jeudi 18 juin 2015

Le Coin des Libraires #17 Au nom de tous les miens de Martin Gray

Ici, je ne fais pas dans l'original, Au nom de tous les miens est un livre mondialement connu qui est passé dans beaucoup de mains avant d'arriver dans les miennes, je ne le sais que trop bien. 
Pourtant, ce roman m'a complètement bouleversée, je savais que je le serai, bien évidemment, mais il a dépassé toutes mes espérances. 

Tout d'abord, Au nom de tous les miens raconte l'histoire d'un homme Martin Gray, ce polonais juif qui a tout fait pour simplement "vivre" durant la guerre. Le roman commence dans le présent, nous lisons les pensées de Martin, homme vieillissant rescapé de la Seconde Guerre mondial qui vit désormais à Paris. Le début m'a un peu fait penser au début du roman Moi, Christiane F, la vie malgré tout de Christiane Felscherinow, ce sentiment de répugnance face aux journalistes, ceux qui voulaient qu'ils racontent leur histoire - même si bien évidemment elles n'ont toutes deux pas la même ampleur. 

"Mais on ne pouvait pas penser longtemps à la chance qu'on sait ??    eue, on ne pouvait pas se féliciter des ruses qu'on avait inventées. La vie était devenue une course d'obstacle : on sautait le premier, un autre était déjà là, plus haut, et un autre derrière plus difficile encore et plus rapproché. On n'avait plus le temps de reprendre souffle."
Martin Grey, Au nom de tous les miens (rédigé par Max Gallo)

Et puis, tout commence, comme le dit Martin Gray, il est né en septembre 1939 au moment où la Pologne et Varsovie - la ville de l'auteur - se fait annexer par les Allemands. C'est ici que débute l'histoire, cette histoire d'horreur dont on entend presque nous-mêmes les cris, ces cris déchirants de millions d'êtres tués simplement parce qu'ils sont des hommes. 

Ce récit est peint d'une vérité si poignante et déchirante qu'il en devient difficile d'y croire. Je me retrouvais à chaque fin de chapitre en me demandant quelles horreurs allaient se produire dans le prochain.  J'ai aimé suivre Martin dans toutes ces péripéties, du moment où ils commencent à être contrebandier pour nourrir sa famille au moment où il est forcé d'être emmené au camp de Treblinka pour ne pas laisser sa famille seule. Il est toujours question de sa famille, "des miens" comme il aime les appeler.
J'avoue, pour le coup c'est la seule chose qui m'ait vraiment dérangée, qu'on retrouve toutes les deux pages un rappel du titre dans une fin de phrase, c'était, d'après moi des répétitions qui n'étaient pas forcément utiles. 

Au nom de tous les miens de Martin Gray aux éditions Pocket.

La force de ce récit, c'est sa sincérité, sa vérité qui nous apparait comme immonde mais qui est bel et bien la vérité. Certains passages m'ont juste donné envie de vomir, je pense notamment à celui où Martin tuait des enfants qui n'étaient pas morts dans les chambres à gaz, il les tuait pour abréger leurs souffrances c'est un fait, mais, je ne sais pas, c'est quelque chose de dérangeant, d'horrible tout simplement. Dans ce roman, je me suis rendue compte qu'être face à la réalité pouvait être quelque chose d'atroce. Et pourtant, au-delà de tout cela, j'ai adoré, c'est un témoignage historique si fort, d'une valeur inestimable. J'ai toujours aimé les biographies et pourtant, ici ce n'est pas cela, il s'agit simplement du récit d'une vie, d'une vie que personne n'aurait voulu et que Martin s'est évertué à préserver, encore, toujours, pour lui, mais surtout pour les siens. Pour expliquer, raconter, venger. 

Nous étions promis à la mort, tel était le destin qu'ils avaient tracé pour nous, j'en étais sûr maintenant. Ils me prenaient Zofia, cet esprit libre dans mon enfer ; ils m'arrachaient ces rires, cette douceur, tout ce qu'elle m'avait découvert : une vraie vie où les hommes ne seraient plus des loups. Je suis restée jusqu'au matin, tendu, incapable même de me souvenir des heures que nous avions passés ensemble.
Martin Grey, Au nom de tous les miens (rédigé par Max Gallo)

Quand l'on pense que c'est enfin terminé, que désormais lui aussi a accès à ce petit lot de bonheur, à New-York auprès de sa grand-mère maternelle et puis après, en France avec sa femme Dina et leurs quatre enfants. Oui, mais pourtant non, l'horreur revient une nouvelle fois, elle apparaît de nouveau face à cet homme qui n'a déjà que trop souffert. 
Et le voici de nouveau seul, nue, face à nous lecteurs, nous retrouvons un Martin qui se dévoile une dernière fois, qui se confie, qui pleure sur ses pertes, ses nouveaux morts. Il est là, devant nous tentant de refermer ses plaies, de vivre, même après cela, il faut toujours vivre. 



Je me suis documentée au-delà du roman, et j'ai appris que certains passages du roman étaient romancés et non réels. Il s'agirait des chapitres qui concernent le camp de Treblinka en particulier. Malgré ma déception, je pense que Martin Gray a été le plus fidèle possible face à de vieux souvenirs douloureux, ce qui me suffit largement. 

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lundi 15 juin 2015

L'Avenue du Cinéma - #17 Rudderless de William H. Macy

Aujourd'hui je veux vous parler d'un film qui m'a vraiment beaucoup touché, il s'agit de Rudderless de William H. Macy, présenté au festival Sundance de 2014. Ce film ne vous dit sans doute rien, mais c'est normal ! Comme certains films maintenant il fait partie de ceux qui sortent longtemps aux États-Unis avant d'arriver en France ou dans d'autres pays. Va-t-il sortir en France ? Je n'en suis pas certaine, néanmoins je vous conseille de le regarder en vostfr, le plaisir y est bien meilleur. Rudderless, c'est l'histoire de cet homme, Sam qui perd son fils dès les premières minutes du film.


Les personnages sont très bons dans le film, Billy Crudup (déjà vu notamment dans Big Fish et Watchmen : Les Gardiens) est génial dans le rôle de Sam, on ne peut que compatir, que l'apprécier. Malgré le fait qu'il vive n'importe comment, il est un personnage très attachant qu'on se prend à aimer très rapidement en partie grâce à son caractère solitaire, fataliste, dépité et désabusé. Pourtant, malgré ça, il y va, il décide de faire partie de ce groupe, Rudderless, pour notre plus grand plaisir. Mon second personnage préféré n'est autre que Quentin, son interprète, Anton Yelchin (déjà vu dans de nombreux films tels que Star Trek (2009), Star Trek : Into Darkness (2013) de J.J. Abrams ou encore Only Lovers Left Alive de Jim Jarmush) fait de son rôle un personnage simple, amusant, hyper attachant, bref je l'adore. Il y a seulement vers la fin où bien évidemment j'ai été un peu déçu par rapport à sa relation avec Sam mais je ne vous en dirais pas plus. 

