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dimanche 24 juin 2018

Le Coin des libraires - #100 L'ombre de nos nuits de Gaëlle Josse

Attention coup de coeur ! Gaëlle Josse a encore frappé avec ce roman incandescent, plein de sentiments forts, d'amour et d'art. 
Après avoir lu et adoré Le dernier gardien d'Ellis Island, il était évident que je comptais découvrir d'autres roman de l'auteure. À la base c'était Nos vies désaccordées qui me faisait de l'oeil (et ce, depuis trèèès longtemps), et puis j'ai trouvé L'ombre de nos nuits, deuxième roman de l'auteure paru chez Notabilia alors je me suis lancée - à vrai dire, avant de m'y plonger, j'attendais la sortie de son sixième livre : Une longue impatience qui a de très bonnes critiques ! 


Deux récits se dessinent dans L’ombre de nos nuits, avec au centre un tableau de Georges de La Tour. En 1639, plongé dans les tourments de la guerre de Trente Ans en Lorraine, le peintre crée son Saint Sébastien soigné par Irène. De nos jours, une femme, dont nous ne saurons pas le nom, déambule dans un musée et se trouve saisie par la tendresse et la compassion qui se dégagent de l’attitude d’Irène dans la toile. Elle va alors revivre son histoire avec un homme qu’elle a aimé, jusque dans tous ses errements, et lui adresser enfin les mots qu’elle n’a jamais pu lui dire. Que cherche-t-on qui se dérobe constamment derrière le désir et la passion ?
 
En croisant ces histoires qui se chevauchent et se complètent dans l’entrelacement de deux époques, Gaëlle Josse met au cœur de son roman l’aveuglement amoureux et ses jeux d’ombre qui varient à l’infini.


Histoire qu'on se le dise maintenant, Gaëlle Josse figure parmi mes écrivains contemporains favoris. J'adore ses sujets, ses histoires, sa sensibilité, son style.

L'ombre de nos nuits fait partie de ces lectures que j'aimerais relire un jour - chose que je ne fais que très, très rarement - tellement j'ai aimé, tellement je suis entrée dans l'histoire, tellement elle m'a touchée.


"Oui, c’est ainsi que je t’ai aimé. Jusqu’à ce que notre histoire se déchire et nous laisse comme deux marcheurs épuisés, qui voient arriver la nuit et n’ont plus rien pour se nourrir ni pour s’abriter. Jusqu’à ce que cet amour se transforme en souvenirs, puis se fragmente en lambeaux de souvenirs, et que chaque nouveau jour le recouvre d’un peu d’oubli."
Gaëlle JosseL'ombre de nos nuits.


Je me demande bien comment l'idée est venue, pourquoi l'auteure a choisi ce tableau. Je pense qu'elle aime énormément la peinture puisqu'après tout, un de ses premiers romans (Les heures silencieuses) est aussi inspiré d'une toile. Donc on note une prédilection pour ce type de récit, mais ça n'explique pas pourquoi ce tableau. Pourquoi Saint Sébastien soigné par Irène peint par Georges de La Tour ?

Ce que l'on sait, c'est que cette femme, celle vivant à notre époque va faire une fixation sur cette toile. C'est grâce à cette dernière si la femme se remémore tout un tas de souvenirs. C'est l'occasion de revivre le passé, de rappeler la douleur, d'interroger les actes et d'y trouver un semblant d'explication.

L'ombre de nos nuits de Gaëlle Josse, collection Notabilia.

Double récit oui, mais triple point de vue en quelque sorte. Si on suit bien deux époques, la première en 1639 lors de la conception de la peinture, et la deuxième de nos jours, on trouve quand même deux points de vue différent en 1639, celui de Georges de La Tour lui-même et celui de Laurent, son apprenti, jeune homme épris de Claude, fille du peintre et accessoirement modèle pour le personnage d'Irène.
Le fait d'avoir trois points de vue souligne à mon sens deux choses essentielles : l'importance de l'art (ici la peinture) qui permet de ressentir des émotions enfouis ou non ; et l'importance l'amour bien évidemment. Je dis évidemment parce que l'amour est au centre de cette oeuvre, amour du peintre pour son art, amour de Laurent pour la peinture tout autant que pour Claude, amour de cette inconnue pour un homme désormais disparu.


