanche, là où j'ai été déçue par cette saison, c'est que finalement, on apprend peu de nouvelles informations. Il reste encore énormément de zone d'ombre ce qui est vraiment dommage, mais d'un autre côté je me dis aussi que c'est parce que finalement la série a été prévu pour faire trois saisons - j'espère du coup qu'elle sera bien renouvelée pour une troisième saison, je vais être dégouté sinon ! 
Les épisodes sont parfois inégaux et surtout, le dernier épisode est bien, vraiment il est pas mal, mais il ne vaut pas un épisode de fin de saison, il ne vaut pas l'épisode 7 qui est grandiose ou même l'épisode 9, c'est dommage. 










vendredi 5 août 2016

Le Coin des libraires - #27 Wondrak de Stefan Zweig

Quel plaisir ! Quel bonheur de retrouver cet auteur ! Sans avoir besoin d'y réfléchir bien longtemps, je sais que Stefan Zweig est l'auteur que j'ai le plus lu - pourtant, je suis loin, très loin d'avoir lu toutes ses œuvres ! - celui qui me touche le plus, qui a un style absolument magnifique, en peu de mots, ses écrits ont toujours un impact très fort sur moi. 

Une fois encore, j'ai lu certaines de ses nouvelles. Après Le Voyage dans le passé, Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, Amok, L'Amour d'Erika Ewald ou encore Le Chandelier enterré, voilà que je me lance dans Wondrak que je ne connaissais pas avant de tomber dessus en librairie. 

Recueil de sept nouvelles, enfin plutôt six + un extrait/fragment si on veut être pointilleux, d'environ 200 pages, Wondrak est le nom de la première nouvelle. 
J'ai toujours eu du mal à parler de nouvelles, je trouve ça bien plus dur que d'un roman parce qu'il y a plusieurs histoires, plusieurs personnages qui n'ont rien à voir les uns les autres et je ne trouve pas particulièrement intéressant d'énumérer toutes les nouvelles les unes après les autres. Pour cette raison, j'ai décidé de seulement parler de trois nouvelles de ce recueil : Wondrak, La scarlatine et Un homme qu'on n'oublie pas.


Résumé Le livre de poche 

Une demeurée de village cache dans les bois son grand fils, pour lui éviter d'aller à la guerre. Un jeune étudiant, humilié par l'inégalité sociale, ne découvrira qu'au moment de mourir la place qu'il pouvait avoir dans la communauté humaine. Un comédien oublié retrouve celle qui s'est jadis offerte à lui, et qu'il n'a pas voulu déshonorer...
Dans ces nouvelles longtemps inédites en français, on retrouve les grandes préoccupations humanistes de l'auteur d'Amok et d'Un mariage à Lyon : sa compassion envers le malheur humain, son horreur de la guerre, sa foi dans les valeurs - l'idéal, la générosité, l'amour - qui peuvent, en quelques instants, illuminer une existence entière. Chacune crée en quelques pages une situation dramatique qui nous empoigne, des personnages qu'il est difficile d'oublier.


Après lecture de cette première nouvelle, Wondrak, qui est relativement courte puisqu'elle fait un tout petit peu plus de 30 pages, je suis restée pantoise, pourquoi l'avoir nommé comme ça ? Il faut savoir que c'est le nom d'un personnage secondaire de l'histoire, le secrétaire de la mairie d'une petite ville située à côté de la forêt où vit Ruzena Sedlak surnommée "Tête de mort" à cause de son nez qui, et bien, n'existe pas, elle a juste un trou au milieu du visage, en gros. 
Après avoir longtemps attisé la pitié de la part des villageois, elle se fait remarquer et l'on commence à parler d'elle après qu'ils aient appris que celle-ci est enceinte. Les rumeurs vont bon train, comment c'est possible avec son visage ? qui est le père de cet enfant ? bla bla bla. 
Contre toute attente, Ruzena donne naissance à un bébé parfaitement normal et particulièrement beau, mais rapidement, après cinq mois seulement, Wondrak vient la voir au sujet de son enfant, il doit être inscrit dans les registres de la mairie, Ruzena refuse, pour elle c'est un moyen de lui enlever son fils Karel, ce petit être qu'elle chérit de toutes ses forces. Prise de panique à l'idée qu'on lui prenne son enfant elle se plie aux ordres et enregistre son fils à la mairie. 

Le temps passe, Karel a dû partir de la maison pour aller à l'école, pour ça non plus elle n'a rien pu faire - c'est la loi. Et puis vient la guerre en Autriche, tous les jeunes sont mobilisés et Karel vient d'avoir dix-huit ans, il doit lui aussi y aller. Ruzena s'y oppose, il ne partira pas, il fera ce qu'elle lui dit de faire. Elle le cache tout en prétendant que son fils est parti, que c'est pour elle une déchirure atroce, mais, Wondrak n'est pas dupe, il a compris le petit manège de Ruzena et il demande à la voir un jour pour la prévenir, l'armée arrive pour venir chercher les déserteurs, ils savent que Karel n'est pas parti comme il devait le faire. 
Terrorisée une fois encore à l'idée de perdre son cher enfant - qui n'en est plus vraiment un - elle le cache du mieux qu'elle peut, en vain puisque finalement l'armée réussira à le retrouver. 

Au début de ma lecture, je m'étais dit que Wondrak devait être le père ou alors qu'il allait avoir un rôle fondamental dans l'éducation de l'enfant, mais il n'en est rien. On l'aperçoit trois fois en tout, les deux premières pour lui "prendre" Karel, la dernière pour lui "laisser" en quelque sorte. Définitivement, je ne comprends pas pourquoi avoir choisi ce nom plutôt qu'un autre. 

Il n'empêche que j'aie beaucoup aimé cette nouvelle, elle met en scène une femme paria qui se moque de vivre à l'écart, qui au contraire désire vivre en marge des autres et veut seulement qu'on la laisse en paix. Il y a très clairement une méfiance vis-à-vis de l'administration qui pour Ruzena est la chose qui lui enlèvera son fils, ce qui est bel et bien le cas. 
On sent avec quelle force Zweig rejette la guerre et surtout cette mobilisation qui a lieu dans ce pays, la Bohême du Sud qui ne se sent pas du tout autrichienne et ne veut pas prendre part à la guerre justement. La fin de la nouvelle est très forte de ce point de vue parce qu'elle met en lumière le fait que certaines personnes ont été contraintes de participer aux guerres sans jamais avoir donné leur avis, simplement parce que "leur" pays se battait. 