L'action est surtout concentrée autour de ces deux personnages, de leur rencontre, de leur alchimie, de leur vie aussi. Les autres membres du groupe ont chacun leur propre style, ils ont tous un petit quelque chose de différent ce qui rend les scènes entre eux très bonnes et souvent très drôles. 
Pour ce le rôle d'Emily, l'ex-femme de Sam, j'ai été surprise de voir Felicity Huffman - rappelez-vous, elle a joué Lynette dans Desperate Housewives ! -, simplement parce que je crois que c'est la première fois que je la vois dans un film. Malgré le peu d'apparition qu'elle fait dans le film, j'ai bien aimé son personnage, celui qui est passé à autre chose et qui aimerait que son ex-mari fasse de-même, j'ai trouvé qu'elle été le personnage le plus "normal", dans le sens où elle s'est faite aux évènements et elle tourne page. 
En revanche, très mauvais point pour Selena Gomez qui, jusqu'au bout m'a paru antipathique au possible. Tout d'abord, à cause de son rôle, Kate - elle était la petite amie de son fils décédé -. Bah oui, il n'y aurait aucun problème si elle ne revenait pas, ensuite parce que son interprétation est tout simplement sur-joué, elle essaie d'en faire des caisses dans les trois seules scènes où elle apparaît. J'ai trouvé ça trop, beaucoup trop même. Non pas que j'ai quelque chose contre elle, c'est seulement que je ne suis pas sûre qu'elle soit la meilleure personne pour ce rôle.



Au début tout s'enchaîne très vite, on aperçoit un étudiant Josh qui fait de la musique puis, son père, Sam l'appelle pour le retrouver. On sent directement qu'il y a un malaise avec le fils, quelque chose qui cloche. Et puis, un drame survient, une fusillade a eu lieu à l'université, le fils de Sam est mort.
Nous sommes propulsé deux ans après, Sam a complètement changé son train de vie, il est divorcé de sa femme, Emily, il vit dans son bateau et n'est plus cadre dans une entreprise. On comprend alors que tout a basculé depuis la mort de son fils. Emily a refaite sa vie avec un autre homme, eu un autre enfant. Elle vient voir Sam pour lui donner les affaires de musique de son fils, son ampli, sa guitare et ses chansons. C'est après de longs moments d'hésitations que Sam  se décide enfin à regarder, à découvrir puis à s'imprégner de ces chansons. Ces histoires écrites par son fils.

S'enchainent de belles rencontres, notamment avec Quentin sous le rythme de jolies mélodies. J'ai particulièrement adoré le film pour ses chansons que je trouve exceptionnelles - j'en écoute toujours quelques-unes d'ailleurs. Je ne saurai pas comment l'expliquer mais je trouve ces chansons belles, simples, emplis d'émotions.
J'ajoute en dessous celle que je préfère afin que vous puissiez vous faire une petite idée : 

Home interprété par Billy Crudup. 


L'histoire liée à l'univers musical est géniale, on est directement dans la peau de Sam. Le premier évènement est celui où Sam va interpréter Home justement, dans un bar tenu par William H. Macy qui n'est autre que le réalisateur du film (et également Frank dans Shameless U.S.) Quentin, présent dans le bar l'entend, il veut faire connaissance avec Sam. Petit à petit, malgré les réticences de Sam, commence une amitié pas commune entre un père de famille désillusionné et un jeune homme qui pourrait avoir l'âge de son fils décédé. L'alchimie est présente entre les deux personnages, ils font un excellent duo que ce soit cinématographiquement parlant que musicalement parlant. 
On se prend alors à avoir un petit sourire béat face aux évènements. On oublie rapidement que c'est un drame et, franchement, niveau tristesse, nous sommes servis. 
Après le premier vrai concert du groupe qui s'est formé petit à petit, toujours dans le même bar, mais avec une ambiance bien différente, le groupe cartonne complètement. Sam revoit celle qui était la petite amie de son fils, Kate qui est déjà apparu au début du film, lors de l'enterrement de Josh.  Les problèmes commencent, Kate menace alors Sam de révéler à tout le monde qu'il n'a pas écrit ces chansons, qu'elles appartiennent à son fils décédé. Sam ne sait plus quoi faire, surtout après que leur est proposé un concert qui pourrait radicalement changer leur carrière. 

C'est ici, ici que l'on comprend que ce ne sera désormais plus drôle, que les instants joyeux sont partis et qu'ils ne reviendront pas. La descente aux enfers de Sam recommence une nouvelle fois et, nous l'apprenons. Pourquoi est-ce si grave de chanter ces chansons en mémoire de son fils ? Je ne peux vous le dire, c'est trop gros, trop important, c'est dur et si triste. On voit une sorte d'envers du décor pour ces parents qui souffrent et qui pourtant, n'y sont pour rien. 

C'est ici, ici que l'on comprend que ce ne sera désormais plus drôle, que les instants joyeux sont partis et qu'ils ne reviendront pas. La descente aux enfers de Sam recommence une nouvelle fois et, nous l'apprenons. Pourquoi est-ce si grave de chanter ces chansons en mémoire de son fils ? Je ne peux vous le dire, c'est trop gros, trop important, c'est dur et si triste. On voit une sorte d'envers du décor pour ces parents qui souffrent et qui pourtant, n'y sont pour rien. 

Le film se termine sur une prestation de Sam, seul, toujours dans le même bar, une dernière chanson, afin de se dévoiler, de dire à la vérité à tous, de s'assumer. Cette scène est sans conteste la pire de tout le film, elle nous prend la gorge, vraiment, je me sentais mal à l'aise, je ne comprenais pas, pourquoi se regardait-il tous en sachant que c'était génial, mais en ne le montrant pas ? J'ai été choquée de voir que c'était la fin après cette scène, je ne m'y attendais pas et j'avoue que cela m'a laissé un goût d'amertume. 

Et puis je l'ai regardé de nouveau quelques semaines plus tard et ce fut pire, je savais. Tout. À chaque scène qui m'amusait, je me disais que ça n'allait pas durer, le film n'a pas changé, ça n'a pas duré. Et j'ai de nouveau vu cette scène finale, qui m'a une nouvelle fois émue, révolté un peu aussi.








jeudi 11 juin 2015

Le Coin des Libraires - #16 Shutter Island de Dennis Lehane

Eh oui, je sais, je ne fais pas dans l'originalité avec ce nouvel article. Néanmoins, je tenais à vous en parler, car, on ne peut pas passer à côté de ce roman. 
À vrai dire, désormais, je comprends l'engouement qu'il y a eu autour de ce livre et ensuite du film - que j'ai vu bien avant de lire le livre et qui est également très bon -. Parfois, certains livres deviennent on ne sait comment, des best-sellers adaptés au cinéma et alors, là, on se demande pourquoi ? Pourquoi lui plus qu'un autre ? 

Bref, je disais donc que j'ai fini par lire ce chef-d'oeuvre de la littérature policière, véritable thriller psychologique comme on les aime. Ce n'est que tout récemment que je m'y suis mise d'ailleurs. Je l'avais chez moi depuis très longtemps, je n'avais jamais eu spécialement envie de le lire, je m'étais dit "si un jour tu n'as plus de lectures, tu lis Shutter Island", - autant dire que je ne l'aurais jamais lue -. Et puis, l'ironie du sort sans doute, impossible de remettre la main dessus.

J'ai fini par le racheter dans une édition que j'aime d'amour, l'édition limitée de Rivages/Noir, célèbre maison d'édition pour tout ce qui est romans policiers/romans noirs. Avais-je l'intention de le lire rapidement ? Aucune idée, mais au moins, je savais que si un jour j'en avais l'envie, ce serait possible. Et puis, après avoir lu Karoo de Steve Tesich, je me suis attelée à la lecture de Shutter Island. 

"Elle m'a dit un jour que le temps n'était pour moi qu'une série de marque-pages dont je me sers pour parcourir les textes de ma vie, revenant inlassablement aux évènements qui ont fait de moi, aux yeux de mes collègues les plus perspicaces, un homme manifestant tous les symptômes du parfait mélancolique."
Dennis Lehane, Shutter Island

L'histoire commence avec le personnage de Chuck - Charles -, celui-ci explique son besoin de raconter ce qui s'est passé sur l'île, afin d'en avoir une trace. Une fois passé les trente premières pages, on ne peut simplement plus s'arrêter. Au début, c'est vrai je tournais les pages en attendant, en espérant que ça commence, que je sois entrainée dans ce tourbillon infernal dans lequel l'auteur, Dennis Lehane, m'a mené lors de ma lecture de Prières pour la pluie. 

