mercredi 8 avril 2020

Le Coin des libraires - Le bonhomme de neige (#7 Harry Hole) de Jo Nesbø + adaptation cinématographique

Je relis rarement les livres, encore moins quand il s'agit de polar, mais avec Le bonhomme de neige de Jo Nesbø, la tentation était trop forte. 
Lu une première fois en décembre 2015 (lorsqu'on me l'a offert), j'avais un excellent souvenir de cette lecture et même si je me souvenais de l'identité du coupable, j'ai eu envie de le relire simplement parce qu'entre temps j'ai commencé la série Harry Hole par le début. 


C'est par le biais de cet opus que j'ai rencontré le fameux détective de l'auteur suédois, et donc c'est grâce à lui si j'ai eu envie de découvrir l'intégralité de ses aventures. 
Un volet encore sombre où Harry va être baladé d'un suspect à un autre afin de parvenir à identifier le premier serial killer répertorié d'Oslo. 

La vie d'Harry suit son cours, il lutte pour ne pas replonger dans l'alcool, il reste digne face à sa séparation d'avec Rakel malgré qu'elle soit au centre de ses pensées. D'ailleurs ça m'a fait bizarre de relire l'ouvrage en ayant lu les précédents cette fois car je sais pertinemment ce qu'il s'est passé entre eux, comment ils en sont arrivés là, etc. Alors oui, si on peut lire les tomes de manière indépendante, le plaisir de lecture est bien plus important lorsqu'on connaît la série dans son intégralité. 

Des femmes se font donc assassinées lors des premières neiges et Harry va enquêter sur ces meurtres. Comme toujours il y a très rapidement des pistes, des personnes à aller interroger si bien qu'on entre dans le fil de l'histoire sans même le remarquer. 
Et il en va de même pour le bouquin en entier, malgré ses presque 600 pages.

Alors il sonderait le visage d’autres personnes pour y trouver leur douleur et leur talon d’Achille, leurs cauchemars, mobiles et raisons de leurs auto-trahisons tout en écoutant leurs usants mensonges et en essayant de découvrir une signification à ce qu’il faisait : enfermer des gens depuis longtemps enfermés en eux-mêmes

Si Harry figure parmi mes personnages de polar favori, c'est bien parce qu'il est complexe, il est intelligent, intuitif et il sait ce qu'il fait (sauf quand il boit, évidemment), mais il lui arrive aussi d'être naïf, de passer à côté de choses suspicieuses. Bon après peut-être que c'est simplement mon entraînement d'apprenti détective qui me le dit mais on en parle du mec avec ses moisissures ? À aucun moment je laisse un gars entrer chez moi comme ça et faire sa vie ! et encore moins quand tu es inspecteur de police et que tu laisses la photo de ton ex et de son gosse à portée !! 

Tout cela pour dire que trois ans après je meurs toujours d'envie de savoir qui se cache derrière cette histoire de moisissure, pourquoi il fait ça et si on le connait déjà. Ce n'est clairement pas le plus important dans cet ouvrage, c'est vrai... Mais ça fait une information qui donne l'eau à la bouche c'est tout, et après l'enquête de malade que l'on vient de découvrir, je ne sais pas, je trouve normal qu'on ne désir qu'une chose : la suite. 
En attendant, l'affrontement final est épique autant que jouissif.

Un excellent tome, l'un des meilleurs selon moi et si je l'ai relu, c'est aussi pour pouvoir avoir un meilleur souvenir des événements avant d'attaquer l'adaptation britannique sortie en 2017. 

Le mal n’est pas une chose, il ne prend pas demeure. Au contraire, c’est une absence de chose, l’absence de bien. Tout ce dont tu dois avoir peur, ici, c’est de toi-même.



  • Du papier à l'écran 


C'est le réalisateur Tomas Alfredson, déjà connu pour avoir réalisé l'adaptation de La Taupe, un ouvrage de John LeCarré qui est aux commandes de cet ambitieux projet. 
Je dis ambitieux parce qu'il me paraît difficile de transposer cette histoire en film tellement elle est foisonnante. Difficile, mais pas impossible. Alfredson s'y connaît en adaptation, il a un casting plus que correcte et en plus Martin Scorsese lui-même compte parmi les producteurs du film, que demander de plus ? Bah Scorsese en tant que réalisateur ça aurait pas mal, alors pourquoi ça c'est pas fait, déjà ?
Et puis bah apparemment les conditions de tournage n'étaient pas optimales, mais est-ce suffisant pour justifier un tel échec ? 

J'y croyais. En voyant la bande-annonce je me suis dit "pourquoi pas ?" et au final il ne rend pas du tout justice à l'oeuvre de Jo Nesbø. C'est lent, extrêmement lent. 
Si l'histoire est à peu près respecté, il y a quand même des libertés, notamment avec le personnage de Rakel (Charlotte Gainsbourg), mais ce n'est pas forcément très gênant pour l'histoire. C'est bien de ne pas faire un simple copier coller d'un matériau de base je dirais. Là il y a quelques digressions, c'est supportable même si ce n'est pas toujours explicable.



Certaines scènes sont esthétiquement belles, elles m'ont fait penser au film Millenium mais à la version suédoise de 2009 hein, celle réalisée par Niels Arden Opley - oui ça fait vraiment la fille qui a zéro culture sur le cinéma nordique ! À part ça, on peut dire que la réalisation ne m'a pas semblé franchement mémorable, disons que je note la beauté des paysages dans un coin de ma tête. 

Le seul véritable point fort du film c'est la présence de Michael Fassbinder dans le rôle de Harry Hole, vraiment, c'était une trop bonne idée, il correspond tout à fait à l'idée que je me faisais du bonhomme ! Il éclipse clairement les autres acteurs, Charlotte Gainsbourg comprise.

En bref un film possédant quelques scènes à garder pour l'esthétique et l'atmosphère, un personnage principal intéressant mais un peu trop cliché et une histoire qui ne tient pas debout. C'est dommage quand on sait que les romans de Jo Nesbø sont extrêmement bien ficelés. Je l'ai vu, j'ai été déçue, pas besoin d'en faire toute une histoire, mieux vaut se concentrer sur la suite qui sera la lecture du Léopard, encore une belle brique en perspective ! 










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