mercredi 25 novembre 2020

Une putain d'histoire de Bernard Minier

Lorsque j’ai reçu ce livre à Noël (2019) j’étais mi-figue mi-raisin. Ayant beaucoup aimé Glacé j’étais au départ partie pour continuer sur ma lancée avec l’exploration des aventures du commandant Servaz. 


Puis j’ai reçu Une putain d’histoire, un one-shot de Bernard Minier toujours. 

Je suis entrée dedans comme on entre dans un bon bain chaud : rapidement et avec plaisir.


Ce thriller raconte l’histoire de Henry, le narrateur qui n’est autre qu’un adolescent de seize ans vivant sur une île appelée Glass Island, à la limite entre les États-Unis et le Canada. Dès les premières pages un drame survient : Henry prend tous les jours le ferry avec ses amis afin de se rendre au lycée, mais voilà qu’un jour Naomi, sa petite amie, souhaite prendre ses distances. Et voilà que le lendemain, Naomi a disparu, pis, elle est retrouvée morte, échouée sur la plage, prisonnière d’un filet de pêche. 


Qui a bien pu tuer la belle Naomi ? Henry, en coupable tout désigné va-t-il parvenir à renverser la tendance ? Lui et ses amis, en apprentis enquêteurs seront-ils capables de démêler le vrai du faux ? 


C’est un véritable page-turner que nous a pondu Bernard Minier avec ce roman. On suit alternativement différents protagonistes, si bien que différentes pistes s’offrent à nous. Minier parvient avec brio à perdre son lecteur parmi la ribambelle de personnages, tous en apparence aussi coupables les uns des autres.


C’était amusant et prenant de suivre cette affaire, de se méfier de tous, même du narrateur - après tout, ce ne serait pas la première fois qu’un narrateur est un menteur n’est-ce pas ? 

Alors personne n’était laissé de côté, tous pouvaient être coupables. 

Alors j’ai continué d’enchaîner les chapitres, de tourner les pages si vivement que le roman a été avalé et digéré. 


Cette histoire m’a beaucoup fait penser à Shutter Island de Dennis Lehane. Sans doute à cause de cette couverture qui décrit parfaitement bien l’ambiance du roman : une mer agitée, une météo pluvieuse et orageuse. Bref, il ne fait pas forcément bon vivre sur Glass Island. 

Et puis à cause de Henry aussi, même s’il n’a rien à voir avec Teddy. Ceux qui l’ont lu comprendront, pour les autres, je préfère vous laisser la surprise. 


Parce qu’Une putain d’histoire est un thriller intelligent. Possédant quelques longueurs ici et là (principalement lorsqu’on suit d’autres personnages comme celui de Noah) mais au-delà de ça, il se laisse dévorer jusqu’au dénouement final, jusqu’à ce dernier chapitre deux ans après les faits. 

Ce chapitre m’a plu. Il a confirmé mes doutes du tout début, jusqu’à ce que j’abandonne cette piste pour me perdre dans les autres. Il faut croire en son instinct, voilà ce que m’a rappelé ce livre, de toujours se fier à son idée première parce qu’au final, elle pourrait s’avérer être la bonne. 


Je ne peux en dire plus sans en révéler de trop. Pour tous les fans de thriller, de roman policier et j’en passe, cette histoire est faite pour vous. Elle démontre qu’en France aussi on a des pointures du genre. Elle démontre qu’une bonne histoire, c’est avant tout de bons personnages et un bon cadre. Bernard Minier, en menant tout le monde en bateau réussit magnifiquement bien à traduire la peur, la culpabilité, le mensonge, et la manipulation. 









dimanche 22 novembre 2020

Le Coin des libraires - Les Sorcières du clan du nord I. Le sortilège de minuit & II. La reine captive d'Irena Brignull

Comment ne pas craquer pour cette couverture ? Et puis ce titre aussi. Si comme moi vous aimez les sorcières, il faut vous procurer ce premier tome d'une saga (est-ce juste un diptyque où y aura-t-il un troisième volet ?) 

Je me suis décidée à craquer pour Les Sorcières du clan du nord d'Irena Brignull à cause de la sortie du deuxième tome, et aussi parce que j'aime beaucoup lire de la jeunesse en été. Chez moi, c'est une période propice au genre fantastique et au polar/thriller, il n'est donc pas étonnant si j'ai lu ce premier tome. 



Dès les premières pages on sait à quoi s'attendre : Poppy et Clarée sont nées le même jour, leur place ont été échangées si bien qu'il est difficile de vivre puisqu'elles n'ont pas la place qui devrait leur revenir. 
On suit beaucoup plus Poppy que Clarée, pour mon plus grand bonheur. J'ai trouvé le personnage de Poppy certes un peu stéréotypé (comme la plupart du temps lorsqu'il s'agit de jeunesse/young adult) mais néanmoins plus profond que celui de Clarée. Cette dernière m'a souvent ennuyée à cause de son ignorance, mais surtout par sa naïveté. Elle est gentille, tout ça, tout ça, mais on dirait une gamine de 10 ans, c'était parfois trop abusé. 

