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mercredi 27 septembre 2017

Le Coin des libraires - #69 22 lettres imaginaires d'écrivains bienréels de Maria Negroni

Quelle joie de pouvoir trouver ce petit livre lors de mon séjour à Paris en mai dernier ! 
Ce petit livre en hardback est en quelque sorte un hors-série de la collection Notabilia que j'affectionne particulièrement depuis octobre 2016, depuis ma découverte de À tout moment la vie de Tom Malmquist. 
Sorti en fin d'année dernière, 22 lettres imaginaires d'écrivains bien réels a vraiment un statut particulier dans la collection en elle-même déjà, mais aussi en tant que livre. 

L'auteure, Maria Negroni a fait le pari d'écrire elle-même des lettres comme si elle était à la place d'écrivains célèbres. Alors attention, je précise maintenant que toutes les lettres ne sont pas imaginaires, certaines ont bien été écrites par la main de l'écrivain en question - il est précisé en fin de lettre si c'est le cas ou non. On a donc un entremêlement de lettres fictives et de lettres bel et bien réelles comme c'est le cas pour celle de Charlotte Brontë par exemple.


Ce livre présente vingt-deux lettres apocryphes de ces auteurs qui, pour tant d’enfants et de jeunes en Amérique, constituèrent leur première bibliothèque. Herman Melville, Emilio Salgari, Hans Christian Andersen, Louisa May Alcott, J. M. Barrie, Charles Dickens, Robert Louis Stevenson, Carlo Collodi, Lewis Carroll, Jean Webster, Johanna Spyri, Jonathan Swift, les frères Grimm, Jules Verne, Mark Twain, Charlotte Brontë, Rudyard Kipling, Jack London, Daniel Defoe, Mary Shelley, Edgar Allan Poe et J. D. Salinger.

María Negroni nous offre une vision intimiste d’une tranche de vie de ces grands écrivains. Habitée d’une plume sensible et d’une trame minutieusement tissée, chaque lettre est une plongée passionnante dans des destins bien distincts, hors du temps et de l’espace, et ayant en commun, à des degrés divers, le coût souvent excessif de l’activité littéraire ressentie jusque dans leur chair.



Je trouve la démarche de Maria Negroni véritablement intéressante et novatrice, l'idée de se mettre dans la peau d'auteurs classiques m'a beaucoup intrigué. En plus, le fait que ce petit livre renferme uniquement des lettres rend l'entreprise plus intéressante encore - je pense qu'il aurait été difficile d'écrire un roman en se faisant passer pour un auteur comme Poe par exemple.

Il faut d'ailleurs préciser que ce petit livre est illustré par Jean-François Martin et c'est vraiment un gros plus. Chaque lettre est d'abord introduite par une double page d'illustration qui n'est pas sans rappeler le monde de l'auteur ou ses grandes oeuvres. On trouve donc des une boussole pour introduire Jack London, un scaphandrier pour Jules Verne, une forêt pour les frères Grimm ou encore une baleine pour Melville. Les pages dédiées aux lettres possèdent elles aussi leur originalité puisque la mise en page se trouve être pensée de manière différente à chaque fois. La lettre de Charlotte Brontë, lettre écrite par l'auteure mais qui n'a jamais été envoyé à son destinataire se trouve donc barrée.



22 lettres imaginaires d'écrivains bien réels de Maria Negroni, collection Notabilia.


Personnellement, celle que j'ai préféré est celle de Mary Shelley, j'ai aimé la double page introductive (voir la photo en-dessous) ainsi que la mise en page du texte et surtout, j'ai adoré la lettre écrite par Maria Negroni.






Toutes les lettres sont bien évidemment très différentes les unes des autres, le ton se trouve être tantôt affectueux, tantôt désespéré, tantôt soutenu, tantôt familier, tout dépend de la personne à laquelle cette lettre est destinée - ça peut être la famille, l'éditeur ou même un personnage crée par l'auteur - et de la vie de celui-ci.


J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre pour la démarche de Maria Negroni qui est très bien expliquée dans la courte préface de l'oeuvre. Cette idée d'écrire à la place d'auteurs qui nous ont fait vibrer, grandir, vivre, m'a énormément plu et je ne peux que féliciter l'auteure déjà mais aussi la maison d'édition pour avoir pris le risque de publier une telle idée.
Plus qu'un livre épistolaire, c'est un petit livre d'art qui mêle le dessin à l'écriture, la typographie à l'état d'esprit de chacun et ça a été un réel plaisir de découvrir ces illustrations, cette mise en page, d'avoir un bel objet entre les mains, tout simplement.


"Ce jour-là, je me suis déclaré fatigué de la réalité, et je me suis mis à rêver le débit et le crédit de l’existence, avec pour seule boussole ma violente imagination et mon appétit de connaître le monde."

Maria Negroni, 22 lettres imaginaires d'écrivains bien réels, lettre : Daniel Defoe.











dimanche 24 septembre 2017

L'Avenue du cinéma - #25 Les Proies de Sofia Coppola

Voilà longtemps que je n'ai pas écrit un article sur le cinéma. Le dernier en date était pour le film Mademoiselle de Park Chan-wook qui fait partie de mon tops 10 de l'année 2016. J'ai souvent voulu écrire des articles sur des films, j'ai longuement hésité pour Get Out de Jordan Peele que j'ai littéralement adoré, mais par manque de temps j'ai été obligée d'abandonner l'idée. 

J'ai aussi hésité avant de commencer à écrire cet article, j'ai un peu peur d'être rouillée après avoir passé plus de six mois sans donner un avis qui soit relativement détaillé sur un film, mais j'ai envie de vous en parler alors on verra. 