Je n'ai pas été déçue, une fois bien rentrée dedans, les longues descriptions de l'île et de ses locaux terminés, on ne peut qu'apprécier l'histoire totalement sensationnelle que nous livre l'auteur. C'est du grand génie, les personnages sont bons, Chuck & Teddy formant une excellente équipe, plusieurs fois je me suis surprise à sourire devant ces deux protagonistes si complices. 
L'auteur parvient à nous faire entrer sur l'île, en tant que voyeur. Nous suivons Teddy dans ses péripéties sur l'île qu'est Shutter Island, on subit son cauchemar, celui d'être pris pour un fou, car d'après le syllogisme, "Les fous nient leur folie, or Bob nie sa folie, donc, Bob est fou". Il s'agissait de ça dans ce roman, de la folie, beaucoup. 

Chuck & Teddy sont Marshals fédéraux, une femme, une patiente qui se serait enfuie. Dès leur arrivée sur l'île, on comprend, déjà que quelque chose cloche  avec le personnel, chose qui n'échappera pas aux deux personnages qui semblent se correspondre et se comprendre. Commence alors de véritables recherches autour de la disparition de cette jeune femme qui aurait disparu sans laisser de trace, et surtout, sans avoir même ouverte la porte de sa cellule. Les lieux deviennent alors synonymes de danger, que se passe-t-il sur cette île ? Mieux, que se passe-t-il dans le phare de l'île ? 




"Il détestait qu'elle s'engage dans cette voie. Rue des Souvenirs. Comme elle était incapable de s'adapter au présent, à ce qu'ils étaient devenus aujourd'hui - avec tous les défauts -, elle emprunte les chemins sinueux de la mémoire pour retrouver un passé susceptible de lui réchauffer le coeur."
Dennis Lehane, Shutter Island


Cette lecture s'enchaîne si vite, mais les questions, demeurent jusqu'au bout. Qui est fou ? Qui est vraiment un agent ? Ce récit qui nous est livré est-il réellement factice, notre personnage a-t-il tort ? C'est autant de questions qui tourment le lecteur, jusqu'à la fin du roman. Bien entendu, pour ceux qui ont vu le film, la chute nous ait connues, pourtant, pas une fois j'ai eu envie de m'arrêter de le lire sous prétexte que je connaissais la suite. Dennis Lehane parvient à nous accrocher, nous divertir devant cette vision de la folie, des fantômes du passé, qui hantent, encore et tout. 
L'esprit de déduction du lecture est très sollicité, on assiste à des séries de codes que Teddy saura déchiffrer et qui finiront par le mener vers la vérité. Vérité qu'il ne semble pas vouloir accepter, qui la fait tomber dans une folie sombre depuis deux longues années passées sur l'île de Shutter Island. 

Dennis Lehane m'a tout simplement époustouflé dans sa capacité à nous dépeindre la folie, à nous rendre fous nous aussi d'une certaine façon. Définitivement, c'est un auteur qui me passionne pour sa facilité à nous faire ressentir des émotions si pures et fortes. 

"Sentant la vie s'écouler hors d'elle, il l'attira à lui, et elle s'affaissa contre sa poitrine. Alors, il la serra de toutes ses forces entre ses bras, le visage pressé contre la robe fanée, pleurant son amour perdu à tout jamais."

Dennis Lehane, Shutter Island


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lundi 8 juin 2015

L'avenue du Cinéma - #16 Kingsman services secrets de Matthew Vaughn

Film assez attendu - du moins pour ma part, Kingsman services secrets fait partie de ces films qu'il faut voir en ce début d'année 2015, surtout quand l'on sait qu'il est réalisé par Matthew Vaughn, qui n'est autre que le réalisateur de Kick-Ass, ou encore des deux derniers X-Men sortis. 

Tout commence avec des flashbacks, on aperçoit alors Harry Art alias Galahaad (interprété par Colin Firth), ainsi que son partenaire qui lui sauve la vie en donnant la sienne. S'enchaînent ensuite d'autres scènes où nous assistons à la première rencontre entre Harry et Eggsy qui n'est encore qu'un bambin. 
Nous sommes ramenés à la réalité, quelques années ont passé, nous retrouvons Eggsy (interprété par   Taron Egerton) qui est désormais un jeune adulte. D'une scène à l'autre, tout a changé, l'environnement autour d'Eggsy est différent des flashbacks. Sa maison, sa mère qui semblait former un cocon protégé a volé en éclat, sa mère a l'allure d'une femme facile et un homme profite d'elle comme bon lui semble, il règne un environnement dicté par les plus forts. 
Et nous assistons à la mort d'un des agents Kingsman, agent secret lié à une société elle-même totalement inconnue. 

On assiste par échelons à l'ascension de Eggsy qui passe d'un voyou surdoué à un homme battant et réfléchie - peut-être pas toujours, c'est vrai. Pour essayer de devenir le prochain Lancelot, le nouvel espion de Kingsman, Eggsy sera en compétition avec d'autres, oui, sinon ce n'est pas marrant. Les autres candidats ne m'ont pas spécialement interpellé plus que cela bien qu'ils apparaissent à répétition dans le film. 
La seule évidemment à sortir du lot en plus d'Eggsy est Roxy (interprétée par Sophie Cookson), elle est celle qui ira jusqu'en finale avec Eggsy, celle qui sera peut-être le nouveau Lancelot. Son personnage est plutôt bon, ce n'est pas du tout centrée sur elle, tout est vraiment concentrée sur Eggsy et Kingsman ce qui est génial. C'est une chose que j'ai vraiment appréciée dans ce film, ne pas avoir d'éternelles scènes amoureuses entre le protagoniste et sa belle. 


Avec Kingsman, on retrouve l'idée de faire du neuf avec du vieux. Eh oui, pour ceux qui ne le savaient pas encore, Kingsman est largement inspiré de tous ces super espions anglais/américains dont le leader reste évidemment James Bond. Mais, contrairement aux autres films d'espionnages il ne s'agit pas de faire quelque chose de sérieux, non, il s'agit plus de tout tourner en dérision, de se moquer gentiment de tous ces espions. On le voit notamment dans la scène où Eggsy est interrogé sur le nom de son chien prénommé JB, un petit bouledogue français tout mignon.

Certaines scènes sont juste éblouissantes et étourdissantes, je pense à la scène dans l'église celle du carnage de Harry, excellemment chorégraphié et filmé, nous sommes dedans, jusqu'à la fin, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus personne à vaincre. Le film est si bien tourné qu'on ne peut qu'être pris dans l'histoire jusqu'au dénouement final où tout apparaît de façon cyclique, eh oui, la boucle est bouclée. 

