dimanche 4 avril 2021

L'A26 de Pascal Garnier

Ça se passe dans le Nord de la France, près de l’A26 qui est en construction. 

Il y a Bernard, la cinquantaine, employé de la SNCF, mais il a dû se mettre en arrêt maladie. 

Bernard n’est plus qu’un frère, et un malade. 

Un cancer, un foutu cancer vient pour finir de l’achever, après une vie de merde passée aux côtés de sa soeur. 



Sa soeur, c’est Yolande.

Elle est recluse chez elle.

Elle refuse de passer la porte. 

Alors elle regarde par le trou de la serrure les jours qui passent, les enfants qui vont prendre le bus scolaire. Cette fenêtre sur autrui, sur l’extérieur, elle l’appelle le « trou du cul du monde ». Mais dans ce trou elle ne voit décidément pas grand chose.


Mais Yolande ne sortira pas. 

Faut dire qu’elle a vécu un épisode assez traumatisant : 

Elle est une tondue, c’est-à-dire qu’à la Libération il a été décidé de lui faire une petite coupe, pour la remercier de sa Collaboration. 


Alors Bernard se retrouve malade comme un chien, forcé de quitter son emploi, de continuer à s’occuper de sa soeur qu’à sa place, j’aurais bien étranglé 2-3 fois. 


Mais Bernard aussi a un secret. Un lourd secret et s’il se fait démasquer, c’est la fin. 

Un indice : Bernard sait couler le béton de l’A26 pour y cacher ses méfaits. 


L’A26, premier roman de Pascal Garnier, m’a alpagué au coeur de cette petite ville du nord de la France. 

C’est dans un ton à la fois sérieux et amusant que l’auteur nous délivre ce roman noir. 


Le roman fait un tout petit peu plus de 100 pages et pour moi, c’est là que réside sa force. En 100 pages Pascal Garnier nous délivre une intrigue bien ciselée, des personnages profonds et il pose un décor suffisamment détaillé pour qu’il soit crédible. 

On s’attache à Bernard malgré sa folie, on s’attache à Yolande malgré qu’on sache dès le début qu’il lui manque une case. 


L’A26 c’est donc l’histoire de ce frère et de cette soeur, mais c’est aussi plus largement l’histoire de ce petit village, c’est les ragots en continue et directement sponsorisés par le seul bar de la ville, le Café de la gare. 

C’est Bernard qui n’a jamais eu de vie intime parce qu’il y avait Yolande, c’est Yolande qui n’a jamais pu voir plus loin que ce fameux jour où elle a été tondue.


Ce roman est mon premier de Pascal Garnier, un auteur décidément parti trop, mais il ne fait aucun doute qu’il y en aura d’autres, j’ai trop adhéré à l’histoire, et surtout au style pour m’arrêter en si bon chemin. 









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