mercredi 1 avril 2020

Le Coin des libraires - J'ai soif ! soif ! soif ! mais soif ! de Jean-Marie Gourio

Mon premier de Jean-Marie Gourio, auteur français contemporain relativement reconnu avec un bon nombre d'oeuvres à son actif. 

Ce qui m'a donné envie de découvrir J'ai soif ! soif ! soif ! mais soif !, c'est son résumé - pour une fois ! - qui m'a fait sourire. Je ne m'attendais pas à un livre aussi court, mais finalement je me dis qu'étant donné le genre du livre, c'est bien mieux qu'il ne fasse qu'une petite centaine de pages. 


J'ai cru comprendre que les avis sont plutôt mitigés sur cet ouvrage, soit on aime bien, on trouve le sujet amusant et divertissant, soit on n'aime pas, on est déçu du fait que l'objet soit parasité par tout un tas de références littéraires. Et bien si on dit les choses rapidement, je dirais que mon avis se situe entre les deux. 


Comme on peut s'en douter, le sujet est posé dès le titre. Il va être question de boisson, et de boisson sans modération ! L'auteur commence par parler du lien alcool/écrivain, il prend un certain nombre d'exemples parmi nos classiques, c'est par exemple Apollinaire, ou encore Duras - je pense que l'auteur a d'ailleurs une profonde affection pour cette dernière vue le nombre de fois où elle est citée.

Accolé il y a des dérives liés à l'alcool avec des réflexions sur le statut d'écrivains, sur les angoisses de celui-ci par exemple. Certains passages m'ont semblé éclairant par leur vérité et d'autres m'ont paru trop légers, un peu moins travaillés peut-être. 
J'ai aimé ce livre en premier lieu parce qu'il m'a fait rire, ce qui est une chose rare en littérature pour ma part. J'ai découvert un ouvrage que je n'aurais probablement jamais lu si je n'avais pas été interpellée par le résumé complètement loufoque, à l'image du roman lui-même.

Comment peut-on écrire un livre qui ne soit que le sien ? Si ce ne sont pas eux qui m’étouffent, ce sont des phrases vaines et absurdes qui m’encombrent l’esprit. 

Les élucubrations du protagoniste se succèdent, on le suit lors d'un vagabondage où il fait se rencontrer des auteurs à l'exact opposé ou en tout cas, extrêmement différents comme c'est le cas de Céline, de Rousseau ou même de Proust. 
Le protagoniste convoque ceux qui pour lui sont des figures d'autorité littéraires, il en fait des personnages décalés et à mille lieues de ce qu'on peut imaginer d'eux - bon excepté peut-être pour Céline haha. 

J'ai aimé l'humour qui ressort de l'ouvrage, j'ai aimé toutes ces références littéraires ainsi que les réflexions que l'auteur a pu faire sur l'acte d'écriture. Aller boire un coup ne permet pas d'écrire, l'alcool n'est pas un élément oblige pour appeler son éditeur - encore moins si c'est pour l'insulter !! 


Définitivement j'ai passé un bon moment simplement parce que je me suis laissée porter, je ne connaissais pas l'auteur, j'avais envie d'une lecture légère et amusante et c'est exactement ce que j'ai eue. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi farfelu et c'est aussi parce que j'ai été surprise que j'ai autant apprécié. J'ai compris que ça allait être une lecture rapide parce que ça se lit extrêmement bien, parce qu'on se prend à sourire si ce n'est à rire devant les divagations du protagoniste. 

Combien de livres ai-je écrits en rêves ? Dans les trains ? Aux comptoirs des bars ? De combien d’idées fulgurantes mon esprit a-t-il accouché entre deux verres ? Dans un rayon du soleil qui se brise au travers des arbres ? Je tiens mon livre ! Ce coup-ci, c’est le bon ! 

L’image se floute et les mots s’en vont. 

Le réel bloque le passage à niveau. Il faudrait décrire le réel, mais le réel brut ne se décrit pas, il doit se tordre pour devenir livre ou musique. 




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