mardi 26 janvier 2021

Memory d'Arnaud Delalande

 Que faire quand un meurtre a lieu et que les seuls témoins sont atteints d’amnésie antérograde ? 

Comment trouver le coupable quand il se cache peut-être parmi des patients qui oublient ce qu’ils ont fait ou dit à peine cinq minutes après ? 


C’est le pari d’Arnaud Delalande avec Memory, publié au Cherche midi et dispo en librairie depuis le 14 janvier. 


Pourtant Memory ce n’est pas que ça, et pour cause ! L’entrée dans le roman est très intéressante malgré le fait qu’il n’y ait pas de lien avec les événements qui vont nous intéresser. 


Les premiers chapitres se concentrent sur Jeanne, l’héroïne, enlevée à ses parents lorsqu’elle était petite, et  adoptée par un couple formidable. Son père policier vient de décéder quelques années après sa mère. 

Jeanne, esseulée, est déçue de ne pas avoir pu voir la fierté dans les yeux de son père à l’annonce de sa promotion. 

Jeanne est devenue lieutenant, elle marche dans les pas de son père adoptif. 


Les premiers chapitres autour de Jeanne, de son état d’esprit, de son histoire familiale m’ont énormément plu. On se croirait dans un contemporain où on suit cette femme qui doit apprendre à vivre seule, à vivre sans l’amour de ses parents. On est à des années lumières du genre policier en fait. 


L’histoire nous rattrape finalement et Jeanne est envoyée dans cet étrange institut perdu au milieu des arbres, la clinique Harmonia - déjà quand tu vois le nom tu sais qu’un truc cloche. 


A partir de là tout s’enchaîne extrêmement vite. On est pris dans un huis-clos étouffant avec des témoins tout sauf fiables et une héroïne prête à tout pour résoudre sa première enquête digne de ce nom. 


Pourtant il y a quelques bémols ici et là. 

Le caractère invraisemblable de l’histoire : comment peut-il y avoir autant de patients atteints d’amnésie alors que ces dits patients étaient, de près ou de loin, liés aux histoires de la clinique ? 

Et puis la résolution qui n’est pas franchement une surprise. On se doute bien depuis le début d’où le coupable peut se trouver. 

Je n’avais pas la personne, mais le subterfuge pour la démasquer est classique. 


J’ai eu un vrai attachement pour Jeanne, et si j’ai autant aimé ma lecture c’est sans conteste pour cette raison. 

L’histoire est intéressante, mais au-delà du postulat de départ qui est une tuerie sur le papier, je n’ai pas trouvé qu’elle était novatrice. Un huis-clos dans une clinique c’est quand même assez fréquent — je pense par exemple à je sais pas, Glacé de Minier qui traduit un peu de la même ambiance avec le lieu isolé et évidemment la tempête qui s’abat. 


Memory reste un bon thriller malgré tout, je l’ai lu très vite et j’ai pris du plaisir à le lire. 

Je crois que j’étais finalement déçue de ne pas pouvoir creuser un peu plus le personnage de Jeanne, de ne pas être plus du côté du contemporain que du policier. 








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