Instagram

Le Coin des Libraires - #8 Moi, Christiane F., la vie malgré tout de Christiane Felscherinow

Aujourd'hui, je vais vous parler de la suite d'une découverte littéraire de quand j'avais 13-14 ans, Moi, Christiane F, 13 ans, droguée, prostituée..., je vous en parlerai très prochainement. 
C'est l'année dernière que j'ai entendue parler de cette suite, lors d'un article pour le magazine Le Monde. J'étais trop contente, j'allais enfin connaître la suite de ce livre qui m'a tant bouleversé des années auparavant. J'avoue c'était presque une obsession de connaître la suite de la vie tragique de cette adolescente torturée qu'est Christiane F., au point que j'ai fais des recherches sur Internet pour y trouver des informations. Quand une histoire nous plaît vraiment, même après la dernière page on aimerait savoir ce que sont devenus ces chers personnages des années après. C'était le cas pour moi, je voulais savoir ce qui était arrivé à Christiane F.. Je suis tombé sur pas mal d'articles qui disaient qu'elle avait eu un enfant qu'on lui aurait retiré parce qu'elle avait replongé dans la drogue. D'autres qui parlaient exclusivement de son addiction - ses addictions. Je ne trouvais pas ça suffisant comme "suite", c'est vrai où était l'intérêt de ne savoir que cela ? C'est bien de savoir qu'elle a replongé mais comment, et surtout pourquoi ? Tout ça n'était jamais expliqué, du moins jamais réellement. Ce roman a tout changé. 

Quand je suis tombée sur cet article dans Le Monde, j'ai appris qu'il allait y avoir une suite, écrite par elle cette fois, j'étais trop pressée de le lire. Il est sorti en octobre 2013 et j'avoue que je n'ai même pas trouvé le temps de l'acheter jusqu'à la semaine dernière. À vrai dire, je voulais attendre qu'il sorte en format poche, c'est quand même beaucoup plus pratique pour le transporter. Dès que je suis tombé dessus en traînant dans le rayon livre, je l'ai pris, cette fois, il était temps que je le lise

C'est simple, en deux jours je l'avais fini. Tout comme son prédécesseur, ce livre se dévore. Ce que j'aime particulièrement, c'est la réalité des choses, la façon objective qu'à Christiane envers le monde et sa capacité à nous le faire comprendre de son point de vue. Ce roman est très différent du premier, pourtant le passage de sa vie d'adolescente à sa vie d'adulte se fait tout naturellement. Au début de ma lecture j'ai vraiment ressenti la même ambiance, la familiarité des lieux de Moi, Christiane F., 13 ans... la différence est qu'elle semble détachée, elle raconte son histoire de façon si normale que ça en devient presque gênant. Elle nous introduit dans son intimité, elle n'a aucune limite, c'est ce que j'ai trouvé génial dans cette lecture. Elle n'a aucune gêne, après tout, pourquoi devrait-elle en avoir ? Son récit est plus mature, beaucoup plus lointain j'ai trouvé. On suit ses traces tout au long de sa vie, durant ses voyages que ce soit aux États-Unis, en Suisse ou encore en Grèce, on apprend qu'elle a côtoyé de grandes personnalités de l'époque comme David Bowie ou Nina Hagen. Elle vit dans l'action, chaque jour et le moins qu'on puisse dire c'est qu'elle a eu une vie bien remplie. 



Moi, Christiane F, la vie malgré tout.

Durant une interview, elle disait qu'il y avait un avant et un après son premier roman, que cette suite représentait l'après. Ce que j'ai réellement aimé dans ce livre ? Encore une fois elle dénonce un bon nombre de problèmes dans la société. J'étais vraiment dégouté de voir à quel point les médecins peuvent être incompétents parfois. Son fils aurait pu mourir avec ce médecin qui a eu son diplôme on sait où. Ou encore l'existence du parc Platzspitz qui est dépeint d'une telle façon qu'on ne peut que la croire. Je n'avais jamais imaginé qu'elle puisse regretter la publication de Moi, Christiane F., 13ans, droguée, prostituée..., comment aurait-elle pu le regretter sachant que je l'avais adoré ? Pourtant c'était bel et bien le cas, la principale raison étant la médiatisation qui a suivi. Je comprends qu'elle ait vraiment commencé à vivre de façon recluse avec le temps, être harcelé de cette façon que ce soit par les journalistes ou les passants, ça doit être horrible. 

"Les battements de cœur et la respiration deviennent plus lents quand tu es shooté, les fonctions gastriques et musculaires deviennent plus faibles, ton corps tout entier se calme. C'est parce qu'il sécrète des endorphines, comme quand il jouit ou réprime la douleur. La peur, le froid, la faim, tout ce qui est négatif, tu ne le sens plus. D'abord les douleurs s'apaisent, puis tu te retrouves dans un état de douce euphorie."

Je peux véritablement dire qu'elle a eu une vie de merde, oui oui. Qu'elle l'ait cherché ou non, là n'est pas la question. Pourtant, pas une seconde j'ai eu pitié d'elle, jamais. Au contraire, on apprend à la respecter, elle est encore vivante, elle a réussie là où d'autres ont échoués. Elle sait qu'elle est sérieusement malade, qu'elle se l'est elle-même infligée, et elle l'accepte. Oui, elle ne laissera personne la juger sur ses erreurs passées bien qu'au fond ça la touche personnellement. Tout ça, elle nous le dit à nous. Elle semble avoir confiance en ses lecteurs et c'est ce que je trouve remarquable. 

"Les livres, c'est mon automédication. Dans mon imagination, je suis libre, il n'y a pas de limites et pas de devoirs, je peux faire et laisser faire ce que je veux, je ne déçois personne. Ça me fait du bien. Je crois au fait que le corps va bien quand l'âme est saine, et inversement. La lecture m'aide. Mais ce sentiment agréable disparaît aussi vite que l'histoire est finie."

J'ai adorée ce roman, je le relirai sans hésité et je compte bien le faire. 





Commentaires

  1. Misère, l'orthographe, une horreur!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. De quoi parlez-vous, de l'article ou du livre ? Je n'ai trouvé aucune fautes dans aucun des deux.

      Supprimer

Enregistrer un commentaire