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samedi 13 octobre 2018

Le Coin des libraires - #115 La Saison des fleurs de flamme d'Abubakar Adam Ibrahim

Excellente lecture ? Coup de coeur ? J'hésite encore. La Saison des fleurs de flamme d'Abubakar Adam Ibrahim est en tout cas un roman plein de surprises. 


J'aimerais en premier lieu remercier Babelio et les éditions de l'Observatoire pour ce roman. J'ai lu Ces rêves qu'on piétine de Sébastien Spitzer (dont il faut encore que j'écrive mon avis) et j'ai eu sacrément envie de me procurer d'autres livres de cette maison d'édition. J'ai notamment acheté Réelle de Guillaume Sire le mois dernier. Voilà que la masse critique sort et que j'ai la bonne surprise de trouver cet ouvrage dans la liste. Ni une ni deux je le demande et deux jours plus tard, je reçois la confirmation. Il ne me reste plus qu'à l'attendre et à le lire. 


Une fois reçu, je me plonge rapidement dedans. Je n'ai pas beaucoup de temps, j'ai des livres à lire pour les cours, mais tant pis, je suis prise dans le feu de l'histoire. 


Lorsque Binta surprend Reza en pleine effraction chez elle, couteau à la main, son destin s’enlace à celui du jeune dealer. Malgré l’étrangeté de leur attirance réciproque, à leurs yeux interdite, éclot entre cet homme de main d’un politicien corrompu et cette veuve musulmane de trente ans son aînée une passion illicite, sensuelle et déchirante.
À travers l’histoire tragique de cette union au parfum de scandale, composée de colères contenues et d’émotions taboues, de couleurs vivaces et d’odeurs éternelles, Abubakar Adam Ibrahim capture l’essence provocante du Nigéria comme peu d’autres romanciers ont osé le faire.


Cette histoire, c'est celle d'une découverte, une rencontre impromptu entre Hajiya Binta, mère de famille ayant la cinquantaine et Reza, la vingtaine et voyou comme c'est pas permis.
On va directement entrer dans leur quotidien, leur intimité. Cette histoire interdite apparaît comme banale de prime abord, mais la religion, la morale s'en mêle et alors, une histoire un brin scandaleuse chez nous, va apparaître comme catastrophique là-bas.


"Ce fut à ce moment précis, devait-elle songer plus tard, que les pétales de sa vie, pareils à un bourgeon qui avait enduré un demi-siècle de nuits, se mirent à s’ouvrir enfin."
Abubakar Adam Ibrahim, La Saison des fleurs de flamme.


Leur relation semble dès le départ assez étrange, voire un peu incestueuse d'une certaine façon. C'est parce que Reza ressemble énormément à Murtala (Yaro), son fils aîné décédé, et c'est parce que Binta ressemble à la mère de Reza que celui-ci ressent sans doute une certaine attraction pour elle.
Oui c'est un peu sale quand on le voit de cette façon, mais pourtant l'auteur nous décrit une passion attachante et déchirante à la fois. Un amour impossible dont on aimerait qu'il soit possible.

À côté de cette liaison, on suit bien évidemment les deux personnages de manière alternative. C'est alors l'occasion de découvrir les coutumes et les moeurs du Nigéria. De prendre conscience du fait que la religion occupe une place centrale dans la vie des nigérians - Reza et ses branleurs de copains semblent néanmoins s'en moquer - et notamment dans la vie des femmes.
On comprend rapidement que l'honneur est quelque chose de fondamental là-bas. Le fait d'être une personne respectable compte énormément, d'autant plus lorsqu'il s'agit d'un petit village et que tout le monde se connait.
Binta est une femme respectable, elle a toujours suivi les traditions, elle s'est mariée très jeune à un homme qu'elle n'aimait pas, elle a eu des enfants avec lui, elle lui a survécu et maintenant elle est une veuve de 50 ans qui prend conscience de certaines choses, notamment du fait qu'elle n'a jamais aimée qui que ce soit. Jamais elle a pu sortir de ce moule conçu pour les musulmanes.
En réalité, ce que l'on attend de Binta est simple : elle doit aller à la madrasa (en gros c'est un établissement d'enseignement islamique, un lieu d'apprentissage donc) et se remarier avec son cher voisin. Mais malgré le poids des convenances, le désir prend toujours le dessus.

Le personnage de Reza "Hassan" permet de donner un autre point de vue sur le pays. Ni pratiquant, ni franchement croyant, le jeune Reza est ce qu'on pourrait appeler une petite frappe - c'est du moins ce que l'on pense au début. Il fait des petits larcins, il a une petite clique à ses bottes, rien de bien méchant quoi.
Reza livre l'image d'un pays divisé, pays dans lequel règne la corruption, où les voleurs paient la police pour être tranquilles, où les politiciens orchestrent des kidnappings et autres assassinats.

Binta qui apparaît dès le début comme une des femmes les plus traditionnelles qui soit se laisse finalement aller à la séduction, au sexe et à la salissure.
J'ai le sentiment que les sens ont une place privilégié dans ce roman, il n'y a qu'à voir déjà avec la couverture qui désigne l'importance du toucher que l'on retrouve dans l'histoire, aux côtés de l'odorat qui possède une place toute particulière. Odeur de sexe donc de souillure, odeur d'encens pour masquer le péché. Odeur de fleurs qui sentent la mort aussi. Les sens ont une place de choix dans l'oeuvre, ils sont les guides de ce plaisir jusqu'alors inconnu chez Binta.


La Saison des fleurs de flamme d'Abubakar Adam Ibrahim, éditions de l'Observatoire.


Cet ouvrage pose donc des questions de tradition, de moral, de respectabilité. Une femme ne peut appeler son aîné par son prénom, c'est contraire à la loi à laquelle les musulmanes doivent se plier. Une femme ne peut désirer un homme, qui plus est quand cet homme est de trente ans son aîné et qu'il ne veut pas se marier. La question du mariage est très importante, tout autant que celle de la polygamie.
En effet, l'auteur traite de ce thème par le biais de la fille de Binta, Hureïra qui en est à son deuxième mariage et qui est menacée d'être reléguée au rang de "première épouse" - ce qui signifie donc qu'il n'y a pas quelle...

C'est bel et bien une forme de pression sociale qui jettera le déshonneur sur Binta et qui conduira sa famille à sa perte. Les dernières pages sont absolument effroyables, d'une cruauté sans nom. L'idylle entre les deux était vouée à l'échec, et pourtant, il était difficile d'imaginer que la conclusion ne serait pas uniquement leur séparation.
Il n'y a ni gagnant ni perdant dans cette histoire, la jeunesse ne l'emporte pas sur la vieillesse, pas plus que la respectabilité (bon ok, Binta a une aventure avec un homme ayant 30 ans de moins qu'elle, mais durant le restant de sa vie, elle a été irréprochable, et en soi, qu'on se le dise, elle ne fait rien de mal, Reza est plus que consentant et aucun des deux n'est marié...) sur la corruption et la violence.

Les deux personnages apparaissent comme fragiles, ils semblent être seuls aussi malgré le fait qu'ils soient toujours entourés, Binta de sa famille (en particulier Fa'iza et Umma) et Reza de ses acolytes. Mais malgré tout, ces deux personnages s'offrent avec une nudité complète, ils sont solitaires et ont soif de découverte, d'amour, d'acceptation et sans doute aussi de pardon.
Finalement, je ne pense pas que le pardon ait été la conclusion de leur relation, je pense surtout que tout cela est un beau gâchis. Je pense que ce poids de la moral qui pèse est un véritable poison.


La Saison des fleurs de flamme, c'est une pépite. Une écriture (traduction) absolument addictive et délicate. Un gros plus aussi, le fait que l'auteur a inséré des tournures de phrases provenant de l'arabe ainsi que du haoussa (une des langues officielles du Nigéria). Ces insertions m'ont énormément plu, ça rajoute de l'épaisseur à l'histoire, ça la rend plus crédible dans le sens où ça l'insère bien plus dans son environnement - surtout si comme moi, nous n'avez jamais lu de roman nigérian auparavant !
C'est pour moi une réussite que ce livre, il figure d'ailleurs parmi mes meilleures lectures de cette année 2018.

Un beau et bon livre, que demander de plus ? Merci encore une fois aux éditions de l'Observatoire et à Babelio pour cette découverte !