Poppy est pour moi l'image de l'adolescente solitaire, mais extrêmement fort, celui qui souffre, mais qui s'en sort seule malgré tout. Du moins jusqu'à sa connaissance avec Léo. Le traitement de son personnage m'a semblé bien plus recherché que pour celui de Clarée, que ce soit dans sa relation au monde, avec ses parents ou même avec Léo. 
Je comprends pourquoi celui de Clarée est moins étoffé - ça s'explique du point de vue de son passé, de son éducation, de sa vie en général - mais j'aurais aimé pouvoir m'attacher à elle et non pas la voir comme une petite soeur envahissante et possessive. 


L'enjeu dans ce tome est relativement simple : une prophétie a été récitée il y a de nombreuses décennies disant qu'une Hawkweed deviendrait la reine. Les deux soeurs Hawkweed, Crécerelle l'aînée et Charlock la cadette ont toutes les deux des filles, mais Crécerelle décide que sa fille sera l'heureuse élue.

Sans réelle surprise sur l'issue, j'ai pris du plaisir à découvrir Poppy vivant dans le monde des humains (nommés ivraies par les sorcières) et Clarée, vivant dans celui des sorcières. Comme on s'y attend on trouve des thèmes tels que le rejet ou encore la solitude. 
Les personnages tentent de faire rentrer les bonnes pièces du puzzle afin d'arriver à quelque chose qui soit normal, afin que la mère de Poppy retrouve sa fille et sorte enfin de son mutisme et de sa pseudo folie. Afin que Poppy occupe la place qui lui revient de droit, etc. 

Au-delà de ces deux filles, j'ai énormément aimé Léo, il m'est apparu comme le meilleur personnage puisque c'est pour moi le plus prometteur. Sa vie dans la rue est intéressante, mais il manque cruellement de profondeur - ce que l'auteure a sans doute souhaité pour pouvoir lever les zones d'ombres de son passé.

Sa relation avec Poppy est tout simplement magnifique, ils sont tous les deux inadaptés socialement, mais ils se comprennent et s'aiment sans même se connaître. 
En revanche, gros point négatif pour le triangle amoureux. Ça se sentait à 100 km et c'est tellement dommage. Pourquoi faire un triangle amoureux sérieux ? Pourquoi faire en sorte qu'un personnage souffre inutilement ? (là, en l'occurrence, Clarée et Poppy tour à tour). 


La fin m'a laissé pantoise. J'étais certaine que Léo cachait quelque chose, qu'il ne pouvait pas être séparé de Poppy pour la simple et bonne raison qu'elle est une sorcière et lui un simple humain. Dès les premières pages j'ai eu des doutes sur lui et ces doutes se sont révélés être vrais par la suite. 
Je n'ai qu'une hâte, ouvrir le deuxième tome et voir comment Poppy et Léo vont bien pouvoir se retrouver. Mais aussi voir comment Poppy va prendre possession de ses pouvoirs.

Il me reste encore beaucoup de choses à apprendre et j'ai très envie de lire le deuxième tome, mais j'ai un peu peur que ce soit la fin, que l'auteure ait seulement écrit deux volets. 
Ça me semble bien mince pour conclure une histoire comme celle-ci, surtout lorsqu'on arrive au bout du premier tome et que pleins de questions restent en suspens. 


Vous avez lu ce livre ? Il vous fait envie ? 


Elle avait souvent rêvé de se laisser emporter par le courant vers un avenir meilleur. Et voilà qu’elle se tenait devant l’avenir, qui était devenu son présent. 



  • Les Sorcières du Clan du Nord II.  La reine captive 


Après avoir apprécié ma lecture du premier volet, j’ai attendu quelques mois avant de me plonger dans la suite (et fin) des aventures de Poppy, Clarée, Léo et les autres. 


La fin du premier tome laissait penser que les retrouvailles étaient désormais impossibles, mais il ne faut pas parler trop vite n’est-ce pas ? 



Une fois la prophétie vérifiée, Poppy n’est plus maître de son destin, elle doit accepter la réalité, elle est la gardienne et protectrice de ses soeurs sorcières, qu’elle le veuille ou non. 


Il en va de même pour Leo, qui, contre attente, se révèle être lui aussi un sorcier.

J’ai aimé cette idée, le rôle des hommes, bannis de la communauté des sorcières (tués, avant même d’être portés à terme), interroge sur la discrimination et la peur. La peur d’un autre qui n’est pas biologiquement comme soi, d’un autre qui pourrait être une menace pour les femmes. 


Ce livre, je l’ai dévoré, mais à dire vrai, je ne sais pas trop pourquoi. 

Il se lit très bien, le style est toujours agréable et Irena Brignull a un don pour nous donner envie d’en savoir toujours plus.