  • La scarlatine

Deuxième et plus longue nouvelle du recueil, elle est celle que j'ai préférée. On suit un jeune homme, Bertold Berger tout juste arrivé à Vienne pour ses études de médecine. C'est avec plein d'espoir et d'optimisme qu'il va fouler cette ville si longtemps rêvée, mais il ne faut pas s'y tromper, la désillusion point et alors Berger est rapidement enfermé dans sa solitude et sa faible condition sociale. Il ne connaît personne ce qui lui pèse beaucoup. Heureusement, il va rencontrer un homme qu'il va idéaliser pendant une partie du récit : son voisin Schramek un peu plus vieux que lui et étudiant en droit. 
Personnification de ce que Berger aimerait être, il va rapidement déchanter après avoir fait la connaissance de l'amie de Schramek, Karla. 
Berger va toucher le fond, il va traîner dans les rues de Vienne comme une âme en peine, il va laisser tomber ce pour quoi il est venu, ses études de médecine et va s'enfoncer dans l'isolement. 

Au moment où l'on pense que tout est terminé, que Berger a baissé les bras, une rencontre impromptue va avoir lieu, Berger va rentrer tard chez lui, sans ses clés et va être obligé de sonner la concierge pour pouvoir entrer. À la vue de son état, celui-ci commence à se demander ce qui lui arrive, sa fille, elle a la scarlatine. 
À partir de là, le récit bascule complètement et Berger reprend goût à la vie, mais c'est sans compter sur le hasard qui ne sera pas de son côté. 

Parce que je ne veux pas raconter la fin de cette histoire pour vous laisser la surprise, je vais m'arrêter là. J'ai adoré cette nouvelle parce qu'elle est formidablement écrite déjà - bon un peu comme tout ce qu'il écrit, c'est vrai - et aussi parce qu'on a tous des rêves et que celui de Berger était de vivre à Vienne, de s'y épanouir avec son cercle d'amis et les choses ne se passent pas comme il le souhaitait et surtout, je pense que beaucoup d'êtres ont ressenti cette solitude quand, en réalisant leur rêve de vivre dans une grande ville ils ont dû "abandonner" famille et amis. 
C'est une nouvelle très négative, très sombre qui laisse peu de place à l'espoir, il faut bien le dire, mais c'est aussi une nouvelle avec une très grande sincérité qui n'accepte pas les faux-semblants. 
Alors, je me suis demandé, Stefan Zweig a-t-il déjà ressenti cette solitude en arpentant les rues de Vienne ? 


"J’ai perdu tout désir, tout me dégoûte. Je déteste chacune des pierres de cette ville que je foule, je hais ma chambre, je hais les gens que je croise ; quelle torture de respirer cet air froid, humide et sale ! Tout m’oppresse ici, je dépéris. Je m’enfonce comme dans un marécage. Je suis sans doute trop jeune, et de toute façon je suis trop faible. Je ne me sens pas armé pour me battre, je n’ai pas de volonté, je suis pareil à un petit garçon au milieu de cette foule affairée."

Stefan ZweigWondrak (nouvelle : La scarlatine).


  • Un homme qu'on n'oublie pas (Histoire vécue) 

J'ai choisi cette nouvelle pour conclure, je la trouve intéressante dans son propos, très différente de ce que Stefan Zweig écrit habituellement. 
Au début du récit, le narrateur (on peut aisément penser qu'il s'agit de Zweig lui-même) dit "Il serait ingrat de ma part d'oublier l'homme qui m'a enseigné deux des choses les plus difficiles de l'existence : d'abord choisir de ne pas se soumettre à la plus grande puissance en ce monde, celle de l'argent, ensuite vivre au milieu de ses semblables sans se faire jamais le moindre ennemi". 

Cet homme dont on nous parle, on va rapidement l'apprendre, il s'agit d'Anton, une sorte de vagabond qui vit au jour le jour parmi les autres. Nouvelle à la limite de l'utopie, Anton ne travaille pas, il n'a pas de logement, il vit comme il le désire. Il se promène la journée et si quelqu'un a besoin d'un coup de main, il est toujours là quelque part, parce que oui en plus, Anton sait tout faire. 
Cet homme qui vit de rien, refuse d'être trop grassement payé. Après avoir effectué un travail, on lui donne six schillings et il n'en prend que deux parce que ça lui suffit, il n'a pas besoin de plus. 
Ce que j'ai trouvé assez différent des autres nouvelles de Zweig c'est qu'un peu tout le monde est beau et gentil au premier abord. La population adore Anton parce qu'il est serviable, il est gentil et ne se plie pas aux "règles" de la communauté qui est d'avoir un travail pour gagner de l'argent, de s'offrir ce que l'on veut avec cet argent et de vivre heureux dans sa propre maison. 
Mais justement, j'ai trouvé que ça faisait trop, que quelque part en nous envoyant tout cette bonne image de la société, Zweig en peignait en réalité les travers. Il semble inconcevable qu'un homme puisse vivre et être heureux sans avoir de toit, sans même travailler, ce à quoi la cuisinière répond "Les gens lui donnent d'eux-mêmes ce qui est nécessaire. Il se moque pas mal de l'argent. Il n'en a pas besoin". 
Mettons, il n'en a pas besoin, il y a des gens qui ont l'argent en horreur - ce que je comprends tout à fait - mais se pose le problème de la générosité d'autrui, le problème d'accepter qu'un être soi différent et vive en marge de la société. Non, on ne me fera pas croire que tout le monde accepterait un marginal, que tout le monde se montrerait sympa avec lui parce que la réalité n'est pas comme ça, elle est bien plus méchante et injuste et cette fin de nouvelle "jamais Dieu ne l'abandonnera et, ce qui est beaucoup plus rare, jamais il ne sera abandonné des hommes" confirme en quelque sorte ce raisonnement puisque Zweig le dit lui-même "ce qui est beaucoup plus rare", il démontre dans un sens que si Anton ne sera pas abandonné, d'autres le seront parce que les hommes sont des êtres qui abandonnent leurs semblables, tout simplement. 
Et surtout, surtout, Zweig sous-titre sa nouvelle de Histoire vécue pour que, le lecteur justement ne s'interroge pas sur la générosité, la bonté des Hommes. 


Wondrak de Stefan Zweig, édition Le livre de poche.


J'aurais pu parler des autres nouvelles, de Rêves oubliés, Printemps au Pater ou encore La Dette qui, pour moi sont l'exemple même des préoccupations de Zweig : le souvenir, le passé. J'ai adoré ces trois nouvelles justement parce qu'elles ont un fort rapport au passé, à l'époque perdue et que l'on ne retrouvera jamais, thème que l'on retrouve vraiment très souvent chez cet auteur - il suffit de voir Vingt-quatre heures de la vie d'une femme ou Le Voyage dans le passé
Et justement, en parlant cette dernière nouvelle, si je ne m'abuse l'extrait dans Wondrak appelé Fragment d'une nouvelle n'est autre qu'un fragment de Le Voyage dans le passé

Voilà, encore une fois j'ai littéralement adoré cette lecture, mais je crois bien que j'aimerais toujours toutes mes lectures de Stefan Zweig.







mercredi 3 août 2016

Bilan - #2 Juillet 2016

Je vous retrouve aujourd'hui pour tracer une sorte de bilan du mois de juillet qui vient tout juste de se terminer ! Par soucis de lisibilité, j'ai décidé de classer en quelque sorte les sujets dont je vais vous parler. Commençons d'abord par les livres. 