Il faut le dire, dans un film ce qui est primordial en plus d'un bon scénario et d'une bonne réalisation, c'est les acteurs. On retrouve dans Kingsman un excellent casting rempli de quelques acteurs qui ont depuis bien longtemps fait leur preuve et quelques petits nouveaux. 
Taron Egerton est celui qui m'a le plus époustouflé, son jeu est bon, il est tout simplement vrai. Eggsy est le jeune anglais désillusionné par excellence, à l'image bien évidemment de Jack O'Connell, - acteur révélé dans la série anglaise Skins et plus récemment dans Invincible réalisé par Angelina Jolie. Au fur et à mesure du film il se révèle véritablement au côté de son ami Harry. Il faut dire que ces deux-là forment un sacré duo ! 
Colin Firth fait partie de ces personnes très attachantes du début à la fin. Son personnage, Harry fait tout dans le but de protéger Eggsy, il est le mentor, le symbole parfait de ce qu'est Kingsman, un agent secret compétant doublé d'un gentleman, ce que doit devenir Eggsy durant son entraînement. On croit très facilement en son personnage bien que ce ne soit pas le genre de rôle que joue généralement Colin Firth, seulement, on ne peut qu'y croire. Il est d'une crédibilité sans nom et son caractère, son flegme si caractéristique des Anglais, ne fait que renforcer ce sentiment de réalité, oui Colin Firth est bon en super espion ! 
Que dire du personnage de Samuel L. Jacskon excepté que c'est un mégalomane ? Non sérieusement c'était assez étrange de retrouver cet acteur dans ce rôle. Surtout, je pense parce que j'ai regardé The Avengers quelques jours seulement avant de voir Kingsman pour la première fois. On le retrouve sous les traits de Richmond Valentine, le grand méchant du film, aussi amusant que répugnant avec son zozotement merveilleusement bien contrôlé. Une fois encore, Samuel L. Jackson montre avec cette interprétation qu'il fait partie de ces excellents acteurs qui peuvent jouer une multiplicité de rôles différents et être à la hauteur. Son personnage me fait rire avec ses casquettes assorties à ses costumes ainsi que l'ironie : combien de méchant ne supporte pas la vue du sang ? 


Kingsman services secrets est une sorte de melting pots, on retrouve une comédie légère à l'image de Bridget Jones (il me fallait faire un clin d'oeil à Colin Firth), mêlé aux codes des films d'espionnages mais également aux films d'actions tout simplement.
On retrouve des acteurs très bons qui portent le film vers quelque chose de plus grand, plus génial encore. J'ai adoré lors de mon premier visionnage et après l'avoir revu une deuxième fois, mon avis ne fait que se confirmer, Kingsman services secrets est un film à voir mais également à revoir. 
Je croise d'ailleurs les doigts pour qu'un deuxième volet fasse son apparition ce qui arrivera sûrement, il ne reste plus qu'à attendre que la FOX qui possède les droits l'annoncent publiquement. Il faut quand même rappeler que le film a fait plus de quatre cents millards de recette et plus d'un million cinq cents mille entrées en France.








jeudi 14 mai 2015

L'avenue du Cinéma - #15 Hector et la recherche du bonheur de Peter Chelsom

Récemment, en cherchant encore et toujours un bon film à regarder, je suis tombée sur Hector et la recherche du bonheur de Peter Chelsom. L'histoire n'avait pas l'air mal, et puis le personnage d'Hector est incarné par Simon Pegg, acteur qui me fait mourir de rire, surtout avec son acolyte Nick Frost, qui n'apparaît pas une fois dans le film. Autre surprise, le rôle féminin est joué par Rosamund Pike, actrice qui encore une fois m'a semblé plutôt crédible - pour ceux qui ne situeraient pas, elle joue Amy dans Gone Girl -.

Hector est psychiatre à Londres, sa vie est bien rangée. Sa femme, Clara travaille dans un laboratoire pharmaceutique, elle trouve notamment les noms des médicaments, tous les matins la même routine, elle fait tout. Jusqu'ici tout va bien. Rapidement, Hector va étouffer, comprendre qu'il ne sait pas lui-même ce qu'est le bonheur, alors en plus, comment rendre ses patients heureux ? 
Il prend finalement la décision de partir, de prendre des vacances et voyager, seul. S'ensuivent des péripéties à travers le monde, d'abord en Chine, puis en Afrique et enfin à Los Angeles où Hector a besoin de régler certaines choses.

"Alors voilà, il allait faire un voyage autour du monde, et partout il essaierait de comprendre ce qui rendait les gens heureux ou malheureux.Il se disait que comme ça, s'il y avait un secret du bonheur, il finirait bien par le découvrir."

J'ai littéralement adoré les voyages d'Hector, cette découverte du monde, des traditions et coutumes. Cette réalité face à des évènements comme on le voit en Afrique quand Hector vient en aide à son ami Michael médecin humanitaire. 
Ce film m'a un peu rappelé ma lecture du roman L'homme qui voulait être heureux de Laurent Gounelle, les vacances, la recherche du bonheur. Le scénario m'a plu, l'idée que Hector soit un psychiatre et que ces recherches soient dans le cadre de son travail permet de donner plus de matière au personnage, car, après tout, c'est vrai, comment rendre quelqu'un heureux si soit même on ne sait ce qu'être heureux signifie ?

Affiche Hector et la recherche du bonheur.

C'est à travers 23 leçons qu'Hector va trouver le bonheur, cela va de la leçon "le bonheur c'est d'être avec des gens qu'on aime" en passant par "c'est d'être aimé pour ce que l'on est" ou encore "c'est de se sentir complètement vivant". Ce film apparaît comme quelque chose de léger, qui nous donne certaines étapes afin d'accéder à un éventuel bonheur, un épanouissement de l'être.
Bien évidemment les choses paraissent quand même relativement simples, Hector arrive en Chine et, ironie du sort, il rencontre un trader qui le prendra sous son aile au début. On est confronté à beaucoup de sentiments forts, la scène où Hector vient en aide à une passagère de l'avion atteinte d'une tumeur au cerveau est très marquante même violente émotionnellement.

Hector et la recherche du bonheur est un film léger, qui ne se prend pas la tête. Il faut le voir comme on voit ces comédies où on sait qu'on va passer un bon moment sans que ce soit le meilleur film de notre vie. C'est en tout cas comme ça que je le vois, oui je le regarderai encore je pense. Pour plusieurs raisons, je dirais que ce film mériterait à être plus connu, ce qui n'est pas vraiment le cas. 
Je ne sais pas encore si je lirai le roman un jour, car oui, comme pour beaucoup de films maintenant,  ce film aussi est issu d'une adaptation littéraire nommée Le voyage d'Hector ou la recherche du bonheur de François Lelord. J'ai trouvé très bonne l'idée du carnet pour écrire, dessiner son voyage et sa quête du bonheur. Pareil pour les scènes où les dessins représentent l'histoire du héros, notamment  la scène où Hector prend l'avion pour se rendre en Afrique. En clair, ce film, il fait partie de ceux qu'on a envie de voir pour se rapprocher encore un peu du bonheur, du moins de ce que l'on pense que c'est.


"Et les émotions, c'est comme les couleurs, c'est difficile à expliquer."




lundi 27 avril 2015

Le Coin des Libraires - #15 J'ai envie de toi de Federico Moccia

Roman que je possédais depuis pas mal de temps déjà. Je n'avais jamais eu vraiment le courage de m'y mettre, c'est tout récemment que j'ai commencé cette romance un peu jeunesse qu'est le roman J'ai envie de toi de Federico Moccia

Tout commence dans un avion, on commence à suivre Stefano "Step pour les intimes", qui rentre à Rome où il revient après deux ans d'absence. Ce qu'il a fait pendant deux ans ? Parti à New-York suivre des cours. On suit donc son retour "parmi les siens" puisque où qu'il aille, tout le monde semble le connaître ou au moins avoir entendu parler de lui. J'avoue que cette facette du livre m'a un peu dérangé, Step est vraiment décrit comme LE gars, alors qu'au fond, c'est juste un homme qui sait se battre. Outre passée cela, j'ai beaucoup aimé les pensées parfois sarcastiques de Step, notamment avec son grand frère, Paolo chez qui il va vivre. 