Au-delà de ça ma lecture ne m’a pas franchement emballée. 


Trop de longueurs, d’apitoiement, de répétitions. 


Je n’ai pas retrouvé la magie du premier tome, voilà tout. 

J’ai espéré pour Poppy et Léo, j’ai eu de la peine pour Clarée, reléguée au second plan par tous. Mais ça s’arrêtait là, et c’est bien dommage quand on voit que le premier tome était bien plus construit et intéressant. 


Après je dois dire que j’ai beaucoup aimé la présence de Badiane. Les flash-backs avec Charlock aussi, j’ai trouvé que c’était pertinent, mais justement cette idée m’a plus enthousiasmée que l’histoire de Poppy et Léo, ce qui n’est pas normal quand on sait que j’ai adoré suivre ces deux personnages dans le premier tome ! 


Ce livre n’est pas mauvais, il est même plutôt bon si l’on considère que c’est pour la jeunesse et qu’il n’y a pas de grands enjeux. Mais malgré ça, je garde un petit goût d’amertume. Cette histoire aurait pu être grandiose — elle est juste bien.  


Il ne sert à rien de s’étaler plus encore. Il y a des livres où on a beaucoup de choses à dire, d’autres où on en a beaucoup moins, La reine captive, le deuxième volet des Sorcières du clan du Nord fait partie de ceux-là. 


Vous avez-lu ce diptyque ? ou même entendu parler ? 






mercredi 18 novembre 2020

Contagion de Lawrence Wright

 « Pourquoi avons-nous cru que notre époque moderne était immunisée contre les assauts du microbe, fléau le plus fourbe et implacable de toute l’humanité ? »


Certains diront qu’il faut être fou pour lire ce genre de livre au regard de la situation actuelle. 

D’autres diront que cette lecture a le mérite d’être dans l’air du temps.


Pour ma part j’étais assez intriguée par Contagion, du journaliste — lauréat du Pulitzer en 2006 pour un essai sur le 11 septembre —, Lawrence Wright


460 pages pour raconter la catastrophe, mais surtout 460 pages pour apprendre des choses ! 


Je crois que c’est bien la première fois que j’ai lu un thriller avec un crayon à la main. J’ai mis en exergue certains passages qui me paraissaient intéressants pour ma culture générale. L’auteur retrace un panorama des principaux virus, par exemple il s’arrête beaucoup sur la grippe espagnole, mais aussi sur Ebola. 


Pour une personne qui, comme moi, est très loin du domaine de la santé, j’ai appris énormément de choses et c’est ce qui fait la grande force de ce roman ! 

Ça, et son côté addictif ! 


En suivant Henry Parsons, épidémiologiste, le lecteur est entraîné au coeur de la pandémie autant que sur l’histoire des virus — combien de morts il y a eu, comment on a pu arriver à l’éradiquer ou comment un vaccin a-t-il pu être mis en place… 


Concernant l’aspect « prophétique » de l’oeuvre, il est vrai qu’il y a bon nombre de points communs entre la pandémie dans le roman et notre virus. Cependant il fait bien avoir à l’esprit que ce livre est un roman, un thriller apocalyptique, avec bien plus de morts que n’en fait le covid. 

Ici aussi le virus s’en prend aux poumons, ce qui créer une sorte d’hystérie générale : le virus est dans l’air, comment faire, dès lors, pour lui échapper ? 


Mais je trouve dommage de le réduire à ça car ce n’est pas uniquement une histoire de pandémie, c’est aussi une histoire de rivalité entre pays, de tensions entre pays. L’aspect politique est très présent et bien amené — je n’aime pas les romans où la politique tient une place importante donc si je dis ça, c’est vraiment que l’auteur a bien fait son boulot ! 


Et puis c’est aussi un formidable roman sur l’écologie mais aussi sur la protection des espèces. 

J’ai adoré les interrogations, les accusations autour de l’usage des animaux dans le cadre des essais cliniques. C’est un vrai débat et je trouve courageux de l’aborder de manière aussi frontale. 

Plus que la pandémie en elle-même, ce qui m’a fait froid dans le dos avec ce roman, c’est les prémisses de la guerre bactériologique. C’est effrayant mais malheureusement j’ai bien peur que ce soit réaliste…


Contagion est un page turner bien maîtrisé. Certains événements vous laisseront pantois parce que d’une brutalité inouïe. Quoi qu’il en soit on veut connaître le fin mot de l’histoire, on veut savoir si Henry et sa famille vont réussir à s’en sortir. On veut savoir à quoi le monde va ressembler malgré tout. 


Vous laisserez-vous tenter ? 





dimanche 15 novembre 2020

Miarka d'Antoine de Meaux

Miarka nous a quittés, mais ce livre, nourri de l’héritage qu’elle nous a laissé, est très exactement le contraire d’un tombeau. Il est le portrait d’une jeune fille vivante comme il en surgit toujours lorsque la France verse dans le fossé, pleine de courage et d’émotion, dont la beauté nous touche profondément.