J'attends Les Proies depuis des mois, étant une grosse fan de Kirsten Dunst, je me tiens au courant de ses projets et quand j'ai appris qu'elle allait de nouveau travailler aux côtés de Sofia Coppola j'étais trop heureuse. Je trouve que ce duo marche très bien, d'ailleurs, il me semble que tous les films que j'ai vu de cette réalisatrice sont ceux qu'elle a fait avec Kirsten Dunst, excepté The Bling Ring (2013) auquel je n'ai pas trop adhéré - et oui, honte à moi qui n'aies pas vu ni Lost in Translation (2003) ni Somewhere (2010) ! 

Avant d'entrer dans le vif du sujet, je tiens à préciser que je n'ai pas lu le livre éponyme (1966) de Thomas Cullinan et je n'ai pas vu la version cinématographique de Jon Siegel (1971) avec Clint Eastwood. Pour tout dire, je ne pense pas que je lirai le livre, ça m'a tout l'air d'être une brique et pour ce que j'en ai lu, je crois que j'aurais trop de mal à entrer dedans. Pour le film, franchement d'un côté, la curiosité prend le dessus et j'aimerais savoir ce qui a été fait avant, mais d'un autre, le film de Coppola semble prendre un tollé parce qu'il est justement comparé au film de 1971 alors qu'ils sont apparemment très différents - même si évidemment le postulat est le même, alors je suis sur la réserve. 


Affiche The Beguiled/Les Proies (2017), Sofia Coppola.


Bon comme vous l'avez probablement compris, plus que pour l'histoire, c'est pour la réalisation et les acteurs que j'a vu ce film. Bon, ce n'est clairement pas pour Colin Farrell ou même Nicole Kidman, mais bien uniquement pour Kirsten Dunst et un peu Elle Fanning aussi. 

Rapidement quand même, l'histoire est celle de John McBurney (Colin Farrell), un yankee trouvé à la limite de l'inconscience dans les bois par Amy (Oona Laurence) qui décide de le ramener dans le pensionnat où elle vit exclusivement avec des femmes. Nous sommes en 1964, la guerre de Sécession a commencé depuis quelques années et pourtant les femmes du pensionnat décident de le remettre sur pied, bien qu'il soit un ennemi - il est un Nordiste, elles sont des Sudistes. 
Voilà le postulat de départ en gros. 

Franchement, je pense que j'aime autant ce film parce que justement ce n'est pas l'histoire qui me faisait le plus envie. C'est ce que j'ai le moins aimé dedans, son intrigue principale. Les personnages sont un peu trop survolés, ils n'ont pas de véritable passé - Martha (Nicole Kidman) avait quelqu'un avant la guerre de Sécession, Edwina (Kirsten Dunst) désire se barrer du pensionnat plus que toutes les autres. C'est quand même la raison pour laquelle elles sont bloquées ensemble et au final on ne se concentre que sur le rapport entre les femmes et John.  
Pour ajouter de l'épaisseur aux personnages, je pense qu'il aurait été bien de les doter d'un passif et non pas de seulement se concentrer sur l'instant, sur leur désir, leur besoin d'être celle qui gagnera John même si je peux comprendre que ce soit un parti pris que de saisir des femmes à des âges divers et dans une situation aussi délicate, peut-être que finalement le passé ne compte pas dans ce genre de situation (?). 
Le fait qu'on ne sache rien sur eux rend flou les prises de positon. On ne connaît pas le tempérament des personnages, Colin Farrell joue bien, mais son personnage est volatile, a-t-il véritablement des raisons de devenir menaçant après la mutilation ? a-t-il vu clair dans le jeu de ces femmes qui incarnent l'innocence même ? les femmes voulaient-elles réellement se venger en exerçant une forme de castration perceptible par la mutilation ? oui, encore maintenant il y a trop de questions qui se bousculent et trop peu de réponses peut-être.

Mais aussi, c'est cet aspect là qui m'a énormément plu dans le film, qui est innocent, qui ne l'est pas ? Dès le début on est persuadé que l'intrus qu'est John va être le "chasseur" et que ces femmes seront ses "proies", c'est évident de se dire ça rien que par le titre - un titre qui est pour moi particulièrement très mal choisi puisque personnellement il n'y a aucune nécessité d'y mettre un pluriel... - mais finalement à la fin du film la question se pose de nouveau, qui a été chassé ? 
Ce ne sont sûrement pas les femmes. Ce sont elles qui mènent la danse, ce sont elles qui décident si John doit rester pour guérir ou être livré, s'il a le droit de manger avec elles ou s'il doit manger seul, enfermé. La seule décision de John est celle de choisir le lit dans lequel il veut coucher, sa seule décision, et sans aucun doute la plus bête vu la tournure des événements. 


Les Proies (2017), Sofia Coppola.


Bien évidemment il fallait s'attendre à la question de la féminité chez Coppola, leur virginité, leur pureté transparaît par tous les pores de ces femmes habillées de blanc ou encore de bleu, mais c'est un portrait en demi teinte que la réalisatrice nous livre. 
Au départ elles sont ce qu'elles représentent, des sortes de saintes vivant en autarcie, qui vouent leur journée à un labeur (celui de travailler au jardin ou celui d'étudier) et dès l'arrivée du sexe opposé, d'un homme qui s'affiche immédiatement en tant qu'ennemi - parce qu'il est un yankee déjà mais parce qu'il est un homme surtout, alors ces femmes changent du tout au tout. Elles deviennent calculatrices - je pense à Martha qui tente de tromper John avec l'alcool, elles sont perfides et jalouses entre elles - on le voit avec les remarques sur les bijoux, les épaules nues d'Edwina qui choque par son audace et son manque de pudeur, et ça va carrément jusqu'au dévergondage avec Carol (Elle Fanning) qui, ni une ni deux décide d'embrasser John et accepte même de l'avoir dans son lit ! 

