mercredi 24 juin 2020

Le Coin des libraires - Prosper à l'oeuvre d'Éric Chevillard

Après avoir ri aux larmes avec Prosper Brouillon publié en 2017, Éric Chevillard est revenu en octobre dernier avec son nouvel opus : Prosper à l’oeuvre


Encore une fois j’ai adoré ma lecture, c’était léger et surtout drôle, si drôle. 

Comme je le disais déjà pour Prosper Brouillon, je lis très peu de livres où je ris devant. Ces deux livres en font partie et c’était si rafraîchissant ! 



Après le succès de son précédent livre Les Gondoliers (voir le premier opus), Prosper Brouillon doit donc écrire un autre livre. 


« Prosper Brouillon n’écrit pas pour lui. Il ne pense qu’à son lecteur, il pense à lui obsessionnellement, avec passion, à chaque nouveau livre inventer la torture nouvelle qui obligera ce rat cupide à cracher ses vingt euros. » 


Prosper n’en a que pour ses lecteurs, donc il entame l’écriture de ce nouveau livre un roman policier.


Ponctué par des parasitages, tels des renvoies à l’autobiographie de Prosper : Écrire et tricoter, c’est pareil (non mais rien que ce titre me donne envie de hurler de rire…), l’élaboration du prochain roman de ce grand auteur est une aventure ! Et puis il y a les va-et-vient avec l’éditeur de Prosper qui lui dit clairement que c’est grâce à lui s’il est possible de publier des poètes inconnus au bataillon. Bah dis donc, on ne savait pas Prosper si généreux ! 


« Un livre, comme un homme, doit vivre avec ses cicatrices et surmonter bravement l’épreuve du handicap. » 


Surtout, Prosper est un éternel flemmard, une fois l’idée germée dans son esprit, il écrit le début, puis ça ne l’intéresse plus. Enfin, il n’est plus intéressé jusqu’à ce qu’arrive les plateaux télé, les journaux, etc. Prosper vaniteux ? Si peu !


« Quelle histoire ? Prosper Brouillon se demande en effet comment poursuivre. Le début est prometteur (il est derrière lui), la fin sera formidable aussi (invitations à la télévision, négociations avec les producteurs de cinéma, placards publicitaires dans le métro) : entre les deux, c'est le moment qu'il n'aime pas beaucoup, la corvée du coffrage, du remplissage. » 


Prosper à l’oeuvre promettrait-il une suite par l’entremise de cette illustration page 94, illustration d’un livre rouge intitulé "Les 11 000 mâts" et légendé « Le prochain sera rouge, d’un rouge profond. »

Sans doute, après le choix du bleu, la couleur la plus classique possible, Prosper va-t-il choisir en choisir une autre. Celle du sang, du crime. De la passion, de la littérature autant que de la renommée. 

Parce que c’est ça Prosper Brouillon, un auteur contemporain toujours prêt à aider son prochain ! 


Concernant les illustrations, toujours de Jean-François Martin, j’ai une petite préférence pour celles de Prosper Brouillon, j’ai aimé celles-ci, mais je trouvais qu’elles étaient plus loufoques avant, tandis qu’on retrouve une vraie continuité dans les nouvelles. Ça c’est à 100% question de subjectivité. 



J’applaudis une fois encore Éric Chevillard pour ce roman fin et intelligent. Il use de la représentation qu’on a d’une certaine littérature dite « commerciale » pour la détourner et en donner une vision déformée et amusante. 

L’humour est quelque chose d’assez difficile en littérature (en tout cas pour ma part) et l’auteur est parvenu avec brio à me faire sourire à chaque page, tandis qu'avec d’autres, j'ai ris aux éclats. Décidément, ce Prosper, je m’en souviendrais longtemps ! 







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