Denise Jacob a 19 ans lorsque Nice est envahie. Deux possibilités s’offrent à elle, se cacher à l’instar de sa famille, ou bien prendre les armes et se battre pour la liberté. 

Fille cadette, elle est l’aînée de Simone Jacob, bien plus connue aujourd’hui sous le nom de Simone Veil.


En retraçant le parcours de Miarka, ce nom d’emprunt afin de cacher sa véritable identité, Antoine de Meaux entraîne le lecteur au sein de la famille Jacob. 


Si cette biographie est un magnifique hommage au courage et à l’abnégation de cette femme, Denise, elle est aussi une façon de retracer l’existence plus ou moins connue (tout dépend si vous avez lu Une vie de Simone Veil notamment) de toute la famille. 


Comme il le souligne dans les remerciements, Antoine de Meaux a pu chercher et citer des lettres ou des écrits personnels de la famille. 

Ainsi on trouve énormément de lettres du temps de la séparation, soit de fin 1943, quand Denise a choisi de partir s’engager dans la Résistance aux côtés du mouvement lyonnais des Franc-Tireur, à mi-mars 1944, date à laquelle la famille Jacob a été arrêtée puis déportée. 

Miarka, elle, après avoir pris d’énormes risques, se fait arrêter en juin 1944 et est déportée à Ravensbrück. 


Dans son autobiographie Simone Veil mentionne la déportation de sa soeur, mais ne peut entrer dans les détails. On sait qu’elle-même a été envoyée à Birkenau avec sa mère Yvonne et sa soeur aînée, Milou. 

L’expérience concentrationnaire est tout à fait différente entre les deux camps, mais aussi parce qu’elles n’y sont pas envoyées pour les mêmes raisons. 

Jusqu’au bout Miarka cachera son identité, se faisant passer pour une résistante et non pas une juive, ce qui fait une immense différence dans les camps…


Après avoir fait preuve d’un sublime courage au sein du camp pour défendre les plus faibles — Sarah Helm le disait elle-même, Denise Jacob a pris la place d’un des « lapins » de Ravensbrück, au risque d’y perdre la vie, pour protéger ces pauvres polonaises à l’agonie suite aux expériences menées sur elles…

Jusqu’au bout Miarka, par un grand sens du patriotisme, est prête à tout pour aider les autres. 


Après quelques mois elle est envoyée dans un convoi de « Nuit et Brouillard » - c’est-à-dire avec des « ennemis de l’Allemagne » destinés à mourir secrètement - direction Mauthausen. 

La seule raison qui lui a permis de s’en sortir c’est l’avancée des troupes américaines. Le 5 mai 1945 le camp est libéré. 


Denise retourne en France, seule. Elle sait que ses soeurs et sa mère ont été déportées ensemble… et elle retrouve finalement ses deux soeurs, mais pas sa mère.

Ni son père, ni son frère, dont en substance, nous ne savons quasiment rien. 


Il va s’agir à présent de se reconstruire, de vivre malgré tout. Et puis elle rencontre Alain Vernay avec qui elle se marie et vivra jusqu’à la fin. 

Malgré tout la famille s’éloigne, la faute à des expériences traumatisantes, la faute à des non-dits. 

Denise veut savoir, elle veut savoir comment sa mère les a quittés, elle veut partager son expérience avec ses soeurs. Très proche de Milou, dont l’auteur nous reproduit les lettres, elle n’aura jamais eu le temps d’aborder le sujet avec elle.


Finalement l’auteur retrace la fin de sa vie, sa collaboration avec Germaine Tillon, elle aussi déportée à Ravensbrück, puis son travail pour la Fondation pour la mémoire de la déportation. 


C’est avec une larme à l’oeil que je remercie Antoine de Meaux pour avoir écrit ce livre. Miarka est un texte biographique exceptionnel !

On parle énormément de Simone Veil, et à raison ! Mais c’est oublier qu’il y a eu sa soeur qui s’est battue pour la liberté, prête à donner sa vie pour les autres, pour la France. 

En s’arrêtant sur les membres de la famille, on apprend vraiment des choses intéressantes sur l’état d’esprit de chacun. J’ai adoré les citations des textes d’André, le père, par exemple. 


Et surtout, surtout, la pudeur qui ressort des mots choisis pour parler de Jean, ce jeune homme disparu trop tôt et dont le portrait apparaît en filigrane tout au long du texte…


J’aurais envie de dire que ce livre devrait être mis entre toutes les mains (parce qu’il le devrait !), mais disons qu’il est à lire pour ceux qui s’intéressent à Simone Veil, à son parcours et à sa famille. Il est à lire pour ceux qui veulent en savoir plus sur la période mais aussi sur ce que c’est d’être résistante à 19 ans en France en 1943-44 ! 

