mercredi 19 février 2020

Le Coin des libraires - #166 Sugar Run de Mesha Maren

Sugar Run est le premier roman de Mesha Maren. On va suivre le personnage de Jodi, âgée de 35 ans, en prison depuis qu’elle en a 17. Pour meurtre. Meurtre passionnel puisqu’elle a tué sa copine, Paula. 

Le roman s’ouvre sur la libération inespérée de Jodi. Après avoir passé plus de la moitié de sa vie en prison, Jodi a besoin d’un plan, d’un avenir. 
Et elle sait ce qu’elle va faire, non, ce qu’elle doit faire pour tenter de se racheter auprès de son ancienne maîtresse.



Jodi décide qu’il est grand temps d’aller chercher Ricky, le petit frère de Paula, celui que cette dernière devait protéger. Elle décide de le faire sortir de cette maison toxique et violente et de l’emmener sur les routes, jusqu’en Virginie Occidentale où la grand-mère de Jodi, Effy, possédait une petite cabane en plein coeur de la forêt. 

C’est ici que Jodi compte s’établir. 
Pas de rêve de grandeur, non, la simplicité, juste la simplicité. Vivre dans sa cabane, monter un élevage, planter des fruits et des légumes pour pouvoir vivre. La vraie vie quoi.

Mais sur la route Jodi fait la rencontre de Miranda, aussi belle que paumée. Miranda, mère de trois garçons qui est accro aux médocs, Miranda, incapable d’élever ses enfants doit accepter le fait que le père, un chanteur connu mondialement, lui ait pris les enfants pour les confier à sa propre mère. 

Ensemble, Jodi et Miranda vont tout faire pour créer leur propre cocon, à l’abri des regards, de la violence, de la solitude. 

Tout ça semble trop beau pour être vrai - et effectivement, ça l’est ! 
Le couple va devoir faire face à tout un tas d’obstacles plus ou moins importants - le premier étant d’être un couple lesbien dans un état où c’est clairement pas très bien vu ; le second étant que le terrain de la grand-mère a été vendue pendant qu’elle était en prison… 

Et puis elles ont chacune leur démon : Jodi a Paula, qui l’obsède toujours et dont on suit l’histoire au fur et à mesure des pages. Paula dont le titre du roman est directement inspiré de son personnage. 
Sugar Run, c’est un « cycle de chance » au poker. Et l’as du poker dans l’histoire, c’est bien Paula. 
Miranda a son addiction aux médicaments, sa solitude auprès de Lee, aussi détestable que bête. 


Si leur bref amour n’en valait la peine, alors leurs vies avaient été effacées, grattées comme deux allumettes - aussi vite que ça - pour rien.

J’ai beaucoup aimé Jodi, ses peurs, ses interrogations sur son futur. Je me suis sentie proche d’elle parce qu’elle est paumée, qu’elle n’est pas méchante, mais qu’elle a salement déconné par le passé. 
Miranda m’a souvent énervé, elle est toujours à côté de la plaque quand il s’agit de la vie ou de l’éducation de ses gosses. Elle est un cas désespérée et on le comprend dès le début, parce que dans le fond, on a pas l’impression qu’elle ait envie d’être aidé… 

J’ai apprécie le personnage de Ricky, tout en nuances, on ne sait s’il est gentil ou non, s’il est coupable ou non. C’est un personnage intéressant mais pas encore assez étoffé je trouve. 

Si j’ai trouvé le démarrage assez lent, et discerné ici et là plusieurs répétitions concernant les peurs des personnages, leurs défauts, etc. j’ai trouvé le roman bien construit. Surtout pour un premier roman, l’auteure s’en sort vraiment bien. Les répétitions font évidemment baisser le plaisir de lecture, mais on souhaite tellement savoir comment ça va se terminer qu’on passe outre.

Sugar Run se lit très rapidement, sans doute grâce à la plume de Mesha Maren et à la belle traduction de Juliane Nivelt. 
S’il n’est pas parfait, notamment à cause de son démarrage assez lent et du fait qu’on nous rabâche souvent la même chose, il est un roman intéressant sur la condition féminine en général mais aussi en prison, sur le besoin de s’émanciper de son passé, de se reconstruire. Bref de se laisser aller à vivre une autre histoire, une histoire qui ne serait pas la précédente. 