J'ai été longue à me plonger dans l'histoire, à réussir à rentrer pleinement dedans. C'est vraiment à l'arrivée de Gin puis de leur histoire que j'ai fini par le dévorer en quatre petits jours. Je pense que c'est également le temps que je me fasse au style de l'auteur, et également à son personnage qui de prime abord m'a paru très antipathique à toujours se plaindre de son amour passé, tout en courant à droite, à gauche. 

"Il n'y a jamais de pourquoi à un souvenir. Il arrive comme ça, à l'improviste, sans demander la permission. Et tu ne sais jamais quand il repartira. La seule chose dont tu peux être sûr, c'est que de toute façon il reviendra. Mais d'habitude ça ne dure qu'un instant. Et maintenant, je sais comment m'y prendre. Il suffit de ne pas trop s'y attarder. Dès que le souvenir se pointe, il faut s'en éloigner très vite, le faire tout de suite, sans regrets sans concessions, sans chercher une image précise, sans jouer avec le feu. Sans se faire mal. Voilà, ça va mieux... C'est passé."
Federico Moccia, J'ai envie de toi.

Le roman est découpé de façon à ce qu'on suive plusieurs personnages, plusieurs, alternativement. Ce qui de prime abord aurait vraiment pu me déranger c'est avéré efficace par moments, bien que malheureusement, les histoires ne sont pas toutes aussi abouties et intéressantes. - Je pense notamment aux passages de la petite soeur de Babi, Daniella qui tombe enceinte d'on ne sait qui. Ce sont vraiment des chapitres qui ne m'ont pas plu outre mesure. 
Heureusement, l'histoire entre Step et Ginevra "Gin pour les intimes", relève le tout. 


Leur histoire commence dans une station essence, Gin a tenté de voler vingt euros à Step. Celui-ci s'en étant rendu compte, il décide de la forcer à aller diner avec lui et ses amis, ce qui semble être une torture pour la jeune femme. Vont alors s'enchaîner des péripéties entre les deux jeunes gens, ils vont s'aimer. D'une façon assez étrange, presque bizarre. Ils s'attachent l'un à l'autre au point que Step parvient à oublier Babi, la raison de son départ pour les États-Unis, son amour passé. 


Federico Moccia, J'ai envie de toi.

Bien évidemment, nous aurons le droit à ses retrouvailles avec Babi qui ne vont pas se passer aussi bien qu'il le faudrait. Babi est pour moi un personnage antipathique, arriviste qui ne pense qu'à sa personne. D'ailleurs, leurs retrouvailles le prouvent très bien. En revanche, la relation Step/Gin m'a vraiment plu, elle apparaît comme authentique, passionnée, folle. Pourtant, au moment où Step commence à lire le journal intime de Gin, qu'elle a en réalité tout fait pour être avec lui, je ne sais pas, j'ai eu une pointe déception. Je n'ai définitivement pas compris pourquoi l'auteur a décrit les sentiments de la jeune femme durant tout le roman comme si elle ne le connaissait vraiment pas, pourquoi mentir, faire de ces réflexions personnelles des éléments factices. Pour le coup, même après la fin de ma lecture, je ne saisis toujours pas bien. 

Il y a une chose que j'ai vraiment aimé, c'est l'aspect géographique. L'auteur nomme toutes les rues par lesquelles passent Step, chaque place de Rome ainsi que quelques restaurants ou encore magasins. Cet aspect descriptif m'a vraiment plu. Le fait que j'aime beaucoup l'Italie que ce soit la langue ou encore les traditions - bon la nourriture aussi -, doit également beaucoup jouer. C'est un pays qui m'a toujours beaucoup attirée et que j'ai même eu la chance de visiter. Ce côté très pointilleux de la description est vraiment une des choses qui m'a le plus attiré, l'auteur mêlant la culture italienne à la culture américaine, les personnages citent beaucoup de films/réalisateurs américains ou italiens, mais également la musique. La culture a une place très importante dans l'oeuvre avec beaucoup de musiques ou d'auteurs - Dante en particulier, auteur incontournable de la littérature italienne. 


"Et encore...encore toi. Nous ne devions plus nous voir... Je sens toute ma douleur. Celle que je ne sais pas, que je n'ai pas vécue, celle qui désormais me manque. Pour toujours. Mais combien de bras t'ont serrée, pour que tu deviennes ce que tu es ? Tu as raison. C'est vrai. Peu importe. De toute façon, elle ne me le dira pas, malheureusement. Alors je reste silencieux. Je la regarde, mais je ne la trouve pas. Alors je vais chercher ce film en noir et blanc qui a duré deux ans. Toute une vie. Ces nuits passées sur le canapé. Loin. Sans réussir à m'en faire une raison. En me griffant les joues, en demandant de l'aide aux étoiles. Dehors, sur le balcon, en fumant une cigarette, puis en suivant la fumée jusqu'au ciel, en haut, encore plus haut, au-delà... Là-bas, juste là où nous avions été."
Federico Moccia, J'ai envie de toi.

Malheureusement, j'ai été déçue par la fin, je déteste ce genre de fin où tu ne sais pas exactement quelle est la terminaison des choses. Ce que deviendront ces personnages que tu suis depuis plus de 550 pages. Chaque fois que je fais face à ce genre de fin, je me retrouve déçue de ne pas savoir vraiment ce qu'ils deviendront et je me demande pourquoi, pourquoi j'ai lu ce livre si ce n'est pour avoir une fin comme il se doit ? Alors oui, j'aurais vraiment voulu une suite aux aventures de Step et Gin, bien qu'il n'y en aura jamais. 

En définitive je dirais que c'est quand même un livre que j'ai aimé malgré ses nombreux défauts, que je relirai sûrement si je me décide à lire son prédécesseur Trois mètres au-dessus du ciel


Pour l'acheter : librairie Chapitre




samedi 11 avril 2015

L'Avenue du Cinéma - #14 Le Loup de Wall Street de Martin Scorsese

Question du jour : quelqu'un peut-il se racheter ?

Je m'y suis prise un peu tard pour regarder ce film parce qu'il ne me disait rien du tout. J'ai regardé la bande annonce plusieurs fois pourtant mais je trouvais qu'il y avait trop de strass, de sexe etc. Mais finalement pourquoi pas, après tout ça n'est que 2h59 dans une vie ! Et le fait de savoir que c'est un biopic à aussi pesé dans la balance. Franchement, c'est un bon film, du moins je le considère comme tel, je ne me suis pas ennuyé un seul instant.


La vie de Jordan Belfort (incarné par Leonardo DiCaprio) est très palpitante, pour le coup il s'en est passé des choses dans sa vie. Il a brièvement travaillé à Wall Street avant d'ouvrir sa propre boîte de courtage financier avec ses meilleurs amis, la Stratton Oakmont Inc. Cette société est une spéculation artificielle, c'est-à-dire qu'ils ont fait croire à leurs clients qu'il fallait investir vite et beaucoup dans des "opportunités" totalement bidons. Jordan Belfort et ses amis ont pu profiter de l'argent de leurs clients jusqu'à ce que le F.B.I. arrête Jordan Belfort qui a effectué 22 mois dans une prison fédérale après avoir coopéré. Maintenant Jordan Belfort est connu pour ses livres dont le premier qui a fait office d'une adaptation au cinéma.



