mercredi 16 décembre 2020

Fantôme (#9 Harry Hole) de Jo Nesbø

Jo Nesbø aime les va-et-vient. Comme pour beaucoup d’autres auteurs de polar, la répétition, le cycle, ça tient une place très importante dans l’oeuvre. 

Avec son personnage Harry Hole, l’auteur aime nous chahuter, nous faire replonger à l’image de son héros. 




Un jour alcoolique, le lendemain à jeun. 

Un jour policier à Oslo, le lendemain, fantôme à Hong-Kong. 


On ne sait plus très bien sur quel pied danser depuis la difficile enquête du Bonhomme de neige (t. 7), puisqu’Harry a décidé de quitter Oslo et de s’installer ailleurs. 

Oui mais voilà que déjà dans Le Léopard, il fallait bien qu’il revienne pour arrêter les méchants. 


Et puis là, il en va de même : Harry, qui a démissionné depuis plusieurs années revient à Oslo, cette fois-ci personne ne vient le chercher, pour trouver le véritable coupable de Gusto, un petit dealer de fioline, la nouvelle drogue grave addictive qui traîne partout en Norvège. 

Parce que là, pour le moment, bah le vrai coupable, et bah c’est Oleg, le fils de Rakel, le grand amour d’Harry. 


Si d’ordinaire j’ai tendance à dire qu’on peut lire les livres indépendamment les uns des autres, je déconseille fortement ce volet si on n’a pas lu Le Bonhomme de neige, l’intrigue s’en trouverait alors bien trop amoindrie. 


Harry est donc de retour, mais Harry a changé, que ce soit physiquement avec sa balafre et le fait qu’il ne consomme plus une goutte d’alcool, mais aussi mentalement, il n’est plus tout à fait le même. Et ça s’en ressent pendant une bonne partie du roman. 


Jo Nesbø offre un second souffle à son personnage, il nous entraîne au coeur d’une intrigue liée aux différents gangs implantés dans Oslo. On se retrouve encore dans les bas fonds, et cette fois, Harry est tout à fait seul. Car s’il enquête, il n’en est pas redevenu policier pour autant. 

Au contraire il est plutôt tout seul même s’il peut toujours compter sur deux-trois personnes de confiance dont Beate. 


Fidèle à lui-même, Jo Nesbø alterne temporalité (passé avec les écrits de Gusto et présent), les points de vue pour nous donner à voir une grande fresque de la corruption. 

Jusqu’au bout j’avais une certaine théorie concernant un personnage (Mikael) et ce n’était pas exactement ça. Et j’avais aussi ma théorie concernant le coupable de Gusto, l’implication d’Oleg. J’avais ma théorie depuis presque le début, et cette théorie s’est validée. 


Fantôme est, contrairement aux autres, une petite déception. J’ai placé la barre tellement haut avec cette série, avec cet auteur que j’attends désormais l’excellence. J’ai passé un très bon moment, j’étais prise dans la lecture (encore lu à un rythme effréné), mais la conclusion m’a laissée de marbre. 


Je n’ai plus qu’à entrer dans le dixième volet, Police, avant de devoir me procurer la suite, La Soif








dimanche 13 décembre 2020

Métamorphose (tome 3 à 5) d'Ericka Duflo

    Tome V. Ascension   


Bon c’est jamais facile de quitter un univers, de lui fermer la porte après cinq tomes. C’est jamais facile d’en arriver à une certaine conclusion et de se dire que non, elle n’a rien à voir avec ce dont on pensait. 


Le dernier tome de la pentalogie Métamorphose d’Ericka Duflo est aboutit, maîtrisé stylistiquement parlant, confirmant le don de l’auteure pour écrire les page turner



Tout allait très bien, tout allait comme sur des roulettes. 

Jusqu’à la fin. La fin qu’on attend dès le début de ce tome parce que ce n’est finalement pas une surprise. 

La fin pour Ian, Senna et l’autre gars là, celui qui arrive comme un cheveu sur la soupe et qui refuse de s’en aller. 


Le message de tolérance est formidable, et il est présent dès le premier volet, dès la rencontre de Senna, sorcière mais pas que, et Ian, incube (pour rappel : démon mâle, abuse sexuellement des femmes…). 


Ça me fait beaucoup de peine d’avoir à écrire ça. Je rumine depuis que j’ai tourné les dernières pages — ça fait au moins un mois que je l’ai terminé et je n’arrive pas à me résoudre à penser autrement. 


Le message de tolérance qui est le socle de l’histoire est à mon sens complètement décrédibilisé par la fin. 


Comment faire une histoire où chaque créature doit pouvoir s’entendre avec une autre si, finalement, chacun rentre chez soi ? Les êtres de lumière entre êtres de lumière et les démons avec les démons ? 

Pour moi ce choix c’est ça ; il fait voler en éclats un des éléments à l'origine de la force du livre. 


J’ai beaucoup aimé cette saga, j’ai peu apprécié le personnage de Senna et à l’inverse j’ai aimé celui d’Ian, à mon sens bien plus complexe et novateur. 