J'ai vu Les Proies comme l'invitation d'un corps étranger, un double ennemi dans un microcosme matriarcal qui refuse la servitude, qui souhaite faire les règles et compte bien les appliquer peu importe ce que ça demande. C'est assez ironique de voir des femmes qui semblent si pieuses et en même temps qui sont si facilement convaincues qu'il faut supprimer un homme.

Tout le long du film on a cette ambivalence des personnages qui est dû au jeu, les femmes sont discrètes, elles parlent avec une sorte de réserve, une timidité qui se révèle être feinte - pour Edwina et Carol qui prouvent qu'elles ne sont pas du tout blanches comme neige, bien au contraire, et je crois qu'il en va de même pour Martha qui aurait bien aimé avoir sa part du gâteau aussi. Ce ne sont pas dans les mots qu'il faut chercher des réponses, mais dans le regard. Ils disent tous ce qu'ils désirent avec celui-ci et du coup ça entraîne une certaine retenue qui est intéressante à observer. 
Même le personnage de John finalement, il paraît franchement sympa même si on sent bien que les femmes l'intéresse, il n'est pas non plus insensible à leur charme et il a bien senti qu'il avait le choix alors il a saisi sa chance, mais en soi, il ne dit rien qui puisse être mal interprété avant qu'il ne se blesse de nouveau. 


La réalisation est tout en finesse avec une photographie absolument magnifique - merci au directeur de la photographie Philippe Le Sourd, il a fait un excellent boulot ! - ainsi qu'un décor majestueux qui souligne l'enfermement, le repli de ces femmes qui sont perpétuellement étouffées. Elles le sont avec cette imposante bâtisse, avec ces énormes colonnes qui sont comme des barreaux de prison mais aussi l'expression de leur pouvoir - cette maison n'est pas sans faire penser aux palais antiques je trouve. 
Les plans soulignent toujours l'enfermement : on est derrière les grilles, on est enfermé à clé dans la chambre, on est dans le jardin, mais on est pris entre les arbres si bien que le soleil transperce mais ne se déverse pas et les arbres nous bouchent la vue... 
Je souligne d'ailleurs que les décors sont naturels, ce ne sont pas de vulgaires images réalisées en studio et si je ne dis pas de bêtise, le tournage s'est notamment effectué en Louisiane - dites moi si je dis n'importe quoi ! 


Cet avis est évidemment très subjectif, j'y ai vu ça mais d'autres ont sûrement vu d'autres choses et peut-être que ce que j'y ai vu n'est absolument pas ce que Sofia Coppola voulait nous montrer, mais finalement je me dis que le principal c'est que j'ai passé un excellent moment, j'ai aimé voir ce film et je suis heureuse qu'il me plaise - j'avais quand même des attentes. C'est essentiellement grâce à la réalisation et aux acteurs, que je salue ce film, Sofia Coppola montre une fois encore qu'elle maîtrise son travail, qu'elle sait diriger des acteurs et ça a fonctionné avec moi - même si je le redis encore, j'aurais aimé qu'il fasse 20-30 min en plus afin qu'on saisisse parfaitement tous les enjeux et ainsi ne pas se tenir à distances des personnages.  






mardi 19 septembre 2017

Le Coin des libraires - #68 Sous ses yeux de Ross Armstrong

Avant d'entrer dans le vif du sujet qui est mon avis sur Sous ses yeux de Ross Armstrong, j'aimerais partager une nouvelle avec vous. Suite à une annonce des éditions Cherche midi durant l'été passé, j'ai postulé afin de devenir chroniqueuse pour la maison d'édition et ce, pour l'année à venir. Cette candidature concernait les thrillers et comme je suis plus une lectrice de roman policier que de thriller finalement, et bien j'ai eu envie de tenter, je me suis dit que ce serait une excellente expérience pour moi et que ça me permettrait peut-être de m'ouvrir à un genre que j'apprécie mais dont je ne suis pas experte ! 

Tout ça pour vous dire que je suis ravie d'avoir été sélectionnée pour cette aventure qui promet d'être riche en découvertes que ce soit livresques ou humaines - bah oui, il ne faut pas oublier que j'ai été choisie avec d'autres blogueurs/instagrameurs et que je vais avoir l'année entière pour échanger mes impressions avec eux, je me languis ! 


J'ai pu découvrir les éditions du Cherche midi il y a quelques mois grâce à l'envoi du roman Les Dieux du tango de Carolina de Robertis que j'avais vraiment beaucoup aimé et je suis heureuse de revenir aujourd'hui pour vous parler d'un autre titre de cette maison d'édition - et préparez-vous, vous risquez de voir passer un bon nombre de livres de chez eux dans les mois à venir. 



Entre La Fille du train et Fenêtre sur cour, un premier roman que les amateurs de thrillers n’oublieront pas de sitôt.
Passionnée d’ornithologie depuis son enfance, Lily Gullick ne s’éloigne jamais de sa paire de jumelles. Depuis l’appartement qu’elle occupe avec son mari, elle ne se contente toutefois pas d’observer les oiseaux. Elle ne peut en effet s’empêcher d’espionner ses voisins, en particulier les derniers habitants d’une vieille résidence, un vestige dans ce quartier qui s’embourgeoise à vue d’œil. Alors qu’elle vient de faire connaissance d’une de ses occupantes, Jean, cette dernière est retrouvée morte dans des conditions étranges. Lily, qui croit connaître presque intimement tous ses voisins pour les avoir longuement observés, décide de mener son enquête. Celle-ci, commencée par désœuvrement, pour fuir un mari de plus en plus lointain, une vie un peu trop déprimante, tourne vite à l’obsession.


