dimanche 30 septembre 2018

Le Coin des libraires - #113 Le secret de la manufacture des chaussettes inusables d'Annie Barrows

Bon, autant le dire maintenant, Le secret de la manufacture des chaussettes inusables d'Annie Barrows n'a pas été à la hauteur de mes espérances. 
Reçu en cadeau en même temps qu'Un goût de cannelle et d'espoir de Sarah McCoy, mon appréciation de ces deux livres est bien différente. 

J'avais déjà eu l'occasion d'admirer l'horrible couverture de l'édition classique - celle en couleurs, avec une chaussette en plein milieu -, j'avais eu l'occasion de voir que ce livre fonctionnait plutôt bien, sans pour autant avoir une quelconque envie de le découvrir. 
Et puis si vous me suivez depuis quelque temps, vous savez pertinemment que j'attends les fêtes avec impatience juste pour pouvoir découvrir les éditions collector des maisons d'édition spécialisées dans les livres poche. Alors forcément quand j'ai vu que les éditions 10/18 sortez Nord-Michigan de Jim Harrison et ce roman en édition limitée, je me suis dit pourquoi pas. 


Je lis rarement de pavé, par manque de temps souvent et aussi parce que certains me font un peu peur - c'est le cas de Le maître et Marguerite de Boulgakov ou encore Anna-Karénine de Tolstoï que je meurs d'envie de lire depuis des années, mais j'ai un peu peur de sauter le pas... mais là, rien à voir ! Déjà parce que comme je le pensais, ce livre se lit extrêmement vite, il n'est pas complexe, pas prise de tête. C'est en quelque sorte un des points positif - il faut bien en trouver n'est-ce pas haha


Eté 1938. Layla Beck, jeune citadine fortunée, refuse le riche parti que son père lui a choisi et se voit contrainte, pour la première fois de sa vie, de travailler. Recrutée au sein d’une agence gouvernementale, elle se rend à Macedonia pour y écrire un livre de commande sur cette petite ville.


L’été s’annonce mortellement ennuyeux. Mais elle va tomber sous le charme des excentriques désargentés chez lesquels elle prend pension. Dans la famille Romeyn, il y a… La fille, Willa, douze ans, qui a décidé de tourner le dos à l’enfance… La tante, Jottie, qui ne peut oublier la tragédie qui a coûté la vie à celui qu’elle aimait… Et le père, le troublant Félix, dont les activités semblent peu orthodoxes. Autrefois propriétaire de la manufacture, cette famille a une histoire intimement liée à celle de la ville.

De soupçons en révélations, Layla va changer à jamais l’existence des membres de cette communauté, et mettre au jour vérités enfouies et blessures mal cicatrisées.



On entre ici dans le vif du sujet, le pourquoi j'ai été déçu de ce livre (le pourquoi je lui ai mis 2,5/5 sur Babelio haha). 
Déjà, la taille. 653 pages pour ça. Oui oui, 653 pages dont l'auteure aurait facilement pu ôter un quart (un tiers même ?) sans que ce soit gênant. Mieux, sans que la lecture devienne lourde et parfois même ennuyeuse. 

Je n'ai pas compris l'intérêt d'avoir choisi ce titre là avant un bon moment. Parce que oui ok on suit la jeune Layla, petite femme forcée de prendre son indépendance parce qu'elle a refusé d'épouser un homme, ok elle vit dans l'illustre famille des Romeyn - du moins ce qu'il en reste -, mais au-delà de ça, la mention de la manufacture, de son importance, bah on peine à la trouver au début.
Et par début, j'entends quand même les 200 premières pages du bouquin hein. 

Si Layla m'a séduite de prime abord par son tempérament, son refus des conventions, du patriarcat, de la soumission, j'ai vite déchanté quand j'ai compris que tout ce qu'elle souhaitait, c'était le prince charmant. Il suffit qu'elle croise une fois Felix (l'aîné des Romeyn) pour que toute la sympathie que je lui portais disparaisse. Niais, voilà comment je définis son personnage. 


Le secret de la manufacture des chaussettes inusables d'Annie Barrows, éditions 10/18 collector.


D'ailleurs, les seuls personnages un tant soit peu attachants sont Jottie - elle pour le coup, je l'ai adoré ! - et Emmett. Là encore, l'issue de la relation Emmett/Layla est vue d'avance. Dès leur rencontre dans la rue, j'ai su comment ça allait se terminer. Il n'y a pas eu de surprise, à aucun niveau et pour un livre de cette taille, c'est quand même mieux d'avoir surprises et rebondissements. 

Donc : aucun suspense, l'intrigue s'étire sur tellement de pages qu'on trouve la solution bien avant la révélation. Fin, toute cette histoire autour de l'incendie, du pseudo suicide de Vause Hamilton, franchement c'est pareil, il n'y a rien d'étonnant. On nous en parle tellement, et le responsable paraît être désigné dès le début - et effectivement il l'est - que même là, on ne peut pas dire que ce soit une révélation.

Et puis cette conclusion... une conclusion en guimauve. Bon il est vrai que là j'abuse un peu. Je ne vois pas comment l'auteure aurait pu conclure autrement, mais franchement, tout se termine trop bien c'en est scandaleux haha ! 

Je comprends que ce livre soit sans doute passionnant pour certains, mais il est bien trop tarte à la crème pour moi. Pas d'enjeu, pas de surprise. À la rigueur les seuls éléments qui m'ont plu ont été ceux concernant la ville de Macédonia, Cette espèce d'enquête autour de son origine, mais le lien entre ces éléments et le titre ? 
Dommage.

Vu comme ça on dirait que je l'ai détesté, ce qui n'est absolument pas le cas, c'est simplement que je n'y ai pas trouvé beaucoup d'intérêt, que je l'ai trouvé bien trop long pour ça, au final.
Si vous l'avez lu, dites moi ce que vous en avez pensé surtout !


"On ne parvient jamais à se faire une idée de la vérité d’autrui. On s’applique à se forger une idée définitive et on finit par s’étrangler avec le noeud qu’on a tissé soi-même."
Annie Barrows, Le secret de la manufacture des chaussettes inusables.




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