Le Loup de Wall Street est donc inspiré de cet homme, et c'est vrai qu'un film de trois heures pour un homme comme lui, ce n'est pas de trop. Même si de base sa vie m'a paru inintéressante au possible Leonardo DiCaprio à évidemment su relever la barre avec son jeu absolument magnifique. On commence à suivre un mec banal, il a une copine, veut travailler à Wall Street, bref rien de palpitant quoi. Oui sauf qu'en fait tout commence à déraper à l'arrivée de Matthew McConaughey. C'est un acteur que je n'aime pas particulièrement mais il était crédible dans le rôle de l'homme qui te retourne le cerveau. Je me suis posé la question de pourquoi on le voyait seulement au début du film. De la façon dont j'ai compris les choses, c'était lui qui changeait sa vision du métier de courtier. À part aller demander pourquoi à Martin Scorsese je ne saurais jamais !
Je voudrais parler d'un autre point mais je n'arrive toujours pas à décider si c'est positif ou non. Il y a dans le film de nombreuses scènes de sexe, de drogue ou même un rapport à l'argent plus que discutable. Je pense par exemple à la scène où la fille accepte de se faire raser les cheveux pour 10 000 dollars. Pour ma part j'ai trouvé cette scène presque choquante, on voit cette femme chauve en transe à cause de tout cet argent. Tout dans ce film est excessif, on ne compte pas et surtout la règle de base, il faut toujours demander plus d'argent ! Mais ces scènes sont également très bien tournées et le film serait très différent sans elles puisqu'elles nous retracent le contexte dans lequel vivait Jordan Belfort.

Enfin, ce film est bien beau mais justement il est là le problème, la fin semble trop belle. Et vous n'avez quand même pas oublié qu'il a escroqué pour plus de 200 millions de dollars. Après tout ça peut-il vraiment changer ? Même mieux, a-t-il vraiment changé ? Je me suis justement renseigné à ce sujet est la réponse est non ! Jordan Belfort est forcé d'encore restituer 100 millions de dollars aux victimes, accord que Jordan Belfort n'aurait pas respecté d'après les procureurs généraux. Je conclurai donc en mettant la bonne note de 4/5 à ce film.

"Personne ne raccroche le téléphone avant que le client n’achète ou ne meure !"
Pour plus d'informations sur le film : Allociné
Si vous souhaitez acheter le livre c'est ICI



Et vous, pensez vous que quelqu'un peut se racheter ? N'hésitez pas à me faire part de vos impressions. Merci de continuer à suivre mon blog !













samedi 21 mars 2015

Le Coin des Libraires - # 14 Seuls de Laurent Mauvignier

Un roman prêté par ce qui fut un ami, commencé un peu au hasard. Ce livre, je n'en ai lu aucun autre comme celui-ci. Seuls, c'est un genre à part entière, une longue mise à nu de la part des protagonistes. Une oeuvre qui se lit d'une traite presque, sans aucun dialogue à proprement parler, tout est dans la description, l'explication de vies qui s'entremêlent et se lient, presque malgré elles.

Alors il s'empêchait de repenser à ça, puisqu'il ne savait pas ce qui était le plus douloureux de la jalousie qu'on éprouve ou de celle qu'on cache, de ce qu'on ressent ou de ce qu'on maquille. C'est fini, fini. Il se rassurait comme ça, se disant que tout était derrière lui, qu'il n'avait pas assez de larmes pour revivre tout ce qui en avait réclamé tant.

Laurent Mauvignier, Seuls.

Tout commence quand Pauline revient dans la vie de Tony, pour lui, la peur des retrouvailles est énorme face à son amie d'enfance qui est désormais une femme et que Tony n'a cessé d'aimer depuis leur rencontre. Petit à petit, l'auteur nous enfonce dans un silence sans nom, grâce au fait qu'il n'y ait pas de dialogues, silence qui représente la solitude de Tony, personnage au coeur de l'oeuvre. Ils se retrouvent, comme avant, comme des frères et soeurs. Malgré tout, l'exil de Tony est toujours présente, elle reviendra dans une deuxième partie qui s'ouvre au moment où Pauline déménage pour retrouver Guillaume. 


Contre toute attente, Tony est brisé, il disparaît après une visite rendue à son père où il lui apprend tout, son histoire avec Pauline, ses sentiments pour celle-ci. Le père, narrateur, décide de trouver Pauline, afin de comprendre pourquoi son fils est parti. Tout s'enchaîne, irrémédiablement, jusqu'au coup final, qui clôt cette tragédie. C'est un peu comme ces tragédies grecques, on connaît l'issue, on est impuissant face aux évènements qui se déroulent sous nos yeux. On suit péniblement ce désespoir qui ne cesse de s'accroître au fil des pages, l'appartement de Tony qui, au début est une sorte de sanctuaire à l'effigie de Pauline, de l'amour même. De ce besoin d'être aimé mais également de ne pas vouloir l'être, cette répulsion que ressentent les êtres, parfois, face à l'autre. Ce même appartement qui quelques pages plus loin n'est plus que l'ombre de son résident. Un lieu sombre, caché de toute lumière, qui pue le tabac froid et le renfermé ainsi qu'un clic-clac désormais toujours déplié.





"Elle a parlé de la solitude, de sa solitude en lui me disant, nous savons tous ce que c'est, la solitude. Et moi j'aurais voulu la gifler, là, quand j'ai entendu cette fille au visage trop doux, en pensant à Tony, ses mots qui résonnaient dans ma tête, comment peut-elle croire qu'elle sait, sans doute elle a lu dans les livres et même parfois elle a eu peur aussi d'être seule, un peu, de temps en temps et même si c'était injuste, parce que ça l'était, j'aurais voulu me lever et la gifler et lui dire non, vous ne savez pas ou alors ce que vous savez de ce qu'on éprouve, ça vous empêche d'y tomber."
Laurent Mauvigner, Seuls.


Ce qui est au coeur de ce roman, c'est la fragilité des êtres, le désir qui mène à la folie. J'ai cependant eu un peu de mal parfois, à suivre les changements de narrateur, je me retrouvais deux pages plus loin à me dire "Ah oui, c'est ce personnage-là, ah bon d'accord",  j'avoue que j'aurais aimé plus d'indications pour que ma lecture soit un peu plus fluide. Il faut être concentré pour le lire, car, bien qu'il soit petit, l'auteur fait énormément de phrases très - très - longues, par moments, je devais m'y reprendre à deux fois pour certains passages.

Excepté ce petit défaut, j'ai été entraînée par ce roman, célébration de la solitude, de la peur et de l'errance. Ce livre, c'est la passion qui se mêle à la répulsion de l'autre, de soi. Il nous parle, nous raconte une seule et même histoire contée par plusieurs narrateurs. Parfois on perd le fil, mais c'est pour mieux retrouver ces phrases magnifiques, lyriques et si puissantes, qu'on ne peut passer à côté de cette histoire.

"Alors, c'était avant ce jour où il a franchi la porte, où il est venu parler et où à la fin il s'est effondré pour dire que la vérité c'était le réel sans lui, qu'il n'était que des yeux et son corps une éponge faite pour absorber les surplus qu'il voyait dans la vie, son corps, lourd de ce silence où les autres l'abandonnaient, croyait-il, ignorants qu'ils étaient de ce qu'ils lui laissaient à charge."
Laurent Mauvignier, Seuls.


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lundi 9 mars 2015

L'avenue du Cinéma - # 13 Cinquante Nuances de Grey de Sam Taylor-Wood

Après avoir lu la saga Cinquante Nuances de E.L. James durant ma terminale, j'attendais impatiemment de voir ce que pourrait donner l'adaptation. La question ne se posait pas, je voulais voir ce que le cinéma pouvait faire de cette histoire complexe que représente l'intrigue des livres. 
Autant le préciser maintenant, je suis contre tous les détracteurs qui se permettent de juger une oeuvre sans l'avoir lu/vu/écouté, pour moi, ces personnes ne possèdent aucune forme d'unicité quelle quel soit et suivent le mouvement des masses qui dit maintenant "Ouais Cinquante Nuances de Grey, pfff, c'est vraiment trop nul", parlons en quand on voit que la moitié de ces personnes étaient fascinées par cette histoire à sa sortie et l'autre moitié n'en a jamais entendu parler excepté dans un ou deux articles ici et là. 
Alors oui, félicitations à toutes ces personnes qui ne sont pas capables de se façonner leur propre avis, à ceux qui veulent entrer dans une tendance quitte à ne pas être fidèle à eux-mêmes.