Le seul point noir c’est donc cette fin qui, à mes yeux, n’a pas de sens…





      Tome IV. Désillusion 


Mais quelle lecture !! Enfin je l’ai lu, enfin je vais bientôt savoir le fin mot de l’histoire. 


Le tome 4 prend place peu de temps après le troisième. 

On suit toujours Senna qui a appris qui est L’Inconnue et va achever sa formation à Arpia. 




Ce tome est pour moi le meilleur de la saga (je n’ai pas encore lu le cinquième et dernier), parce qu’il regroupe ce qui en fait l’originalité : la diversité des créatures fantastiques, une intrigue qui avance enfin vraiment et qui commence à dévoiler ses pions et des personnages intéressants parce que bien développés. 


Comme je le disais concernant le tome 3, Senna est de plus en plus attachante, elle prend enfin les devants, elle refuse de se laisser faire et surtout, on commence à s’éloigner de la fille naïve du début. 

Aussi on en apprend enfin plus sur ses parents, notamment sur son père dont on ne savait franchement rien auparavant. 


Je ne veux pas trop m’appesantir sur ce tome parce que c’est le quatrième, parce que je ne veux pas prendre le risque de vous spolier… 

Mais je tenais à écrire un avis dessus parce que pour moi ce tome est le plus mature, il s’attaque vraiment au problème et l’auteure réussit avec brio à nous donner une histoire prenante, addictive. 


Je n’ai pas lâché le bouquin parce que j’avais vraiment envie de savoir la suite, je voulais savoir si Ian et Senna allaient pouvoir se retrouver en dehors d’Arpia, de savoir qui est cet homme mystérieux dont Senna rêve, de savoir si Senna allait parvenir à retrouver la trace de Mah, l’ancienne préceptrice de sa mère en quelque sorte. 

Il reste un tome, donc forcément il reste des questions, mais là le dévoilement et le suspense ont été parfaitement dosés si bien qu’en fermant le livre je n’étais pas sur ma faim. J’étais plutôt « ok, maintenant j’achète tout de suite le tome 5, il faut que j’en sache plus ». 


Après il y a toujours ce bémol concernant Ian. C’est mon personnage préféré et j’ai vraiment le sentiment qu’il aurait pu y avoir encore des choses à gratter. Il n’est pas assez exploité et c’est dommage. 

Même si je dois bien reconnaître que les événements qui se passent dans la dernière moitié m’ont remué, que j’ai bien cru qu’il en était fini de lui… J’espère simplement qu’il ne va pas disparaître dans le dernier tome. Je risque d’être tellement déçue sinon… 


Métamorphose, c’est typiquement le genre de livre young adult que j’adore parce qu’il mêle mythologie à invention auctoriale, il est à la fois cliché dans le sens où la trame est commune (une jeune fille qui a perdu ses parents apprend qu’elle a des pouvoirs et doit vaincre les méchants…), à la fois original parce qu’Ericka Duflo est parvenue à en faire une histoire singulière, personnelle. 


J’ai dévoré Désillusion, plus que les trois premiers. Maintenant reste à savoir s’il en sera de même pour le cinquième et dernier tome, Ascension

 

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   Tome III. Sombre présage 


J'ai patienté, c'est le moins que l'on puisse dire. Un an qu'il est dans ma bibliothèque, des mois que j'attends la sortie du tome 4 (paru en mars dernier) pour pouvoir me plonger dans ce volet. 
Petit hic, il manque toujours le cinquième et dernier tome afin de conclure la pentalogie imaginée par Ericka Duflo. Ce volet est terminé, l'auteure l'a envoyé à sa maison d'édition, mais voilà, malgré le fait que ces livres ne nécessitent pas de traduction ni de changement du point de vue de la couverture, il faut attendre des mois avant de pouvoir espérer le trouver en Europe - cette saga est publiée aux éditions Kennes, maison d'édition belge. 

Si j'ai attendu aussi longtemps avant de lire ce volet, c'est bien parce que je ne veux pas trop attendre pour connaître le fin mot de l'histoire (visiblement, ce ne sera pas avant mars-avril 2019). Et c'est aussi pour cette raison si je n'ai pas prévu de lire le quatrième avant cet hiver.



Après avoir découvert Appia dans Paradis obscur, Senna poursuit sa formation afin de devenir une harpie confirmée. L'ambiance est sombre, sans doute plus que dans le précédent. 
On sent que Senna commence à prendre la pleine mesure de ses actes, elle comprend qu'elle devra trahir certains personnages, et qu'à l'inverse, certaines personnes vont la trahir. 
J'ai aimé la tournure que prenne les événements, le fait que l'étau se resserre pour Senna et Ian, que celle-ci va plus loin dans son apprentissage puisqu'elle n'est plus une plume, mais bel et bien une aile ! 

À l'inverse, j'ai trouvé le début assez lent malgré le fait qu'on suive "L'inconnue" cette mystérieuse femme qui veut du mal à notre héroïne. Bon, à vrai dire je n'ai pas été particulièrement enthousiasmée par les chapitres du point de vue de cette personne puisque j'ai trouvé son identité évidente. Pas de surprise de ce côté, mais c'était quand même bien vue. 