Avec ce thriller psychologique exceptionnel, qui connaît un succès sans précédent dans les pays anglo-saxons, Ross Armstrong prend son personnage principal – et son lecteur – à son propre piège. Jouant sur les mécanismes contagieux du voyeurisme, il dévoile, par une série de rebondissements époustouflants, les surprises qui parfois nous attendent quand nous nous plongeons dans la vie des autres pour esquiver la nôtre.


On rencontre donc Lily, une jeune femme qui vit à Londres avec son mari Aiden. J'ai pris énormément de plaisir à la suivre, son personnage m'a plu dès le début parce qu'il est un personnage atypique. J'ai aimé le rapport aux oiseaux, même si finalement j'ai trouvé que c'était peut-être qu'un prétexte au voyeurisme - on peut conclure que Lily a passé son enfance à observer les oiseaux avec la personne à qui son journal est destiné, et donc qu'en grandissant, eh bien, elle est passée de l'observation des oiseaux à celle des humains, voilà tout. Pourtant les oiseaux en eux-mêmes n'ont qu'une place minime et j'aurais bien aimé que ce soit un peu plus exploité. 

J'ai adoré suivre Lily, mais je ne m'attendais pas à du tout à ce que le roman prenne cette tournure. Encore maintenant, la façon dont l'auteur joue avec son personnage principal, mais aussi avec son lecteur me laisse relativement dubitative. Que fait-on quand il est impossible de démêler le vrai du faux ? Qu'a-t-on réellement vu et qu'est-ce qui finalement n'était que dans l'esprit de Lily ? 
Esprit déséquilibré ou simplement affaibli ? Délire passager ou maladie réelle ? 

Bon c'est vrai que je dis avoir été assez troublée - et ça a été le cas ! - mais c'est surtout parce que je ne m'attendais absolument pas à ça, j'étais à fond dans l'enquête que mène Lily si bien que je n'ai rien vu venir, je ne me suis posée aucune question et pour ça, je dois dire que l'auteur s'en est vraiment bien sorti, en tout cas, moi, il m'a eue. 
J'ai réellement été choquée par la révélation au sujet d'Aiden, par cette solitude soudaine qui s'abat sur la protagoniste et la frappe de plein fouet. Je n'ai pas été sensible aux signes avant coureurs que représentait la disparition soudaine du mari, je me suis interrogée sur le pourquoi du comment, mais à aucun moment je n'ai imaginé ça. 


Sous ses yeux de Ross Armstrong, éditions Cherche midi.

Au début, j'ai trouvé assez étrange d'être directement apostrophé en quelque sorte. Lily écrit un journal et elle l'écrit pour quelqu'un, pour le lecteur bien évidemment, mais pour une autre personne avant tout et cette façon d'utiliser le tu ne m'a pas du tout dérangé, au contraire j'ai trouvé assez intéressant de devenir un personnage à part entière, tout en étant un personnage extérieur. Cet intérêt a d'ailleurs été renforcé dès l'apparition du père et de la façon dont Lily résume les choses, on en vient alors à se demander pourquoi elle le fait, pour elle-même ou finalement simplement pour le lecteur qui devient alors bien plus important qu'il ne le croyait au départ ? 
J'espère que ce que je dis là est clair, mais bizarrement je n'en suis pas certaine.  Haha ! 


Bon parce qu'il faut bien donner un petit bémol, le voici. Pour moi, l'auteur est tombé dans un écueil basique, celui de vouloir trop cacher le coupable tout en laissant des indices qui semblent le désigner. C'est une erreur qui est assez commune finalement que celle de vouloir faire en sorte qu'on ne le soupçonne pas du tout, ce qui rend forcément le personnage suspect. Vous l'aurez donc compris, j'ai rapidement découvert l'homme que recherche Lily donc pour la surprise, c'est un peu tombé à l'eau ! 

Mais en définitive, plus que l'enquête c'est l'aspect humain qui m'a plu, c'est le personnage de Lily qui a besoin de trouver le coupable pour fuir sa vie, sa réalité et ainsi survivre. Même si dès le début on se doute que quelque chose cloche avec elle, on se demande ce que signifient ces dates qui nous sont données à chaque début de chapitre (je pense aux J-10 par exemple), on se laisse emporter dans son monde, dans sa paranoïa et dans sa douleur également. 
Je dois enfin préciser que j'ai beaucoup aimé les en-têtes de début de chapitre où Lily observe - traque ? - quelqu'un. Ça donne un vrai plus à l'intrigue, mais aussi au roman en lui-même, ça ajoute une pointe d'originalité. 


Vous l'aurez compris, j'ai passé un bon moment avec Sous ses yeux, plus que pour l'enquête que mène Lily, c'est pour son personnage à elle que je l'ai aimé même si évidemment, l'intrigue reste addictive. 



"Ils savent que je suis une imitation d’être humain. Les gens doivent voir que j’ai décomposé le million de choses insignifiantes qu’ils font inconsciemment pour survivre, et que je les fais une à une, les empilant minutieusement, consciente de tout, me plaçant moi-même dans un état de soumission, actionnant manuellement les rouages qui me permettent de traverser péniblement la journée."

