mardi 13 août 2019

Le Coin des libraires - #135 Carnaval de Ray Celestin

Publié en 2014 et paru l’année suivante au Cherche midi, Carnaval de Ray Celestin est le premier tome d’une quadrilogie — le tome 3 sortira début octobre toujours chez le Cherche midi ! 

J’ai vu passer tout un tas d’avis positifs, et puis, il y a des éléments qui attisent la curiosité. 
C’est bien simple, il suffit de me montrer cette tête de mort coiffée d’un chapeau sur la couverture, et de me dire que ce roman se déroule à la Nouvelle-Orléans, au lendemain de la Première Guerre mondiale pour que je sois conquise. Le pari semblait gagné d’avance. 

Tout commence avec le journaliste John Riley écumant les lettres des habitants concernant de près ou de loin le Tueur à la hache. C’est à ce moment qu’il tombe sur une lettre écrite par le coupable. Ni une, ni deux, John Riley décide de publier cette missive envoyé par celui qui effraie toute la Nouvelle-Orléans. 

Retour en arrière, d’un mois. 




Alternativement, on va suivre quatre personnages, Luca D’Andrea (ex-flic, et tout juste ex-taulard), Michael Talbot, policier et ex protégé de Luca (il est celui qui a balancé ses magouilles et l’a envoyé en prison), ainsi qu’Ida, secrétaire déçue, dans un bureau de détective privée qui décide de mener l’enquête en compagnie d’un de ses amis d’enfance, le jazzman Louis Arrmstrong. 

Tout ce beau monde vit chacun de son côté si bien que l’avancée de l’histoire peut être assez lente. L’auteur aurait gagné à mettre en avant moins de personnages afin qu’ils soient plus étudiés. J’ai le sentiment qu’on ne fait que les frôler, sans jamais pénétrer à l’intérieur. Pauvres carapaces vides. Excepté pour Lewis et Luca, qui sont pour moi les meilleurs personnages, parce que les plus aboutis. 

L’enquête piétine, les morts s’entassent et l’enquête piétine encore. On ne sait pas où regarder, quelle ethnie viser, quelle croyance dénoncer. 
Le temps peut paraître long, mais il m’a semblé qu’il était au contraire réaliste. 
Quand on se renseigne un peu sur la véritable histoire de celui qu’on surnomme L’Homme à la hache, on apprend que celui-ci n’a jamais été attrapé, qu’il a toujours réussi à s’échapper et qu’il a simplement arrêté de commettre des crimes — pour ce qu’on en sait du moins.
Comment Ray Celestin aurait donc pu créer un Tueur à la hache si facilement trouvable ? 


On se prend dans le fil de l’histoire, dans les descriptions de la Nouvelle-Orléans, de son humidité marécageuse, de son racisme, de sa mixité, se côtoie des italiens, des français, des locaux. 
Personne n’est à l’abri, et surtout pas ceux qui n’écoutent pas de jazz. 



Un très bon premier tome ! Une bonne mise en bouche, une envie d’en savoir plus sur les différents personnages même si j’ai surtout été attirée par la beauté des descriptions, l’ambiance qui se dégage de la ville et la mystérieuse enquête du tueur à la hache. Résolue, ou non, par l’imagination de Ray Celestin, pour le savoir, il faudra le lire ! 







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