La conclusion de ces deux histoires entrelacées est déchirante tout autant que magnifique. Je n'ai pas de mots pour décrire à quel point Gaëlle Josse parvient à me toucher par sa justesse. La conclusion de cette inconnue dans le musée "Il faut savoir chasser les ombres", c'est tout simplement génial...
Après avoir divagué sur son passé, sur sa douleur, sur l'histoire de ce tableau, la seule fin possible, c'est celle de continuer.


Un roman passionnant, magistral, touchant et juste, voilà comment je définis L'ombre de nos nuits. Une de mes meilleures lectures de cette année, cela va de soi.
Désormais, je vais me plonger dans ses premiers romans, et puis je vais attaquer Une longue impatience, que je suis extrêmement pressée de lire !


Vous avez déjà lu ce roman ? Ou d'autres de l'auteure ?


"Pourquoi toi ? Pourquoi tant ? Les élans de nos coeurs sont destinés à nous demeurer un mystère. L’amour, c’est donner ce qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas. J’avais souligné cette phrase dans un livre, un jour, et elle me revenait en pleine figure. C’est vrai : je ne possédais rien et tu n’en voulais pas ; tu ne voulais pas de mon putain d’amour pour toi. Tu le tolérais, là, sage, pas bouger, au besoin tu le réclamais, parfois tu t’y installais, comme à contrecoeur. Tu ne le nierais pourtant pas, il m’est arrivé, je le jure, de te voir heureux."
Gaëlle Josse, L'ombre de nos nuits.





dimanche 17 juin 2018

Le Coin des libraires - #99 Défense de Prosper Brouillon d'Éric Chevillard

Ce petit livre est pour moi un espèce de hors-série de la collection Notabilia - un peu comme 22 lettres imaginaires d'écrivains bien réels écrit par Maria Negroni, sorti quasiment à la même période une année avant. Je dis qu'ils sont des hors-série, car ils ne sont pas numérotés comme c'est le cas des Notabilia habituellement. 

Enfin bref, j'ai reçu Défense de Prosper Brouillon d'Eric Chevillard à mon anniversaire, je le voulais absolument parce que oui, maintenant vous le savez très bien, je veux tous les Notabilia et aussi parce que celui-ci me faisait très envie. Sans doute parce que j'aime particulièrement la mise en abîme de la couverture et aussi parce qu'il est illustré, ce qui est un gros plus quand même ! 


« Ce livre s’adresse aux désespérés, aux nostalgiques convaincus que nous nous essoufflons, que les plus belles pages de notre littérature ont été tournées depuis longtemps et jaunissent derrière nous et qu’il ne reste plus rien à écrire. »

Ce livre se présente à première vue comme une exploration de l’œuvre merveilleuse d’un écrivain répondant au nom de Prosper Brouillon, dans le but d’en faire l’éloge. Mais ce n’est qu’un leurre : il s’agit en réalité d’un féroce réquisitoire contre une certaine littérature institutionnalisée, pantouflarde et satisfaite d’elle-même. Qu’en est-il quand on y regarde de plus près ? Voilà à quoi répond Éric Chevillard dans ce livre aussi jouissif et frais que caustique et assassin. Prosper Brouillon est le nom donné à l’ensemble des écrivains chez qui ont été collectées les phrases, exemplaires, à partir desquelles Chevillard s’est amusé à reconstruire un faux roman délirant. Fruit de la collaboration au journal Le Monde entre Éric Chevillard et Jean-François Martin, qui en illustre le Feuilleton tous les quinze jours, ce livre comprend également une vingtaine d’images qui viennent ajouter un supplément de sens et d’humour à l’ensemble, pour un résultat des plus savoureux.



Cet article risque d'être court pour une seule est bonne raison : l'oeuvre fait à peine plus de 100 pages illustrations comprises, et j'ai tellement accroché à ce livre que je ne veux pas prendre le risque de gâcher votre futur plaisir ! 

Avant d'entamer l'entamer, j'ai lu la quatrième qui n'est autre qu'un passage du livre, je ne savais donc pas vraiment dans quoi je m'embarquais et c'est tant mieux ! Je pense que si on m'avait dit de quoi il en retournait, j'aurais pris moins de plaisir, j'aurais eu plus d'attentes alors que là, je ne pouvais pas être déçue du tout. 
Je ne lis pas de livre humoristique à proprement parler, j'aime lire un livre où il y a des touches d'humour par-ci, par-là, mais c'est tout. Là, j'ai été gâtée niveau humour et le moins qu'on puisse dire, c'est que j'ai bien ris ! 


Défense de Prosper Brouillon d'Eric Chevillard, collection Notabilia.