Elle s’observa de l’extérieur et se vit dériver, pleinement conscience de sa vulnérabilité, pas seulement à cet instant précis, tout le temps. Désorbitée, sans entraves, tournoyant vers une galaxie inconnue.
La fin m’a laissé pantoise. Le dernier chapitre m’a pris au dépourvu et encore aujourd’hui, une semaine après avoir achevé la lecture, je ne sais pas ce que j’en pense. Je m’attendais à un final un peu fleur bleu, du moins assez positif, pas à cette fin-là. J’ai un sentiment d’inachevé, comme si on m’avait donné l’addition avant même de me laisser prendre un dessert. C’est dommage, mais finalement ça ne nuit pas au plaisir que j’ai pu éprouver tout au long de ma lecture. 






dimanche 16 février 2020

Le Coin des libraires - #165 Le Peintre d'éventail d'Hubert Haddad

Mon premier roman de Hubert Haddad, auteur français d'origine tunisienne. J'ai commencé avec Le Peintre d'éventail, paru en 2013, parce qu'il est ma dernière trouvaille en date et celui que l'on m'a le plus conseillé. J'ai déjà lu Vent printanier du même auteur, un court texte autour de la Rafle du Vel d'Hiv. 

Tout d'abord j'ai été surprise par le choix du lieu, l'histoire se déroule en Asie, plus précisément au Japon. Surprise de prime abord, mais rapidement enthousiaste, je me dis que j'ai rarement eu l'occasion de lire des livres qui se passent en Asie. 


À la base, tout semble intéressant, le protagoniste, le lieu reculé dans lequel il va évoluer ; je m'y crois, au point que je fais des parallèles entre de vieux films japonais des années 50-60 et l'histoire que nous conte Haddad. Oui, mais rapidement des choses me chagrinent. 

Tout d'abord c'est cette lenteur dans l'avancée, ce sentiment d'être extérieur à l'histoire, aux lieux. Comme s'il s'agissait d'une toile de fond et que je ne pouvais pas y avoir accès de près. Je me sens exclue de l'histoire autant que par les personnages. Pas parce qu'ils ne sont pas moi (ou inversement), mais parce qu'ils ne possèdent pas réellement cette grâce qui me touche. 

Parce que le problème c'est aussi l'écriture. Tantôt pleine de poésie et de beauté, tantôt trop académique et trop grandiloquente pour moi. Sans rire, au bout de 10 pages, je me suis armée d'un crayon à papier afin de relever le trop grand nombre de mots que je ne connaissais pas (comme ludion). 

Et pourtant j'aimais ce que je lisais. Même en me sentant mise de côté, je trouvais que cette histoire avait du potentiel - et vraisemblablement, elle en a. 
J'ai donc persévéré au point de le terminer, faut dire que c'était pas non plus trop difficile étant donné qu'il ne fait même pas 200 pages. 

Peindre un éventail, n’était-ce pas ramener sagement l’art à du vent ?

Matabei est un personnage intéressant, mais trop évanescent. Je le vois comme un être fantomatique, un peu comme tous les personnages et en particulier celui d'Enjo qui m'apparaît comme fantasmé plus qu'autre chose. 
Malgré tout, Matabei m'a touché par sa sensibilité, par son amour pour ce jardin et pour ces éventails qui signifient tout pour lui. Sa vie est d'une grande simplicité, il n'en reste pas moins détenteur d'un grand savoir. 

Le récit qui nous est raconté par Hi-Han, disciple de Matabei se lit très vite, mais je pense qu'il contribue à ce sentiment de distance, de rejet du lecteur dans l'histoire. À vrai dire, je trouve que ce personnage est un peu insipide, sans grande consistance. 
C'est un récit enchâssé que l'on nous délivre : Hi-Han nous raconte la vie de son maître Matabei, qui lui-même raconte l'histoire du véritable peintre d'éventails, de cet homme qui a tout donné pour le jardin de Mme Hison, une ancienne geisha. 

Le Peintre d'éventail m'apparaît comme un roman de la contemplation, dans le sens où rien n'est absolument palpitant dans le livre. Le début inaugure bien ce à quoi on va être mangé si bien qu'il ne faut pas s'attendre à des surprises, à des personnages extrêmement aboutis - pour ma part, ce n'est pas le cas. 
C'est bel et bien parce que j'ai eu le sentiment de ne pas avoir ma place dans cet univers, et que la qualité de l'écriture est trop élevé pour moi pour bien tout comprendre que j'ai été déçue par cet ouvrage. 
J'ai le sentiment d'être passé à côté et c'est dommage, parce que ça reste prometteur. Mais je ne baisse pas les bras, j'ai encore deux autres livres de cet auteur dans ma bibliothèque. Et puis son dernier, Un monstre et un chaos me fait très envie ! 