  • Littérature 

Ce mois-ci, j'ai peu lu, du moins pas autant que ce que j'aurais voulu. 
J'ai tendance à passer l'année à me dire "tiens ce livre est hyper gros, je le garde pour l'été prochain, quand j'aurais vraiment le temps de le lire" oui mais, à force de me répéter ça, j'ai fini par amasser un bon nombre de livres relativement gros - je veux dire par là allant de 600 pages à parfois 1200 - et je me retrouve donc avec une bonne pile de pavés. Je pense par exemple à Anna-Karenine de Tolstoï que j'aimerais lire depuis pas mal de temps déjà, Le Chardonneret de Donna Tartt que j'ai acheté le mois dernier et qu'on m'a plusieurs fois conseillé ou encore Et quelques fois j'ai comme une grande idée de Ken Kesey qu'on m'a offert pour mon anniversaire l'année dernière et que je meurs d'envie de lire ! 
Fin voilà, le mois de juillet vient de s'écouler, le mois août débute avec toutes ses promesses et je me dis que je n'ai plus qu'un mois de vacances pour abattre le plus de gros livres possible, mais je m'en rends bien compte, je pourrais peut-être un pavé, mais ça s'arrête là et voilà que dès le mois de septembre je me dirais encore "il faudra que je lise ce livre en été, quand j'aurais du temps", c'est un cercle infini quoi. 

Lectures du mois de juillet. 

Bref, en juillet j'ai lu six livres. D'abord, il y a eu de la poésie avec La triste fin du petit enfant-huître de Tim Burton & Capitale de la douleur de Paul Éluard. Je n'ai pas écrit d'article dessus simplement parce que la poésie est un genre que je ne maîtrise pas et qu'il aurait été débile d'en parler juste pour dire "haaaan Paul Éluard je t'aime, tes vers sont si beaux, ils ont illuminés ma vie" donc je me suis abstenue. 
Néanmoins, je profite de ce bilan pour dire que j'ai été un peu déçue de La triste fin du petit enfant-huître. Ça fait longtemps que je l'ai et je m'attendais à mieux quand même. Certains poèmes sont vraiment beaux (Voodoo Girl - The Girl Who Turned into a Bed - Roy, the toxic boy) mais dans l'ensemble j'ai trouvé ça très court, trop court et heureusement qu'il y a les dessins qui viennent illustrer le tout parce que sinon, j'aurais trouvé ça vraiment, vraiment moyen pour ce que c'est. Bon je suis quand même amoureuse de mon édition - 10/18 collector - et j'ai trouvé ça vraiment cool d'avoir sur la page de gauche le texte en anglais et la traduction à droite, pour le coup c'est une bonne idée  de pouvoir lire la version originale surtout quand il s'agit de poésie. 

Pour ce qui est de mes autres lectures du mois de juillet, j'ai déjà posté deux avis et les deux autres arriveront très prochainement - il s'agit de Wondrak de Stefan Zweig & Paris est une fête d'Ernest Hemingway


  • Mes avis en ligne : 




  • Séries 

Ce mois-ci a été un mois de rattrapages et de découvertes. J'adore les séries ce n'est pas nouveau, j'essaie d'en regarder au moins une nouvelle chaque mois et j'en suis aussi énormément tout au long de l'année. Le format série est un format que j'affectionne particulièrement parce qu'il permet d'explorer plus en détails contrairement à un film où tout doit être condensé en environ deux heures. 

J'ai tout d'abord commencé une nouvelle série sortie en avril dernier, il s'agit de The Girlfriend Experience d'Amy Seimetz & Lodge Kerrigan
J'en ai rapidement entendu parler lors de sa sortie en avril parce que cette série n'est autre que l'adaptation du film Girlfriend Experience (2009) de Steven Soderbergh. Je ne peux pas donner mon avis d'un point de vue comparatif parce que je n'ai jamais vu le film en entier, je n'ai vu que des extraits donc je ne peux pas dire si la série est meilleure ou non. 
Sinon, j'ai bien aimé, il n'y a que 13 épisodes à la première saison - on ne sait d'ailleurs pas encore si c'est renouvelé ou non - qui ont tous une durée d'environ 30 minutes. J'ai aimé ce format parce qu'il change de toutes les séries qui maintenant s'amusent à durer 50 minutes voire une heure. 
L'histoire est intéressante même si elle n'a rien d'innovateur : une étudiante en droit qui devient une escort girl pour payer ses études et s'en sortir. Mais l'histoire va finalement plus loin que ça, on découvre que Christine aime vraiment ça, que ça lui plaît de sortir avec tous ces hommes bien plus vieux qu'elle, qu'elle en prend un véritable plaisir et que tout n'est pas pour l'argent, même si on ne va pas se mentir, elle ne le ferait sans doute pas sinon.
Le personnage de Christine (interprété par Riley Keough, petite-fille d'Elvis Presley) est intéressant sous bien des aspects, sa psychologie est recherchée et on ne se retrouve pas avec un personnage palot au possible qui devient rapidement ennuyeux. 
Loin d'être la série de l'année, c'est une série qui se regarde facilement, quelque chose sans prise de tête avec une histoire bien écrite et des situations auxquelles on ne s'attend pas. 

N.B. Steven Soderbergh prévoit de sortir un film l'année prochaine, Lucky Logan où on pourra y retrouver Riley Keough aux côtés de Daniel Craig & Channing Tatum. 




J'ai commencé une toute nouvelle série HBO aussi, une comédie appelée Vice Principals de Danny McBride & Jody Hill qui est franchement marrante ! Pour l'instant seul les trois premiers épisodes sont sortis, je n'ai vu que les deux premiers et à chaque fois les personnages et les situations m'ont fait mourir de rire. 
On retrouve deux hommes, ils sont proviseurs adjoints dans un lycée américain : Neal Gamby (Danny McBride) & Lee Russell (Walton Goggins). Les deux se détestent ouvertement, ils sont tous les deux absolument barges et ne souhaitent qu'une chose : obtenir le poste de directeur du lycée. Oui mais ça ne va pas se passer comme ils l'auraient voulu et ils vont devoir œuvrer ensemble pour que l'un d'eux deviennent directeur. 
C'est drôle, c'est rafraichissant, c'est le genre de séries qui je trouve, se fait de plus en plus rare maintenant. Désormais on a surtout des séries centrées sur des super-héros (on ne dira rien sur la CW), des séries policières ou surtout des drames. 
Bon après je n'ai vu que les deux premiers épisodes mais ils étaient vraiment bien tous les deux et puis je viens d'apprendre que la série est déjà reconduite pour une deuxième saison alors, ça ne peut qu'être bon ! 