Pour rapidement parler des romans, j'ai vraiment adoré le premier tome, que j'ai lu à une vitesse déconcertante - bon, pour tout avouer je les ai dévoré tous les trois. Avec du recul, je me rends compte que ma lecture n'était peut-être pas si bonne que ça, d'ailleurs, je me revois me dire à la fin que je m'attendais à mieux. L'histoire est intéressante, la trame pas hyper compliquée, je ne sais pas, c'est le genre de bouquin qu'on emmène l'été pour lire au soleil, sans se prendre la tête. Car oui, la saga Cinquante Nuances n'est pas de la grande littérature, les tournures de phrases sont parfois - souvent ? - maladroites, cependant, c'est le genre d'histoire où il suffit de se laisser porter par le vent, par les pages qui défilent sous nos yeux. D'ailleurs, ce sentiment fût le même lorsque les lumières de la salle de cinéma s'éteignirent, que les premières notes de la reprise I Put A Spell On You, interprétée par la chanteuse Annie Lennox se firent entendre. 

Le film, c'est un exact copier-coller du roman. On suit tout d'abord Anastasia Steele, étudiante en lettres anglaises à l'université. Je vous passe tous les détails de l'intrigue, qui doit être connue par certains d'entre vous. Comme je m'y attendais, je n'ai pas été transportée par l'histoire, je la connaissais déjà, donc aucun suspense à ce niveau-là. J'ai été le voir une semaine après sa sortie, autant dire que j'ai pu lire toutes les critiques autour du film, qui parfois au lieu d'être constructive ne sont qu'un ramassis de bêtises afin de se mesurer les uns, les autres. J'ai voulu me faire mon propre avis, ne pas avoir d'attente. Oui, j'allais peut-être m'ennuyer pendant deux heures dans une salle obscure avec pour seule occupation un film foireux, et alors ? Ce ne fût pas le cas, je mesurerais ce film à une comédie légère, à l'image de son support original. Il n'y a rien de compliquer, rien de bien méchant ou qui nous permette de nous questionner sur un sujet précis. Non, ce film se regarde comme un romance, romance américaine bien évidemment. 

Affiche Cinquante Nuances de Grey.

Pour ce qui est des acteurs, j'avais suivi de près le casting, histoire de ne pas me retrouver complètement désemparée devant les incarnations des personnages principaux tels qu'Ana ou encore Christian. On dira ce qu'on en veut, l'interprétation de Jamie Dornan n'est pas si mauvaise, il faut dire que ça ne doit pas être facile d'être l'égérie de Christian Grey, décrit avec une fascination presque déconcertante dans les romans. Personnellement, je trouve que son jeu est crédible, à l'image du personnage tourmenté et pervers qu'est Christian. Certaines scènes sont beaucoup plus réussies que d'autres, je dirais que Jamie Dornan n'est pas un acteur exceptionnel quand il s'agit de jouer l'image d'un homme à la limite du sadisme. 
Vient ensuite le personnage d'Anastasia Steele, incarné par Dakota Johnson qui m'a laissé un peu dubitative. Durant certaines scènes, elle me paraissait crédible, vraie et à d'autres... pas du tout. Son rôle n'est pas aussi simple qu'on peut le penser, - non elle ne joue pas juste une femme naïve - elle doit transmettre toutes ses émotions à l'écran, émotions qui sont décrites dans le roman. Ce qui aurait pu devenir une performance extraordinaire devient moyenne, notamment à cause de toutes ces scènes où ses expressions de visage paraissent forcées, déformées, on dirait qu'elle est désemparée, qu'elle n'arrivait pas à bien retranscrire ses émotions. Ce qui pourrait être pris comme une forme de renfermement devient parfois trop lourds à l'écran. À l'instar de ça, je l'ai trouvé bonne dans les scènes d'humour, surtout celle dans le bar, où, bourrée, elle appelle Christian, cette scène est une des rares qui m'aient vraiment faite rire. 

Pour ce qui est des autres personnages, il faudrait m'expliquer l'utilité de certaines scènes, non parce qu'on voit de nouveaux personnages par-ci par-là, personnages qu'on ne revoit plus, comme Mia Grey qui apparaît deux secondes à l'écran sous les traits de la chanteuse Rita Ora - oui oui, elle joue bien dedans ! -. Il en est de même pour les parents des protagonistes, on voit en coup de vent la mère de Christian, Grace congédiée aussi rapidement qu'elle est arrivée. Celle qui m'a le plus dérangé dans ces personnages secondaires, est Kate Kavanagh (incarnée par Eloise Mumford), déjà que je n'aimais pas particulièrement son personnage dans les livres, mais alors là, je pense qu'il est difficile de faire plus insipide, à quoi sert son personnage déjà ? Je ne saurais le dire à tel point elle est transparente, mais bon, après tout, il fallait bien caser le petit frère de Christian, Elliot (Luke Grimes).

Ensuite, j'ai eu un gros problème avec les scènes de sexes, si on peut appeler ça de cette façon. Pour moi, il n'y avait aucune électricité, tension entre les deux personnages, excepté à certains moments où l'étincelle commençait à s'enflammer, court instant parmi des scènes Dieu merci assez courtes. L'équipe technique ne pouvait y couper s'ils voulaient être fidèles aux romans. Ces scènes sont distillées ici et là en un total d'une vingtaine de minutes, temps assez court sachant que le film dure un tout petit peu plus de deux heures. À l'écran, elles me sont apparues grossières, brouillons où le seul intérêt était visiblement la poitrine de Dakota Johnson qui est sans doute dévoilée sous tous les angles.

Bien que le sexe fasse partie intégrante de l'oeuvre, l'intrigue ne se résume pas à cela, c'est tout d'abord la rencontre entre deux personnages que tout oppose, c'est une initiation à l'amour physique mais également psychologique, et dans les deux sens. Malheureusement, l'adaptation apparaît un peu naïve, peut-être même trop belle vue comme tout souris à la jeune Ana ce qui, d'après moi n'aurait peut-être pas dû être repris à la lettre du point de vue de l'adaptation. Le problème de seulement le déconseiller au moins - de 12 ans donne un rendu trop palot, trop simple pour des lecteurs de E.L. James qui décrit parfois les choses de façon assez crue.

En définitive, l'adaptation Cinquante Nuances de Grey n'est pas pire, elle n'est pas le gros bide que beaucoup avaient prévu et certains enterrés, il est un film grand public qu'il faut prendre comme telle. Une comédie romantique du XXIè siècle qui mêle amour et technologie à la façon d'aujourd'hui. Pourquoi ne pas simplement s'arrêter à cette image du film ? Il ne s'agit pas forcément d'un block-buster, un film hollywoodien ne peut-il pas simplement être une histoire entre deux êtres opposés, histoire parfois trop rapide, trop belle mais qu'on peut apprécier pour son côté simple.
Bien évidemment je ne le regarderai pas 100 fois, surtout si c'est pour entendre Love me like you do qui me perces littéralement les tympans, ah non mais vraiment, je ne sais pas qui a écrit cette chanson mais gardez là ! Dernier point négatif donc, la bande originale qui m'a laissé sur ma faim avec seulement la reprise de I put a spell on you qui vaux le détour et bien évidemment la nocturne de Chopin (Barenboim n°20 il me semble) joué par Jamie Dornan à l'image de Christian dans le roman.

