mercredi 3 mars 2021

La Tresse de Laetitia Colombani

Ce livre on ne le présente plus. 

Paru chez Grasset en 2017, La Tresse en a fait couler de l’encre depuis sa sortie. 

J’ai longtemps eu envie de le lire, mais en voyant l’engouement de tout le monde j’ai préféré attendre. J’ai le sentiment de plus apprécier un livre une fois que toute la médiatisation autour de lui est passée. 


Et puis il est sorti dans cette belle édition collector chez Livre de poche, et là j’ai compris que c’était le bon moment. 



Smita est le premier personnage dont on fait la connaissance. Elle est une Intouchable en Inde, c’est-à-dire qu’elle est considérée comme étant « hors-caste ». J’avais vu un court reportage sur  le fait que l’Inde souhaitait abolir le métier de videur de toilettes, en sachant que chez eux les toilettes, bah c’est très souvent le sol lui-même.


Bref, Smita est une Intouchable et elle est destinée à nettoyer la merde des autres — appelons un chat un chat. Elle sert les dents, elle prend sur elle, mais elle refuse de donner cet héritage à sa fille, Lalita, elle refuse de la condamner comme sa mère l’a condamnée. 


Vient ensuite Giulia, une jeune sicilienne qui travaille dans l’entreprise familiale, un atelier où on récupère des cheveux pour en faire des perruques. Elle va être confrontée à certaines difficultés en apparence insurmontable. 


Enfin c’est Sarah, avocate canadienne et mère d’enfants dont elle ne peut pas vraiment s’occuper à cause de son travail dans un prestigieux cabinet. 


Ces trois femmes vont chacune vivre des étapes majeures, des moments qui d’une certaine façon les uniront, elles qui ne se connaissent pas. 


Au début j’ai été un peu déçue de ne pas suivre Smita plus longtemps, sa condition d’Intouchable m’a vraiment passionnée, et surtout je n’ai jamais lu de livre mettant en scène cette réalité. Puis au fur et à mesure je me suis prise d’affection pour les deux autres, même Sarah, alors que c’était quand même pas gagné. 


Elles sont différentes et je pense que c’est en partie pour cette raison si elles sont si touchantes. 

J’ai aimé les découvrir, leur parcours, leur force, leur résilience. Elles sont des figures de femmes fortes qui n’abandonnent jamais. 


La plume de Laetitia Colombani est agréable, sans en faire trop, elle dépeint avec justesse la vie parfois difficile de ces femmes. 

La conclusion est magnifique, mais on s’en doute durant une bonne partie du livre — et ça fait un peu « tout va bien dans le pays des bisounours » quand même !

J’ai aussi aimé la postface écrite par l’auteure, histoire de comprendre comment l’idée lui est venue, j’ai trouvé que ça ajoutait une force au propos. Parce que là encore, tout part de la force des femmes. 


La Tresse est un ouvrage magnifique, je n’ai pas été déçue même si je déplore le fait qu’il se soit lu trop vite et que les ficelles soient peut-être un peu trop grossières… 

J’aurais aimé pouvoir suivre Smita, Giulia et Sarah encore un peu plus longtemps. Pouvoir les accompagner plus loin. 

Le seul élément que je déplore, c’est le manichéisme de l’histoire, celle-ci est belle, mais attendu… 



Je pense me procurer Les Victorieuses maintenant - si vous l’avez lu, n’hésitez pas à me partager votre avis ! 






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