Dans les nouvelles séries, j'en ai commencé une autre, toujours sur HBO et qui est plutôt prometteuse, il s'agit de The Night Of de Steven Zaillian (à qui l'on doit notamment le scénario de La Liste de Schindler) & Richard Price. Bon voilà encore HBO mais que faire ? ils sont tellement bons pour faire des séries que c'est toujours un plaisir ! Une fois encore, après seulement trois épisodes diffusés je peux dire que c'est vraiment cool. Les acteurs sont bons - en particulier l'avocat qui n'est autre que John Turturro, vu dans Barton Fink par exemple ou encore le protagoniste, Nazir incarné par Riz Ahmed - tout comme les personnages qui sont recherchés. On a une réalisation vraiment intéressante, un scénario qui, jusque-là tient la route, la mise en scène est vraiment bonne ainsi que la photographie qui nous livre un rendu très sombre, rempli de noirceur, alors que dire de plus ? Je ne trouve pas de défauts à cette série, pour le moment. 
Bon, c'est vrai je n'ai vu que les trois premiers épisodes, mais j'attends avec impatience la suite chaque semaine et c'est toujours avec un certain plaisir que je me plonge dans ces épisodes d'une heure. Et puis, la première saison ne comporte que huit épisodes donc je suis déjà quasiment à la moitié. Aussi, ce n'est pas une création originale puisqu'elle est adaptée de la mini-série Criminal Justice de Peter Moffat diffusée sur la BBC. 
Pour info, la série aura peut-être droit à sa saison 2, mais rien n'a été officiellement confirmé jusque maintenant. 



  • Mes avis en ligne :




  • Cinéma 

Comme je le disais dans mon article précédent - il me semble - en ce moment je regarde la filmographie d'Alfred Hitchcock, mon cinéaste favori. Je ne vais pas parler de ses films qui sont, pour beaucoup, très connus, mais je peux quand même dire que certains mériteraient à être plus notoires comme La femme disparaît (The Lady Vanishes, 1938), Lifeboat (1944) qui est un huis-clos sur l'eau vraiment intéressant, aussi Le Faux Coupable (The Wrong Man, 1956) ou encore Les Enchaînés (Notorious, 1946) où on retrouve une Ingrid Bergman un Cary Grant absolument géniaux ! 

Je n'ai vu aucun film sorti au cinéma ce mois-ci, c'est d'ailleurs pour cette raison que je n'ai pas publié d'article dessus excepté pour Animal Kingdom de David Michôd (où je le compare à la série américaine) qui je trouvais, méritais d'être abordé. 

  • Mes avis en ligne : 



Sinon, j'ai regardé Green Room de Jeremy Saulnier, sorti en avril dernier. J'avais très envie de le voir, le pitch me disait vraiment beaucoup, on suit un groupe de punk/hardcore qui va se retrouver dans les problèmes on va dire. L'histoire est bien construite, la réalisation est intéressante avec une bonne mise en scène, surtout pour le traitement du huis-clos et du retour perpétuel à la case départ. En revanche j'ai trouvé ça trop rapide dans le traitement de la mort de certains personnages ce qui est plutôt dommage. 


Et aussi, j'ai enfin vu Brooklyn de John Crowley sorti en mars dernier. J'étais impatiente de le voir, notamment parce qu'il était en lice pour les Oscars en janvier, mais aussi pour l'histoire qui me plaisait bien. 
Nous sommes dans les années 50, on suit une jeune irlandaise, Ellis (Saoirse Ronan) qui doit partir pour les États-Unis, New-York plus précisément parce qu'elle n'arrive pas à trouver du travail là où elle vit avec sa grand sœur et sa mère. 
On va changer de continent avec elle, on va la suivre dans ses peines, dans sa solitude, le fait d'être loin de sa famille, loin de ses racines. Et puis, elle va faire la rencontre de Tony (Emory Cohen) qui va tomber amoureux d'elle. 
Pour dire les choses rapidement, j'ai beaucoup aimé la première moitié du film, le moment où elle arrive aux Etats-Unis, le fait de devoir s'adapter à sa nouvelle vie tout en ayant le sentiment d'être tout à fait seule au monde. J'ai aimé sa rencontre avec Tony, je les ai trouvés vraiment beau tous les deux, j'ai aimé aussi les scènes de repas dans sa pension pour filles, certaines répliques sont amusantes ce qui permet de souffler un peu. 
Mais par contre, au milieu du film ça se gâte, mais vraiment quoi ! À partir du moment où Ellis retourne en Irlande, je me suis ennuyée, mais ennuyée ! Il n'y a plus aucun véritable enjeu dès ce moment du film. Elle réussit enfin à être heureuse à New-York, elle est avec Tony, elle vient d'obtenir son diplôme pour être comptable, tout va bien quoi ! et voilà qu'elle retourne dans son village natal et hop, comme par magie ici aussi tout va bien et elle pourrait rester, pour être auprès de sa mère, reprendre le travail de sa sœur, se marier avec le "beau gosse" riche de la ville. Ouais mais non, franchement pourquoi avoir fait ça ? 
J'ai terminé le film avec un goût un peu amer, il commençait si bien et tout a été gâché. 
Pour ce qui est des acteurs, Saoirse Ronan s'en sort bien, mais ce n'est pas non plus inoubliable, elle fait ce qu'elle doit faire voilà tout. C'est Emory Cohen que j'ai beaucoup aimé dans le rôle de l'italien qui n'a pas confiance en lui et qui aime éperdument Ellis - j'ai particulièrement aimé la scène où il demande à son jeune frère de corriger les fautes d'orthographe de la lettre qu'il veut envoyer à Ellis. 
La réalisation est très classique, il n'y a aucun plan qui sort de l'ordinaire ou qui vaut le coup d'œil. Je ne dis pas qu'elle est mauvaise, non, elle est simplement banale ce qui n'est pas forcément un mal. 

Étant donné tout le tapage qu'il y a eu autour de ce film, je m'attendais à quelque chose de bien mieux, de bien plus fort et surtout mieux construit. Si le film avait duré une demi-heure de moins, que la deuxième partie en Irlande n'était pas aussi longue et surtout aussi dénuée d'enjeux narratifs alors j'aurais dit oui, un grand oui, mais les deux parties sont bien trop inégales pour que j'y trouve mon compte. 






Très bientôt sur le blog, mon avis sur la saison 2 de Wayward Pines et comme je le disais plus haut mes avis sur Wondrak de Stefan Zweig et Paris est une fête d'Ernest Hemingway








samedi 30 juillet 2016

Le Coin des libraires - #26 La force de l'âge de Simone de Beauvoir

Comme je l'ai attendu ce livre, comme il me faisait de l'œil depuis des mois. La force de l'âge, paru en 1960 est la suite directe à Mémoires d'une jeune fille rangée (1958). J'ai lu ce dernier en décembre de l'année dernière et j'étais tombée amoureuse de cette auteure, de sa plume, de ses convictions, d'à peu près tout en fait. 


Depuis six mois que j'ai terminé son prédécesseur, je voulais absolument me plonger une nouvelle fois dans la vie de cette femme qu'était Simone de Beauvoir, mais j'ai préféré attendre l'été, d'avoir du temps devant moi pour me plonger dedans et surtout, prendre le temps de le lire. Effectivement, j'ai pris mon temps puisque j'ai mis quasiment deux semaines à lire les presque 700 pages qui le constituent. 

