samedi 6 octobre 2018

Le Coin des libraires - #114 Vernon Subutex 3 de Virginie Despentes

J'attendais ce troisième et dernier tome avec tellement d'impatience ! J'ai lu les deux premiers en mai 2016, soit deux ans auparavant. J'ai patienté pour avoir le tome 3 en poche... c'était très long ! 


J'aurais aimé lire d'autres romans de Virginie Despentes (King-King Théorie ; Apocalypse Bébé) entre temps, mais j'ai privilégié d'autres lectures, c'est donc partie remise. Une fois la sortie poche arrivée, je me suis jetée dessus afin de pouvoir l'emmener dans ma valise pour Paris. J'avais envie de le lire durant le voyage et durant mes quelques jours dans la capitale simplement parce que les deux premiers volets se passent dans cette ville.

Bon finalement j'aurais pu le lire à un autre moment étant donné que je me suis rapidement rendue compte que ce volet-ci n'allait pas se dérouler à Paris, mais bref.



"Putain ce que c’est triste, cette bienveillance qu’ils ont l’un pour l’autre. Ça a remplacé l’amour. Il reste ce respect, ce désir que l’autre se sente bien. Une tendresse. C’est moins moche que de la haine. C’est moins intense, aussi. Ils portent tous les deux le même deuil, du temps où ils s’aimaient vraiment, où ils y croyaient."
Virginie Despentes,Vernon Subutex 3.



Malgré mon énorme envie de connaître le fin mot de cette histoire, j'appréhendais aussi un peu comme j'ai lu les deux premiers pile deux ans auparavant. Évidemment il me restait des souvenirs, j'avais le gros de l'histoire en tête, mais je savais que j'avais oublié bon nombre d'éléments. 
J'ai relu mon article sur les deux premiers tomes (visible ici si ça vous intéresse !), et puis je me suis lancée. 
Bon, le point positif est qu'il y a au début du livre un index des personnages rencontrés lors des volets précédents, ça m'a franchement bien aidé - durant les 30-40 premières pages j'ai souvent regardé cet index afin de me rafraîchir la mémoire. C'est à ce moment que je me suis rendue compte que certains personnages m'avaient marqués (ex : Aïcha) et d'autres, bah pas du tout (ex : la Véro). 

L'entrée en matière a donc été assez difficile. Je pense que pour être bien, il aurait fallu que je relise les deux premiers tomes, mais tant pis. Néanmoins, une fois passée les cinquante premières pages, une fois l'histoire remise dans son contexte, ça allait comme sur des roulettes ! 

Ça a été un vrai plaisir de retrouver Vernon et sa clique. Après avoir été plongé dans la solitude et la précarité dans la fin du premier tome, Subutex a retrouvé sa petite clique dans le deuxième. Bien décidé à ne plus le lâcher, ils ont décidé de se réunir tous ensemble et de vivre en communauté. 

Je parlais du problème de personnages dans mon article sur les premiers volets, et même si je pense que certains sont de trop, ou peut-être un peu moins étoffés que d'autres, je trouve que l'auteure est parvenue à créer des personnages uniques et réellement intéressants et ce, avec brio. 


Vernon Subutex 3 de Virginie Despentes, éditions Livre de poche.


J'ai donc adoré retrouver tous ces personnages, ceux qui ont évolué et ceux qui, au final, semblent être fidèles à eux-mêmes (La Hyène, jusque dans une certaine mesure). 
Plus encore, j'ai adoré retrouver la plume de l'auteure, ses tournures de phrase assassines, son langage d'une grande crudité mêlé à une écriture poétique - c'est une caractéristique que j'adore chez les écrivains contemporains, à l'instar de Jimmy Lévy, auteur qui m'a subjugué avec sa plume acerbe et grandiose à la fois. 

Si j'ai autant aimé ce tome, c'est parce qu'il est parfaitement dans la veine des deux premiers, il prolonge les questionnements, il continue de remettre en questions. C'est là que la diversité des personnages est importante, on accède à des points de vue similaires et à d'autres, diamétralement opposés. 

Au final, si je ne dois retenir que trois éléments de cette trilogie, ce serait l'entraide, l'acceptation de la différence et les interrogations. Ce tome est tout aussi sombre que les précédents, mais d'une façon différente. Néanmoins, on reste scotché à l'univers, on vibre avec Subutex et les autres à la fréquence des convergences qu'ils organisent. 


Vous l'aurez donc compris, j'ai une fois encore énormément accroché avec ce volet, j'ai trouvé qu'il concluait extrêmement bien la trilogie... à un élément près. 
Si vous me suivez sur les réseaux sociaux (en particulier sur Instagram où je suis la plus active), vous savez déjà que j'ai aimé ce tome, mais que la fin m'a laissée assez, dubitative disons. 
Je vous disais déjà que la fin du deuxième tome ne m'avait pas convaincue, j'étais restée sur ma faim justement et j'étais même un peu déçue de la tournure des événements, et bien, il en va de même ici...


Attention, si vous n'avez pas encore lu ce dernier tome et que vous comptez le lire, passez votre chemin, la suite n'est pas pour vous haha ! 
J'ai trouvé les trois quarts du roman absolument passionnant, j'ai pu renouer avec Subutex et sa clique et franchement, c'était agréable, et puis, il y a eu la fin, forcément. Non mais franchement je ne sais pas comment me positionner, je ne sais pas quoi penser du fait qu'à la fin tout le monde meurt excepté Subutex et Aïcha. Et encore, ce n'est pas le pire. Non, ce qui m'a vraiment chiffonné, c'est ce dernier chapitre des plus déroutants. Ce chapitre où il est fait mention de la "secte Subutex", de l'état dans lequel se trouve le monde, de l'interdiction d'écouter de la musique, etc. 
À vrai dire, voilà quelque temps qu'il est lu maintenant et même là, je ne sais pas quoi en penser. Je trouve que c'est parti un peu trop loin, en tout cas pour ma part. Je comprends le parti pris de l'auteure, mais j'aurais aimé une autre fin, pas quelque chose qui me laisse autant dubitative.



Et vous, qu'en avez-vous pensé ? Ce tome trois conclut-il correctement cette excellente trilogie ?



"De gares en aéroports, il voyage avec ses fantômes. On peut toujours jeter les photos, abandonner les objets, perdre les vieux vêtements - ses vies d’hier se mélangent au présent, et il sent gémir ses racines, qui refusent d’être sacrifiées. Elles palpitent, connectées, dérobées aux champs de conscience. Son passé devient encombrant."
Virginie Despentes,Vernon Subutex 3.






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