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samedi 19 mai 2018

Le Coin des libraires - #96 Un goût de cannelle et d'espoir de Sarah McCoy

J'ai reçu ce magnifique roman pour Noël et je dois dire dès à présent que l'objet livre est très beau, et surtout, il fait très période de fêtes, alors je n'ai pas résisté, je l'ai lu quelques jours après qu'il ait rejoint ma pile à lire. 

Ça a donc été une de mes premières lectures de 2018 après Gone Baby Gone de Dennis Lehane. J'ai pris ce roman avec moi lors de mon passage à Paris, j'avais envie d'une lecture, disons, plus légère après ce polar qui retourne littéralement l'estomac ! 


Allemagne, 1944. Malgré les restrictions, les pâtisseries fument à la boulangerie Schmidt. Entre ses parents patriotes, sa sœur volontaire au Lebensborn et son prétendant haut placé dans l'armée nazie, la jeune Elsie, 16 ans, vit de cannelle et d'insouciance. Jusqu'à cette nuit de Noël, où vient toquer à sa porte un petit garçon juif, échappé des camps...
Soixante ans plus tard, au Texas, la journaliste Reba Adams passe devant la vitrine d'une pâtisserie allemande, celle d'Elsie... Et le reportage qu'elle prépare n'est rien en comparaison de la leçon de vie qu'elle s'apprête à recevoir.



Tout d'abord, je ne connais pas du tout Sarah McCoy, je ne sais pas ce qu'elle a publié avant, ce qu'elle publiera après, ni rien. J'ai voulu lire ce roman pour sa couverture forcément et parce que je trouve le titre très bien trouvé - sans doute parce que j'adore la cannelle haha ! 

Ne connaissant rien du tout sur l'histoire, j'ai eu l'agréable surprise de découvrir un double récit, l'un se déroulant sous l'Allemagne nazie, l'autre se passant dans les années 2000 au Texas. Autant dire que j'étais bien contente de me retrouver pendant la Seconde Guerre mondiale et que c'est évidemment ces moments du livre que j'ai le plus aimé. Pour une fois, on est du côté allemand, on suit une famille de boulanger, le père, la mère et surtout les deux soeurs : Hazel et Elsa. 
C'est surtout Elsa qu'on va suivre, c'est généralement son point de vue, son histoire, même si on a accès à la vie d'Hazel par le biais de ses lettres. 
Sans entrer dans les détails de la guerre, j'ai trouvé intéressant le fait qu'on nous parle des Lebensborn, on en parle quand même rarement dans les livres - du moins ceux que j'ai lus - et même si j'aurais aimé en apprendre davantage, ça m'a plu. 

J'ai également aimé le changement d'état d'esprit qui s'opère au fur et à mesure que l'on avance dans le temps, comment Hazel qui est une grande partisane du partie se rend compte de la triste réalité qu'elle ne voulait pas voir, tant que ça ne la concernait pas directement. Il en va un peu de même pour Elsa, mais d'une façon différente. N'ayant pas le même parcours que sa soeur aînée, elle est bien plus détachée de l'idéologie nazie qu'Hazel et elle ne comprend les enjeux que lors de sa rencontre avec le jeune Tobias. 


Un goût de cannelle et d'espoir de Sarah McCoy, éditions Pocket.


L'époque de la guerre m'a fasciné, ça m'a poussé à aller plus loin dans ma lecture et donc, à avancer et à lire les chapitres qui se concentrent sur l'époque contemporaine, l'époque où l'on suit Reba.
Sur cet aspect, je suis un peu plus mitigée dans le sens où ce personnage ne m'a pas particulièrement passionné, j'ai trouvé son histoire avec Riki un peu too much et surtout pas suffisamment intéressante par rapport à celle d'Elsa. Le lien avec l'immigration mexicaine est bien fait c'est sûr, l'idée est bonne, mais au-delà de ça, bah ça ne va pas très loin. 
La relation Reba/Riki est pas mal, mais sans plus, on a envie qu'il termine ensemble tout en sachant que c'est probablement ce qui va arriver de toute façon. 

L'auteure a mixé le tout avec brio, les liens entre les deux époques sont nets et importants - on ne nous donne pas à voir deux époques qui n'ont rien à voir juste pour le plaisir ! L'alternance fonctionne bien même si j'aurais souvent préféré rester sur l'histoire d'Elsa et ce, même une fois la guerre terminée. Son personnage est celui qui m'a le plus touché alors forcément Reba à côté, bah elle ne fait pas le poids ! 

Je garde un bon souvenir de cette lecture. En réalité, là où l'auteure a bien joué son coup, c'est dans le fait de lier une intrigue grave (on parle quand même de la mort d'enfants allemands "défaillants", de juifs dans les camps, de la mort de mexicains qui ont eu le malheur de vouloir entrer aux États-Unis afin de vivre une vie meilleure, etc.) à une écriture légère et un sentiment de béatitude assez omniprésent. Je ne sais pas très bien comment elle y est parvenue, mais c'est bien joué ! 
Les personnages sont attachants, les pages se tournent à la vitesse de l'éclair malgré la tristesse ou l'horreur de certains passages. On entre très facilement dans l'histoire et il est en revanche difficile d'en sortir tellement on s'attache aux personnages.

Dernier + : les recettes allemandes de la boulangerie d'Elsa sont ajoutées à la fin du roman, étant donné que je ne cuisine pas ça ne me mène pas loin, mais je trouve l'idée excellente !




"J’en étais désolé, mais elle a dit que les marques sur nos vies sont comme des notes de musique sur une page : elles chantent une chanson."  
Sarah McCoy, Un goût de cannelle et d'espoir.








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