Cet aspect-là, il est absent d’Une vie, et il tient une place intéressante dans Miarka — quelle différence y a-t-il entre être déporté pour faits de résistance et être déporté pour sa judéité ? 

Pour elle, comme pour l’ensemble des anciens déportés, la transmission de la mémoire, à l’heure où le soir tombait sur sa génération, était un enjeu capital. Un motif d’inquiétude aussi. En 1939, alors qu’il préparait déjà la « solution finale », Hitler a eu cette phrase terrible : « Qui donc parle encore aujourd’hui de l’extermination des Arméniens ? » Qui parlera, et comment parlera-t-on, quand les voix de ceux qui furent les témoins des camps se seront tues ?






 

mercredi 11 novembre 2020

La Danse de Martha de Tom Saller

Pour moi, le passé est devenu présent — et peut-être m'ouvre-t-il un avenir autre que celui auquel je me croyais destiné.

Au début des années 20 la jeune Martha vit dans son petit village de Pologne aux côtés de ses parents et de l’ami de la famille, Wolfgang. Entourée par une famille de musicien la jeune fille se cherche, elle qui ne sait exactement ce qui l’habite. 




À l’étroit dans cette ville, elle fait le choix de partir pour rejoindre Weimar, là où se trouve le Bauhaus, l’école d’art créée par le fameux Walter Gropius. 

Là-bas, Martha découvrira une vie insoupçonnée et laissera libre court à ses envies. 


Parallèlement à l’histoire de cette femme qui a croisé les plus grands de son époque, à l’instar de Kandinsky, on suit l’arrière petit-fils de cette femme qui a mis la main sur le carnet de Martha, au début des années 2000. 


Cette alternance permet de brosser une image de la fille devenue femme. Ce qu’elle est devenue jusqu’à sa mystérieuse disparition en 1945, et la raison pour laquelle la grand-mère du narrateur, décédée il y a peu de temps, ne parlait jamais de son enfance. 


Tom Saller nous plonge au coeur de l’Histoire grâce au point de vue de Martha. En nous plongeant dans l’effervescence des années 20, l’auteur raconte autant l’histoire du Bauhaus que celle de Martha. 


En instaurant une alternance de temporalité et de points de vue, il créer un suspense qui ne disparaîtra véritablement qu’à la fin, même si on peut s’y attendre. 


La Danse de Martha est un premier roman réussi. En privilégiant des phrases courtes, l’auteur traduit de l’urgence de percer le mystère de cette femme, de lui rendre hommage. Parce qu’en lui rendant hommage, c’est à toute une génération que Tom Saller s’adresse. À celles et ceux qui, entre-deux-guerres, ont oeuvré pour donner à l’art un nouveau visage. Non plus celui, austère des Beaux arts, mais celui d’une conception de l’art comme un artisanat. 


Martha est une jeune fille touchante et pour laquelle on se prend rapidement d’affection, mais au-delà de cette femme et de son histoire, c’est l’époque en elle-même qu’il m’a plu de découvrir, d’autant plus que l’auteur a effectué des recherches très précises sur l’époque. 


À lire pour ceux qui aiment les récits autour de l’art, de l’histoire de l’art, ainsi que les secrets de famille. 

Le coeur ne devrait pas se laisser induire en erreur par la crainte.


La Danse de Martha de Tom Saller, traduit par Isabelle Liber aux éditions Charleston. 








dimanche 8 novembre 2020

Histoires de fantômes du Japon de Lafcadio Hearn et illustré par Benjamin Lacombe

 « Et je songeai tout de suite à la mort, car la beauté n’est parfois qu’un deuil par anticipation. »

« Le Songe d’un jour d’été »



Benjamin Lacombe est un des artistes que j’affectionne beaucoup (comme beaucoup d’autres personnes), si bien que je suis une vraie fana de son travail, en particulier chez les éditions du Soleil. 


L’année dernière il n’était plus question d’illustrer un classique (comme ça a été le cas pour Poe, Carroll, Hugo ou même Mérimée), mais de s’intéresser aux légendes, au folklore d’un certain pays : le Japon. 



On a tendance à toujours parler de Benjamin Lacombe mais trop peu des auteurs qui sont à l’origine du texte, des mots destinés à s’assembler, à épouser les dessins. 


Ici l’auteur est Lafcadio Hearn, écrivain irlandais du 19e siècle, et l’un des premiers étrangers à obtenir la nationalité japonaise. 

Hearn, en amoureux du pays du soleil levant, compose de courts textes racontant les yôkai, des histoires traditionnelles de fantômes japonais. Ce sont ces histoires qui peuplent ce premier livre — qui sera suivi d’un deuxième intitulé Esprits et Créatures du Japon, à paraître fin novembre ! 


Au nombre de dix, les histoires sont différentes les unes des autres, malgré qu’elles traitent toutes de fantômes.


Ainsi la première « Le Songe d’un jour d’été » nous entraîne 14 siècles plus tôt en sachant que les légendes ont été écrites au 19e siècle, on est donc, grosso modo, au 5e siècle. 