"Les cendres de la mémoire s’agitèrent et elle eut l’impression de sentir le temps disparaître. Elle retrouvait le goût des larmes amères, elle revoyait les sourires, les clins d’oeil mystérieux et les petits fragments de vie quotidienne qui fusionnaient les uns avec les autres pour former le trésor de son passé."
Abubakar Adam Ibrahim, La Saison des fleurs de flamme.







samedi 6 octobre 2018

Le Coin des libraires - #114 Vernon Subutex 3 de Virginie Despentes

J'attendais ce troisième et dernier tome avec tellement d'impatience ! J'ai lu les deux premiers en mai 2016, soit deux ans auparavant. J'ai patienté pour avoir le tome 3 en poche... c'était très long ! 


J'aurais aimé lire d'autres romans de Virginie Despentes (King-King Théorie ; Apocalypse Bébé) entre temps, mais j'ai privilégié d'autres lectures, c'est donc partie remise. Une fois la sortie poche arrivée, je me suis jetée dessus afin de pouvoir l'emmener dans ma valise pour Paris. J'avais envie de le lire durant le voyage et durant mes quelques jours dans la capitale simplement parce que les deux premiers volets se passent dans cette ville.

Bon finalement j'aurais pu le lire à un autre moment étant donné que je me suis rapidement rendue compte que ce volet-ci n'allait pas se dérouler à Paris, mais bref.



"Putain ce que c’est triste, cette bienveillance qu’ils ont l’un pour l’autre. Ça a remplacé l’amour. Il reste ce respect, ce désir que l’autre se sente bien. Une tendresse. C’est moins moche que de la haine. C’est moins intense, aussi. Ils portent tous les deux le même deuil, du temps où ils s’aimaient vraiment, où ils y croyaient."
Virginie Despentes,Vernon Subutex 3.



Malgré mon énorme envie de connaître le fin mot de cette histoire, j'appréhendais aussi un peu comme j'ai lu les deux premiers pile deux ans auparavant. Évidemment il me restait des souvenirs, j'avais le gros de l'histoire en tête, mais je savais que j'avais oublié bon nombre d'éléments. 
J'ai relu mon article sur les deux premiers tomes (visible ici si ça vous intéresse !), et puis je me suis lancée. 
Bon, le point positif est qu'il y a au début du livre un index des personnages rencontrés lors des volets précédents, ça m'a franchement bien aidé - durant les 30-40 premières pages j'ai souvent regardé cet index afin de me rafraîchir la mémoire. C'est à ce moment que je me suis rendue compte que certains personnages m'avaient marqués (ex : Aïcha) et d'autres, bah pas du tout (ex : la Véro). 

L'entrée en matière a donc été assez difficile. Je pense que pour être bien, il aurait fallu que je relise les deux premiers tomes, mais tant pis. Néanmoins, une fois passée les cinquante premières pages, une fois l'histoire remise dans son contexte, ça allait comme sur des roulettes ! 

Ça a été un vrai plaisir de retrouver Vernon et sa clique. Après avoir été plongé dans la solitude et la précarité dans la fin du premier tome, Subutex a retrouvé sa petite clique dans le deuxième. Bien décidé à ne plus le lâcher, ils ont décidé de se réunir tous ensemble et de vivre en communauté. 

Je parlais du problème de personnages dans mon article sur les premiers volets, et même si je pense que certains sont de trop, ou peut-être un peu moins étoffés que d'autres, je trouve que l'auteure est parvenue à créer des personnages uniques et réellement intéressants et ce, avec brio. 


Vernon Subutex 3 de Virginie Despentes, éditions Livre de poche.


J'ai donc adoré retrouver tous ces personnages, ceux qui ont évolué et ceux qui, au final, semblent être fidèles à eux-mêmes (La Hyène, jusque dans une certaine mesure). 
Plus encore, j'ai adoré retrouver la plume de l'auteure, ses tournures de phrase assassines, son langage d'une grande crudité mêlé à une écriture poétique - c'est une caractéristique que j'adore chez les écrivains contemporains, à l'instar de Jimmy Lévy, auteur qui m'a subjugué avec sa plume acerbe et grandiose à la fois. 

Si j'ai autant aimé ce tome, c'est parce qu'il est parfaitement dans la veine des deux premiers, il prolonge les questionnements, il continue de remettre en questions. C'est là que la diversité des personnages est importante, on accède à des points de vue similaires et à d'autres, diamétralement opposés. 

Au final, si je ne dois retenir que trois éléments de cette trilogie, ce serait l'entraide, l'acceptation de la différence et les interrogations. Ce tome est tout aussi sombre que les précédents, mais d'une façon différente. Néanmoins, on reste scotché à l'univers, on vibre avec Subutex et les autres à la fréquence des convergences qu'ils organisent. 


Vous l'aurez donc compris, j'ai une fois encore énormément accroché avec ce volet, j'ai trouvé qu'il concluait extrêmement bien la trilogie... à un élément près. 
Si vous me suivez sur les réseaux sociaux (en particulier sur Instagram où je suis la plus active), vous savez déjà que j'ai aimé ce tome, mais que la fin m'a laissée assez, dubitative disons. 
Je vous disais déjà que la fin du deuxième tome ne m'avait pas convaincue, j'étais restée sur ma faim justement et j'étais même un peu déçue de la tournure des événements, et bien, il en va de même ici...


Attention, si vous n'avez pas encore lu ce dernier tome et que vous comptez le lire, passez votre chemin, la suite n'est pas pour vous haha ! 
J'ai trouvé les trois quarts du roman absolument passionnant, j'ai pu renouer avec Subutex et sa clique et franchement, c'était agréable, et puis, il y a eu la fin, forcément. Non mais franchement je ne sais pas comment me positionner, je ne sais pas quoi penser du fait qu'à la fin tout le monde meurt excepté Subutex et Aïcha. Et encore, ce n'est pas le pire. Non, ce qui m'a vraiment chiffonné, c'est ce dernier chapitre des plus déroutants. Ce chapitre où il est fait mention de la "secte Subutex", de l'état dans lequel se trouve le monde, de l'interdiction d'écouter de la musique, etc. 
À vrai dire, voilà quelque temps qu'il est lu maintenant et même là, je ne sais pas quoi en penser. Je trouve que c'est parti un peu trop loin, en tout cas pour ma part. Je comprends le parti pris de l'auteure, mais j'aurais aimé une autre fin, pas quelque chose qui me laisse autant dubitative.



Et vous, qu'en avez-vous pensé ? Ce tome trois conclut-il correctement cette excellente trilogie ?



"De gares en aéroports, il voyage avec ses fantômes. On peut toujours jeter les photos, abandonner les objets, perdre les vieux vêtements - ses vies d’hier se mélangent au présent, et il sent gémir ses racines, qui refusent d’être sacrifiées. Elles palpitent, connectées, dérobées aux champs de conscience. Son passé devient encombrant."
Virginie Despentes,Vernon Subutex 3.






mercredi 3 octobre 2018

Série du moment - #22 Fleabag

Je ne comptais pas écrire sur cette série qu'est Fleabag de Phoebe Waller-Bridge, à vrai dire, je n'en ai jamais entendu parler, j'ai juste vu l'affiche un jour et j'ai essayé, comme souvent. 
D'abord destinée au théâtre, la créatrice et actrice principale Phoebe Waller-Bridge a décidé de l'adapter pour la chaîne en ligne BBC Three. 

Fleabag, c'est ce que j'appellerais une mini-série. Composée de seulement six épisodes variant de 25 à 30 minutes chacun, la saison 1 nous expose la vie du londonienne prénommée Fleabag - dit-on rien qu'une fois son nom dans la série ? 
Ces six épisodes bien trop court à mon goût - il en aurait fallu au moins quatre autres pour aller plus loin et creuser plus encore dans la psychologie des personnages - sont un mélange assez inégal entre le comique et le dramatique. 

Tout commence au lit, Fleabag est une perverse qui aime le sexe, qui adore le sexe à la limite de la nymphomanie peut-être, du moins, le sexe fait partie intégrante de sa vie - comme de celle de sa belle-mère. Dès les premières secondes, on sait à quoi s'en tenir, on va suivre une femme un peu délurée, complètement égocentrique qui va souvent - très souvent - faire tomber le quatrième mur et s'adresser au spectateur. 