Je déplorais le fait que l'on suivait différents personnages dans Paradis obscur, mais que l'on apprenait pas grand chose sur eux. On suit les mêmes personnages - Senna, Ian, la Matriarche et forcément, L'inconnue en plus -, mais j'ai trouvé que cette fois les chapitres des uns et des autres étaient légitimes, dans le sens où ils nous permettent toujours d'exposer plus de théories qu'elles soient vraies ou fausses. C'est donc un bon point pour le personnage de Céléno (la matriarche) qui reste assez ambigu, tantôt protectrice et aimante, tantôt redoutable et impitoyable. 


En revanche, et encore une fois, on ne voit pas assez Ian à mon goût. Je trouve qu'il ne sert pas à grand chose depuis la fin d'Exorde (le 1er tome) en fait, ce qui est dommage, surtout quand on connait sa nature. Je me dis qu'il reste deux volets pour le développer et ne pas en faire un simple faire-valoir de Senna, simple garçon éprit de la fille courageuse...


Métamorphose III, Sombre présage d'Ericka Duflo, éditions Kennes.


Senna me plaît de plus en plus, elle prend des risques, est téméraire et attachante. J'ai eu l'impression de vraiment apprendre à la connaître dans ce tome, c'est donc plus facile de lire les chapitres de son point de vue. Je pense que ce changement dans mon appréciation du personnage est dû à cette mystérieuse prophétie dont Io lui a parlé et qui ne cesse de la hanter - normal qu'elle n'arrête pas d'y penser en même temps. 
D'ailleurs, je trouve intéressante sa relation avec Io, ce personnage m'est sympathique dans la mesure où c'est une simple petite fille absolument trop bizarre qui effraie absolument tout le monde, je trouve ça génial. S'y ajoute le fait qu'elle est réellement forte - comme on le voit, elle use de magie bien plus puissante que celle des autres filles en apprentissage ou même de certaines enseignantes. 


Heureusement ce tome a donné certaines réponses à mes questions (par rapport à la maladie de Ian par exemple), mais j'ai aussi bien d'autres questions encore en suspens - bah oui, c'est pas marrant sinon. 
Je meurs d'envie d'en apprendre plus sur cette prophétie, sur ces rêves qui hantent Senna, et bien évidemment, je veux savoir ce qu'il va se passer maintenant pour notre héroïne. La fin est assez claire sur la suite, Senna est dans de beaux draps, elle est seule (ou peut-être sera-t-elle avec Io ?) et surtout, elle va devoir faire face à une menace obscure, dangereuse et apparemment très puissante.

Je me languis donc de lire le tome 4, mais je me fais violence, je ne veux pas craquer avant, soit d'avoir la date de sortie officielle du dernier tome, soit ce dernier tome entre les mains. L'attente sera rude. En tout cas, j'ai préféré ce tome à Paradis obscur. Je l'ai trouvé plus sérieux parce que plus sombre, plus abouti et surtout plus intéressant. On a dépassé les descriptions liés au domaine d'Appia et celles concernant la formation des harpies, ce qui m'a permis de me plonger plus facilement dans ma lecture. 
Et puis, c'est surtout que j'avais un sentiment de sur place lors de ma lecture du deuxième tome, cette fois, j'ai l'impression d'avoir passé un cap et d'être dans la dernière ligne droite !

Dites-moi, qu'avez-vous pensé de ce troisième volet ? 











mercredi 9 décembre 2020

La Somme de nos folies de Shih-li Kow

La Somme de nos folies est un roman polyphonique où on découvre la voix de deux personnages très différents, d’un côté le vieux chinois retraité Auyong, de l’autre, l’adolescente orpheline Mary Anne. 



Leur route va se croiser de manière assez inattendue. Si les premiers chapitres sont consacrés à Auyong et à la découverte de la petite ville de Lubok Sayong, très vite on fait la connaissance de Mary Anne qui souhaite nous raconter sa vie, mais seulement à partir de ses 11 ans, lorsqu’elle a quitté l’orphelinat grâce à un couple qui souhaitait l’adopter. 

Mais manque de bol, sur le chemin du retour, ils ont un accident, le couple meurt sur le coup. 


Mary Anne doit être hospitalisée, elle a notamment une jambe dans le plâtre. 

Beevi, soeur de celle qui est décédée et qui possède une maison d’hôtes à Lubok Sayong ne veut pas de Mary Anne. Mais c’est sans compter sur son ami, le vieux chinois Auyong. 


Finalement Mary Anne rejoint la maison de Beevi et grandit à Lubok Sayong. 


La Somme de nos folies met en scène une myriade de personnages, de l’amie de Mary Anne, Mary Beth (toutes les filles ayant été à l’orphelinat sont appelées Mary quelque chose…), des soeurs de Beevi, enfin non, demi-soeurs, ne l’énervons pas. 