C'est bien évidemment le gros point fort de ce livre, à chaque page, la défense de l'auteur pour le dernier roman de Prosper Brouillon (écrivain tout ce qu'il y a de plus fictif, mais l'auteur lui prête des citations d'auteurs bien réels), Les Gondoliers, nous plie en deux. 
Je suis sans doute passée à côté de beaucoup de références, ne connaissant Éric Chevillard que de nom - je n'ai jamais lu aucun de ses livres, ni même lu ses chroniques dans Le Monde... 
Mais il n'empêche que pour ce que j'ai compris, j'ai adhéré, je me suis marrée, et c'était fou parce que ça ne m'arrive jamais d'autant rigoler devant un livre. 


Je vous disais dans mon article sur les 22 lettres que c'était un gros plus que le livre soit illustré et c'est véritablement le cas, ça donne une épaisseur en plus aux lettres, ça les insère dans une certaine typographie qui rend le tout bien plus agréable à lire. 
Et ben, il en va de même pour les illustrations dans ce livre puisqu'en plus, elles sont du même artiste, j'ai nommé Jean-François Martin
Si je ne devais en choisir qu'une ce serait bien évidemment celle avec le squelette qui souffle dans la langue de belle-mère - je crois bien que c'est comme ça qu'on appelle ce cotillon, mais j'ai un doute quand même... - ou encore celle avec l'homme qui a une moitié du visage en moins et qui se regarde dans le miroir (voir ci-dessous). 




Pour le coup, je ne veux vraiment pas en dire plus et je veux vous laisser découvrir ce petit livre par vous-mêmes. Ça se lit extrêmement vite, les illustrations sont assez nombreuses mais elles ne noient pas le texte, en tout cas je trouve qu'il y a un bon équilibre entre les deux.




Défense de Prosper Brouillon est un type de lecture auquel je ne suis pas du tout coutumière c'est vrai, mais peut-être que c'est aussi pour ça si je me suis laissée prendre au jeu. Ne connaissant pas l'auteur ni rien, je ne pouvais pas partir avec de grandes attentes ou quoi, je me suis simplement laissée porter et une fois encore j'ai pu voir à quel point la collection Notabilia fait du bon travail. Je suis loin d'avoir lu toutes leurs publications, mais je commence à en avoir lu quelques unes et jusque-là, aucune ne m'a déçu, Défense de Prosper Brouillon ne fait pas exception. 

Il m'a même donné envie de découvrir Éric Chevillard, de lire au moins un autre de ses livres pour me faire un avis sur cet auteur qui m'a énormément fait sourire et rire. 

Pour celles et ceux qui, comme moi, pensent que la littérature d'aujourd'hui n'est plus forcément au niveau de celle d'autrefois, que nous croulons sous la littérature de consommation et qu'il n'y a plus de littérature qui s'élève au rang d'art, je vous conseille mille fois ce petit livre, il devrait vous réconcilier avec notre époque, vous faire rire, et donc vous faire relativiser - en tout cas, ça a fonctionné avec moi. 









dimanche 10 juin 2018

Le Coin des libraires - #98 La terrifiante histoire de Prosper Redding d'Alexandra Bracken

Comme toujours dans ce cas-là, je remercie Babelio ainsi que La martinière jeunesse pour ce livre ! 
Si l'auteure vous dit quelque chose, c'est normal, elle n'est autre que l'écrivain des romans Passenger ou encore Les insoumis. Pour ma part, je n'avais jamais lu aucun de ses livres avant, j'ai énormément vu tourner Passenger, mais l'histoire ne me dit pas trop.  


Vivre avec un démon – un véritable démon ! – à l'intérieur de soi n'est pas chose facile… Surtout si votre famille, après l'avoir découvert, veut vous faire disparaître…
Prosper Redding, pourtant, va devoir s'habituer. Alastor, le démon qui, progressivement, prend possession de lui, ne semble pas décidé à le laisser tranquille. Il a des comptes à régler avec la famille Redding et Prosper fait partie de son plan.
Prosper pourra-t-il compter sur l'aide de son oncle Barnabas et de sa cousine Nell ? Ou sera-t-il obligé, comme l'ont fait ses ancêtres, de pactiser avec Alastor ?
Car les Redding pourraient s'avérer plus dangereux et démoniaques que le démon lui-même… Et Alastor serait alors seul capable de le protéger !


J'ai choisi ce livre à cause de la première phrase, plus précisément après la mention du démon. Forcément il suffit qu'on me parle de l'histoire d'un garçon qui abrite un démon en lui et qui, en plus, ne le sait pas, pour que je veuille le lire ! 