Ross Armstrong, Sous ses yeux 












mercredi 13 septembre 2017

Le Coin des libraires - #67 Lotto Girl de Georgia Blain

Tout d'abord je tiens à remercier Babelio et les éditions Casterman pour cet envoi puisque j'ai eu la chance de découvrir Lotto Girl de Georgia Blain en avant-première, sa parution est prévue pour le 13 septembre prochain ! 
En plus, les éditions Casterman ont eu la délicate attention de m'envoyer un marque-page à l'effigie du roman, ce qui est très gentil à eux. 

Si je ne me trompe pas, il s'agit de mon premier roman australien même si je dois dire que ça n'a pas trop d'importance ici puisque les pays n'existent plus, enfin tout ce qu'on connaît aujourd'hui n'existe plus. 


« Ils se servent de nous. Parfois pour combler une lacune, parfois pour tester un nouveau profil. Ils se servent de nous pour les réglages, pour affiner un modèle. Nous ne sommes que des prototypes de travail. Ils encouragent nos parents, ou les soudoient. Les miens se sont entendus dire que je serais belle s'ils choisissaient l'option préconisée par BioPerfect.

Je l'ai dévisagée. Je n'avais jamais pensé qu'on puisse être autre chose qu'une Lotto girl. C'est-à-dire une fille particulièrement douée, au patrimoine génétique exceptionnel. Une fille unique en son genre... »



Lotto Girl a été une lecture très rapide puisque je l'ai lu en à peine un jour et demi. Ça a été une lecture rapide et surtout prenante grâce à la forme que l'auteure a donné à son récit. On veut toujours en savoir plus grâce à une double narration qui fonctionne bien - on se retrouve à la fois dans le présent de l'héroïne qui est dans un camp de recyclage et à la fois dans son passé, lorsqu'elle était une Lotto girl à l'école de Halton. 

Alors oui, une Lotto Girl (il existe aussi des Lotto Boy) ce sont ces filles qui ont été choisies à la loterie pour subir des modifications génétiques tels qu'une capacité à résister à l'environnement, un penchant pour les arts, une intelligence hors norme, ce genre de choses quoi. Dans ce livre le monde n'est plus régit par des pays, mais par des entreprises, par les Parents et en particulier par BioPerfect, une espèce de boîte qui agit sur par mal de choses et qui est notamment à l'origine des modifications génétiques. 
Forcément comme il s'agit d'une dystopie, tout n'est pas rose et il y a énormément d'inégalités. Ceux qui ont les moyens vont payer des modifications génétiques à leurs enfants et ainsi leur donner une vie agréable, ceux qui ne les ont pas peuvent tenter la loterie et ainsi donner naissance à un(e) Lotto ou alors vivre misérablement toute leur vie dans un camp qui aura leur peau. 

J'ai trouvé intéressante toute cette histoire d'entreprises qui contrôlent tout, mais il y a beaucoup de zones d'ombre, beaucoup de choses ne sont pas expliquées, ni même survolées et c'est dommage parce que cette histoire pourrait être réelle - il ne serait pas étonnant si, dans quelques années, les entreprises sont les seules à contrôler le monde et encore moins qu'il y ait des modifications génétiques sur les enfants... 
Par exemple, je n'ai pas compris en quoi les "données" peuvent entraîner la mort, comment c'est possible ?


Lotto Girl de Georgia Blain aux éditions Casterman.


Cette histoire m'a fait penser à la trilogie Uglies de Scott Westerfeld - bon il y a quatre tomes mais le dernier ne vaut vraiment pas le coup... - pour le personnage de Tally qui est en quelque sorte semblable à celui de Fern dans la mesure où à la base elles sont à 1000% du côté du pouvoir. 
Tally ne désire qu'une chose : subir la chirurgie et ainsi ne plus être une uglie, Fern ne désire qu'une chose : être une Lotto Girl, être meilleure que les autres, du moins meilleure que sa famille. 
J'ai évidemment pensé à la trilogie Effacée de Teri Terry aussi, forcément, puisque là aussi il y a un délire d'Effacement même si ce n'est pas abordé de la même façon puisqu'ici la pratique semble être commune chez ceux qui font partie de l'Opposition. 


J'ai trouvé intéressant le personnage de Fern qui est tantôt attachant, tantôt antipathique. Elle n'est pas un personnage qui désire aller à contre courant, qui pense que le pouvoir en place devrait être remplacé, au contraire, elle est à fond dans tout ce délire de supériorité, d'unicité. C'est bien simple, elle est une Lotto girl alors elle est unique, elle vaut mieux que les autres, pour dire les choses rapidement, elle rêve du monde qu'on lui vend contrairement aux autres Lotto que l'on suit. 
C'était aussi intéressant de suivre ces trois autres Lotto, de voir à quel point elles n'ont pas droit à l'erreur et comment on peut rapidement être considéré comme "défaillante", de voir aussi qu'elles ne se sentent pas forcément à la hauteur et qu'il n'est pas donné à tout le monde d'être une Lotto, même si on a gagné à la loterie. 


Mais c'est un univers qui n'est pas suffisamment développé ce qui est dommage parce qu'il est prometteur, bon après c'est vrai que c'est compliqué de détailler un monde à part entière en "seulement" 330 pages.  Au moins l'entrée dans l'histoire est quasi immédiate ce qui est un gros point fort si, comme moi, vous avez du mal à immerger dans une histoire. 