Les personnages principaux, ce sont bien évidemment les deux narrateurs, mais aussi Beevi, cette vieille femme mal lunée, aussi étrange qu’attachante.

Elle va raconter des histoires familiales toutes plus rocambolesques les unes des autres. Elle est sèche, mal aimable, mais parfois, dans de rares moments, elle est aussi très attachante. 


Mary Anne est mon personnage préféré. Elle est maligne pour son âge, elle se satisfait de ce qu’elle a, et elle a ce côté positif qui la rend particulièrement attachante. Elle pense que sa mère l’a abandonné parce que c’est une star de cinéma, et elle ne pouvait pas continuer sa carrière et avoir cette si jolie petite fille en même temps…


Et puis Auyong, lui aussi je l’ai bien aimé. Parce qu’en grandissant lui aussi il a pris conscience de ses tares, de ses défauts. Parce qu’il contrebalance l’amertume de Beevi, il est gentil au point d’être une sorte de grand-père pour Mary Anne. 


Bref tous ce beau monde se côtoie et c’est agréable, c’est dépaysant. On se croirait à Lubok Sayong, dans cette petite ville où il n’y a rien à voir, rien à faire, excepté suivre les pérégrinations de nos héros. 


La Somme de nos folies a été une excellente lecture, j’ai adoré découvrir un nouveau pays, de nouvelles coutumes. J’ai trouvé la plume de Shih-li Kow très descriptive, si bien qu’on a l’impression d’y être. 

J’ai aimé faire la rencontre de ces trois personnages loufoques, et des autres aussi, tous les personnages secondaires qui viennent ajouter leur grain de folie, leur réflexion personnelle. 


Pour tous ceux qui rêvent de dépaysement, de découverte, de belles rencontres.



La Somme de nos folies de Shih-li Kow traduit par Frédéric Grellier aux éditions Zulma  






dimanche 6 décembre 2020

La Lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne

 Mais je continue à croire qu’il vaut mieux pour celui qui souffre être libre de montrer sa douleur, comme cette pauvre femme, que de l’enfermer dans son coeur.

Qui n’a jamais entendu parler de ce roman, La Lettre écarlate ? Que ce soit parce qu’il est considéré parmi ces livres qui ont construit la littérature américaine, ou pour sa protagoniste, véritable héroïne dans son sens le plus strict. 


Publié en 1850, La Lettre écarlate se situe deux siècles plus tôt, en 1642 à Boston et s’étale sur sept ans. 


La belle Hester Prynne vit dans une communauté puritaine, largement dominante à cette époque — c’est cette même société qui a fondé les 13 colonies de la côte Est des États-Unis. 

Cette même société qui l’accuse d’adultère. Face au mutisme de la jeune femme qui refuse de dévoiler le nom de l’homme avec qui elle a eu une liaison, le châtiment est sans appel : Hester devra porter cette lettre, preuve de son déshonneur : A. 


Destinée à vivre comme une pestiférée, Hester refuse de laisser son trésor, sa petite fille, Perle, être éduquée par les puritains. 

Qu’à cela ne tienne, Hester, la tête haute, n’a que faire des ragots… 


Le mari, lui, a laissé sa femme venir dans le Nouveau Monde, alors forcément quand il revient et apprend la nouvelle, il se désolidarise en refusant de se faire connaître. 

Le secret est bien gardé là aussi. 

 

Les années passent, Hester conserve de sa superbe, elle qui coud magnifiquement pour les autres. Elle dont la lettre exerce une étrange fascination, entre admiration et répulsion. 

Elle qui porte à la face de tous sa déchéance avec superbe. 


Mais La Lettre écarlate ce n’est pas seulement Hester Prynne. 

C’est aussi le secret de la paternité de la petite Perle. C’est aussi l’amour dans un monde où le divorce n’est pas envisageable, où les convenances empêchent le bonheur.


La fin est tout ce qu’il y a de plus beau. Ravagé par la culpabilité, largement encouragé par le mari, le coupable suprême, celui dont le nom n’a pas été prononcé publiquement dévoile sa faute. C’est déchirant. 


La Lettre écarlate c’est la dénonciation. Celle de cette société qui se pense bien sous tout rapport mais qui est en réalité gangrénée par l’hypocrisie. 

C’est l’admiration pour cette femme, pour la beauté de sa lettre, illustration de la honte et pourtant tellement plus que cela. 

La lettre fascine quoi qu’on dise. Avec ses fils d’or Hester démontre qu’elle accepte le châtiment mais qu’elle n’est pas seulement une femme adultère, elle est aussi tellement plus. 


La lettre écarlate mérite sa place au sein des pionniers de la littérature américaine. En faisant le pari de dénoncer la société puritaine du 17e siècle, Nathaniel Hawthorne créer la figure majeure d’Hester Prynne, illustration d’une résilience hors norme.