"Le jeu, en déréalisant notre vie, achevait de nous convaincre qu’elle ne nous contenait pas. Nous n’appartenions à aucun lieu, aucun pays, aucune classe, aucune profession, aucune génération. Notre vérité était ailleurs. Elle s’inscrivait dans l’éternité et l’avenir la révélerait : nous étions des écrivains."
Simone de Beauvoir, La force de l'âge (1960).

J'ai rarement de vrais coups de cœur pour un auteur en particulier, c'est plus généralement un livre et même encore, c'est plutôt rare. Bien qu'un de mes livres favoris soit écrit par une femme - Orgueil et préjugés de Jane Austen - j'ai tendance à préférer les auteurs masculins - peut-être parce qu'ils sont bien plus nombreux et tiennent mieux la postérité, mais c'est un autre débat. 

Résumé édition Folio

Vingt et un ans et l'agrégation de philosophie en 1929. La rencontre de Jean-Paul Sartre. Ce sont les années décisives pour Simone de Beauvoir. Celles ou s'accomplit sa vocation d'écrivain, si longtemps rêvée. Dix ans passés à enseigner, à écrire, à voyager sac au dos, à nouer des amitiés, à se passionner pour des idées nouvelles. La force de l'âge est pleinement atteinte quand la guerre éclate, en 1939, mettant fin brutalement à dix années de vie merveilleusement libre.


C'est le deuxième livre de Simone de Beauvoir que je lis, j'aimerais lire l'intégralité de son œuvre et j'ai décidé de commencer par ses autobiographies, soit six livres (sept si l'on compte La force des choses partie I & partie II), autant dire que j'ai encore de la lecture avant de me plonger dans ses romans, essais, pièces.

J'ai particulièrement aimé Mémoires d'une jeune fille rangée, j'ai aimé la façon dont l'auteure donnait son ressenti sur son sur enfance et surtout, il m'a permis de m'interroger sur plein de choses différentes et c'est ce que je recherche dans une œuvre quelle qu'elle soit, je vois l'art comme une chose qui ne laisse jamais indifférent et qui amène toujours une interrogation, du moins une réflexion personnelle par rapport à cette dite œuvre. Également je me suis énormément identifiée à elle ce qui forcément m'a permis d'apprécier cette lecture à sa juste valeur. 

La force de l'âge débute donc en 1929, on suit une Simone de Beauvoir qui débute dans l'enseignement, d'abord à Marseille puis à Rouen. Elle décrit précisément ses sentiments à cette époque, ces habitudes aussi, elle mélange sa vie personnelle aux actualités. Néanmoins même si elle parle énormément de son cercle d'amis, sa "famille" et précisément de Jean-Paul Sartre, on ne peut pas dire qu'elle s'épanche sur ses sentiments pour eux. Ce que je veux dire, c'est que si vous vous attendez à avoir des détails croustillants notamment sur sa vie avec Sartre, et bien, c'est raté - je dis ça parce que j'aurais quand même un peu aimé ! 

Elle parle énormément de l'actualité en général comme par exemple de l'histoire des sœurs Papin, cette affaire qui a inspiré bon nombre d'artistes, je pense en particulier à Genet pour sa pièce absolument génial, Les Bonnes ou encore Chabrol pour La Cérémonie
Aussi des gens de lettres, de théâtre de l'époque comme Jean Cocteau qui rencontre Jean Marais au détour d'une page, un soir de représentation. Elle parle pas mal de cinéma et forcément, bah j'ai trouvé ça trop cool ! Il y a notamment un passage où elle parle d'un film qu'elle venait de voir, Les 39 marches d'Alfred Hitchcock, nom qui lui était alors inconnu et le hasard veut que j'ai vu ce film quelque chose comme deux jours avant de le lire dans son livre ! 

Le livre se découpe en deux parties, la première allant de 1929 à 1939, la deuxième, de 1939 à la libération de Paris en 1945. Le début de la deuxième partie a une forme différente puisque c'est le journal que l'auteure a tenu durant la drôle de guerre. 
J'ai trouvé intéressant d'avoir un récit morcelé pour des évènements aussi importants que le début de l'occupation allemande en France, mais je n'ai pas vraiment compris pourquoi d'un coup le journal de bord se termine et l'on revient alors au récit "mémoire", c'est-à-dire écrit à postériori des évènements. 


La force de l'âge de Simone de Beauvoir, édition Folio.


La Seconde Guerre mondiale est une période de l'histoire que je trouve particulièrement passionnante et j'aime lire des écrits par rapport à celle-ci. C'est la première fois que je me confrontais au témoignage d'une femme française n'ayant jamais vraiment eu rien à craindre durant la guerre et j'ai trouvé ça intéressant. Elle n'est pas réellement en danger, mais elle est tout autant impuissante face à la situation. Elle ne peut que rester et voir certains de ses amis enlevés, déportés, tués. Ces passages sont extrêmement dérangeants, elle nous parle de personnes ayant appartenu à son cercle d'amis qui ne sont plus, elle nous parle de sa peur de perdre Sartre et de ne jamais pouvoir rien faire pour changer le cours de la vie. 

Ce livre est particulièrement captivant parce qu'il est une époque charnière dans la vie de Simone de Beauvoir, on sent bien à quel point sa façon de penser a évolué entre l'avant-guerre et à la fin de celle-ci. Elle reste cette femme qui croit au bonheur dur comme fer, mais elle est aussi une femme qui prendra les armes et décidera de se battre pour ce en quoi elle croit, et je pense sincèrement qu'elle ne serait peut-être pas devenue cette femme si la guerre ne l'avait pas fait réfléchir sur un certain nombre de choses. 
Mine d'informations sur l'époque de l'occupation, sur les rations alimentaires, sur le climat du pays, La force de l'âge permet de saisir les changements de mentalité survenus avec la guerre. 

À côté de son témoignage sur la guerre, j'ai aimé la rétrospection sur ses propres livres, ici sur L'invité, son premier roman publié qu'elle a mis quatre ans à écrire et également sur Tous les hommes sont mortels dont elle parle bien moins que le premier. Alors, c'est vrai que j'aurais aimé avoir lu L'invité, surtout qu'il a l'air vraiment cool, mais bon, ce sera pour une prochaine fois. 

Après lecture de ce roman, on ne peut que se rendre compte de l'importance du cercle artistique vivant à Paris à cette époque, elle nous parle bien évidemment de Sartre, mais aussi de Paul Nizan un de ses amis tués durant la guerre - qui a d'ailleurs gagné le prix Interallié en 1938 pour son livre La conspiration qui a l'air bien - ou encore de Camus, Picasso, Merleau-Ponty, Malraux. 
Entendre parler de ces grandes figures de l'art, surtout d'une façon romancé fait d'eux des personnages à part entière, des êtres que l'on connaît de nom pour leurs œuvres et que l'on découvre un peu plus intimement parfois grâce à Simone de Beauvoir. 