Le fait de faire tomber la quatrième mur de manière si fréquente et prononcée permet aux spectateurs de réellement se croire dans la scène, d'être complètement insérés dans l'histoire. Je me suis souvent faite la réflexion que certaines de ses moues parfois dégoûtée ou même choquée devaient être les mêmes que les miennes dans ces moments, ce qui est plaisant puisqu'on se sent complètement acteur de l'histoire et non plus seulement spectateur. Nous sommes cet ami intime qui voit tout, entend tout mais qui ne dit rien, nous sommes un peu comme Hillary, ce petit hamster tout mignon qui a droit à un café à son effigie mais qui reste un personnage silencieux.




Lors de mon visionnage du premier épisode, j'étais un peu perdu, genre "mais wtf ?" parce qu'il faut quand même se dire que c'est un peu barré comme série, surtout que les personnages sont pour le coup loin d'être des stéréotypes et se classent même dans la catégorie de gens que l'on ne pensait jamais rencontrer de sa vie. 
Fleabag est vraiment unique en son genre je trouve, elle est tantôt légère et très amusante dans sa façon de s'adresser à nous avec complicité et tantôt torturée, déprimée par la perte de sa meilleure amie Boo. 

Oui, il faut dire que l'on s'attend à une comédie, à quelque chose de simple avec beaucoup d'éclats de rire. Il y en a c'est vrai, je pense notamment à ce moment où Fleabag se caresse sur un discours d'Obama alors que son copain est dans le lit à côté d'elle ! Mais au fur et à mesure, on se rend compte qu'il y a plus, que l'on ne va pas seulement suivre la vie d'une femme qui possède un café qui manque de déposer le bilan, qui a perdu sa mère après que celle-ci ait subit une double mastectomie, que sa soeur est tout un personnage et que son père s'est mis en couple avec une folle à lier, une artiste siphonnée qui est une véritable conne. Dis comme ça, c'est plutôt amusant, du moins, il n'y a pas de quoi faire pleurer dans les chaumières, mais ça ne s'arrête pas là. 

Les minutes passent, les épisodes également et on saisi toute l'étendue de la tristesse, de la solitude qui habite notre protagoniste qui n'arrive pas à garder une relation sérieuse avec un homme et qui n'a pas d'ami. Finalement, on comprend assez vite que rien ne va dans sa vie et même si au début on en est pas vraiment touché, on finit par l'être. 

Les premiers épisodes sont quelque peu brouillons, on se perd un peu dans les informations, on ne sait pas vraiment de quoi on peut rire et de quoi on ne peut pas. Par exemple, j'ai éclaté de rire quand Fleabag nous apprend que sa meilleure amie Boo s'est suicidée mais "accidentellement", par la suite, je me suis dit que ça n'était pas amusant du tout. 
C'est à partir du milieu, donc de l'épisode 3 que ça devient vraiment intéressant et où on entre pleinement dans l'histoire, tout simplement. 

J'ai beaucoup aimé le personnage de Fleabag pour son côté justement très délurée, paumée dans sa vie active comme dans sa vie sexuelle. Elle a toujours le mot pour rire même dans des situations plutôt délicates ce qui contraste justement avec sa véritable personnalité, je veux dire par là sa douleur qu'elle essaie de cacher aux autres, sa peine qu'elle tente d'enfouir en elle et qui rejaillit malgré elle dans le dernier épisode. J'ai aimé ces flash-backs avec sa meilleure amie, en particulier ce plan qui revient continuellement, celui où Boo est face à la route, où elle se prépare à se faire renverser. 
Notre protagoniste n'arrive pas à accepter le décès de sa meilleure amie, elle n'arrive pas à la laisser partir, comme je pense qu'elle et sa soeur Claire (Sian Clifford) n'arrivent pas à accepter le décès de leur mère et surtout le fait que leur marraine soit devenue la nouvelle compagne de leur père -  j'avoue vu le personnage, je comprends tout à fait ! 

J'ai aussi aimé Claire, son personnage est bien moins présent, mais elle est tout autant intéressante dans le rôle de la femme qui veut être parfaite, qui est mariée à un homme riche, qui possède deux diplômes, qui est active dans son travail au point qu'on lui propose l'occasion en or qui est de partir en Finlande. D'extérieur elle nous apparaît comme la parfaite petite londonienne qui a bien réussi et finalement on comprend que là aussi, ce n'est qu'un leurre. Elle est brisée à l'intérieur aussi, elle ne sait plus à qui faire confiance comme le dernier épisode nous le montre et au final, après avoir gagné la sympathie des spectateurs en particulier grâce aux épisodes 4 & 5 elle jette tout par terre avec cette révélation dans le dernier épisode, quand il s'agit d'homme, on ne peut pas faire confiance à Fleabag, elle l'a confirmée avec Boo... 
Cette révélation est dure, vraiment et on comprend la vérité, ce que l'on a pas voulu peut-être mais qu'on ne peut plus repousser, Fleabag y est pour quelque chose et c'est douloureux, pour elle comme pour nous au final. Sans doute aussi douloureux que de se raccrocher à la voix de Boo sur son répondeur.


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Pour ce qui est des parents, le père est vraiment spécial dans son genre au point que je ne saurais vraiment dire ce que j'en pense, il est tellement distant et en même temps proche de Fleabag que ç'en est assez étrange. Pour ce qui est de la belle-mère, que dire ? c'est une conne, on l'apprend dès le début mais ça n'empêche que plus les épisodes passent et plus on aimerait que Fleabag lui rende la monnaie de sa pièce (je veux dire par là qu'elle l'a gifle aussi) ! 

Je n'ai pas trouvé la réalisation plus intéressante que ça, elle sert le propos mais l'esthétique n'est pas hyper recherchée. L'aspect comique est présent jusqu'au bout, jusqu'à la dernière scène de la saison où le banquier parle du café pour hamster. Le comique est là dans tous les épisodes, parfois parce que des situations sont complètement loufoques comme celle où les deux soeurs passent un week end dans une maison où le silence est la seule règle et où Claire rit aux éclats et vient briser ce silence tant recherché. Il est aussi présent dans certaines situations qui sont moins drôles, comme ce moment où pour la première fois, Fleabag appelle le numéro de Boo pour tomber sur sa messagerie et dit que quelqu'un devrait penser à couper la ligne. 

La comédie est présente pour faire rire, mais aussi pour mieux cacher le drame, le mal de vivre, pour minimiser ces choses communes à tous : les problèmes d'argent, de famille, les décès ou même la solitude. 
Avec des épisodes aussi courts et aussi peu nombreux, Fleabag se regarde sans que l'on voit la saison passer ce qui est dommage.
Mais pas de panique, la saison 2 débarquera en 2019, c'est confirmé et le tournage a d'ailleurs commencé ! 







dimanche 30 septembre 2018

Le Coin des libraires - #113 Le secret de la manufacture des chaussettes inusables d'Annie Barrows

Bon, autant le dire maintenant, Le secret de la manufacture des chaussettes inusables d'Annie Barrows n'a pas été à la hauteur de mes espérances. 
Reçu en cadeau en même temps qu'Un goût de cannelle et d'espoir de Sarah McCoy, mon appréciation de ces deux livres est bien différente. 

J'avais déjà eu l'occasion d'admirer l'horrible couverture de l'édition classique - celle en couleurs, avec une chaussette en plein milieu -, j'avais eu l'occasion de voir que ce livre fonctionnait plutôt bien, sans pour autant avoir une quelconque envie de le découvrir. 
Et puis si vous me suivez depuis quelque temps, vous savez pertinemment que j'attends les fêtes avec impatience juste pour pouvoir découvrir les éditions collector des maisons d'édition spécialisées dans les livres poche. Alors forcément quand j'ai vu que les éditions 10/18 sortez Nord-Michigan de Jim Harrison et ce roman en édition limitée, je me suis dit pourquoi pas. 


Je lis rarement de pavé, par manque de temps souvent et aussi parce que certains me font un peu peur - c'est le cas de Le maître et Marguerite de Boulgakov ou encore Anna-Karénine de Tolstoï que je meurs d'envie de lire depuis des années, mais j'ai un peu peur de sauter le pas... mais là, rien à voir ! Déjà parce que comme je le pensais, ce livre se lit extrêmement vite, il n'est pas complexe, pas prise de tête. C'est en quelque sorte un des points positif - il faut bien en trouver n'est-ce pas haha


Eté 1938. Layla Beck, jeune citadine fortunée, refuse le riche parti que son père lui a choisi et se voit contrainte, pour la première fois de sa vie, de travailler. Recrutée au sein d’une agence gouvernementale, elle se rend à Macedonia pour y écrire un livre de commande sur cette petite ville.


