dimanche 8 novembre 2020

Histoires de fantômes du Japon de Lafcadio Hearn et illustré par Benjamin Lacombe

 « Et je songeai tout de suite à la mort, car la beauté n’est parfois qu’un deuil par anticipation. »

« Le Songe d’un jour d’été »



Benjamin Lacombe est un des artistes que j’affectionne beaucoup (comme beaucoup d’autres personnes), si bien que je suis une vraie fana de son travail, en particulier chez les éditions du Soleil. 


L’année dernière il n’était plus question d’illustrer un classique (comme ça a été le cas pour Poe, Carroll, Hugo ou même Mérimée), mais de s’intéresser aux légendes, au folklore d’un certain pays : le Japon. 



On a tendance à toujours parler de Benjamin Lacombe mais trop peu des auteurs qui sont à l’origine du texte, des mots destinés à s’assembler, à épouser les dessins. 


Ici l’auteur est Lafcadio Hearn, écrivain irlandais du 19e siècle, et l’un des premiers étrangers à obtenir la nationalité japonaise. 

Hearn, en amoureux du pays du soleil levant, compose de courts textes racontant les yôkai, des histoires traditionnelles de fantômes japonais. Ce sont ces histoires qui peuplent ce premier livre — qui sera suivi d’un deuxième intitulé Esprits et Créatures du Japon, à paraître fin novembre ! 


Au nombre de dix, les histoires sont différentes les unes des autres, malgré qu’elles traitent toutes de fantômes.


Ainsi la première « Le Songe d’un jour d’été » nous entraîne 14 siècles plus tôt en sachant que les légendes ont été écrites au 19e siècle, on est donc, grosso modo, au 5e siècle. 

Le fantastique apparaît dès le début grâce à l’apparition d’une magnifique fille sur l’eau. 


Cette légende est l’une des plus longues avec ma préférée « La légende du village des joueurs de Koto ». 


Si on peut de prime abord s’attendre à découvrir des légendes similaires, il n’en est rien et Lafcadio Hearn a fait le pari de raconter des histoires toutes plus différentes les unes des autres. 

Les fantômes ne sont pas toujours des femmes. 

Les fantômes ne sont pas toujours mauvais.


La diversité des histoires est ce qui fait la force du livre car cela a aussi permis à Benjamin Lacombe de composer un panel d’illustrations toutes plus différentes les unes des autres — mention spéciale aux illustrations de « La légende du village des joueurs de Koto », en particulier cette page où figure un cerisier (voir en-dessous), et à celles de « Sur la montagne des crânes d’hommes » ! Je rêverai d’avoir une grande affiche de cette montagne chez moi ! Quelle précision dans le dessin ! Je ne me lasse pas de voir autant de beauté… 




Histoires de fantômes du Japon est un livre somptueux, à offrir ou à se faire offrir si tant est que vous aimez le Japon, les légendes, le folklore d’un pays, relayé par un écrivain passionné, et le talent exceptionnel d’un dessinateur contemporain. 











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