Finalement on reste pas mal sur notre faim, que va-t-il arriver à Lark ? Ivy est-elle encore vivante ? et Miss Margaret ? Qui a subi des modifications génétiques entre les quatre et qui n'est pas une "vraie" Lotto girl ?
Après peut-être qu'à la base l'auteure souhaitait que ce livre soit un premier volet d'une saga, ou peut-être que ce devait être un one shot. Dans tous les cas on ne le saura pas, malheureusement Georgia Blain est décédée d'un cancer à la fin de l'année passée. 







samedi 9 septembre 2017

Série du moment - #18 Kingdom (saison 3)

Il y a tout juste un an je vous parlais de mon affection pour la série Kingdom de Byron Balasco, plus précisément je vous parlais de mon avis sur la saison 2 que vous pouvez retrouver ici.
Aujourd'hui, je reviens pour vous parler de la troisième et dernière saison de cette série. 

Si jamais vous souhaitez un petit résumé, autant aller voir mon article sur la saison 2, j'y explique la base des relations entre les personnages et le postulat de départ - il est plus simple de rediriger que de tout réécrire, surtout pour ceux qui connaissent déjà l'histoire ce qui est probablement le cas si vous regardez cet article. 


Après avoir adoré la saison 2, j'étais évidemment pressée de voir débarquer la troisième, surtout qu'il avait été dit qu'il s'agissait de la dernière saison malheureusement. C'est sans doute pour cette raison, que j'ai trouvé que certaines intrigues n'étaient pas suffisamment développées voire même pas du tout terminées. 

Cette saison ne commence pas à la suite de la deuxième, du temps a passé. Jay a arrêté le combat et s'est rangé, il travail dans l'immobilier, il a une femme et même une petite fille, nous sommes donc bien loin du gros toxico auquel on avait l'habitude dans les saisons précédentes - il faut croire que la mort d'Eva/Ava dans la saison précédente lui a permis de remettre les choses en perspective même si on n'aborde jamais sa mort, ni même son personnage - pas plus que celui d'Alicia d'ailleurs. 

Nate est resté fidèle à lui-même, il se bat toujours et est également toujours avec son copain, rencontré dans la saison 2. Maintenant que Jay est au courant pour son homosexualité, on pourrait penser que Nate s'assume plus, mais non, pas du tout même, il est toujours caché, il a toujours peur de la façon dont son père pourrait réagir, et la suite des événements montrera qu'il peut avoir raison d'avoir peur. 

Dans les saisons précédentes, j'aurais dit sans hésiter qu'Alvey et Jay sont de loin mes préférés et pourtant, dans cette saison, j'ai trouvé le personnage de Jay bien trop absent, trop effacé, en quelque sorte un pâle reflet du personnage complètement loufoque, même barré qu'on a l'habitude de voir et ça m'a un peu déçu. En revanche pour ce qui est d'Alvey, que dire franchement ? son personnage me touche, que ce soit dans sa manière d'être, sa façon d'être à la fois autodestructeur et à la fois très attachant, ses réactions disproportionnées qui n'apportent que des embrouilles - comme le prouve l'avant dernier épisode de la saison d'ailleurs - et son besoin de contrôle, son besoin de montrer aux autres (et à lui-même) qu'il est toujours capable. Et puis il faut le dire, on attend un combat d'Alvey depuis le début de la série, enfin personnellement j'ai toujours voulu qu'il se batte alors forcément quand j'ai vu que c'était un des enjeux de cette dernière saison, j'ai été ravie ! 

Pour ce qui est de Ryan, j'aimais assez son personnage avant, comme je l'avais dit j'ai été touchée par sa relation avec son père, sa gentillesse qui s'entrechoque à un manque de contrôle flagrant. Cette fois, j'ai été saoulée par son comportement durant presque les trois-quarts de la saison, il est vrai qu'il finit par se rattraper dès le moment où il rembarre Dom dans le bar, mais avant ça, qu'est-ce qu'il est fatiguant franchement ! Enfin je dis ça mais j'ai quand même compati lorsqu'il a tabassé un des hommes qui étaient entrés chez lui pour le voler. 


Objectivement parlant, j'ai trouvé cette saison assez inégale, enfin non, ce n'est même pas le mot. J'ai été emportée par l'intrigue Dom, depuis le début on sent bien qu'il n'est pas vraiment un bon gars, qu'il cache quelque chose, du moins qu'il faut s'en méfier et c'est bien ce que l'on fait. À chaque nouvel épisode il semble avoir une idée en tête et pourtant au final, j'aimerais qu'on m'explique l'intérêt de cette intrigue ? J'ai l'impression qu'il y avait soit le besoin de meubler et avoir un enjeu pour quelques épisodes, soit qu'il y a eu un gros manque de temps parce qu'il fallait boucler la saison et donc la série en 10 épisodes et que c'était impossible. 
Dom est présent dans les trois quarts de la saison et pourtant, il suffit que Ryan l'envoie paître pour qu'il disparaisse pour de bon sans demander son dû, j'ai trouvé ça franchement gros. 


Kingdom, saison 3 épisode 10.


C'était gros mais sans doute nécessaire pour pouvoir se concentrer sur la fin de la série, sur les origines d'Alvey - on fait enfin la rencontre de sa mère ! - ce qui permet une réunion familiale, chose qu'on n'avait pas vu depuis longtemps. Ces épisodes sont géniaux, vraiment, j'ai adoré cette fin de saison, cette volonté qu'a Alvey de faire les choses bien avec ses fils (enfin !) et puis tout s'enchaîne sans qu'on puisse rien faire, sans qu'on ne contrôle rien, du moins pas plus que les personnages eux-mêmes et alors, c'est le drame. 