Et puis, il y a ces quelques lignes avant de refermer le bouquin, ce moment où elle parle de la mort, de sa réflexion sur celle-ci qui est tout autant intéressante aussi.  

Vous l'aurez donc compris, j'ai adoré ce livre, du début à la fin j'ai été happé par son histoire, son époque, l'écriture de Simone de Beauvoir, tout en fait. J'ai pris mon temps pour le lire afin de ne pas en perdre une miette et je ne suis pas déçue, je ne suis pas déçue d'avoir autant attendu pour le lire parce que définitivement, il valait le coup. 


"Cette mort qui nous est commune à tous, chacun l’aborde seul. Du côté de la vie, on peut mourir ensemble ; mais mourir, c’est glisser hors du monde, là où le mot « ensemble » n’a plus de sens. Ce que je souhaitais le plus au monde, c’était de mourir avec qui j’aimais ; mais fussions-nous couchés cadavre contre cadavre, ce ne serait qu’un leurre : de rien à rien, il n’existe pas de lien."
Simone de Beauvoir, La force de l'âge.




La suite dans le prochain volet de son autobiographie, La force des choses









mercredi 27 juillet 2016

L'Avenue du cinéma - #22 Animal Kingdom de David Michôd + série éponyme

Oula, ça commençait à faire longtemps que je n'ai pas écrit sur un film, il faut dire ces derniers temps je n'ai pas vraiment été au cinéma, je me contente principalement de "vieux" films - notamment ceux d'Hitchcock dont je suis actuellement en train de me refaire la filmographie

Aujourd'hui donc, on va parler film, mais aussi série ! Voilà, je reviens pour vous parler du film australien Animal Kingdom de David Michôd sorti en 2010 et qui a eu droit à son adaptation série cette année. Pour tout avouer, j'ai commencé la série sans connaître le film que j'ai découvert par la suite, donc je pense que mon jugement sur celui-ci a largement été influencé par mon visionnage du début de la saison 1. 

Pour ce qui est du film Animal Kingdom, il est le premier long métrage du réalisateur David Michôd et il a remporté le prix du jury au festival Sundance en 2010, voilà. L'histoire, c'est celle de Josh (James Frecheville) qui va vivre chez sa grand-mère après la mort d'une overdose de sa mère. Le film commence dans un petit appartement miteux, on y découvre J. et le corps de sa mère, inerte. Il appelle les secours et s'en va pour une nouvelle vie aux côtés de sa famille : sa grand-mère Smurf et ses quatre oncles. 


Les oncles justement, vont avoir un rôle capital dans la vie de J. et donc dans le film, ils sont tous très différents, mais ils ont en commun la violence et la criminalité. Le fait que ce soit le point de vue de Josh qui soit adopté nous permet d'avoir un regard extérieur sur les évènements, il ne fait pas partie de la famille à proprement parler, on se méfie de lui parce qu'il est jeune et surtout parce qu'il est "nouveau". 

On suit donc son personnage qui est jeté dans la cage aux lions et est indifférent aux évènements - je pense notamment à la scène où la police entre chez eux, qu'il les voit et ne réagit pas spécialement, il reste stoïque en attendant d'être arrêté. Du début jusque quasiment la fin du film, il va être manipulé tantôt par sa famille, tantôt par la police qui va voir en lui le témoin parfait pour enfin coincer cette fratrie de malfaiteurs. Etre manipulé ne semble pas le gêner plus que ça en plus, il accepte de menacer avec une arme un mec sur la route pour rien, parce que son frère Darren lui dit de le faire, il accepte également de coopérer avec la police parce qu'il n'est plus protégé par ses oncles et comme le dit si bien Leckie (le flic) Josh ne fait plus partie de la bande des "forts" il doit donc se débrouiller par lui-même. 

Après plus des trois-quarts du film on viendrait à penser que vraiment, Josh est incapable d'agir par lui-même et voilà que survient ce passage extrêmement dur où son oncle Pope qui est de loin le plus violent (et dérangé) décide de supprimer sa copine Nikki. À partir de là, les choses changent et c'est avec un climax riche en tension que le film touche à sa fin et alors je dis oui ! Cette fin est vraiment intéressante, le film se conclut sur le passage au monde adulte de notre protagoniste, lui aussi maintenant il fait partie des grands prédateurs, il n'est plus malléable comme il l'a été durant tout le film. 

Le cliché de la famille de gangster est franchement bien traité, Michôd n'a pas cherché à embellir les faits ou autre, au contraire il est désireux de montrer les erreurs humaines, la volonté de toujours gagner plus, la violence aussi qui est présente du début à la fin. Il ne s'agit pas de dénoncer, plutôt de dépeindre les échecs des uns et des autres, échecs qui coûtent la vie à plus d'une personne. 



Comme dit précédemment, j'ai commencé à regarder la série Animal Kingdom de Jonathan Lisco - d'ailleurs à l'heure où j'écris ces lignes, je viens tout juste de voir l'épisode 7 de la saison 1 composée de 10 épisodes. Je ne sais même pas pourquoi je l'ai commencé, je dirais seulement que c'était sans doute par curiosité, quoi qu'il en soit j'ai trouvé le premier épisode très prometteur, ce qui m'a donné envie d'en apprendre plus et c'est à ce moment que j'ai appris qu'il s'agissait d'un film à la base. 


Après visionnage du film, je dois dire que j'aime vraiment bien la série, je la trouve intéressante, bien écrite, bien réalisée. J'avais peur que ce soit finalement qu'une pâle copie du film et pourtant non. Néanmoins, certains plans sont parfois les mêmes, le début de la série et pareil au début du film avec l'appartement dans lequel Josh vivait avec sa mère, sa grand-mère qui vient le chercher ou même cette scène où Pope va coucher Nikki dans le lit de Josh. 

Pourtant, à côté de ces similitudes, la série prend peu à peu ses distances par rapport au film, format oblige. Bah oui, son format de cinquante minutes fois dix permet d'étaler, de pousser plus loin dans l'histoire, mais également dans la psychologie des personnages. 

Pour moi, le personnage de Smurf est bien plus intéressant dans la série. De mon point de vue, les femmes sont particulièrement lésées dans les deux supports, d'ailleurs, on le sent particulièrement dans la série avec l'anniversaire de Pope, jumeau de Laura dont personne ne parle jamais. Néanmoins  la série nous donne à voir Smurf comme une femme de fer, une maman poule qui contrôle absolument tout, qui décide quels jobs ses fils feront et qui garde l'argent à la fin. Dans le film, on attend longtemps avant de voir se dessiner la figure castratrice et dominante de la mère ce que j'ai trouvé dommage - mais bien évidemment comme je l'ai dit, j'ai été influencé par la série. 