C’est un curieux sujet d’observation et d’étude que de savoir si la haine et l’amour ne sont pas au fond la même chose. Tous deux, parvenus à l’apogée de leur développement, supposent un degré élevé d’intimité et de connaissance du coeur ; tous deux font dépendre un individu d’un autre individu pour sa nourriture affective et spirituelle ; tous deux laissent l’amant passionné, ou celui qui hait non moins passionnément, solitaire et désolé si l’objet de sa passion lui est retiré. D’un point de vue philosophique en conséquence, ils semblent être essentiellement identiques, à ceci près que l’un apparaît baigné de lumière céleste et l’autre sous un jour ombreux et sinistre.


La Lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne, traduit par Pierre Leyris aux éditions 10/18







mercredi 2 décembre 2020

Un jour d'été que rien ne distinguait de Stéphanie Chaillou

Il me tardait de découvrir ce dernier roman de Stéphanie Chaillou après avoir beaucoup aimé, avec Le bruit du monde, l’histoire de Marilène. 

Ce deuxième roman que je lis m’a beaucoup fait penser au premier. On retrouve les mêmes thèmes : une enfance vécue dans la pauvreté, le sentiment d’être différent des autres à cause de cette pauvreté, le regard infantile porté sur des parents désemparés, étranglés par les dettes et les soucis. 




J’ai retrouvé ces éléments qui m’avaient tant plu dans Le bruit du monde. Ce besoin vorace de liberté, de se trouver quoi qu’il arrive. 

La quête identitaire est primordiale pour Louise comme elle l’était pour Marie-Hélène. 

Louise aussi est « fille de pauvres », elle aussi refuse de suivre un chemin qui serait tout tracé pour elle. 


Je me souviens que c’était surtout ça qui se passait, quand j’étais enfant. Cette chose-là que je percevais. Leur détresse. Leur peine. Les difficultés qu’ils rencontraient et qu’ils s’efforçaient de nous cacher. Ces sentiments qui floutaient leurs yeux. Comme si une vie se passait à l’intérieur d’eux. Qu’une histoire se prolongeait en eux.


À l’instar de Marie-Hélène, Louise refuse ce carcan, la contrainte de sa classe, de ses origines, celle de la pauvreté. 

À l’instar de Marie-Hélène toujours, Louise n’a qu’un seul moyen d’en sortir, de s’élever, de devenir autre. Le seul salut possible est permis grâce aux études et rien d’autre. 


Dans mon esprit, Louise est quand même plus extrême que Marilène dans sa conception des choses. 

Comme dans son refus d’être considérée comme inférieure aux garçons, elle qui se plaît à les battre. Pas parce qu’elle aime la compétition, non parce qu’elle est une fille et qu’il y a cette gratification à battre des garçons ; elle à qui l’on a refusé le foot sous le prétexte que ce n’est pas compatible avec son sexe. 


Les années passent et Louise, pour qui l’idée de vivre une vie lambda, une vie de ménagère, est insupportable, s’interroge sur son parcours. Sur ce que son acharnement à devenir autre à fait d’elle. Sur cette apparition aussi, quand elle était enfant, d’une jeune fille près de la Garonne.


Un jour d’été que rien ne distinguait raconte le besoin d’élévation, la quête d’identité et la radicalité aussi, présente dans ce roman et absent du précédent. 

Stéphanie Chaillou ajoute le questionnement autour du sexe, et des différences que ça occasionne dès l’enfance. Mais aussi plus tard, à l’âge adulte, par le biais de la figure de la meilleure amie Myriam notamment.


La plume de l’auteure est sans aucun doute un des éléments qui me plaît le plus. Une écriture parfois saccadée, faite de répétitions, de ruptures et d’une clarté sans pareille. Ses mots me touchent à chaque fois et je ressens une certaine affinité avec ses personnages. 


Je ne vivrais pas cette tristesse, cet abandon. Je ne me laisserais pas enserrer par le désarroi. La réalité ne me ferait pas ce que je voyais qu’elle faisait aux autres, aux adultes, à mes parents. Je ne serais ni pauvre, ni triste, ni résignée.


En 140 pages Stéphanie Chaillou donne à voir un portrait d’une force inouïe où les questionnements sont plus importants les uns des autres. Dès la première page, le charme s’opère et arrivé à la dernière, on en redemande encore. 


Finalement Un jour d’été que rien ne distinguait est pour moi une manière de pousser plus loin les remarques déjà présentes dans Le bruit du monde, mais aussi de les dépasser. 

La grande différence, celle de la prise de conscience de son sexe et tout ce que cela implique, est le pivot de l’histoire. 

Avec l’histoire de Louise, Stéphanie Chaillou montre les changements ; avec l’illustration « Paprika » on comprend que les femmes, les petites filles, qu’importe, n’ont pas besoin de garçon. 


Il me semblait que le défaut majeur pour un homme ou une femme, c’était le mensonge. Mentir aux autres, mais se mentir à soi surtout. Ne pas oser se voir. S’éviter. Faire comme si l’on pouvait effacer la réalité, prétendre qu’elle n’existait pas.






dimanche 29 novembre 2020

La Maison des morts de Sarah Pinborough

Bon j’ai hésité à écrire un avis dessus, à le publier. 