J'ai été choquée, j'ai été déçue et j'ai été triste. Peut-être fallait-il que ça se passe comme ça, Nate n'avait peut-être pas sa place dans ce monde impitoyable qu'est la MMA ou peut-être pas - dans les deux cas le discours de Jay dans le dernier épisode m'a donné des frissons tellement je l'ai trouvé percutant et c'est sans doute le seul vrai moment où j'ai le sentiment de retrouver le vrai Jay, ce personnage que j'ai adoré durant deux saisons. 
Peut-être qu'une fois encore Alvey devait être à la source, peut-être qu'il fallait que ce soit le rejet ultime, mais un rejet qui après coup, semble être plus une erreur qu'autre chose. Quoi qu'il en soit, j'ai trouvé dommage de réagir de cette façon quand on dit quelques minutes avant qu'on souhaite partager des choses avec ses fils. C'est tellement dommage que je n'en reviens toujours pas, Nate était probablement le moins cabossé par la vie, le plus acceptable en tout cas et voilà qu'il faut faire sans. 

Une fois encore le monde du sport est distancée par la réalité, par la vie elle-même, pour un temps en tout cas. 
Déchirant, voilà ce qu'est ce dernier épisode, un mélange de tristesse et d'incompréhension, un mélange de compassion et d'énervement, c'est tous les sentiments que l'on ressent devant cette série et qui sont réunis pour un seul et unique épisode, et quel épisode ! 
C'est l'enterrement puis c'est le match, celui qu'on attend, celui que tout le monde souhaite voir depuis toujours et le voilà, enfin. J'ai été déçue par cet affrontement, j'ai trouvé qu'Alvey prenait plus une dérouillée qu'autre chose, qu'il n'y avait pas vraiment de chorégraphie mais plutôt un lancé de coup un peu au hasard ce qui est dommage quand on voit la beauté de certains combats. Je pense notamment au dernier affrontement de Ryan et Jay qui est hyper immersif, hyper mouvementé parce que bien réalisé, on n'a pas le temps et on le sent. Là au contraire, j'ai eu l'impression que les plans avaient du mal à s'enchaîner, qu'il était difficile d'avoir une harmonie et c'est dommage surtout quand il s'agit du dernier combat. 

Bon après forcément ça reste Alvey alors j'ai aimé c'est évident, mais je m'attendais à mieux, non, je voulais mieux, pour terminer le tout en beauté. 
Surtout, je suis restée sur ma faim, j'ai encore collé sur la rétine ces images de fin de combat, ce moment où Jay parle à l'oreille d'Alvey et que nous, spectateurs, n'avons pas la possibilité de savoir ce qu'il lui dit, J'ai trouvé que c'était vraiment trop dommage quand on voit la relation du père et de son fils aîné depuis le début. J'aurais aussi aimé savoir où aller mener cette histoire avec Christina, s'ils allaient se rapprocher avec Alvey ou si au contraire elle allait rester dans cette maison très étrange - je précise d'ailleurs que j'avais énormément de mal avec son personnage auparavant et que celui-ci m'a assez plu cette saison, en grande partie par rapport à sa relation affectueuse avec Alvey. 


Après évidemment j'ai passé un bon moment avec la famille Kulina, avec l'équipe Navy St. et je suis vraiment déçue que cette série soit terminée parce qu'elle fait partie de ces séries de qualités qui sont trop méconnues pour obtenir une réelle reconnaissance. 
Je ne suis pas une grande amatrice de sport et encore moins quand il s'agit de sport qui implique la violence, mais il n'empêche que j'ai suivi cette série depuis ses débuts et que j'ai adoré parce que Kingdom ne se résume définitivement pas qu'à ça et cette saison l'a montré une fois encore. Cette série est intelligente et bien traitée que ce soit dans son sujet de base, le free fight, comme dans son environnement, c'est-à-dire les personnages qui gravitent autour de ce sport. 






mercredi 6 septembre 2017

Le Coin des libraires - #66 Métamorphose I. Exorde d'Ericka Duflo

Je pense que si vous suivez ce blog depuis pas mal de temps, vous savez comment je procède lors de l'acquisition de livres : je ne regarde jamais la quatrième, tout se fait au feeling en quelque sorte, je peux être attiré par la couverture, le titre ou encore l'auteur, mais jamais par le résumé ou alors c'est vraiment très rare. 

La saga Métamorphose d'Ericka Duflo n'a pas fait exception, j'ai souvent vu passer les couvertures sur Instagram et je les ai longtemps vu me faire de l'oeil dans la librairie où je vais le plus alors forcément, j'ai fini par craquer. 


Adolescente rebelle et obstinée, Senna brave les interdits depuis le décès de sa mère. Elle ne fréquente plus les mêmes amis, rentre tard le soir et se fait souvent renvoyer de l'école. Ses relations avec son père se dégradent. Pourtant, Senna a d'autres inquiétudes : une marque hideuse et boursouflée s'étale sur son dos, elle entend des voix effrayantes et a parfois l'impression d'être surveillée. Ses écarts de conduite vont l'amener dans un pensionnat en Alaska où elle fera la connaissance de Ian, un garçon aussi beau que sombre, au comportement très étrange.  Sa vie va alors prendre une tournure inattendue...


Je n'ai jamais acheté de livres des éditions Kennes, pour dire la vérité je ne connaissais pas cette maison d'édition avant. Je ne sais pas s'ils publient beaucoup de choses ou non, tout ce que je peux dire c'est qu'elle vient de Belgique. 
En tout cas je dois bien dire que malgré l'anonymat de celle-ci - je ne veux pas dire qu'elle est réellement inconnue mais que personnellement je n'en avais jamais entendu parler - leurs couvertures sont vraiment très jolies, elles donnent envie, en tout cas pour ce qui est des trois premiers tomes de Métamorphose qui sont vraiment beaux. 