Le fantastique apparaît dès le début grâce à l’apparition d’une magnifique fille sur l’eau. 


Cette légende est l’une des plus longues avec ma préférée « La légende du village des joueurs de Koto ». 


Si on peut de prime abord s’attendre à découvrir des légendes similaires, il n’en est rien et Lafcadio Hearn a fait le pari de raconter des histoires toutes plus différentes les unes des autres. 

Les fantômes ne sont pas toujours des femmes. 

Les fantômes ne sont pas toujours mauvais.


La diversité des histoires est ce qui fait la force du livre car cela a aussi permis à Benjamin Lacombe de composer un panel d’illustrations toutes plus différentes les unes des autres — mention spéciale aux illustrations de « La légende du village des joueurs de Koto », en particulier cette page où figure un cerisier (voir en-dessous), et à celles de « Sur la montagne des crânes d’hommes » ! Je rêverai d’avoir une grande affiche de cette montagne chez moi ! Quelle précision dans le dessin ! Je ne me lasse pas de voir autant de beauté… 




Histoires de fantômes du Japon est un livre somptueux, à offrir ou à se faire offrir si tant est que vous aimez le Japon, les légendes, le folklore d’un pays, relayé par un écrivain passionné, et le talent exceptionnel d’un dessinateur contemporain. 











mercredi 4 novembre 2020

La Mer sans étoiles d'Erin Morgenstern

Nous sommes là pour déambuler dans les histoires d’autres gens, en quête de la nôtre. 

Depuis que j’ai refermé ce livre je me demande comment il est possible que ce livre (en VO The Starless Sea) n’ait pas remporté le prix du meilleur roman fantastique sur Goodreads l’année passée ?? 

Le lauréat n’est autre que le premier roman de Leigh Bardugo à destination des adultes : La neuvième maison (VO : Ninth House), que je ne comptais pas lire. Mais là, si on me dit qu’il est « meilleur » que La mer sans étoiles, évidemment que je demande à voir. 




Erin Morgenstern, auteure du Cirque des rêves (que je n’ai pas lu) nous délivre une histoire extraordinaire avec ce roman. 

Enfin je dis une histoire mais en réalité, ce sont des histoires, et encore des histoires qui s’emmêlent, s’assemblent, pour former un extraordinaire conglomérat formant in fine La Mer sans étoiles


Zachary Ezra Rawlins planche sur son doctorat ayant pour thème les jeux vidéos, et notamment le rapport fiction/réalité — ce thème m’a évidemment fait penser à mon mémoire… 

Un jour il emprunte un livre sans titre et sans auteur. 

Mais il y a plus étonnant encore… Zachary Ezra Rawlins est dans le livre ! Un événement extraordinaire de son enfance est retranscrit à la perfection. De quoi en avoir la chair de poule. 

Cet élément sera le déclencheur, la base d’une histoire extraordinaire. 


La Mer sans étoiles est un roman exigeant. Erin Morgenstern, en étalant son histoire sur plus de 600 pages, envoie un défi au lecteur : serez-vous capable de suivre le rythme ? de laisser le temps au livre ? 

Car La Mer sans étoiles ne se dévore pas, il se laisse apprivoiser. 

Pourtant je l’ai dévoré autant que j’ai pu, habitée par l’histoire de ce jeune homme, et par toutes les histoires alentour. 


Malgré tout il faut prendre le temps de le déguster, de se laisser bercer par ce monument littéraire. 

En regardant mes lectures de 2020 — année riche en lecture, notamment grâce à non pas un, mais deux confinements… — certains livres ont été de gros coup de coeur, des lectures inoubliables (je pense par exemple à L’homme qui savait la langue des serpents ou Sauvage) et il va de soi que La Mer sans étoiles fait partie de ceux-là !


La force du livre c’est la mise en abîme du récit à tout les niveaux possibles. 

Qu’est-ce qu’une histoire ? Y-a-t-il une différence entre le monde réel et le monde fictionnel ? 


Le temps. On dirait un poème. Où chaque mot est plus d’une chose à la fois et tout est métaphore. Où le sens est condensé dans le rythme, les sonorités et les espaces entre les phrases. Tout est intense et mordant, comme le froid et le vent.


La Mer sans étoiles est un livre magique — oups, un certain personnage ne sera pas ravi que j’utilise ce terme… — un livre que je relirai, moi qui relit très peu. 

Mais comprenez, Erin Morgenstern confie un roman foisonnant où la relecture s’impose pour en saisir les subtilités et la beauté de l’histoire.

Une première lecture c’est déjà bien, une deuxième me permettra d’aimer encore plus cet univers et ses personnages. 


L’aventure de Zachary Ezra Rawlins est hors du commun, les histoires, en tête celle de Simon et Eleanor, excellent de beauté. 