J’ai tellement de retard dans mes articles que je me demande à chaque fois si ça vaut la peine, si ce n’est pas mieux de seulement parler des livres que j’ai adorés.

D’un autre côté, je trouve dommage de ne pas parler des autres, de ceux qu’on a pas trop aimé ou qu’on a bien aimé, mais sans plus. 




C’est le cas de ce roman La Maison des morts écrit par Sarah Pinborough

Cette auteure est connue mais comme je n’ai pas fait de recherches et que je n’ai rien lu d’autre d’elle, la seule chose que je peux dire, c’est qu’elle a publié ce livre en 2015. 


La Maison des morts n’est autre qu’une maison où sont parqués les enfants qui ont été diagnostiqués positif à je ne sais quel virus. Ils sont emmenés dans cette étrange maison sur une île où ils ne peuvent plus voir leur famille, où ils attendent littéralement la mort.

C’est à celui qui mourra en premier dans les dortoirs. 


On suit le personnage de Toby, chef du dortoir 4 qui compte encore tous ses occupants. Mais voilà que certains tombent malade sans prévenir et que leur état se désagrège à la vitesse de l’éclair. 


La routine de la maison disparaît comme neige au soleil dès l’arrivée d’une nouvelle fournée. Dans celle-ci, il y a Clara. 


Clara et Toby, destinés à se rencontrer, destinés à s’aimer. 

Malgré la maladie ils vont vivre un premier amour flamboyant.

Jusqu’à ce que la fin inexorable pointe le bout de son nez et vienne tout détruire. 


Bon, je crois que définitivement Stephen King et moi n’avons pas les mêmes goûts. Au dos du livre on peut lire « Bouleversant et totalement captivant. Je ne pouvais pas le lâcher. ». Ce sont les mots du grand King, oui oui. 

J’ai été bouleversée, ça oui, mais captivée ?? Définitivement pas. 


Le livre se lit à une vitesse folle parce que c’est écrit assez gros et que ça reste de la jeunesse / young adult, mais au-delà de ça, même si j’ai été embarquée, je ne peux pas dire que j’ai été envoutée par ma lecture. 


Il y a trop de sujets laissés de côté au profit de l’histoire d’amour - oui, les romances ce n’est franchement pas mon truc. 

D’où vient la maladie ? Pourquoi est-ce qu’elle ne touche que des adolescents ? Est-ce qu’il y a un remède possible ? 


Tout ce qui touche à la maladie, bah c’est évincé. Tout ce qu’il faut savoir c’est que les ado sont condamnés. Une fois que c’est dit, on y revient plus. 

Mais pourquoi on y revient pas justement ? pourquoi ne pas étoffer un peu cette histoire de diagnostic pour en faire quelque chose de plus


Parce que ce n’est pas ce qui intéresse, non, ce qui intéresse c’est véritablement la relation Toby / Clara. Mais moi, elle m’a pas franchement vendu du rêve leur relation en fait. 

Non parce qu’entre lui qui pense qu’à assouvir ses besoins sexuels et elle qui m’a tout l’air d’être complètement à côté de la plaque, il faut dire qu’on est pas aidé ! Alors oui il y a de bons moments, notamment ceux où ils sortent de la maison afin de découvrir l’île mais ce n’est pas suffisant…


Et puis la fin… c’est dommage parce que je lui trouvais des qualités : de bons personnages secondaires, des intrigues secondaires qui m’ont parfois plus intéressés aussi. Mais l’auteure se prend pour Shakespeare est nous pond une conclusion tellement tragique que j’en rirai presque. 


J’ai refermé le livre avec en tête le fameux « tout ça pour ça ? ». Je déteste ressentir ce sentiment parce que j’ai l’impression d’être tout à fait passée à côté de la lecture. Et pourtant La Maison des morts a des qualités, autre que la beauté de mon édition. Il était prometteur et malheureusement il ne m’a pas happé au point que j’en ressorte retourné. 

J’aurais préféré moins de romance et plus d’action. Tant pis. 








mercredi 25 novembre 2020

Une putain d'histoire de Bernard Minier

Lorsque j’ai reçu ce livre à Noël (2019) j’étais mi-figue mi-raisin. Ayant beaucoup aimé Glacé j’étais au départ partie pour continuer sur ma lancée avec l’exploration des aventures du commandant Servaz. 


Puis j’ai reçu Une putain d’histoire, un one-shot de Bernard Minier toujours. 

Je suis entrée dedans comme on entre dans un bon bain chaud : rapidement et avec plaisir.


Ce thriller raconte l’histoire de Henry, le narrateur qui n’est autre qu’un adolescent de seize ans vivant sur une île appelée Glass Island, à la limite entre les États-Unis et le Canada. Dès les premières pages un drame survient : Henry prend tous les jours le ferry avec ses amis afin de se rendre au lycée, mais voilà qu’un jour Naomi, sa petite amie, souhaite prendre ses distances. Et voilà que le lendemain, Naomi a disparu, pis, elle est retrouvée morte, échouée sur la plage, prisonnière d’un filet de pêche. 