L’été s’annonce mortellement ennuyeux. Mais elle va tomber sous le charme des excentriques désargentés chez lesquels elle prend pension. Dans la famille Romeyn, il y a… La fille, Willa, douze ans, qui a décidé de tourner le dos à l’enfance… La tante, Jottie, qui ne peut oublier la tragédie qui a coûté la vie à celui qu’elle aimait… Et le père, le troublant Félix, dont les activités semblent peu orthodoxes. Autrefois propriétaire de la manufacture, cette famille a une histoire intimement liée à celle de la ville.

De soupçons en révélations, Layla va changer à jamais l’existence des membres de cette communauté, et mettre au jour vérités enfouies et blessures mal cicatrisées.



On entre ici dans le vif du sujet, le pourquoi j'ai été déçu de ce livre (le pourquoi je lui ai mis 2,5/5 sur Babelio haha). 
Déjà, la taille. 653 pages pour ça. Oui oui, 653 pages dont l'auteure aurait facilement pu ôter un quart (un tiers même ?) sans que ce soit gênant. Mieux, sans que la lecture devienne lourde et parfois même ennuyeuse. 

Je n'ai pas compris l'intérêt d'avoir choisi ce titre là avant un bon moment. Parce que oui ok on suit la jeune Layla, petite femme forcée de prendre son indépendance parce qu'elle a refusé d'épouser un homme, ok elle vit dans l'illustre famille des Romeyn - du moins ce qu'il en reste -, mais au-delà de ça, la mention de la manufacture, de son importance, bah on peine à la trouver au début.
Et par début, j'entends quand même les 200 premières pages du bouquin hein. 

Si Layla m'a séduite de prime abord par son tempérament, son refus des conventions, du patriarcat, de la soumission, j'ai vite déchanté quand j'ai compris que tout ce qu'elle souhaitait, c'était le prince charmant. Il suffit qu'elle croise une fois Felix (l'aîné des Romeyn) pour que toute la sympathie que je lui portais disparaisse. Niais, voilà comment je définis son personnage. 


Le secret de la manufacture des chaussettes inusables d'Annie Barrows, éditions 10/18 collector.


D'ailleurs, les seuls personnages un tant soit peu attachants sont Jottie - elle pour le coup, je l'ai adoré ! - et Emmett. Là encore, l'issue de la relation Emmett/Layla est vue d'avance. Dès leur rencontre dans la rue, j'ai su comment ça allait se terminer. Il n'y a pas eu de surprise, à aucun niveau et pour un livre de cette taille, c'est quand même mieux d'avoir surprises et rebondissements. 

Donc : aucun suspense, l'intrigue s'étire sur tellement de pages qu'on trouve la solution bien avant la révélation. Fin, toute cette histoire autour de l'incendie, du pseudo suicide de Vause Hamilton, franchement c'est pareil, il n'y a rien d'étonnant. On nous en parle tellement, et le responsable paraît être désigné dès le début - et effectivement il l'est - que même là, on ne peut pas dire que ce soit une révélation.

Et puis cette conclusion... une conclusion en guimauve. Bon il est vrai que là j'abuse un peu. Je ne vois pas comment l'auteure aurait pu conclure autrement, mais franchement, tout se termine trop bien c'en est scandaleux haha ! 

Je comprends que ce livre soit sans doute passionnant pour certains, mais il est bien trop tarte à la crème pour moi. Pas d'enjeu, pas de surprise. À la rigueur les seuls éléments qui m'ont plu ont été ceux concernant la ville de Macédonia, Cette espèce d'enquête autour de son origine, mais le lien entre ces éléments et le titre ? 
Dommage.

Vu comme ça on dirait que je l'ai détesté, ce qui n'est absolument pas le cas, c'est simplement que je n'y ai pas trouvé beaucoup d'intérêt, que je l'ai trouvé bien trop long pour ça, au final.
Si vous l'avez lu, dites moi ce que vous en avez pensé surtout !


"On ne parvient jamais à se faire une idée de la vérité d’autrui. On s’applique à se forger une idée définitive et on finit par s’étrangler avec le noeud qu’on a tissé soi-même."
Annie Barrows, Le secret de la manufacture des chaussettes inusables.




samedi 22 septembre 2018

Le Coin des libraires - #112 Le château (#1 trilogie des Ferrailleurs) d'Edward Carey

Le château, publié en 2013 en Angleterre et en 2015 en France, n'est autre que le premier volet de la trilogie des Ferrailleurs, écrite par Edward Carey.

Cette trilogie m'a fait de l'oeil pendant un bon bout de temps, mais j'attendais la sortie en poche du troisième tome pour me plonger dedans - on retrouve l'éternel problème de l'attente entre les tomes sinon. 
Cet auteur m'était inconnu jusqu'à ce que je tombe un jour sur cette couverture gothique, aux allures steampunk. N'étant pas une grande professionnelle de ce genre, je ne sais pas grand chose dessus si ce n'est que les récits steampunk se passent généralement aux XIXe siècle et mettent en scène un monde qui aurait pu être le nôtre, du moins, qui a pour point de départ un événement historiquement "réel" pour construire autour un monde tout à fait imaginaire. 

Petite parenthèse : pour celles et ceux qui s'y connaissent dans ce genre, n'hésitez pas à me dire si mon semblant de définition est véridique, et pourquoi pas me donner quelques titres, je pense évidemment aux récits steampunk que vous considérez comme la base - merci d'avance ! 


Au milieu d’un océan de détritus composé de tous les rebuts de Londres se dresse la demeure des Ferrayor. Le Château, assemblage hétéroclite d’objets trouvés et de bouts d’immeubles prélevés à la capitale, abrite cette étrange famille depuis des générations. Selon la tradition, chacun de ses membres, à la naissance, se voit attribuer un objet particulier, dont il devra prendre soin toute sa vie. Clod, notre jeune héros, a ainsi reçu une bonde universelle – et, pour son malheur, un don singulier : il est capable d’entendre parler les objets, qui ne cessent de répéter des noms mystérieux…

Tout commence le jour où la poignée de porte appartenant à Tante Rosamud disparaît ; les murmures des objets se font de plus en plus insistants ; dehors, une terrible tempête menace ; et voici qu’une jeune orpheline se présente à la porte du Château…

Premier tome d’une trilogie superbement illustrée par l’auteur, Le Château nous plonge dans un univers pareil à nul autre, fantasmagorique et inquiétant, gothique et enchanteur. Edward Carey y révèle des talents de conteur, de dessinateur et de magicien qui font de lui le fils spirituel de Tim Burton et de Charles Dickens.



Avec Le château, j'ai fait l'expérience du mauvais moment de lecture. Vous savez, c'est ce moment où vous commencez un livre qui vous fait vraiment envie, mais que ce n'est pas la bonne période pour le lire. Dans le sens où la seule chose que vous souhaitez faire, bah c'est le strike, mais que c'est juste impossible. 
J'avais mes examens qui commençaient quelques jours plus tard lorsque j'ai commencé ce livre. Malgré ça, malgré le manque de temps, je l'ai dévoré. C'était trop dur de le refermer, de le continuer plus tard. J'ai fait une pause au pire moment pour pouvoir me consacrer à ce roman et qu'est-ce que c'était bon ! 

On suit donc deux personnages, Clod(ius) Ferrayor, gringalet et bizarre, mais membre de l'illustre famille des Ferrayor. Je dis illustre parce que cette famille est littéralement la reine du pétrole, elle vit dans un château à l'abri de la misère, du désordre et de la crasse du dépotoir, elle mène grand train quand on voit la vie des autres. 
Mais voilà que Clod n'a pas grand chose pour lui, en plus d'être un peu moche (il suffit de voir son visage sur la première de couv'), il est apparemment doté d'un don un peu étrange. Ce don, c'est celui de pouvoir entendre les objets donner leur nom, du moins, donner des patronymes. 

Le deuxième personnage n'est autre que Lucy Pennant, une fille un peu malchanceuse, une ado qui a perdu ses parents, s'est retrouvée à l'orphelinat et est destinée à passer sa vie dans la décharge en gros. Mais c'est sans compter sur un évènement, une petite erreur qui changera radicalement son quotidien. 