Pareil pour Pope qui est bien plus contrasté dans la série que dans le film où il est clairement complètement barge. Je préfère son personnage dans la série simplement parce qu'il est moins antipathique, il est même attachant sous certains aspects - notamment par rapport à sa relation avec Catherine. Ou encore Darren qui est un personnage à part entière dans la série tandis qu'il est franchement inutile dans le film. 

Il me reste encore trois épisodes avant de la fin de cette saison - ce qui me fait penser que j'aimerais bien qu'elle soit renouvelée quand même ! - encore beaucoup d'interrogations notamment sur le passé, j'aimerais en apprendre plus sur Laura, sur Baz aussi, sur tous les personnages en fait. Peut-être que ma demande sera réalisée puisque déjà l'épisode 6 & 7 nous donnent à voir sur le passé de Smurf qui est des plus intéressant ! 

Si vous ne l'avez pas encore compris, j'ai aimé le film Animal Kingdom et j'adore la série qui fait partie de mes meilleures découvertes de cet été 2016 ! 



Avez-vous déjà vu le film ou la série ? 






vendredi 22 juillet 2016

Le Coin des libraires - #25 Celui qui ne m'accompagnait pas de Maurice Blanchot

Récemment j'ai lu le livre Celui qui ne m'accompagnait pas de Maurice Blanchot, paru en 1953. Grand personnage que cet auteur à la renommée plus que discutable. Pour dire la vérité, je ne le connaissais pas du tout avant de lire ce livre et, comment s'est-il trouvé en ma possession ? Je l'ai acheté pour une raison qui m'est toujours obscure. 


"Je pris, aussi, peur des mots et j’en écrivis de moins en moins, bien que la pression exercée au-dedans de moi pour m’en faire écrire devînt rapidement vertigineuse. Je parle de peur, mais c’était un sentiment tout différent, une sorte d’usure de l’avenir, l’impression que j’en avais déjà dit plus qu’il ne m’était possible, que je m’étais devancé de telle sorte que la possibilité la plus future était là, un avenir que je ne pouvais plus dépasser."
Maurice Blanchot, Celui qui ne m'accompagnait pas.


Résumé édition L'imaginaire Gallimard 

« Que va-t-il donc arriver ? Ai-je vraiment eu ce désir de me dérober, de me décharger sur quelqu'un d'autre ? plutôt de dérober en moi l'inconnu, de ne pas le troubler, d'effacer ses pas pour que ce qu'il a accompli s'accomplisse sans laisser de reste, en sorte que cela ne s'accomplit pas pour moi qui demeure au bord, en dehors de l'événement, lequel passe sans doute avec l'éclat, le bruit et la dignité de la foudre, sans que je puisse faire plus qu'en perpétuer l'approche, en surprendre l'indécision, la maintenir, m'y maintenir sans céder. Était-ce autrefois, là où je vivais et travaillais, dans la petite chambre en forme de guérite, en cet endroit où déjà, comme disparu, loin de me sentir déchargé de moi, j'avais au contraire le devoir de protéger cette disparition, de persévérer en elle pour la pousser plus loin, toujours plus loin ? N'était-ce pas là-bas, dans l'extrême détresse qui n'est même pas celle de quelqu'un, que m'avait été offert le droit de parler de moi à la troisième personne ? »

Comme je le disais, c'est la première fois que je lisais le nom de Maurice Blanchot, mais comme je suis intrépide (haha) bah forcément, je l'ai lu pour voir ce que Celui qui ne m'accompagnait pas refermait. 

Même encore maintenant, je ne peux dire que je ne sais pas comment j'ai trouvé ma lecture. Je l'ai commencé un peu au hasard, parce que j'allais avoir quasiment deux heures de bus et qu'il me fallait de la lecture - j'avais déjà commencé La force de l'âge de Simone de Beauvoir mais vu le pavé, il prenait un peu trop de place, alors j'ai pris un livre pas trop long sans même réfléchir. 

Celui qui ne m'accompagnait pas de Maurice Blanchot, édition l'Imaginaire Gallimard


Il n'y a pas d'histoire à proprement parler, c'est l'auteur qui parle de lui, de son "moi" intérieur et qui converse avec. J'ai trouvé que c'était une très bonne idée, forcément quand il s'agit de psychologie, ça m'intéresse - bref. Il parle également de la littérature, enfin du travail d'écriture plus précisément, chose que j'ai aussi bien aimé. Seulement, le fait qu'il n'y ait pas d'histoire, que le texte soit juste un bloc d'un peu moins de 200 pages avec aucun découpage, simplement ses propres divagations, bah, faut le dire ça m'a un peu ennuyé. Enfin, ennuyer n'est pas le terme exact, je dirais plutôt que ça m'a embêté. J'ai trouvé le début très intéressant, je suis directement "entrée" dedans - si c'est possible pour ce genre d'œuvre - mais fatalement, j'ai décroché. 

C'est un texte que j'ai trouvé dur à lire, je m'y suis reprise à deux fois pour certains passages d'ailleurs. Cette œuvre fait partie de celles où il faut être concentré pour les lire, fin si on tourne les yeux rien que trente secondes pour regarder qu'est-ce qu'est la notification qu'on vient de recevoir sur son téléphone, c'est foutu !
Ça n'est pas ce qu'il m'est arrivé, non, je crois même que c'était pire dans mon cas parce qu'en fait, je me suis retrouvé à la page 85 à me dire "mais qu'est-ce qu'il raconte au juste ? j'ai raté quelque chose ??" Et puis il y a carrément des passages où je me suis demandée à quoi il servait, je crois que je n'ai juste pas trop compris - je pense par exemple à tout ce moment où il parle de la cuisine, du fait qu'il a soif. 

Néanmoins je me suis motivée et j'ai été jusqu'au bout, heureusement qu'il faisait même pas deux cents pages parce que sinon je ne suis pas sûre que j'en serais venue à bout aussi facilement ! 
La démarche est vraiment intéressante, mais c'est un peu trop lourd, le style est vraiment très fatiguant ce qui nuit à la compréhension de l'œuvre - je parle pour moi hein - et donc je n'ai pas été passionné comme je pensais que je le serais. 
J'ai un peu le sentiment d'être passé à côté, de ne pas avoir tout compris et c'est assez agaçant quand j'y repense alors, peut-être que je le relirai un jour, plus tard, quand mon expérience de lectrice aura encore évolué et que je me sentirai suffisamment "mûre" pour m'y replonger. 

"Je ne le guette pas, mais le sentiment que je l’attire plus qu’il ne m’attire, que, par mon entremise, s’exerce une puissance qui déjà l’amène aux frontières de ce monde, c’est là comme la racine du mot oubli, la source du trouble, que je ne puis maîtriser, car c’est un sentiment troublant, il dissimule en lui une tentation difficile à vaincre, où je risque sans cesse de me montrer fort contre moi-même."
Maurice Blanchot, Celui qui ne m'accompagnait pas.