La Mer sans étoiles est exceptionnel et n’attend qu’une chose : que vous vous laissiez embarquer dans ce monde où le flirte avec le fantastique est monnaie courante et où la métaphore, le symbole, tiennent une place omniprésente pour notre plus grand plaisir. 


Enfin, mention spécial aux éditions Sonatine pour avoir conçu un si bel écrin : une couverture somptueuse ainsi qu’une mise en page tout ce qu’il y a de plus agréable pour permettre un vrai confort de lecture — et je ne parle même pas des en-têtes de chapitres, eux aussi très beaux. 


Je me rappelle m’être demandé si cette histoire était une analogie sur les gens qui restent dans des endroits ou des relations ou n’importe quelle situation plus longtemps qu’ils ne devraient parce qu’ils ont peur de lâcher prise, ou d’avancer, ou de l’inconnu ; ou alors sur la façon dont les gens s’accrochent à une chose parce qu’ils ont la nostalgie de ce qu’était cette chose, même si ça n’est plus ce qu’elle est désormais.



La Mer sans étoiles d’Erin Morgenstern, traduit par Julie Sibony aux éditions Sonatine 







dimanche 1 novembre 2020

Les Matins de Lima de Gustavo Rodriguez

Le premier chapitre est prophétique, et cruel. 

Trinidad est encore une enfant lorsque sa mère, hôtesse dans un bordel, meurt dans un claquement de doigt. Son père ? Elle ne sait rien de lui. 




Bien des années après, Trinidad a dû se battre pour survivre, quitte à en tomber malade. 

À 30 ans, on lui diagnostique un problème rénal nécessitant une greffe. 

Trinidad n’a plus le choix, elle doit prendre contact avec ce père dont elle connaît le nom mais à qui elle n’a jamais parlé : Daniel de Los Rios, chanteur à ses heures perdues. 


La rencontre, à l’instar du roman, sera haute en couleurs. Le personnage de Trinidad comme celui de Danny sont étoffés et sont les porte-étendard d’une soif de vivre. Une soif de vivre qui illustre de tristes réalités péruviennes : les femmes ne sont que des objets sexuels, à l’image de Carolina, bonne pour écarter les jambes au milieu d’un nuage de fumée. Bonne à baiser mais pas à revoir. Combien sont-ils, les femmes et enfants abandonnés par des hommes qui ne voulaient qu’une chose : prendre du bon temps ? 


Les horreurs directement liées aux mines de mercure, seul moyen de persistance avec la prostitution. Dans les deux cas les maladies pullulent… 


« Au fond de lui, il craignait une mort tragique, comme l’est souvent la vie de ces Péruviennes qui partent pleines d’illusions pour ces terres où paradis et enfer dorment enlacés. »


Les Matins de Lima est un roman solaire malgré la gravité des faits abordés. Un roman où les femmes tiennent une place de choix. Il y a celles qui se font avoir et il y a les autres, celles qui font du business comme Trinidad et celles qui refusent de se laisser marcher sur les pieds comme Zoila. 


Il s’agit bien d’un roman tragique et malgré cela jamais le lecteur ne perd son sourire grâce à des personnages étoffés et à un style minutieux aux accents humoristiques. Le lecteur ne peut rester indifférent à la lumière qui transparaît dans tous les pores du livre et c’est ce qui en fait un ouvrage d’une aussi grande qualité. 


Le roman est à l’image de sa couverture : décalé et débordant de couleurs, comme la vie de Trinidad, de Daniel et des autres membres de la famille qui peuplent ces Matins de Lima. 


Gustavo Rodriguez conclut parfaitement bien cette histoire aux accents graves mais néanmoins traité avec une douceur et un gaieté. 


Les Matins de Lima est une tragicomédie. 

Un roman qui pointe les inégalités au Pérou et plus précisément dans sa capitale, Lima, entre les riches et les pauvres. Une histoire qui aborde la problématique des femmes considérées comme des coups d’un soir et des orphelines atteintes d’un cancer à 30 ans pour s’être battues pour vivre. 


Roman lumineux, dont la couverture est un excellent reflet, Les Matins de Lima a été une très belle lecture. Une évasion au coeur d’un pays peu représenté.


Les éditions de l’Observatoire ont quelque chose avec l’Amérique latine. Une affinité partagée puisque ce roman, ainsi que Mangeterre, tous les deux parus en 2020 sont respectivement péruvien et argentin. Il est amusant de remarquer que dans les deux cas, la mère meurt dans le premier chapitre. Faut-il y tirer une quelconque leçon ? 




Les Matins de Lima de Gustavo Rodriguez, traduit par Margot Nguyen Béraud aux éditions de l’Observatoire. 


Sans doute passé sous les radars parce que paru une semaine avant le confinement, Les Matins de Lima est tout simplement excellent. 






mercredi 28 octobre 2020

Le Détour de Luce d'Eramo

« Espérons au moins que cette aventure t’aura appris que chacun doit suivre sans détour son chemin. » 

Comment se raconter des années après ? la mémoire consiste-t-elle en un rafraîchissement ou un enjolivement ?