C'est par le biais d'une narration alternative que l'on apprend à connaître ces deux personnages opposés l'un de l'autre, mais très attachants dans leur manière d'être. 
Même si le gros point fort de ce volet est l'atmosphère, l'univers de l'auteur, les personnages ont aussi une place très importante dans mon appréciation. Si j'ai trouvé l'univers si abouti, si fantastique, c'est grâce à Clod et Lucy, qu'on se le dise. 


Le château d'Edward Carey, éditions Livre de poche.


Sans entrer dans les détails, il me faut souligner la créativité de l'auteur, vraiment, chapeau bas. Ce monde fantastique qu'Edward Carey a crée est absolument formidable, il est pensé du début à la fin ; il est crédible
Mais le tour de force, c'est que l'auteur parvient à rendre un monde imaginaire crédible alors que le seul lieu auquel nous avons accès dans ce premier tome, et bien comme son titre l'indique, c'est le château. La carte du château en début de volet est à cet égard très précieuse, car au fur et à mesure de la lecture, on va se perdre dans ses étages, dans ses recoins, ses cheminées comme ses greniers, bref, le château va être disséqué. 
On a donc le sentiment d'un atmosphère suffocante, poussiéreuse, pleine de suie et noirâtre, etc. seulement par le biais de la description du château. Lieu qui, comme je le disais plus haut, représente le prestige des Ferrayor et aussi la différence entre cette famille, et le reste de la population. 

C'est donc grâce à des descriptions très précises si j'ai pu entrer dans l'histoire aussi rapidement - attention, je ne veux pas dire qu'il y a trop de descriptions, Edward Carey n'est pas Flaubert ! 
Dès les premières pages j'étais partie et c'est vraiment quelque chose que j'adore : entrer dans un livre comme si on le connaissait déjà, découvrir une histoire tout en ayant l'impression d'être familière avec celle-ci.



Tout était réunit pour me plaire : un univers recherché et passionnant, des personnages attachants (peut-être parfois trop stéréotypés, surtout pour Clod, incarnant le vilain petit canard, le garçon boiteux de la grande famille respectée que représente les Ferrayors et qui se révèle finalement bien plus capable que tous les autres...) et intéressants. 
Même la mise en page m'a plue, le fait d'avoir le portrait d'un personnage ou d'un objet dont il sera question dans le chapitre à venir m'a séduit. 

Avec ce premier volet Edward Carey m'a montré son talent d'illustrateur et de romancier, il a su me passionner avec ce tome un qui se lit avec une rapidité folle. 
Le château est donc de bon augure, il donne envie de se faire le deuxième tome dans la foulée. Malheureusement, ça n'a pas été possible, mais ce n'est que partie remise ! 


"J’étais comme abandonnée, jetée, rejetée, évacuée, déchargée, tombée dans un grand trou. Petite. Toute petite. Consciente alors de ma petitesse dans ce froid obscur, consciente que je ne deviendrais jamais grande. Une miette. Une écharde. Un objet perdu. Une petite chose perdue. C’était ça. Quelque chose comme ça, mais on n’y est pas encore tout à fait : cela ne suffit pas à décrire ce que je ressentais. Être seule dans la décharge, c’est comme être mort, absolument mort, disparu, foutu, à jamais oublié de tous, une existence enterrée, inconnue sur Terre. C’est comme ça. Sauf que tu es en vie, me dis-je, sauf que tu respires, sauf que tu es là dans ce lieu sans vie, en vie avec toute cette mort qui frissonne autour de toi, au-dessus de toi, cette mort en remous."
Edward Carey, Les ferrailleurs I - Le château.




jeudi 20 septembre 2018

Série du moment - #21 Animal Kingdom (saison 3)

Et voilà, ça y est la saison 3 d'Animal Kingdom a déjà fini d'être diffusée, c'est passé vite. 
Après le gros cliffangher de la saison 2 (dont vous pouvez retrouver mon avis ici

On voit très vite que c'est terminé les moments en famille autour de la table. On comprend également que la mort de Baz a jeté un froid. Les frères semblent liés comme jamais - bon, il est vrai que Deran et Craig ont toujours été proches, mais on sent qu'il y a une véritable fraternité qui n'est plus menacé par Smurf. 

D'ailleurs, le personnage de Smurf souffre pas mal dans cette saison encore - enfin, ça reste relatif quand on apprend qu'elle est quand même la commanditaire du meurtre... - mais son personnage est bien décidé à en découdre et à remettre à sa place son petit-fils arrogant et un brin manipulateur. 
Finalement, il appartient bel et bien à la famille des Cody. Si on avait des doutes par le passé, cette saison nous confirme que le petit J est comme un poisson dans l'eau au milieu de cette famille de truands. 


Affiche Animal Kingdom saison 3.


Pope reste toujours mon personnage favori. Pour moi il est complexe, attachant et par moments, déchirant. On ne comprend pas toujours ses réactions, il est un peu malade sur les bords, mais dans le fond, il reste une personne aimante et délicate. Il n'y a qu'à voir comment il tente de s'occuper de Lena suite à la disparition de ses deux parents. 
Lena est d'ailleurs le pire personnage, vraiment s'il y en a un qui mord la poussière dans cette série, c'est bien elle. Elle se retrouve sans rien, dans un monde qui ne fait pas attention à elle, qui la force à faire ce qui la rend malheureuse, bref, son personnage est définitivement le plus pitoyable.

Pour en revenir à Pope, rapidement, c'est d'après moi le personnage qui évolue le plus, et surtout, qui se cherche. On sent qu'il veut s'en sortir, qu'il veut faire les choses bien. C'est simplement qu'on peut deviner que son enfance n'a pas été des plus faciles. Quoi qu'il en soit, la fin de la saison laisse supposer que Pope ne sera pas au meilleur de sa forme, ou en tout cas, qu'il va falloir se calmer ! 

Ensuite, mon favori est Deran. Le cadet qui cherche à s'émanciper. On le voyait déjà dans la saison précédente, par le biais de l'achat de son bar, et là encore, on remarque que son personnage murit encore un peu plus. 
Même chose pour Craig, on sent qu'il a passé un cap dans sa vie, qu'il prend en maturité, mais au-delà de ça, bah on ne peut pas dire qu'il y ait une grosse évolution dans son comportement ou autre. 

Non là ce qui nous intéresse - en dehors de Pope, bien évidemment - c'est la relation Smurf/J. Après que celle-ci lui ait donnée sa procuration pour qu'il puisse gérer son business, elle se rend rapidement compte que quelque chose cloche et qu'on a essayé de la rouler, pis, on l'a roulé. 

S'installe une forte tension entre Smurf qui suspecte J, et J qui tente de faire bonne figure bien qu'il cache de nombreux secrets. 
Comme je le disais plus haut, il est loin le temps où il était le petit nouveau, où il hésitait sur la marche à suivre. Non, là, J a décidé de devenir le grand patron et d'évincer sa grand-mère. 




Je suis pressée de voir ce que ça va donner, même si une chose est déjà certaine, ce duel au sommet risque d'être sans pitié entre Smurf qui ordonne des assassinats, et J qui décide de liquider l'avocate, on sent bien que les deux sont prêts à tout. 

Enfin, cette saison voit l'apparition d'un nouveau personnage, celui de Mia, cette jeune femme, membre d'un gang qui n'a visiblement pas peur des exécutions. Mais comment J réagira quand il apprendra qu'elle a tué son père ? 
Je n'aime pas son personnage, je le trouve arrogant et beaucoup trop à l'image des autres personnages féminins de cette série : fourbe et calculateur. 


Le scénario de cette saison m'a plus convaincu que celui de la précédente. J'ai trouvé une vraie continuité dans les épisodes, ce qui n'étaient pas le cas pour la saison 2 (selon moi). 
Egalement, la réalisation reste intéressante, sans grande prise de risque, mais suffisamment immersive pour qu'on soit prit dans l'histoire. 


Bien que la fin se termine sur une scène qui fait froid dans le dos, il va falloir attendre l'année prochaine pour voir la suite, mais au moins, que l'on se rassure, la série est renouvelée pour une saison 4, ce qui est une excellente nouvelle ! 






samedi 15 septembre 2018

Le Coin des libraires - #111 N'oublie pas, s'il te plaît, que je t'aime de Gaétan Soucy

Je crois bien que N'oublie pas, s'il te plaît, que je t'aime de Gaétan Soucy est mon premier roman canadien, plus particulièrement québécois. Et malheureusement il s'agit aussi de ma première (petite) déception de la collection Notabilia.