En attendant, j'ai continué ma lecture de La force de l'âge que je n'ai pas encore du tout terminé, mais je vous en reparle bientôt, enfin, le plus vite possible ! 









mardi 19 juillet 2016

Série du moment - #9 Orange is the New Black (saison 4)

Bon, j'avoue, c'est avec un grand retard que je reviens vers vous aujourd'hui pour vous parler de mon avis sur la saison 4 d'Orange is the New Black.
Ça fait maintenant plusieurs jours que je l'ai terminé, comme toujours, je l'ai patiemment attendu et je dois dire que bah, j'ai été un peu déçue. 

J'ai commencé la série juste avant le début de la saison 2, j'ai bouffé la première saison en deux jours, idem pour la deuxième (d'ailleurs vous pouvez retrouver mon avis ici) et puis bah, j'ai sagement attendu la troisième qui était franchement pas mal. OITNB est la première série Netflix que j'ai regardée, et adorée, ce qui m'a donné confiance en la plateforme et aussi donné envie de découvrir d'autres séries Netflix qui se sont trouvées être à la hauteur - notamment Marvel's Dardevil, Sense8, Narcos ou Love plus récemment. 

Forcément, quand tous les épisodes d'une série sortent en même temps c'est cool, parce qu'on n'a pas à attendre chaque semaine, mais c'est aussi chiant il faut bien le dire parce qu'une fois qu'on a tout vu, et ben on attend, encore et encore jusqu'à l'année suivante et c'est souvent très long. OITNB est ce genre de série, on passe plus de temps à attendre qu'à regarder, mais c'est pas grave, on se dit que ça vaut le coup ! Oui, mais après un an, les attentes sont parfois démesurées et c'est là qu'elle se tire une balle dans le pied. 

J'ai vu la saison 4 en une semaine, j'ai espacé les épisodes pour deux raisons, tout d'abord parce que je n'avais pas envie de me jeter dessus comme je le fais d'habitude et de me dire ensuite "bah voilà, à l'année pro tout le monde !", mais aussi parce que j'ai été bien moins emporté. Je me revois regarder un épisode et à la fin me demander si j'avais vraiment envie d'en voir un autre ou si je préférais regarder autre chose, ce qui n'était pas arrivé pour les saisons précédentes. En fait, avant je m'en moquais d'avoir fini les épisodes en un temps record parce que j'étais seulement trop impatiente de voir la suite et là, la magie n'a pas opéré, du moins pas de la même façon. 

On retrouve toujours ce beau petit monde, ces personnages haut en couleur et avec une vraie profondeur, une véritable identité. On retrouve les détenues et les gardiens, Caputo, Healy et d'autres personnages, les petits nouveaux comme Piscatela le chef des gardiens. Le premier épisode nous ramène à la fin de la saison 3, il n'y a aucune coupure temporelle, on se retrouve là où on est resté.



Sans raconter tout ce qu'il se passe bien évidemment, je dirais que le plus gros point négatif a été le personnage de Piper qui, quand même est le personnage principal, enfin c'est avec elle que tout commence, c'est l'histoire de Piper Kerman qui a été adapté initialement et franchement, ouais, désolée pour le terme mais elle m'a carrément saoulé - voilà, c'est dit
Du début à la fin de cette saison j'avais envie de la claquer, définitivement elle est juste insupportable et c'est sans doute pour cette raison que l'un des moments que j'ai préféré a été quand elle se fait brûler - j'ai littéralement jubilé, même si ce n'est pas très gentil. 
Toutes les scènes avec elle m'ont ennuyée, je trouve son personnage insipide et plat, ce qui est quand même étonnant quand on voit les autres personnages ! Toute la force de la série repose quand même sur les comportements des détenues, sur leur façon de vivre en communauté dans une prison pour femme qui en plus se retrouve sur-peuplé après la privatisation de Litchfield. 

En revanche, cet aspect-là est vraiment intéressant parce qu'énormément de choses vont changer, de nouveau gardien vont arriver ce qui va relancer les relations détenues/gardiens après le départ d'abord de Pornstache puis de l'ex-copain de Daya (impossible de me souvenir de son nom). Ces nouveaux personnages vont permettre des scènes vraiment intéressantes comme la bagarre entre Crazy Eyes et celle que j'aime appeler "la barge" faute de me souvenir de son nom. 

En y réfléchissant bien, ce qui m'a le moins intéressé a été les moments dans la prison, toute l'intrigue avec Alex, Red et Lolly m'a un peu ennuyé, j'ai trouvé que ça tournait un peu en rond, que les scénaristes ont voulu meubler jusqu'aux deux-trois derniers épisodes qui eux, sont vraiment bien. 
La révolte est lente à se mettre en place et il faut vraiment attendre la fin de la saison pour la voir poindre le bout de son nez ce qui est dommage quand on attend un an pour seulement treize épisodes, alors devoir en plus attendre de voir les dix premiers épisodes pour que ça devienne dingue, c'est vraiment hyper frustrant ! 

Certains épisodes se démarquent des autres, je pense à l'épisode sur Healy que j'ai trouvé vraiment, vraiment bien. Je ne sais pas pourquoi mais depuis le début, j'aime bien son personnage, il me fait de la peine et je le trouve vraiment triste - touchant ? - alors avoir un épisode sur son passé, c'est ce qu'il fallait pour me plaire. Vient s'ajouter à ça sa relation avec Lolly qui est plus que déchirante et vraiment belle quand on sait à quel point il a souffert par rapport à ce genre de maladie. Ces deux personnages ont remonté le tout, ils m'ont permis de ne pas regretter la saison 4 du début à la fin mais plutôt d'y voir des contrastes. D'autres épisodes valent le coup pour les flash-back comme ceux de Suzanne (Crazy Eyes), Maria ou encore Lolly qui je crois, est mon personnage favori de cette saison. Une fois encore les scénaristes savent parler du passé de leur personnage ce qui est un gros point fort, - surtout que je suis le genre à adorer les flash-back.

Je ne dirais rien sur la fin de la saison, je ne veux pas prendre le risque de spoiler ceux qui n'auraient pas encore eu le temps ou l'opportunité ou je ne sais quelle raison de la voir. Je dirais simplement que je ne voulais pas y croire, que c'est tellement dramatique que ça paraît irréel mais pourtant non, ça ne l'est pas et je suis pressée de voir ce qu'on prévu les scénaristes pour la saison 5, pour l'année prochaine. 


Globalement, la saison est pour moi en dessous des autres, j'ai eu le sentiment qu'elle s'essoufflait ce que je n'espère pas ! je reste néanmoins une fidèle admiratrice de la série qui est comme aucune autre, qui a le mérite d'être originale. J'espère simplement que la saison prochaine saura être aussi bien ficelée que les trois premières et que celle-ci ne sera qu'une passade vers quelque chose de meilleur. 



Avez-vous déjà vu la saison 4 d'Orange is the New Black ? Qu'en avez-vous pensé ? 





La promise au visage de fleurs de Roshani Chokshi

Il était une fois un homme qui croyait aux contes de fées. Il était une fois un homme qui savait que les contes révèlent ce qui demeure cach...