Qui a bien pu tuer la belle Naomi ? Henry, en coupable tout désigné va-t-il parvenir à renverser la tendance ? Lui et ses amis, en apprentis enquêteurs seront-ils capables de démêler le vrai du faux ? 


C’est un véritable page-turner que nous a pondu Bernard Minier avec ce roman. On suit alternativement différents protagonistes, si bien que différentes pistes s’offrent à nous. Minier parvient avec brio à perdre son lecteur parmi la ribambelle de personnages, tous en apparence aussi coupables les uns des autres.


C’était amusant et prenant de suivre cette affaire, de se méfier de tous, même du narrateur - après tout, ce ne serait pas la première fois qu’un narrateur est un menteur n’est-ce pas ? 

Alors personne n’était laissé de côté, tous pouvaient être coupables. 

Alors j’ai continué d’enchaîner les chapitres, de tourner les pages si vivement que le roman a été avalé et digéré. 


Cette histoire m’a beaucoup fait penser à Shutter Island de Dennis Lehane. Sans doute à cause de cette couverture qui décrit parfaitement bien l’ambiance du roman : une mer agitée, une météo pluvieuse et orageuse. Bref, il ne fait pas forcément bon vivre sur Glass Island. 

Et puis à cause de Henry aussi, même s’il n’a rien à voir avec Teddy. Ceux qui l’ont lu comprendront, pour les autres, je préfère vous laisser la surprise. 


Parce qu’Une putain d’histoire est un thriller intelligent. Possédant quelques longueurs ici et là (principalement lorsqu’on suit d’autres personnages comme celui de Noah) mais au-delà de ça, il se laisse dévorer jusqu’au dénouement final, jusqu’à ce dernier chapitre deux ans après les faits. 

Ce chapitre m’a plu. Il a confirmé mes doutes du tout début, jusqu’à ce que j’abandonne cette piste pour me perdre dans les autres. Il faut croire en son instinct, voilà ce que m’a rappelé ce livre, de toujours se fier à son idée première parce qu’au final, elle pourrait s’avérer être la bonne. 


Je ne peux en dire plus sans en révéler de trop. Pour tous les fans de thriller, de roman policier et j’en passe, cette histoire est faite pour vous. Elle démontre qu’en France aussi on a des pointures du genre. Elle démontre qu’une bonne histoire, c’est avant tout de bons personnages et un bon cadre. Bernard Minier, en menant tout le monde en bateau réussit magnifiquement bien à traduire la peur, la culpabilité, le mensonge, et la manipulation. 









dimanche 22 novembre 2020

Le Coin des libraires - Les Sorcières du clan du nord I. Le sortilège de minuit & II. La reine captive d'Irena Brignull

Comment ne pas craquer pour cette couverture ? Et puis ce titre aussi. Si comme moi vous aimez les sorcières, il faut vous procurer ce premier tome d'une saga (est-ce juste un diptyque où y aura-t-il un troisième volet ?) 

Je me suis décidée à craquer pour Les Sorcières du clan du nord d'Irena Brignull à cause de la sortie du deuxième tome, et aussi parce que j'aime beaucoup lire de la jeunesse en été. Chez moi, c'est une période propice au genre fantastique et au polar/thriller, il n'est donc pas étonnant si j'ai lu ce premier tome. 



Dès les premières pages on sait à quoi s'attendre : Poppy et Clarée sont nées le même jour, leur place ont été échangées si bien qu'il est difficile de vivre puisqu'elles n'ont pas la place qui devrait leur revenir. 
On suit beaucoup plus Poppy que Clarée, pour mon plus grand bonheur. J'ai trouvé le personnage de Poppy certes un peu stéréotypé (comme la plupart du temps lorsqu'il s'agit de jeunesse/young adult) mais néanmoins plus profond que celui de Clarée. Cette dernière m'a souvent ennuyée à cause de son ignorance, mais surtout par sa naïveté. Elle est gentille, tout ça, tout ça, mais on dirait une gamine de 10 ans, c'était parfois trop abusé. 

Poppy est pour moi l'image de l'adolescente solitaire, mais extrêmement fort, celui qui souffre, mais qui s'en sort seule malgré tout. Du moins jusqu'à sa connaissance avec Léo. Le traitement de son personnage m'a semblé bien plus recherché que pour celui de Clarée, que ce soit dans sa relation au monde, avec ses parents ou même avec Léo. 
Je comprends pourquoi celui de Clarée est moins étoffé - ça s'explique du point de vue de son passé, de son éducation, de sa vie en général - mais j'aurais aimé pouvoir m'attacher à elle et non pas la voir comme une petite soeur envahissante et possessive. 


L'enjeu dans ce tome est relativement simple : une prophétie a été récitée il y a de nombreuses décennies disant qu'une Hawkweed deviendrait la reine. Les deux soeurs Hawkweed, Crécerelle l'aînée et Charlock la cadette ont toutes les deux des filles, mais Crécerelle décide que sa fille sera l'heureuse élue.