Les saisons ne vieillissent jamais. Un éternel été succède au beau suicide du printemps. 








mercredi 12 février 2020

Le Coin des libraires - #164 La Vie silencieuse de la guerre de Denis Drummond

Lors de la rentrée littéraire de septembre 2019 est paru au Cherche l’ouvrage La Vie silencieuse de la guerre, signé Denis Drummond. 

J’avais très envie de le lire, et aussi un peu peur. Pas parce qu’il parle de guerre, non ça je commence à avoir l’habitude je crois. Mais parce qu’il s’agit de pays dont je ne sais pas grand chose, hormis le Rwanda. 
C’est ce qui m’a lancé. 


Ce livre met en scène trois protagonistes : Enguerrand, Jeanne et Gilles.

Tout commence avec une lettre du premier. En s’adressant à Jeanne, Enguerrand lui demande de contacter un galeriste et de regarder avec lui des négatifs ainsi que son journal et ses notes. 

Le roman se divise en 5 parties, les quatre premières sont centrés sur un pays différent, un pays dans une situation délicate, un pays à feu et à sang. 

Rwanda, Bosnie-Herzégovine, Afghanistan, Irak

Les voyages s’étendent sur 9 ans, 1994 pour le Rwanda, 2003 pour l’Irak. 
Et à chaque fois, on retrouve un Enguerrand fidèle à lui-même et en même temps toujours plus entamé par les horreurs de la guerre. 

La mise en abîme du titre m’a plu, dans la mesure où ce titre, il est représentatif du travail à la fois de Denis Drummond, et de Enguerrand. 
En voulant représenter la guerre, Enguerrand, en photo-reporter qu’il est, la magnifie. Il la rend somptueuse, fragile et impitoyable.
« Je te serre dans mes bras sans abîmer ton rêve. Tu sentiras chaque jour mon souffle sur ta nuque. Mon souffle et mon odeur refermeront tes poings sur les plis de ton drap. Dors, mon aimée, dors, mon amour, dors en paix, car je retourne à la guerre. Elle est là qui m’attend. »
Je ne sais pas si j’ai préféré suivre les péripéties du photographe par le biais de son journal ou les descriptions de ses photos. Des descriptions si réalistes qu’on a presque l’impression d’avoir devant nous les décors, les êtres qui occupent le cadre. C'était assez étrange comme expérience et en même temps, j'ai trouvé ça dingue, cette capacité de retranscrire une photographie et tout ça uniquement par l'usage de mots. Parce que ces descriptions si minutieuses nous entraînent véritablement au coeur des oeuvres. 

Il y a vraiment un gros plus dans les descriptions, cette importance de rendre presque palpable les détails des photographies pour représenter un sentiment. 
Et puis il y a aussi tout ce parallèle avec la peinture qui est grandiose. Pour ça, le personnage de Gilles est passionnant quand il nous parle de ce que sont les Ex-voto par exemple et les met en lien avec les photographies.  

J’avais peur de ressortir de cette lecture le coeur plombé par les horreurs, dégoûtée de l’humain et incapable de lire autre chose. Mais en réalité Denis Drummond parvient très bien à concilier horreur de la guerre et vie tranquille à Paris. 
Malgré le fait qu’il s’agisse d’un sujet sensible et que le lecteur soit catapulté dans différents pays en guerre, la lecture n’est pas si déprimante que cela. Sans doute parce qu’elle permet de donner un autre regard de la guerre, des massacres. Sans doute parce que le travail d’Enguerrand est accompli et ce travail est nécessaire pour ceux qui n’ont pas connu les affrontements ni les tueries. 
« La guerre a ses mensonges, ses écrans de fumée, elle sait endormir, faire se lever un soleil dans la nuit, attraper la lune du bout des doigts. Elle porte le masque de la vérité. À défaut de savoir, que peut-on croire ? » 
Concernant la fin, je ne sais pas trop sur quel pied danser. Est-ce que c’était la meilleure fin possible ? ou est-ce qu’au contraire on ne termine pas sur une note pessimiste, ce qui ajoute un aspect encore plus déprimant à l’entreprise ? Mais bon, je me dis qu’au moins cette fin, elle a le mérite d’être réaliste…

La Vie silencieuse de la guerre est paru il y a six mois maintenant et pendant ma lecture je ne pouvais m’empêcher de me répéter : pourquoi n’a t-il pas fait plus de bruit ? pourquoi est-ce que je l’ai si peu vu sur les réseaux sociaux ? 