Ces deux questions sont une infime partie de ce qui fait la richesse de ce livre unique, Le Détour (en italien, Deviazione), édité par Le Tripode pour notre plus grand plaisir. 




Encore un bouquin sur la guerre vous allez me dire. 

Effectivement. 


Mais bien qu’on ait toujours tendance à insister sur la singularité de tel ou tel livre, celui-ci est encore autre chose, il interroge d’autres problématiques. 


D’ailleurs la différence majeure entre ce livre et les autres témoignages réside dans la démarche même de la jeune Luce d’Eramo en 1944.


Après être née et avoir grandi en France jusqu’à l’adolescence, la famille rentre au pays, l’Italie. 

Luce est la fille d’un des membres de la République de Salo. Fille de fasciste, fasciste elle-même, elle veut se faire sa propre idée des camps nazis, voir si la rumeur ambiante est vraie, si le nazisme vaut le fascisme. 

Alors, en février 1944, quelques semaines avant ses 19 ans, Luce d’Eramo embarque direction l’Allemagne. 


L’histoire de cette femme devenue ouvrière volontaire dans les camps de travail donne un aspect inédit : elle n’est pas à proprement parler prisonnière. Ses parents ont de l’influence au pays et son nom est gage de survie. 

Jusqu’à ce que Luce soit rapatriée, et fuit de nouveau. Cette fois sans ses papiers. Considérée comme une prisonnière lambda, elle est déportée à Dachau, et raconte comment elle est parvenue à s’échapper.


Et puis Luce est une idéaliste, elle veut aider les autres peu importe les dangers. 

En février 1945, soit un an après sa fuite, un mur s’ébat sur la jeune femme, venue prêter main forte pour libérer des blessés prisonniers des décombres. 

Le mur lui broie le corps et, désormais paralysée, c’est un long processus de guérison qui attendra la jeune femme. 


Cette histoire hors du commun, elle nous la raconte de manière décousue, éclatée. Le récit est non chronologique — le livre est linéaire du point de vue des dates d’écriture : on commence avec les années 1953-54 pour terminer en 1977. 


En racontant son histoire, l’auteure donne à voir la différence de traitement entre les travailleurs volontaires et les déportés. Elle revient sur sa solitude dans les camps, sur la gentillesse des Russes contrairement aux autres, sur la différence entre sa condition à elle, celle d’une jeune femme cultivée, et celle des autres qui voient d’un mauvais oeil cette gamine qui s’est elle-même engagée. 


Mais Le Détour c’est aussi tellement plus.

C’est une réflexion pointue et d’une extrême richesse concernant la mémoire : 


"[…] toujours est-il que mes souvenirs ne m’aidaient pas du tout. Ils en sont arrivés à se liguer ensemble contre moi pour m’empêcher de passer. C’était comme un embouteillage. Un épisode en tamponnait un autre, lequel en cabossait un troisième et ainsi de suite. Il en surgissait des nouveaux de partout, si bien que les positions respectives de chacun changeaient continuellement. Et puis, ils s’en prenaient à moi. Chacun d’eux prétendait être un souvenir authentique, contrairement à l’autre prétentieux d’à côté qui, poussé par mon imagination, voulait le doubler."


autant qu’une réflexion autour des camps et des différences entre ceux qui ont de l’argent et les autres, prouvant ainsi que l’inégalité pécuniaire demeure, même dans les camps de travail. 


Parce qu’elle était volontaire et parce qu’elle s’est attachée à parler de thèmes peu abordés, Luce d’Eramo confie avec Deviazione un ouvrage exceptionnel, une mine d’or sur la situation en Allemagne à cette époque, sur l’état d’esprit idéaliste d’une jeune femme fortunée — nombreux sont les passages où sa position sociale est vivement critiquée par les détenus qui, eux, n’ont pas eu le choix. 


En tentant de percer le secret de sa mémoire, Luce d’Eramo revient au fil des années sur son expérience concentrationnaire. En usant tantôt d’une narration à la première personne, tantôt à la troisième personne, elle s’interroge sur celle qu’elle était et n’est plus au moment de l’écriture. Parce que ce n’est plus elle, s’instaure une distance. 


Le Détour est riche de réflexions morales et philosophiques autant que de réflexions sur la mémoire et les tours qu’elle peut jouer. C’est un témoignage sur la situation en Allemagne lors de sa chute et de son état sanitaire une fois l’accident survenu. 


Le Détour est un météore. 

Le Détour est passionnant et spécial. 

Le Détour est à lire. 



Le Détour de Luce d’Eramo, traduit par Corinne Lucas Fiorato, et publié chez Le Tripode 






Une putain d'histoire de Bernard Minier

L orsque j’ai reçu ce livre à Noël (2019) j’étais mi-figue mi-raisin. Ayant beaucoup aimé Glacé j’étais au départ partie pour continuer sur...