"J'ai enfin ouvert les yeux et saisi l'ampleur de sa dépravation. Maintenant, je sais qu'il est incapable de donner et de recevoir de l'amour. Mes pires craintes se sont réalisées. Et curieusement, je me sens libérée."
E.L. James, Cinquante Nuances de Grey.




samedi 28 février 2015

Le Coin des Libraires - # 13 Karoo de Steve Tesich

Encore un livre que j'ai découvert grâce/à cause de sa couverture. Oui j'ai été comme appelé par ce pavé de 600 pages qu'est Karoo de Steve Tesich. En plus d'avoir une couverture non-convetionnelle, il a été récompensé du Prix du meilleur roman des lecteurs de Points de l'année 2014. Pour une fois, je n'étais pas effrayée de lire 600 pages d'un même bouquin, d'habitude, j'ai toujours cette pointe d'ennui qui apparaît à la vue d'un gros livre, ici, ce ne fût pas le cas. 

Quelques mots sur l'auteur. Steve Tesich était un scénariste américain, Karoo a été publié à titre posthume. Pour ceux à qui ce nom ne dit rien, il a notamment travaillé sur l'adaptation de Monde selon Garp de George Roy Hill.

"Le même principe se retrouve dans mes mensonges chroniques. Je ne mens pas parce que j'ai peur de la vérité mais, plutôt, en une tentative désespérée de préserver ma foi en son existence. Quand je mens, j'ai l'impression de vraiment me cacher de la vérité. Ma terreur, c'est que si jamais je cessais de me cacher de la vérité, je pourrais découvrir qu'elle n'existe même pas."
Steve Tesich, Karoo.

C'est après avoir fini mes lectures en cours que j'ai commencé Karoo. Au début, je ne savais pas trop où l'auteur allait, je ne voyais pas trop le rapport entre ce personnage qu'on suit, Saul Karoo et le résumé de la quatrième. Pourtant, l'histoire me plaisait bien, ce protagoniste qui de prime abord semble complètement antipathique, possède en réalité des traits plutôt intéressants. J'ai été éblouie par la facilité avec laquelle l'auteur exprime des sentiments si forts tels que l'amour ou encore la haine. J'ai littéralement été fasciné par cette plume si lisible et en même temps si torturée, si étourdissante. 

C'est avec cet aveuglement sans pareille que j'ai continué ma lecture, un peu au hasard, tout en suivant Saul, tenaillé par ses propres démons. J'ai pris du plaisir à lire son histoire, - qui soi-dit en passant est écrite à la troisième personne. 
Saul Karoo est américain, il vit à New York et travaille en tant que script director pour Hollywood, en d'autres mots, il réécrit des scénarios pour le cinéma. 
Faisant moi-même des études de cinéma, j'ai trouvé cette approche très intéressante, il y a un fort questionnement sur le statut d'oeuvre d'art, de chef-d'oeuvre, aspect que j'ai trouvé vraiment utile pour comprendre la complexité de notre personnage. Surtout que cette description apparaît comme plausible étant donné la profession de l'auteur. Saul est un homme qui ne semble bon qu'à ça, réécrire les scénarios des autres, du moins, c'est ce qu'il pense. En dehors de son métier, c'est un homme qui n'existe pas, il est séparé mais toujours marié de Dianah avec qui il a adopté un enfant, Billy, qui est désormais en deuxième année d'études à Harvard. Après ce rapide tableau, on pourrait penser que tout ne peut qu'aller dans la vie de Saul, seulement, c'est tout le contraire ! En effet, il pense être atteint de problèmes, de "maladies" comme il aime les nommer. Il ne peut plus être en état d'ébriété par exemple, eh oui, les gueules de bois sont à présent terminés ! Malgré tout cela, personne ne semble croire que Saul peut avoir de vrais problèmes, et surtout pas Dianah qui ne perd jamais une occasion pour lui faire toujours la même ribambelle de reproches. 




Steve Tesich, Karoo.
Les choses deviennent réellement intéressantes dès l'apparition de Leila Millar, une actrice sans talent que Saul a aperçu dans un film qu'il doit modifier. Va alors se développer un lien particulier entre eux, mais également avec Billy qui va passer de plus en plus de temps avec son père et sa nouvelle compagne. 
Si l'histoire vous dit, n'hésitez pas à aller jeter un coup d'oeil, car, ce que je dis là ne représente que les prémices d'une oeuvre éloquente et surtout riche en sentiments. 
J'ai été totalement subjuguée par la tournure des évènements, l'auteur fait diversion par le biais de la relation entre Billy et Leila, cette diversion, je ne l'ai pas vu venir et encore moins la suite. Je ne comprenais pas encore vraiment l'enjeu, où l'auteur voulait aller, mais c'est une véritable tragédie qui se déroule sous nos yeux, une tragédie grecque, mythique. Je me suis retrouvée pantoise, toute seule devant mon bouquin à me demander si c'était une blague, si Steve Tesich n'était pas en train de se payer ma tête. 
Eh bien, non, il ne se moquait pas. Même encore maintenant je ne saurais dire si son cliffhanger aux trois quarts du roman était une bonne idée, cependant, en le commençant, je m'attendais à tout sauf à ça. Je suis très rarement surprise que ce soit dans la littérature ou encore dans le cinéma, pourtant, là, je suis restée stupéfaite, ébahie. 
J'ai également beaucoup apprécié l'aspect psychologique très présente dans le roman, Saul étant décrit comme un personnage intelligent qui n'a pas son pareil pour cerner ses rencontres. 
Comme beaucoup de longs romans, l'installation prend du temps, Karoo ne déroge pas à la règle, cependant, une fois passée les cent premières pages, on ne peut qu'admirer ce récit à la première personne, cet humour cynique, sarcastique auquel on se percute, à l'image de Saul, Leila et Billy, et leur accident de voiture. 


Plus qu'un roman sur la vie d'un homme, il s'agit aussi d'une critique, critique dénonciatrice de la société américaine qu'il dépeint comme égoïste et surtout fou. C'est une adaptation mythique moderne, qui se peint dans un fou, désillusionnée, monde où n'est que factice souvent représenté avec le personnage de Jay Cromwell.

"C'est un peu comme si, à un certain moment de leur vie, leurs âmes avaient été déchirées en deux. Juste au moment où ils s'étaient adaptés et avaient trouvé un moyen de vivre heureux avec une moitié d'âme, ils avaient alors rencontré la personne même qui possédait l'autre moitié. Les bords déchirés et dentelés, comme les deux moitiés d'une carte au trésor, se complétaient parfaitement."
Steve Tesich, Karoo.


Ce roman fait partie de ceux qui nous font ressentir une pointe au coeur quand on arrive à la dernière page, le dernier paragraphe, la dernière phrase et enfin le dernier mot. Je ne voulais pas le finir, égoïstement je voulais le garder pour moi, toujours, mais il m'est impossible de ne pas terminer une oeuvre, je l'ai donc lu, dévorée avidement comme Saul boit ses gins-tonics. 

"Le soleil, en tant que présence suffocante, plongea et disparut dans ma vue, mais il ne serait pas exact de dire que je l'ai vu se coucher. Les ombres cédèrent devant le crépuscule qui les absorba, puis le crépuscule céda devant la nuit. La lune s'éleva légèrement à la gauche de ce palmier solitaire planté au centre du rond-point."
Steve Tesich, Karoo.











La promise au visage de fleurs de Roshani Chokshi

Il était une fois un homme qui croyait aux contes de fées. Il était une fois un homme qui savait que les contes révèlent ce qui demeure cach...