Ce roman aurait dû être plus visible. Il traite d’un sujet de notre temps et sans fioritures, sans chichi, Denis Drummond nous entraîne, avec une grande sensibilité, au coeur de la guerre et de la détresse humaine. 
Pour conclure, je crois que la meilleure phrase pour parler de ce livre, c'est encore la phrase conclusive de sa quatrième de couverture : « Une œuvre hors du commun, à la frontière de l’horreur et de la beauté. »




samedi 8 février 2020

Le Coin des libraires - #163 Trois cercueils blancs d'Antonio Ungar

Deuxième parution de la collection Notabilia, j'avais très envie de me plonger dans ce roman colombien - mon deuxième roman après Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez. 


Au commencement de ma lecture de Trois cercueils blancs je me suis dit que c'était mal parti : un roman où la politique occupe une place centrale, très peu pour moi. 
Oui mais ça c'était avant d'arriver au début, plus précisément au chapitre qui débute après la fin de première la partie. J'avoue que les cinquante premières pages, correspondant au chapitre "Avant de commencer" ne m'ont pas franchement plues. J'ai trouvé ça long et simplement pas à mon goût. 
J'évite ce qui touche de près ou de loin à la politique généralement

Oui mais ça c'était pour les cinquante premières pages. Une fois celles-ci passées, c'était bon, j'étais dans l'histoire. Il fallait que José Cantoná accepte de prendre la place de Pedro Akira, leader de l'opposition au régime pour que je sois pleinement dans l'histoire. 

Avec ce changement d'identité, Cantoná va découvrir un nouveau monde, il va découvrir quelle était la vie d'Akira, cet homme désormais mort qui lui ressemblait et qui en plus était le symbole du futur pour beaucoup d'habitants du Miranda. 

La stratégie est bonne et on suit le protagoniste avec peur et envie. Il passe d'une vie inutile et grise pour une autre, plus palpitante, plus entourée, plus dangereuse aussi. 
Je n'ai pas envie de dévoiler les événements, de gâcher le plaisir de lecture, car ce qui est sûr, c'est que j'ai passé un excellent moment de lecture

Je ne pensais pas accrocher à l'histoire à cause de la forte présence de la politique et au final, on a l'impression qu'elle passe un peu au second plan. Ce qui compte, c'est d'abord la transformation, le fait de faire de Cantoná un Akira plausible, un opposant au régime aussi charismatique qu'intelligent. Un modèle en quelque sorte. 

Devenir Akira apparaît comme la chance de sa vie, la possibilité de faire quelque chose de grand, de reconnu et de trouver l'amour aussi. C'est en la personne d'Ada qu'il va trouver du réconfort, de l'aide et du soutien. C'est grâce à son amour qu'il va aller aussi loin. 

Le gros point fort de ce livre, c'est les différents registres. Le ton est globalement sérieux - il est quand même question de dictature, de meurtres et autres méfaits fomentés par le président et ses amis... - mais on trouve par moment des passages vraiment amusants, où l'on est obligé de rire. C'est plaisant d'avoir un récit aussi sérieux dans ses événements avec un ton ouvertement ironique, si ce n'est cynique. 
C'est une sorte de satire sur les dictatures d'Amérique du Sud. La République de Miranda n'existe pas réellement, elle est une dictature commune à bons nombres de pays. Il ne faut pas prendre le récit tel qu'il est mais plutôt s'en détacher pour comprendre à quel point Antonio Unger parodie les écrits sur les dictatures d'Amérique latine.
Je la vois et je comprends que quelque chose d’anormal est advenu dans les hautes sphères célestes pour que je reçoive un tel cadeau. Je commence à m’apercevoir, dès cette première nuit avec Ada, que je suis un autre. Qu’à l’intérieur de moi-même quelque chose de minuscule s’est brisé pendant que nous faisions l’amour et que cette petite rupture interne a altéré les forces qui me gouvernent et a commencé à me libérer de moi-même. 
Finalement plus qu'un récit sur le besoin de renverser une dictature pour la remplacer par un gouvernement démocratique, du moins, un minimum égalitaire, c'est l'occasion de décrire l'avidité, de montrer combien tout homme est prêt à tout pour obtenir le pouvoir et le conserver, à l'image de Del Pito, président de cette république, responsable de tout un tas de méfaits et évidemment jamais épinglé pour être jugé. 

Rien ne tourne rond dans ce monde, Cantoná ne peut pas se fier à tout le monde, ce qu'il apprendra à ses dépens... 


