samedi 3 novembre 2018

Le Coin des libraires - #118 La fille qui tressait les nuages de Céline Chevet

La fille qui tressait les nuages me faisait de l'oeil depuis sa sortie, j'avais envie de le lire pour sa couverture, et surtout pour son titre aussi poétique qu'intriguant. Mais malheureusement les ouvrages des éditions du Chat Noir ne sont pas disponibles partout - je n'en avais jamais vu en vrai avant d'ailleurs. 

Quelle n'a donc pas été ma joie lorsque j'ai vu que cet ouvrage figurait dans la Masse critique du mois d'octobre ! Et puis comme vous pouvez le constater, j'ai eu la chance de le recevoir, il ne me restait donc plus qu'à le lire. 
J'en profite pour remercier Babelio et les éditions du Chat Noir pour cette découverte ! 



Saitama-ken, Japon.
Entre les longs doigts blancs de Haru, les pelotes du temps s’enroulent comme des chats endormis. Elle tresse les nuages en forme de drame, d’amour passionnel, de secrets.
Sous le nébuleux spectacle, Julian pleure encore la sœur de Souichiro Sakai, son meilleur ami. Son esprit et son cœur encore amoureux nient cette mort mystérieuse. Influencée par son amie Haru, Julian part en quête des souvenirs que sa mémoire a occultés. Il est alors loin de se douter du terrible passé que cache la famille Sakai…
Fable surréaliste, la Fille qui tressait les nuages narre les destins entrecroisés d’un amour perdu, une famille maudite et les tragédies d’une adolescence toujours plus brève.

Catégorisé comme un thriller, que l'on ne se méprenne pas, ce livre ne fait pas franchement peur - même pas du tout je dois dire - mais il n'empêche qu'il y a une ambiance un peu angoissante, ressenti notamment grâce aux personnages, Haru et Souichiro en tête évidemment. 

On suit donc Julian qui n'a pas toujours eu la vie facile. Et pour dire, il est victime de racisme parce qu'il est... à moitié anglais. Alors déjà, j'ai aimé le fait que soit mis en avant sa différence, le fait qu'il soit métis est pour lui un grand désavantage parce qu'il est justement différent des autres. 
On parle énormément du racisme envers les noirs, les arabes ou les asiatiques, mais je n'avais jamais lu de livres où il est question de racisme envers les blancs.
Après il est vrai que je ne m'y connais pas sur le sujet, je n'ai quasiment rien lu en littérature asiatique donc je ne sais pas s'il existe ce genre de discriminations en Asie (et plus particulièrement au Japon puisque c'est le pays dont il est question dans l'histoire). Si quelqu'un peut m'apprendre des choses à ce sujet, je suis mille fois preneuse !!


Revenons en à l'ouvrage en lui-même. 

Une fois ma lecture terminée, je me suis fais plusieurs réflexions : la première était que ce livre s'est lu à une vitesse folle, la deuxième était que cette histoire m'a enthousiasmé parce qu'elle est réellement inspiré du Japon. On retrouve un bon nombre de croyances à travers les personnages ou l'histoire en elle-même. 

Petite parenthèse : si vous me suivez sur Instagram, vous avez sans doute vu ma publication sur l'expo Enfers et fantômes d'Asie, et bien La fille qui tressait les nuages m'a énormément fait penser à cette expo, étant donné qu'il est question de fantôme, d'âme vengeresse et ce genre de chose. 

De prime abord je n'ai pas aimé le personnage de Julian, je l'ai trouvé un peu niais et pas franchement attachant. Au fur et à mesure des pages ça allait mieux, on sent que l'auteure veut donner une épaisseur et une authenticité à chacun de ses personnages et c'est quand même réussi. 
Pour moi, le vrai protagoniste, celui que j'ai véritablement aimé suivre, c'est Akiko. Je considère qu'elle est la véritable enquêtrice, elle met sur la piste, elle fait des recherches. Et puis, c'est entre ses mains que tombe le carnet bleu. 

D'ailleurs, parlons en du carnet bleu. Ah mais j'ai adoré ces passages ! 
L'incrustation d'un récit passé à travers un journal intime qui permet d'en savoir plus sur le présent, c'est quelque chose que j'adore et là encore ça n'a pas manqué. Ce carnet nous en révèle suffisamment pour nous donner envie de creuser sans pour autant nous donner toutes les réponses. 
Et c'est en ça que le dosage est bien réalisé, Céline Chevet est parvenue à écrire une histoire haletante, de prime abord un peu bancal, un peu ado et qui pourtant se révèle passionnante. 


La fille qui tressait les nuages de Céline Chevet aux éditions du Chat Noir.


C'est pour cette raison si je trouve que l'ouvrage se lit très vite : l'intrigue est prenante, on découvre des indices ici et là, mais il faut aller jusqu'au bout pour connaitre le fin mot. 
J'avoue que je n'avais pas vu venir cette fin - ainsi que d'autres éléments qui nous sont dévoilés au fur et à mesure. Elle est bien trouvée et surtout elle s'emboite complètement avec les infirmations glanées au cours du récit. 

La discussion finale entre Julian et Souichiro m'a plu parce qu'elle permet de faire la lumière sur le gros du mystère, de comprendre par exemple pourquoi Julian voit Haru, mais pas Souichiro. 
J'ai été entraînée dans cette histoire, dépaysée par un récit empli de d'âmes vengeresses. C'est exactement le genre d'histoire qui m'intéresse et que j'aime lire. 
Mais finalement, j'aurais aimé que le point de départ ne soit pas la mort de la soeur de Souichiro, je ne trouve pas que ce soit le plus important et c'est peut-être le seul bémol que j'ai à soulever. 
Ça tourne trop autour de l'amour de Julian pour celle-ci. C'est un peu trop mielleux pour moi, mais il n'y a que ça. 

Pour le reste, l'histoire m'a enthousiasmé, j'aurais aimé qu'on voit plus Akiko, qu'elle sorte véritablement de sa place de personnage introverti pour en faire un être fondamental pour l'histoire. J'ai aimé son caractère et sa manière d'être, c'est juste le fait que d'après moi, il aurait été préférable de la voir plus souvent. Après je peux comprendre qu'elle soit reléguée au second plan étant donné que cette histoire est avant tout une histoire familiale, ou plus précisément, une malédiction familiale. 

Enfin la plume de l'auteure est vraiment agréable, elle est poétique, empreinte de surréalisme ce qui m'a énormément plu - en même temps avec un titre comme ça, il était évident que ça allait l'être vous me direz. 

Un bon premier roman pour la collection Neko des éditions du Chat Noir, roman qui inaugure d'ailleurs cette collection. En espérant qu'ils en éditent d'autres dans la même veine et qu'ils soient trouvables autre part que sur internet...


Connaissez vous ce roman ? Ou avez-vous déjà lu des romans des éditions du Chat Noir ? 






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