C'est donc pour ses jolies couvertures et son titre que je me suis lancée dans l'univers imaginé par Ericka Duflo et je n'ai pas été déçue. 
Autant le dire maintenant, le gros point fort de ce livre est sans conteste ses créatures. Le fantastique est un genre que j'aime bien mais mine de rien ça tourne assez souvent en rond : vampire, loup-garou, sorcier, voilà ce à quoi on a droit généralement et là, là je dois dire que j'ai été très agréablement surprise. 

Bon, je dis ça maintenant mais je ne faisais pas la fière durant ma lecture, j'avais si peur que Ian soit un vampire... Je me suis répétée je ne sais combien de fois "si c'est un vampire, je ne termine pas le livre, c'est mort". J'avais l'impression que l'auteure reprenait un peu Twilight avec cette histoire de pensionnat où l'héroïne rencontre l'adolescent mystérieux, elle a des cours avec lui, elle est mal à l'aise quand il est là, etc, etc. Fin vraiment, j'avais trop peur que ce soit une mauvaise reprise mais en même temps je trouvais que l'auteure semblait s'en amuser plus qu'autre chose alors je ne savais pas trop quoi en penser. 
Depuis, l'auteure m'a dit que je ne suis pas trompée et qu'elle s'amusait véritablement des stéréotypes ce qui m'a quand même énormément rassuré et a fait grandir mon plaisir de lecture lorsque j'ai entamé le deuxième tome. 

Il s'avère que Ian n'est pas du tout un vampire, il est bien une créature surnaturelle, mais une créature très peu commune, une créature dont on parle vraiment très peu en général, un peu comme pour Senna en fait. 
Je m'étalerais plus sur leur véritable nature lorsque j'écrirais mon avis sur le deuxième volet, je ne veux pas prendre le risque de raconter l'histoire à ceux qui ne la connaîtrait pas encore. Ce que je peux dire, c'est que l'idée est excellente et j'ai vraiment accroché avec l'idée de parler de créatures aussi peu communes - en y réfléchissant, la seule histoire que j'aie lue et qui traite de la créature qu'est Senna a été l'Epouvanteur de Joseph Delaney et j'avais déjà trouvé à ce moment que c'était une pure idée. 


Métamorphose - I. Exorde d'Ericka Duflo, éditions Kennes.


Enfin voilà sans trop en raconter sur qui nos deux héros sont en réalité, je pense que je peux dire que j'ai passé un bon moment. Les pages défilent sans qu'on le remarque - il faut dire que la police est particulièrement grosse aussi. 
C'est le genre de lecture qui est sans prise de tête, où on se laisse prendre par l'histoire. Alors oui j'ai vraiment trouvé certaines situations un peu trop faciles à mon goût. J'ai vu dans cette histoire énormément de références à d'autres livres de young adult. Je parlais de Twilight plus haut mais il y a également Vampire Academy par exemple avec cette idée de pensionnant un peu au beau milieu de nulle part et qui est là pour protéger la jeune fille d'on ne sait quoi. J'ai vraiment pensé à d'autres lectures que j'avais pu faire par le passé et en y réfléchissant, ça ne me gêne pas plus que ça, au contraire même, j'ai bien aimé baigner dans toutes sortes de références et en même temps découvrir une véritable histoire qui au final n'est comme aucune autre. 


Dans le fond je lis quand même peu de roman jeunesse/young adult, j'aime bien en lire, mais je trouve que certaines histoires sont vraiment trop fleur bleu ou alors trop invraisemblables. Et puis j'ai des périodes aussi, j'aime bien en lire l'été généralement je ne pourrais pas dire pourquoi exactement mais je trouve que ce sont des lectures qui sont agréables à lire l'été, on ne se prend pas trop la tête, on a juste à se laisser immerger dans l'histoire et voilà, ça ne va pas plus loin. 
Il n'empêche que j'ai eu de vraies belles découvertes et que d'après moi il ne faut pas sous-estimer ce genre parce qu'en plus, les histoires ne sont généralement pas seulement réservées aux "jeunes adultes" - c'est d'ailleurs un terme que je trouve très réducteur et péjoratif, mais passons. 


Tout ça pour dire que j'ai passé un bon moment avec Exorde, j'ai bien aimé faire la connaissance de Senna même si je dois bien dire qu'elle m'a souvent énervé, mais j'ai surtout bien aimé Ian qui, d'après moi, a un fort potentiel. Senna aussi hein, mais il est évident qu'elle a du potentiel puisqu'elle est l'héroïne. 

Je suis pressée de me plonger dans la suite de cette saga mais il va falloir que je prenne mon temps puisque les trois premiers tomes sont sortis, le quatrième devrait sortir qu'en mars/avril de l'année et il ne manquera plus que le cinquième avant que ce ne soit la fin. Étant donné que je déteste attendre les sorties, je pense lire le deuxième tome dans les prochains jours et ensuite je ferai une petite pause, peut-être que j'attendrai la sortie du quatrième volet pour lire le troisième, je ne sais pas trop encore, je verrai. 

Quoi qu'il en soit si vous aimez le fantastique et surtout les créatures peu communes, n'hésitez pas, essayez Métamorphose, il y a des chances pour que ça vous plaise ! 







Le Coin des libraires - # Le château (#1 trilogie des Ferrailleurs) d'Edward Carey

L e château , publié en 2013 en Angleterre et en 2015 en France, n'est autre que le premier volet de la trilogie des Ferrailleurs , écr...