J'ai été très emballée par cette lecture parce qu'elle m'a happée. C'était une lecture haletante où on a envie d'aller plus loin pour savoir qui est corrompu, qui ne l'est pas, comment ça va se terminer pour José et Ada. Aussi pour savoir si José va parvenir à faire fuiter ses informations, s'il va mourir ou s'il y a un espoir de renverser un régime aussi épouvantable qu'odieux. J'étais embarquée dans cette histoire comme si je lisais un véritable récit d'espionnage où se mêle l'humour à la recherche

La dernière partie correspond à une espèce de suite au récit lui-même, comme si le texte qu'on venait de lire était bel et bien un roman, ou plus exactement un témoignage et que celui-ci avait été modifié à des fins de protection. Par exemple, la République du Miranda est en fait un faux nom pour désigner un lieu bien réel. Décidément, l'ironie ne s'arrête jamais. 


J'ai trouvé cette histoire intéressante et prenante, malgré le fait que je ne suis sans doute pas parvenue à saisir toutes les nuances dans l'histoire, à toujours bien lire entre les lignes ce que l'auteur voulait réellement nous dire. Je pense qu'il me faudrait le relire pour déchiffrer de nouveaux éléments. 
Pour ce qui est du style de l'auteure, je ne connaissais pas Ungar mais j'ai été heureuse de pouvoir le découvrir par le biais de cet ouvrage. Ma bonne appréciation du livre tient autant au fait qu'il m'a entraîné dans son histoire par sa plume que par sa capacité à mettre en scène une histoire tout autant sérieuse et glaçante qu'amusante et entraînante ! 

Le bonheur dure pas longtemps, mais quel bonheur le temps que ça dure !








dimanche 2 février 2020

Le Coin des libraires - #162 Glacé de Bernard Minier

J’ai reçu Glacé de Bernard Minier à Noël, il y a bien trois ans maintenant. Ayant très envie de lire un polar et plus encore pendant la période hivernale, ce roman m’a paru être ce qu’il fallait. 

Glacé est le premier volet d’une saga centrée autour du commandant Servaz, qui compte à ce jour cinq volumes. 


Nous sommes en décembre 2008, Diane, une jeune psychologue suisse arrive à l’Institue Wargnier afin d’étudier un certain nombre de malades. Bon j’ai trouvé un peu gros la présence de l’institut refermant les plus dangereux psychopathes d’Europe, mais passons.

On retrouve pas très loin le corps d’un cheval, sans tête, et accroché à une falaise. Le commandant Servaz qui travaille à la PJ de Toulouse est appelé pour prendre en main l’enquête.

Énervé à l’idée de devoir mettre de côté son enquête actuelle (des ados qui ont tué un sans abri) pour s’occuper d’un cheval, le commandant va devoir accepter qu'il ne s'agit pas de n'importe quel  cheval et qu'il n'appartient pas à n’importe qui. Peu importe dans quel pays on se trouve, si on a de l’argent, on est toujours important. 

J’ai été happée par cette lecture. Je pensais la traîner un certain temps au vue de sa longueur : plus de 700 pages quand même ! et en réalité il a été lu si rapidement ! J’étais tellement dedans, je voulais tout le temps le continuer, en venir à bout pour trouver le coupable. Pour savoir si Diane allait enfin avoir une quelconque utilité dans cette enquête. 

L’enquête piétine, mais la lecture jamais. Alors oui il est vrai que certains éléments semblent un poil trop simple : comment Diane peut-elle se promener tranquille en pleine nuit dans un institut sans être remarquée ? ça fait plutôt froid dans le dos de penser ça comme ça, mais bref. 

Les personnages créés par Minier sont prometteurs, que ce soit le collègue de Servaz, Vincent, ou encore la magnifique gendarme, Irène, que j’ai d’ailleurs longtemps suspecté. 

Glacé est une première enquête intrigante, une histoire à dévorer pour découvrir la suite. Ce n’est pas un coup de coeur, je suis restée un peu sur ma faim quand j’ai compris qui était le coupable (disons que c’est la première personne que j’ai suspectée), mais c’était si bon de le dévorer, de tourner les pages sans avoir envie d’arrêter. 
C’est pour moi la définition d’un bon thriller et pour un premier, il remplit amplement sa tâche. 

À voir la suite avec Le cercle maintenant - ça tombe bien, je l’ai reçu à Noël ! 




Le Coin des libraires - #176 La Solitude des nombres premiers de Paolo Giordano

J e ne sais plus depuis combien d’années ce livre est sur ma liste d’envies, au moins six, ou peut-être même sept ? Bref la sortie des édit...