Gaétan Soucy se voyait dans N’oublie pas, s’il te plaît, que je t’aime en archéologue amoureux qui explore l’idéal humain. Il y mesure, examine, interprète, remue, soulève les couches concentriques des sentiments. À cette longue lettre d’un professeur à son étudiante, Gaétan Soucy souhaitait donner une réponse, que sa mort précipitée à l’été 2013 a laissé à l’état d’esquisse. Mais l’idée était lancée. C’est donc à son initiative que Suzanne Côté-Martin, Pierre Jourde, Catherine Mavrikakis et Sylvain Trudel se sont prêtés au jeu d’imaginer une réponse, en se glissant tour à tour dans la peau de l’aimée. Ce livre curieux en hommage à G. Soucy se veut d’abord et avant tout une célébration de l’écriture : car c’est bien sur la rive du littéraire que cet amour sourd et aveugle, obtus, déchiré, affolant et furieux a rejeté l’écrivain un temps frappé de silence.


Comme vous le savez sans doute maintenant, je souhaite acquérir tous les livres de cette collection, et donc forcément, tous les lire. Désormais la collection s'étend à une quarantaine, j'en possède les trois quarts et j'en ai lu à peu près un quart - je me suis fixée le challenge d'en lire un par mois en 2018, pour le moment, je tiens le bon bout !

Il est évident que certains me font plus envie que d'autres, que ce soit pour leur auteur, leur titre ou encore leur couverture. Également, je lis généralement le résumé de ceux que je ne connais pas pour me faire une petite idée. Pour N'oublie pas, s'il te plait, que je t'aime, je dois dire que j'ai été intriguée par la couverture et le pitch du livre.

J'aime assez les romans épistolaires donc déjà ça partait bien, et pourtant j'ai rapidement déchanté. Le gros point noir, c'est la tournure des phrases de l'auteur. La lettre du professeur fait à peine une soixantaine de pages, et pour moi, c'était déjà trop.
Tout du long, j'ai eu le sentiment que le protagoniste, Philippe, s'écoutait parler. La façon dont il a besoin de montrer à Amélie que lui sait mieux, que lui a l'expérience, que lui a raison, j'ai trouvé ça hyper autocentré, à la limite du pédantisme.

Je m'attendais à une lettre incandescente, à une ode à l'amour, à cette jeune femme, Amélie, étudiante, amie, amante, je n'ai rien trouvé qui s'en rapproche. Au contraire c'était pour moi très scolaire dans le sens où chacun a sa propre place, l'enseignant sait forcément mieux que l'étudiante, il est donc normal qu'il sache aussi ce qui est mieux pour elle visiblement.
Cette façon de forcer les choses, de tenter d'amener Amélie à penser comme lui parce que c'est soi-disant la bonne façon de voir, ça m'a gêné.


N'oublie pas, s'il te plaît, que je t'aime de Gaétan Soucy, collection Notabilia.


Je crois qu'il est bon de préciser que ce n'est pas la plume de l'auteur que je n'ai pas aimé, au contraire, celle-ci est plutôt agréable, parfois difficile à comprendre (j'ai dû chercher certains mots dans le dico), donc globalement plaisante. Non vraiment ce qui m'a dérangé c'est la façon dont Philippe s'adresse à Amélie, cette façon de mettre en avant sa science infuse en quelque sorte. Clairement, j'ai trouvé ça dommage et à des années lumières de l'amour tel qu'il doit être - consenti, libre et passionné (c'est véritablement le seul élément que j'ai retrouvé dans cette lettre).

Je comprends le besoin de faire comprendre à un être que l'on aime le pourquoi du comment, mais j'estime qu'il faut que ce soit une démonstration éclairée et non pas un simple prétexte pour se mettre en avant et justifier ses idéaux au dépend de l'autre.

J'aurais aimé avoir une vraie réponse de la part d'Amélie, une réponse qui soit écrite par Gaétan Soucy lui-même. Malheureusement il est décédé avant d'avoir pu l'écrire, ce qui fait de ce livre une oeuvre inachevée.
Et c'est là que je vais développer le point fort de ce livre : la pluralité des voix.
Et ce, grâce à cette proposition de l'éditeur aussi originale qu'excellente : proposer à cinq autres auteurs d'imaginer la réponse d'Amélie. Cette idée est top parce qu'elle donne un autre relief à la lettre de Philippe, elle permet de découvrir les différentes interprétations que l'on peut déduire du texte de Soucy et c'est vraiment ce qui m'a permis de sauver ma lecture.

J'ai particulièrement aimé deux lettres, celle de Sylvain Trudel (ce qui est plutôt cool étant donné que je pense bientôt lire son livre La mer de la tranquillité, publié chez Notabilia) et de Pierre Jourde. Ce sont les deux auteurs qui sont parvenus à faire sortir mon ressenti et à la retranscrire. Ils ont su mettre en avant les reproches que j'ai pu faire à la lettre de Soucy. Il y a cette phrase signé Pierre Jourde qui, à mon sens, reflète parfaitement bien la lettre de Philippe : "Ta lettre : elle oblige. Comme ta personne, en un sens, oblige."

Je pensais être passée à coté de cette histoire, à côté de sa poésie, et finalement, lorsque j'ai refermé cet ouvrage après avoir lu les cinq réponses des cinq différents auteurs, j'ai compris que je n'étais peut-être pas passé à côté de tout. J'ai compris que j'avais sûrement eu un ressenti différent de celui que je croyais avoir. Finalement, je dirais que cette lecture reste mitigée dans le sens où je n'ai pas pris un énorme plaisir à découvrir Gaétan Soucy avec ce texte, mais d'une certaine façon, ce livre m'a permis de voir les choses sous un nouvel angle, ce qui est toujours bon à prendre.



"La tentation est forte alors - et chez les meilleurs - de se croire voué à une vie petite, de s’imposer une banalité quotidienne à la manière d’une punition, de chercher refuge dans la routine, la médiocrité des jours recommencés, s’étant une fois pour toutes et sévèrement jugé inapte à mériter mieux. Nos aspirations à l’essor, à prendre notre envol, nous apparaissent alors n’avoir été que présomptions, prétentieuses démesures."
Gaétan Soucy, N'oublie pas, s'il te plait, que je t'aime.








samedi 8 septembre 2018

Le Coin des libraires - #110 Adoration de Jimmy Lévy

Quelle difficulté pour trouver les mots justes, ceux dont on sait qu'ils décriront à la perfection ce sentiment à la fois de joie et de tristesse face à un texte aussi beau que savoureux, aussi destructeur que salutaire. 


Souvenez-nous, l'année passée je vous parlais de mon coup de coeur pour Petites reines, premier roman de Jimmy Lévy, reçu grâce à la gentillesse et aux très bons goûts de Benoit, du Cherche midi. 


"Je ne sais pas comment naissent les passions, de quelle matière elles sont faites, si elles grandissent de ce qu’on y projette ou si elles claquent soudain dans l’air comme un arc électrique qui zèbre un espace inconstant. Je ne sais pas si je raconte une passion ou une défaite."
Jimmy Lévy, Adoration.


Toujours, on ne l’apprend que trop tard. On cherche à savoir par quoi ça commence. D’où c’est parti. Comment la vie se transforme en enfer. Un enfer d’amour. Une adoration.
Je ne sais pas situer un début. L’instant invisible où ça se noue. Où ça s’empare de toi. La flèche que décoche le Cupidon de service, le préposé à l’addiction, le sniper ailé. Curieuse, quand même, cette idée de flèche. Déjà un perce-cœur, une hémorragie. Déjà un goût de meurtre. Je ne sais pas si tout se joue là, en une poignée de secondes. Je ne sais rien de L. C’est la condition du désastre.

 
L souffre d’une perversion incurable, toxique, insoupçonnable au premier abord. Une pathologie sans nom qui ravage et dévore tout ce qui l’entoure autant qu’elle-même. Le narrateur, tombé fou amoureux de L, ne voit rien venir de la dévastation en marche. Il va jouer sa peau pour tenter de sauver l’insauvable, devenant à son corps défendant le complice, le mobile et la victime de la perdition de L.
De son récit fragmentaire, chaotique, surgit le tableau d’un naufrage, un autoportrait en ruines.