Évidemment le début est assez classique disons, puisqu'on retrouve le schéma type du garçon qui appartient à une famille influente et se sent rejeté, différent, presque défaillant. 
En soi ce schéma ne me gêne pas, enfin ça fait partie du genre, mais j'aurais aimé une petite différence dans le traitement. Ici le personnage est, de base, mis de côté alors qu'on ne sait même pas que c'est en lui que s'est réfugié le démon. C'est dommage. 

Pour le reste, une fois entrée dans l'histoire, une fois la révélation de l'être démoniaque passée, et bien ça se lit plutôt bien. Je l'ai lu après L'anniversaire de Robyn Harding et comme pour ce dernier, je l'ai lu très rapidement. Bon c'est vrai qu'on lit en général plus rapidement un livre jeunesse, mais le truc, c'est que j'étais prise par l'histoire. J'avais envie d'en savoir plus, de pouvoir cerner Alastor. Et puis j'avais de gros doutes concernant Nell et son père - doutes qui se révèlent fondés par ailleurs.


La terrifiante histoire de Prosper Redding d'Alexandra Bracken, éditions La martinière jeunesse.

J'ai aimé le personnage de Prosper, malgré le fait que, comme je l'ai dit, je l'ai trouvé un peu trop basique. Il mériterait d'être un peu plus étoffé, un peu moins assimilable à tout un tas d'autres protagonistes qu'on peut retrouver en jeunesse et plus particulièrement dans la fantasy. 
Sinon celui qui m'a plus, c'est celui de Nell, cette jeune sorcière dont on comprend dès le début que quelque chose cloche. Pour le coup son personnage est stéréotypé, mais j'avais le sentiment que l'auteure essayait de lui donner une certaine épaisseur. C'est en tout cas prometteur. 

L'histoire m'a plu, j'ai été entraînée par le dilemme qui déchire Prosper, je me suis un peu attachée à Alastor, ce démon qui ne paraît pas aussi méchant qu'il le laisse penser. 

En bref, j'ai passé un très bon moment et je me languis d'avoir la suite. 
Voilà le problème : le deuxième volet ne sort qu'en janvier 2019 aux États-Unis donc il va falloir attendre un paquet de temps. Ce que je déteste quoi. 


Enfin, un grand bravo aux éditions de La martinère jeunesse pour leur travail éditorial. Je trouve la couverture vraiment hyper jolie (c'est pour cette raison si j'ai demandé ce livre), le toucher est très agréable. Et puis j'aime assez la police des titres de chapitre. J'aurais peut-être juste aimé des illustrations en tête de ceux-ci, mais c'est déjà très bien. 



Vous avez déjà entendu parler de ce roman ? Il vous fait envie ?






lundi 4 juin 2018

Le Coin des libraires - #97 L'anniversaire de Robyn Harding

Dernier thriller avant l'été pour les éditions du Cherche midi. Le moins que l'on puisse dire, c'est que L'anniversaire de Robyn Harding tombe à pique ! 

Il aura fallu attendre la fin des examens, la fin de ma deuxième licence - et encore, je n'ai pas encore tout à fait tout terminé - pour me plonger dans ce livre. Je voulais quelque chose de léger, sans prise de tête pour pouvoir profiter des quelques jours de vacances qui s'offrent à moi. 


Kim et Jeff Sanders habitent une jolie banlieue de San Francisco, où tout le monde connaît tout le monde. Leur fille, Hannah, est scolarisée dans un lycée huppé de la ville. Pour ses seize ans, elle décide de faire une fête à la maison. Un anniversaire avec ses amis, où tout ne peut que bien se passer.
Et où tout se passe très mal.
Quelques jours plus tard, le couple exemplaire de Kim et Jeff part à vau-l’eau, des secrets et des mensonges sont révélés, les meilleurs amis deviennent les pires ennemis.
Comment une simple fête d’anniversaire peut soudain faire dérailler des vies aussi bien rangées ?


Étant donné que je fais partie de la team thriller, je fais l'effort de lire les 4e, chose que je fais vraiment très rarement. Elle donne quand même pas mal envie, surtout quand on voit la mention de Big Little Lies - j'ai adoré la saison 1 diffusée sur HBO il y a quelques mois maintenant, malheureusement je n'ai jamais eu le temps de vous en parler... 

