samedi 21 décembre 2019

Le Coin des libraires - #151 Goldman sucks de Pascal Grégoire

La couverture. Les tons, le camping-car qui prend la route, l'idée d'évasion. Voilà ce qui m'a donné envie de lire Goldman sucks, le premier roman de Pascal Grégoire, publié au Cherche midi. 
S'y ajoute le résumé qui nous met dans le bain. Définitivement, ce roman avait l'air sympa, différent de ce que je lis d'habitude, plus léger, idéal pour les vacances. 


Du jour au lendemain, Corentin Pontchardin perd tout. Simultanément victime de la crise des subprimes et de sa propre crise de la quarantaine, celui qui conjuguait avec succès vie professionnelle – au ministère des Finances – et vie privée voit son monde s’écrouler.
Bien décidé à partir en guerre contre la banque qui a causé sa perte, la toute-puissante Goldman Sachs, Corentin embarque femme, enfant et beaux-parents aux États-Unis dans une aventure épique jalonnée de rencontres inattendues.
Véritable fable sociale, Goldman sucks raconte avec tendresse – et une bonne dose d’humour – le quotidien de cette équipée lancée à l’assaut de la finance mondiale.
Un roman vif et plein d’espoir, porté par une famille pas tout à fait ordinaire.



On va suivre principalement le personnage de Corentin, chef de famille et employé accompli, Corentin a suivi les traces de son père, bosseur inconditionnel, il n'a jamais vraiment remis quoi que ce soit en question, s'évertuant à travailler afin de parvenir à son poste au ministère des Finances. 

Mais voilà que Corentin prend de l'âge, il aime sa femme et sa fille, mais il prend une maîtresse, une jeunette, une petite journaliste qui l'a interviewé. À partir de ce moment déjà on se dit qu'il y a anguille sous roche. Et la suite va se révéler entraînante ! 

À côté de Corentin il y a sa femme, Camille qui le met à la porte, et les parents de celle-ci. Son père que l'on suit et sa grand-mère, nouvelle occupante d'une maison de retraite. 
À travers ces personnages, l'auteur va mettre en avant le règne de l'argent (et par extension, les banques), l'argent qui régit l'école, l'argent qui régit le pays, l'argent qui contrôle le monde. 

On mêle un ton léger à des événements graves - la petite Fleur qui finit au commissariat par exemple. On rencontre rapidement des personnages détestables - la propriétaire de la maison de retraite. Et à côté de cela, on va suivre Corentin et sa petite famille dans un voyage aux États-Unis pour dénoncer... Goldman Sachs, emblème du problème, symbole de la déchéance du monde, du règne des 1% sur le reste de la population. 




Je suis ressortie de ma lecture amusée autant que satisfaite. J'ai trouvé le combat de la famille Pontchardin passionnant et réel. C'est une réalité que décrit Pascal Grégoire, les événements en maison de retraite sont réels, la suprématie des banques, de l'argent sur le monde l'est tout autant. 
L'auteur parle de sujets graves en leur donnant une certaine légèreté, une pointe d'humour qui fait du bien. 

On termine le bouquin avec l'envie de voir Goldman Sachs s'effondrer, avec l'envie d'avoir un monde tel qu'il est décrit - comme le fait qu'il devient interdit pour les banques de spéculer avec l'argent de leur client. Alors bien sûr la conclusion reste la même "Les 99% étaient toujours 99% et les 1% toujours 1%", mais ça fait du bien d'avoir un livre qui traite d'un sujet aussi sérieux (et pour lequel je me sens concernée !) avec humour. 
Il suffit de voir le dernier paragraphe du livre : les changements sont minimes, mais les démarches de la familles Pontchardin aux États-Unis ont été tellement médiatisées que celles-ci deviendront matière à un film. 
Est-ce de l'ironie ? est-ce que l'auteur a simplement voulu reprendre un élément commun à la littérature ? à savoir que les romans qui fonctionnent font quasiment toujours l'objet d'une adaptation ou faut-il le voir comme un nouveau moyen de faire de l'argent sur une noble cause ? 

Le mystère demeure. 


Il faut quand même souligner l'importance du "être ensemble" c'est bien le groupe entier qui est un moteur, l'individu en tant que tel n'est pas capable de changer le monde comme la communauté. C'est un roman sociétal, un roman où notre monde est décrit et où on tente de le changer pour le rendre meilleur, du moins, moins injuste, plus égalitaire. 


J'ai pris énormément de plaisir avec Goldman sucks, comme je le pensais, j'ai ris et j'ai été choquée face à ce livre. J'ai aimé la plume de Pascal Grégoire pour son côté bref. Il va droit au but, il ne s'encombre pas de détails inutiles, ce qui donne un roman de 200 pages aussi agréable qu'intelligent. 





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