Autre registre, autre époque. On quitte le récit à double voix pour ne s'arrêter que sur une seule, sur le point de vue de cet homme qui va nous confier son adoration pour L, cette femme destructrice, dont leur relation est assimilable à un camion fou. 

C'est par le biais de chapitres très courts, mais aux noms significatifs (menottes, pharmakon,  résistance, pyramide...) que le narrateur va tenter de nous faire comprendre l'origine et l'histoire de cette adoration. Comment en est-il arrivé là ? Comment a-t-il pu devenir cet homme qui s'est fait arrêter par la police pour avoir frappé sa femme rachitique ? Comment a-t-il pu se faire avoir au point de frôler la prison par amour pour L ? 

Le narrateur va nous raconter leur rencontre, leur vie commune, vite devenue un cauchemar. Tout autant que la grossesse de L qui va être un vrai calvaire pour cette femme droguée aux médicaments. 
C'est une vraie pharmacie que leur appartement, un lieu où il ne fait pas bon vivre quand on a un enfant en bas âge, un lieu où l'amour n'a finalement pas sa place.

Ce qui m'a le plus touché, c'est la maladie de L, maladie pour laquelle le narrateur devra attendre un bon paquet de temps avant d'avoir droit de poser un mot dessus : la bipolarité.
C'est parce qu'il est emprisonné qu'il se voile la face, qu'il pardonne et oublie. 

On ne s'explique pas très bien cet autodestruction du protagoniste, pourquoi accepter tout ça ? Pourquoi cet homme plus vieux, divorcé, et ayant une vie des plus normales accepte de devenir un pantin, une victime de la méchanceté de L ? Ce n'est plus de l'amour, mais bel et bien ce terme dont use l'auteur pour titrer son roman, c'est de l'adoration. Le protagoniste voue un véritable culte à L lorsqu'il la rencontre, lorsqu'elle prononce les deux syllabes qui forment son nom. 


Adoration de Jimmy Lévy, éditions Cherche midi.


L'histoire est absolument géniale, on compatit avec le narrateur qui ne fait que subir au fil des pages, qui semble se résigner tout au long du récit et qui le conclut d'une manière aussi déroutante qu'évidente. Qu'aurait-il pu faire ? 

Adoration, c'est un tout, une histoire de destruction : celle de cet homme qui voulait la sauver, et celle de L qui est incapable de vivre. C'est la destruction de l'amour et des sentiments. 
La description du point de non retour.

J'ai aimé les idées de Jimmy Lévy, le fait d'écrire sur cette maladie et d'ajouter une véritable épaisseur novatrice aux personnages. Ici il est question de violences conjugales, mais ce n'est pas la femme la véritable victime, non, ici c'est l'homme lui-même qui se fait avoir, coupable avant d'être innocent. 
Il est fait comme un rat dans une société où il est très rare que l'on fasse mention des violences conjugales touchant les hommes - et oui, c'est pas parce que c'est moins commun qu'elles n'existent pas !! 

Il semble que L n'ait aucune qualité. Avant qu'elle devienne cette personne accro à ses médocs et aussi toxique que de l'arsenic, elle apparaît comme un personnage un peu fantomatique, du moins fantasmé, où on observe déjà le début de la fêlure. 
Qu'elle veuille se détruire, qu'elle veuille avoir le corps de la taille d'une brindille et le besoin de se droguer en permanence la regarde, mais les chapitres sur la grossesse sont révélateurs du tempérament du personnage. 

À la dernière page on s'interroge, est-il réellement la seule victime de cette histoire ? ne sont-ils pas tous des victimes à leur échelle ? après tout, bien qu'elle soit répugnante dans sa façon d'être, L n'est-elle pas carrément affligeante ? cette façon de vivre, cette nécessité de s'enfiler des médocs par dizaines, n'est-ce pas cela le plus triste ? 
Pour moi ça l'est, tout autant que ce petit garçon dont on entend finalement très peu parler, mais pour qui on est obligé de ressentir de la compassion. 
Comment pourrait-il vivre avec une mère aussi toxique ?


"Tout ce qui s’écrit de la passion est un faux en écriture, un plagiat édulcoré, un arrangement, l’enluminure épique d’un texte hermétique qui ne se donne pas à lire, dont çà et là affleurent seulement des aspérités et des leurres. La passion est imprenable, c’est elle qui prend. Toute tentative de roman est une passion. Cendres en pages. Pages en suaires."
Jimmy Lévy, Adoration.


Adoration, c'est une écriture à couper le souffle. Si l'histoire m'a énormément touchée de par son propos et ses idées, c'est l'écriture qui m'a bouleversée, qui m'a retournée l'estomac. Une écriture élégante, délicate en même temps que bourrue et tranchante. Le style de Jimmy Lévy m'hypnotise. C'est assez étrange comme émotion. 
On passe de l'amour à la haine en quelques mots. On est à la place de ce narrateur sans nom et on est charmé, charmé par cette femme séduisante bien qu'on sache qu'elle est de celle qui s'enfile des cachetons comme des bonbons, qu'elle est de celles qui vivent en noir et se lève à 15h.  

Adoration, ou l'occasion de montrer le ravage de la passion, le tragique d'une relation. C'est une fin nécessairement atroce après la découverte d'une histoire tumultueuse, mêlée de coups de folie et de coups de déprime. C'est la mort dans l'amour. Ou l'amour dans la mort ? 



Deuxième roman, deuxième coup de coeur, Jimmy Lévy est un auteur à suivre. Un auteur à l'écriture merveilleuse et magnétique. 
Décidément un de mes auteurs contemporains favoris. 












mercredi 5 septembre 2018

Séries du moment - #6 Septembre 2018

Cela fait longtemps que je n'ai pas écrit un article pour vous parler de plusieurs séries. Je ne sais pas encore si je vais vraiment reprendre ce type d'articles ou non, à voir si j'ai le temps !
Il y a certaines séries que vous verrez dans un article complet, mais pour ces séries-là, disons que je n'avais pas trop le temps d'écrire un article entier dessus.






Mes séries favorites font généralement l'objet d'un article - c'est le cas par exemple pour Killing Eve  (dont je vous parlerai très bientôt !) ou encore Animal Kingdom. Pour d'autres, j'ai raté le coche (c'est, entre autre, le cas pour la saison 2 d'American Crime Story dont je ne vous ai pas parlé, mais que j'ai adoré !) 


J'ai cette fois choisi trois séries très différentes, mais qui ont le point commun d'être des séries que je regarde en ce moment (ou que je viens tout juste de terminer) et qui me plaisent, forcément - je n'ai déjà pas le temps de vous parler de toutes les séries que j'aime, ce n'est pas pour m'attarder sur celle que je n'aime pas...



  • Orange is the New Black (saison 6)


Il est loin le temps où je vous parlais de cette série avec assiduité. Si mes souvenirs sont bons, je vous ai parlé de la saison 2 et de la 4 (mon article est d'ailleurs dispo ici). J'ai voulu écrire un article sur la cinquième l'année dernière et finalement, je n'étais pas si emportée. 
Ce n'est que partie remise puisque je vous parle de la sixième saison, dernière sortie en date et probablement l'avant-dernière de la série si les rumeurs disent vraies. 

Après avoir été globalement déçu par la saison 4, j'avais trouvé la 5 un peu meilleure, mais ce n'était pas encore ça. Il faut dire que j'ai tellement aimé le début de la série que je trouvais que celle-ci s'essoufflait.
La saison 6 est pour moi une saison de renouveau dans le sens où on découvre d'autres choses, on quitte Lichfield pour un terrain bien plus dangereux. On sort de la zone de confort que l'on suivait depuis cinq ans en fait.

Cette saison tient toutes ses promesses. On se retrouve au QHS (Quartier de haute sécurité). Grosso modo, c'est le lieu où vont les "pires criminels" (meurtriers, violeurs, membres de gangs pour beaucoup) et c'est le lieu où vont être envoyés les filles.
C'est la découverte d'un nouvel environnement, de nouveaux gardiens (en plus des anciens), c'est l'insertion de nouveaux personnages, bref, cette saison est celle de la nouveauté et j'ai adoré !


Orange is the New Black,  6x13.