Sans réelle surprise sur l'issue, j'ai pris du plaisir à découvrir Poppy vivant dans le monde des humains (nommés ivraies par les sorcières) et Clarée, vivant dans celui des sorcières. Comme on s'y attend on trouve des thèmes tels que le rejet ou encore la solitude. 
Les personnages tentent de faire rentrer les bonnes pièces du puzzle afin d'arriver à quelque chose qui soit normal, afin que la mère de Poppy retrouve sa fille et sorte enfin de son mutisme et de sa pseudo folie. Afin que Poppy occupe la place qui lui revient de droit, etc. 

Au-delà de ces deux filles, j'ai énormément aimé Léo, il m'est apparu comme le meilleur personnage puisque c'est pour moi le plus prometteur. Sa vie dans la rue est intéressante, mais il manque cruellement de profondeur - ce que l'auteure a sans doute souhaité pour pouvoir lever les zones d'ombres de son passé.

Sa relation avec Poppy est tout simplement magnifique, ils sont tous les deux inadaptés socialement, mais ils se comprennent et s'aiment sans même se connaître. 
En revanche, gros point négatif pour le triangle amoureux. Ça se sentait à 100 km et c'est tellement dommage. Pourquoi faire un triangle amoureux sérieux ? Pourquoi faire en sorte qu'un personnage souffre inutilement ? (là, en l'occurrence, Clarée et Poppy tour à tour). 


La fin m'a laissé pantoise. J'étais certaine que Léo cachait quelque chose, qu'il ne pouvait pas être séparé de Poppy pour la simple et bonne raison qu'elle est une sorcière et lui un simple humain. Dès les premières pages j'ai eu des doutes sur lui et ces doutes se sont révélés être vrais par la suite. 
Je n'ai qu'une hâte, ouvrir le deuxième tome et voir comment Poppy et Léo vont bien pouvoir se retrouver. Mais aussi voir comment Poppy va prendre possession de ses pouvoirs.

Il me reste encore beaucoup de choses à apprendre et j'ai très envie de lire le deuxième tome, mais j'ai un peu peur que ce soit la fin, que l'auteure ait seulement écrit deux volets. 
Ça me semble bien mince pour conclure une histoire comme celle-ci, surtout lorsqu'on arrive au bout du premier tome et que pleins de questions restent en suspens. 


Vous avez lu ce livre ? Il vous fait envie ? 


Elle avait souvent rêvé de se laisser emporter par le courant vers un avenir meilleur. Et voilà qu’elle se tenait devant l’avenir, qui était devenu son présent. 



  • Les Sorcières du Clan du Nord II.  La reine captive 


Après avoir apprécié ma lecture du premier volet, j’ai attendu quelques mois avant de me plonger dans la suite (et fin) des aventures de Poppy, Clarée, Léo et les autres. 


La fin du premier tome laissait penser que les retrouvailles étaient désormais impossibles, mais il ne faut pas parler trop vite n’est-ce pas ? 



Une fois la prophétie vérifiée, Poppy n’est plus maître de son destin, elle doit accepter la réalité, elle est la gardienne et protectrice de ses soeurs sorcières, qu’elle le veuille ou non. 


Il en va de même pour Leo, qui, contre attente, se révèle être lui aussi un sorcier.

J’ai aimé cette idée, le rôle des hommes, bannis de la communauté des sorcières (tués, avant même d’être portés à terme), interroge sur la discrimination et la peur. La peur d’un autre qui n’est pas biologiquement comme soi, d’un autre qui pourrait être une menace pour les femmes. 


Ce livre, je l’ai dévoré, mais à dire vrai, je ne sais pas trop pourquoi. 

Il se lit très bien, le style est toujours agréable et Irena Brignull a un don pour nous donner envie d’en savoir toujours plus.

Au-delà de ça ma lecture ne m’a pas franchement emballée. 


Trop de longueurs, d’apitoiement, de répétitions. 


Je n’ai pas retrouvé la magie du premier tome, voilà tout. 

J’ai espéré pour Poppy et Léo, j’ai eu de la peine pour Clarée, reléguée au second plan par tous. Mais ça s’arrêtait là, et c’est bien dommage quand on voit que le premier tome était bien plus construit et intéressant. 


Après je dois dire que j’ai beaucoup aimé la présence de Badiane. Les flash-backs avec Charlock aussi, j’ai trouvé que c’était pertinent, mais justement cette idée m’a plus enthousiasmée que l’histoire de Poppy et Léo, ce qui n’est pas normal quand on sait que j’ai adoré suivre ces deux personnages dans le premier tome ! 


Ce livre n’est pas mauvais, il est même plutôt bon si l’on considère que c’est pour la jeunesse et qu’il n’y a pas de grands enjeux. Mais malgré ça, je garde un petit goût d’amertume. Cette histoire aurait pu être grandiose — elle est juste bien.  


Il ne sert à rien de s’étaler plus encore. Il y a des livres où on a beaucoup de choses à dire, d’autres où on en a beaucoup moins, La reine captive, le deuxième volet des Sorcières du clan du Nord fait partie de ceux-là. 


Vous avez-lu ce diptyque ? ou même entendu parler ? 






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