mercredi 3 février 2021

Le Dit du Vivant de Denis Drummond

L’année dernière je vous parlais de La Vie silencieuse de la guerre qui m’avait beaucoup plu. J’avais aimé l’ambiance, les personnages ainsi que la construction du récit. 


Avec Le Dit du Vivant, Denis Drummond continue de frapper fort. 

La construction est là encore ambitieuse. Roman découpé en six parties, elles-mêmes découpées de manière identique. Il y a le récit, le journal de la protagoniste paléogénéticienne, Sandra, les chroniques et autres articles de presses ou des extraits de correspondance. Enfin il y a le point de vue de Tom, fils autiste de Sandra, avant de terminer par la prise de parole du Vivant. De celui dont on a découvert la présence, celui au centre de la découverte. 


Et quelle découverte ! 


Il aura fallu un séisme au Japon, un écroulement, l’affaissement de tout un village pour en arriver à cette découverte, celle d’une sépulture qui révolutionne nos certitudes concernant l’évolution humaine ! 


« La structure du vivant se prenait dans l’ellipse du temps. Les doubles hélice d’ADN des graminées et de l’homme d’Atsuma allaient placer la science dans un ailleurs sans lieu. Elles raconteraient une histoire qui défierait les récits, déférait les icônes et donnerait aux mots un sens nouveau. Les lumières naissantes s’accompagnent toujours de leur cortège d’ombres. »


Denis Drummond nous entraîne dans une histoire hors norme autant du point de vue de sa construction que de son sujet. Il est vrai que c’est parfois un peu redondant car les différentes parties reprennent des éléments déjà abordés dans la partie « récit » par exemple. À l’instar de La Vie silencieuse de la guerre, Le Dit du Vivant n’est pas un roman à lire sur les chapeaux de roue. Il faut prendre son temps, le déguster et accepter d’avoir ces répétitions sous différents prismes. Parfois par l’entremise du récit de Sarah parfois grâce aux articles de presses par exemple.


L’histoire en elle-même est passionnante, les coupures de presse permettent notamment de donner des éléments de compréhension au lecteur lambda, loin des données scientifiques et du tumulte autour de la théorie de l’évolution notamment. 


C’est captivant et tout à fait lisible grâce au soin apporté à l’écriture. 

Denis Drummond s’attaque à un sujet pointu et passionnant tout en arrivant à le rendre accessible. — C’est un élément fondamental à mon sens, un peu comme j’ai pu le retrouver dans un autre roman du Cherche midi, Contagion de Lawrence Wright ; l’apport scientifique, la multitude de faits est passionnante et j’ai trouvé que les deux auteurs parviennent très bien à nous délivrer des informations sans donner l’impression de donner la main au lecteur. 

Là encore je n’ai aucune base, je n’y connais rien du tout et malgré cela j’ai été embarquée du début à la fin dans cette histoire extraordinaire ! 


Les personnages sont attachants mais ce n’est pas ce qui compte le plus. La relation de Sandra et de son fils Tom est intéressante mais il m’a manqué quelque chose même si elle complète bien l’histoire. 

Ils sont bien construits et ont des préoccupations importantes c’est simplement que ce n’est pas ce qui m’intéressait de prime abord. 


Le Dit du Vivant est un roman passionnant et foisonnant. Il interroge les théories de l’évolution, les capacités humaines ; il pose des questions ontologiques et pertinentes : que ferions-nous si toutes nos croyances se trouvaient bouleversées ? si ce que nous croyions être une fait indiscutable se révélait en réalité aussi faux que l’idée selon laquelle la terre est plate ? 


Merci une fois encore à Benoit pour cette excellente découverte ainsi qu’à Denis Drummond ! 











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