mercredi 14 octobre 2020

Disparaître ici de Kelsey Rae Dimberg

Avec ce premier roman, Kelsey Rae Dimberg s’attaque à un thème en apparence rabâché, celui de la nounou qui s’immisce dans la vie de famille. 


Finn, baby-sitter d’Amabel, petite-fille du sénateur d’Arizona, est aussi étrange que les autres personnages. 

Le démarrage est percutant, le rythme est bon, avec de courts chapitres comme j’aime. Tout semblait fait pour me plaire. 


Une semaine après l’avoir achevé, le doute demeure : apprécié ? déçu ? 


Après avoir fermé le roman pour la dernière fois — après l’avoir largement dévoré — je me suis dit que l’histoire en elle-même est sympa mais pas folle. 

L’ambiance prend aux tripes, on est ballotés entre le faste de la famille Martin et la pauvreté d’autrui, on oscille entre la beauté des célébrations et la tension malsaine perceptible à bien des niveaux. 


Le point fort c’est sans conteste cette habilité à perdre le lecteur, à le faire douter de tous, y compris de la protagoniste dont on se demande quelles sont les véritables intentions. C’est ce qui rend l’ouvrage si attrayant malgré quelques lacunes. 


Ces lacunes, c’est des longueurs — je me rends compte que plus je lis de thriller, plus cette remarque revient — et le style, malheureusement. 


Ce que je vais faire, je déteste le faire mais l’honnêteté prime… Il y a bien trop de mauvaises tournures de phrases — certaines qui ne veulent carrément rien dire. Le style est trop lourd, la lecture en est parfois chaotique. 

Je ne sais pas s’il s’agit de la plume de Dimberg ou de la traduction mais certains passages m’ont énervé. Trop de redondances jumelées à des tournures de phrases fautives, c’est majoritairement ce qui a nui à mon plaisir de lecture. 


Au-delà le roman est incroyablement efficace, je me suis posée tout un tas de questions, j’ai soupçonné tout le monde. Je réfléchissais aux agissements de certains alors que ça n’avait pas lieu d’être. Ou je ne soupçonnais pas la bonne personne…

L’éditeur l’a inscrit sur la quatrième « Kelsey Rae Dimberg tend un véritable piège au lecteur » et c’est on ne peut plus vrai ! 


Il y a des éléments que je n’ai pas vu venir mais après coup on comprend qu’il aurait été possible de s’en rendre compte. L’auteure distille parfaitement son suspense et démontre que chaque détail compte — c’est bien ce qui fait un bon thriller, les détails, non ? 

Mais à côté il y a des éléments que j’ai trouvé invraisemblable comme le couple Philip/Marina, ou le comportement de Finn avec certains hommes… 


Disparaître ici est sans doute l’un des rares thrillers où je me suis sentie déboussolée, avec le sentiment de ne pouvoir faire confiance à personne. 

En pesant le pour et le contre, il faut bien reconnaître que c’est un bon roman malgré des zones d’ombre encore trop nombreuses, une conclusion peut-être un peu simpliste et un style trop chaotique. Dommage. 



À lire pour ceux qui aiment les page turner… et être bousculés. 



Disparaître ici de Kelsey Rae Dimberg, traduit par Tania Capron au Cherche midi ! 

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