J'ai aimé le fait qu'on entre quasi instantanément dans l'histoire. Le prologue m'a énormément fait penser à Juste avant la nuit d'Isabel Ashdown pour l'aspect "on nous envoie au coeur de l'action" en quelque sorte. 
D'ordinaire je n'aime pas trop quand on suit des personnages fortunés, dont la vie semble être littéralement parfaite. Bien évidemment, l'auteure va s'évertuer à nous montrer que la vie de Kim et Jeff est tout sauf parfaite, et ce, dès le début. Une fois encore j'ai pensé à Juste avant la nuit, pour l'aspect familial, autant que pour le côté récit avec différents points de vue. 

Si le livre en lui-même n'est peut-être pas hyper original dans son style et son traitement, j'ai passé un excellent moment. Si la plume de l'auteure n'est pas franchement folichonne, elle reste suffisamment plaisante pour donner envie de lire la suite.

En passant, la couverture est bien représentative du roman : il suffit d'un élément pour entraîner un cataclysme et détruire des vies. À l'image de cette allumette dont il suffit de l'allumer pour qu'elle s'embrase, la vie de toute la famille ainsi que celle de Lisa va radicalement changer, se consumer pour tout chambouler.

Au niveau de l'histoire, elle est bien ficelée, mais je déplore une fin beaucoup trop rapide. Il suffit d'un événement et hop, virage à 180° et fin. J'ai un peu le sentiment d'un "tout ça pour ça", toutes ces pages, toutes ces péripéties pour en arriver là. 


L'anniversaire de Robyn Harding, éditions Cherche midi.


Les personnages sont méprisants, tous autant qu'ils sont - même Hannah comme on le voit à la fin... Au début, celui qui me semblait être le pire, c'est celui de Kim, mais finalement j'ai réussi à m'attacher à elle d'une certaine façon. Enfin, je trouve qu'elle est détestable pour toutes sortes de raison, mais elle est tout autant triste à voir, elle est bloquée dans un mariage sans espoir, elle est emprisonnée dans une bulle de solitude. Elle fait de la peine quoi. 

Je vous laisse le soin de découvrir les autres personnages, tous plus égoïstes et méprisants les uns des autres. 

Si je devais souligner un seul et unique point fort, ce serait la diversité. En effet, si le récit a pour point de départ l'anniversaire d'Hannah, on se trouve entraîné par différents personnages ayant différents âges. Ainsi, on peut découvrir les problèmes d'ado que vit Hannah dans son lycée, le besoin d'être populaire pour être reconnue, l'importance des rumeurs et la nécessité d'écraser les autres pour faire ses preuves. Cet âge est sans pitié comme on le voit de plus en plus par le biais de livres ou de séries tels 13 Reasons Why (je n'ai, à ce jour, vu que la saison 1 et je dois dire que je n'ai pas trop accroché. J'ai trouvé le traitement franchement limite et le propos discutable). 

Ce problème à l'adolescence se trouve être également présent à l'âge adulte comme on le voit avec la confrontation Lisa/Kim. J'ai trouvé intéressant de montrer l'importance de l'appât du gain au détriment d'un être humain. Dans ce livre il n'y a qu'une victime et pourtant, elle est toujours oubliée que ce soit par ses pseudos amis ou par sa propre mère qui ne pense qu'à l'argent et qui, en plus, justifie ses actes en utilisant sa fille. C'est abject.


Si j'ai lu ce roman aussi rapidement (2 jours, mais c'est parce que j'ai participé au salon du livre de ma ville, sinon je pense qu'en une journée il aurait été terminé) c'est bien parce que c'est une lecture addictive. Une excellente lecture pour l'été, quand on ne veut pas se plonger dans quelque chose de trop complexe ou autre. À titre d'exemple, j'ai bien aimé L'écrivain public de Dan Fesperman, j'ai trouvé qu'il y avait plein d'éléments passionnants, mais si on me demande quel livre je choisirai pour partir en vacances, pour aller à la plage, je répondrai sans hésiter L'anniversaire, simplement parce que le temps s'y prête plus. 


Je recommande donc ce livre pour tous ceux qui aiment les manigances, les coups bas et ce genre de choses. Les histoires à la Gossip Girl en fait. L'anniversaire de Robyn Harding se lit extrêmement bien et je suis certaine qu'il trouvera son public, car la lecture est tout simplement prenante. 


Vous l'avez lu ? Il vous fait envie ? N'hésitez pas à me répondre en commentaire ! 









Séries du moment - #7 novembre 2018

J 'ai envie d'essayer d'écrire un article tous les deux-trois mois sur trois séries comme je l'ai fait en septembre dernier...