Pour dire les choses rapidement, j'en avais ma claque de Piper, c'est vraiment le personnage que j'aime le moins et de la voir se la jouer petit chef, un peu nazi sur les bords, c'était pathétique. Là, on retrouve son personnage changé, elle ne veut plus faire de vagues, elle veut passer le temps qu'il lui reste avec Alex et s'en sortir.
Même si j'ai trouvé son personnage plus intéressant, elle reste un des personnages qui a le moins de caractère pour moi.
Je préfère mille fois Nicky, Suzanne ou encore le nouveau duo Cindy/Gonzalez. Même si ma préférence va à Daya (son personnage est un de mes favoris depuis le début de la série) ou encore Taystee qui avait déjà une place de choix dans la saison 5.

Le personnage de Taystee est l'occasion de mettre en avant les failles dans le système judiciaire américain. Ça a beau être connu et reconnu, on ne peut s'empêcher de trouver les méthodes douteuses et même parfois carrément scandaleuses puisqu'injustes - déjà, quand tu sais que c'est à toi de prouver ton innocence, c'est qu'il y a un problème...
Elle est accusée d'un meurtre qu'elle n'a pas commis, prend le risque d'aller jusqu'au procès pour prouver son innocence, elle risque la perpétuité si ce n'est la peine de mort pour un crime qu'elle clame ne pas avoir commis - et dont elle n'est accusée que par des preuves indirectes...

Son personnage m'a une fois encore déchiré le coeur. Je trouve qu'il est un des plus étoffé et un des plus attachants de tous, et pourtant, il y en a des personnages dans cette série !

Pour ce qui est du dernier épisode de la saison, je l'ai trouvé limite. La sortie anticipée de Piper m'est passée au dessus. On fait toute une histoire de son personnage alors qu'en réalité il fait vraiment partie des moins intéressants. C'est vraiment dommage étant donné que c'est elle qui était censée porter la série - tout part d'elle quand même.

Par contre la fin avec Flores a fait naître le même sentiment d'injustice que lors du procès de Taystee, ces images sont déchirantes et je suis pressée de connaître la suite !
Enfin, j'ai énormément aimé le personnage de Caputo. Je le trouvais déjà meilleur dans la saison précédente, mais ça y est, il a fini de me convaincre. Pour moi il est devenu un personnage intéressant et complexe et non plus seulement le patron de la prison qui se fait ses supérieures.

En bref, une saison bien plus prometteuse que les précédentes, un vent de nouveauté sur une série qui, pour ma part, commençait sérieusement à s'essouffler. Je ne vois pas comment la saison 7 pourra débuter étant donné la fin de celle-ci, mais je suis prête à attendre l'été 2019 pour le découvrir.





  • 3% (saison 2)


Pour rester dans la veine Netflix, je vais désormais vous parler de la série brésilienne 3%, dont la saison 2 est sortie depuis quelques mois maintenant.
J'avais bien aimé la saison 1, disons plutôt que je l'avais trouvé intéressante dans son propos et que j'étais intriguée par le fait que la série soit brésilienne - une première pour moi.

J'ai attendu l'été pour la regarder, histoire de pouvoir enchaîner si l'envie se faisait sentir.
Et ben, on peut dire que j'ai bien fait. J'ai littéralement mangé les épisodes - bon après il n'y en a que 10...

De prime abord j'ai eu du mal à tout remettre dans le contexte, à me souvenir du passé des personnages, etc. mais ça revient vraiment rapidement.
Franchement, s'il y a une seule raison pour laquelle je regarde cette série, c'est bien pour son scénario ! Je trouve la réalisation pas mal, mais pas transcendante, on va dire qu'elle fait son travail. Le jeu des acteurs est assez, hum, particulier, ce qui est sans aucun doute dû au fait que je ne suis pas du tout habituée au cinéma brésilien.

Si vous aimez les dystopies je ne peux que vous la conseiller, les décors sont réalistes et en même temps on comprend que ce n'est pas exactement à notre époque - leur technologie est bien plus développée que la nôtre. On en apprend beaucoup plus sur la genèse de l'univers dans la saison 2, qui est réellement à l'origine de l'Autre rive, pourquoi celle-ci a été conçue, etc.

Néanmoins, ici même chose pour que Orange is the new black, le personnage principal Michele (Bianca Comparato) est à mon sens un des moins intéressants. On la suit trop, elle est trop égoïste, trop naïve, en bref, elle m'énerve. En revanche, d'autres personnages sont intéressants dans leur traitement, Fernando (Michel Gomes) en tête.

Au final je ne sais pas trop si c'est une série réellement connue, oui elle est diffusée sur Netflix, mais ça reste une production étrangère et elle est loin d'avoir fait autant de bruit que La Casa de Papel (également diffusée sur Netflix, mais qui est à la base une série espagnole, diffusée sur une chaîne espagnole, Netflix n'a fait que racheter les droits de diffusion).

Finalement, ce qui compte le plus est qu'elle soit suffisamment regardée et appréciée pour avoir droit à une saison 3 et vu la fin de la deuxième, je suis pressée de voir où le 105e Processus va nous mener, comment le marché de Michele avec Nair va pouvoir devenir quelque chose d'intéressant pour le Continent - là, pour moi, elle s'est seulement faite entuber pendant que Fernando a risqué sa vie pour des clopinettes.

Pour tous ceux qui aiment les dystopies ou qui veulent simplement découvrir de nouveaux horizons avec une série qui n'est ni européenne ni nord-américaine, n'hésitez plus et donnez lui sa chance !!


3%, 2x10.




  • Preacher (saison 3) 


Il m'est impossible d'écrire un article sur mes séries du moment sans vous parler de Preacher.
Je me rends compte que je n'ai encore jamais parlé de cette série sur le blog, honte à moi !

Pour dire les choses rapidement on va suivre trois personnages, le protagoniste : Jesse Custer (Dominic Cooper) est un révérend (fils de révérend) qui, dans la saison 1, a perdu la foi.
À côté, on trouve le personnage de Tulip O'Hare (Ruth Negga) qui n'est autre que l'ancienne petite amie de Jesse, celle avec qui ce dernier a fait des braquages et autres casses par le passé.
Le dernier et non des moindres : Cassidy (Joseph Gilgun), qui lui, est, eh bien, c'est un vampire !

C'est avec ces trois personnages que l'on va rencontrer l'univers complètement déjanté dans lequel nous entraîne Seth Rogen, Evan Goldberg et Sam Catlin.
C'est tout ce qu'il y a de plus décalé avec une histoire loufoque et hilarante - pour celles et ceux qui suivent, je pense au dalmatien qui n'est autre que... -.

Série excellente dans son traitement que ce soit du point de vue de la réalisation qui est dynamique, immersive, avec un directeur de la photographie franchement bon.
Le scénario est inspiré d'un comics du même nom, du coup bah de ce point de vue là on suit surtout l'histoire écrite par Ennis Garth et Steve Dillon. Enfin après pour ce qui est de la saison 3 je ne sais pas si c'est toujours inspiré ou non, pour ça, il faudrait que je lise le comics.
Quoi qu'il en soit l'histoire est dingue, on ne s'ennuie pas une seule seconde tellement ça part loin, tellement c'est tordant.
Tout est pris au second degré si bien qu'on n'est même pas choqué de retrouver Hitler en enfer, lorsque le jeune Eugène s'y retrouve par erreur.

Je ne veux pas dévoiler les secrets de la saison 3 - j'en ai déjà dit beaucoup sur la deuxième - au cas où certains n'auraient jamais vu la série, mais sachez que la fin de la saison est tout autant prometteuse que les deux premières. Je croise les doigts pour que celle-ci soit renouvelée pour une saison 4, elle le mérite bien plus que d'autres séries à mon humble avis.

Honnêtement, j'avais trouvé la saison 1 assez, prometteuse disons. Intéressante, mais j'étais pas tout à fait convaincue. Puis j'ai vu la 2 et là ! quelle saison, quelle série ! C'était génial et la troisième est dans la continuité : une véritable tuerie !

Après l'avoir recommandé à mon entourage autour de moi, je ne peux que vous conseiller de la mater, juste pour avoir sous la main une série tantôt sérieuse, tantôt complètement barrée. Une série où, dans la réalité, s'immisce des vampires, un pouvoir divin que l'on nomme Genesis, un Dieu qui manque à l'appel et un descendant direct de Jésus aussi débile qu'une plante !



Preacher, 3x10.







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