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lundi 29 juin 2015

Mes séries du moment - Game of Thrones les deux premiers épisodes de saison 5

Série évènement comme tout le monde le sait. Je ne vais ici que parler de la saison 5 que je vais d'ailleurs découper en plusieurs articles pour un souci de clarté.

Je tiens à préciser que j'ai mis pas mal de temps à rédiger cet article et que c'est en partie pour cette raison que je le publie plus de deux semaines après le Season final !

Si vous n'avez pas encore vu la saison 5 de Game of Thrones, alors passez votre chemin, vous n'apprécierez pas de vous faire spoil.




  • Épisode 1 intitulé The Wars to come 
Après que Tywin soit mort l'an passé, - oui souvenez-vous son fils Tyrion l'a tué sur les toilettes, c'était d'ailleurs un beau moment de cinéma, un peu comme la mort de Geoffrey en fait - on assiste à ses funérailles à Port-Réal. Les Lannister doivent continuer à régner sans son aide, seulement leur position devient de plus en plus délicate. D'autant que Cersei ne cesse d'accuser Jaime de la mort de leur père, eh ben oui, indirectement il en est la cause puisqu'il est celui qui a libéré Tyrion.
Tyrion est évacué grâce à l'aide de Varys. Bien qu'il se soit vengé en tuant son père, il est toujours au plus mal n'ayant que pour seul réconfort, l'alcool.
Sansa Stark, la femme de Tyrion est elle aussi en fuite avec Littlefinger qui "la protège".

De son côté, Daenerys n'est pas mieux lotie, on la retrouve avec ses dragons, - il est temps qu'ils entrent en scène ceux-là quand même, c'est pas qu'on les attend mais presque. Drogon, l'ainé s'est enfui lors de la saison précédente tandis qu'elle a enfermé les deux autres, Rhaegal et Viserys qui semblent lui en vouloir d'être enchaînés.
Puis nous retrouvons Stannis Baratheon ainsi que Jon au Mur, Stannis veut que ce dernier convainque Manca Ryder, le chef des sauvageons au service des Baratheon. Ryder refuse et en paie le prix de sa propre vie.
Dans ce premier épisode qui représente une mise en bouche de la saison, on voit tous les personnages mais bien évidemment certains ne sont à l'écran que quelques minutes, le temps de les apercevoir, de se rafraichir la mémoire. 

  • Épisode 2 intitulé The House of Black and White
Dans cet épisode, nous retrouvons la jeune Arya Stark à Braavos, elle parvient enfin au temple qui est le repère du Many Faced God (Dieu Sans Visages si vous préférez !) 
Brienne de Torth est toujours à la recherche des filles Stark, Arya ou Sansa - rappelez-vous, elle a promis à leur mère, Cat de les protéger -, elle tombe sur Sansa accompagnée de Little Finger.
Cette dernière refuse l'aide de Brienne qui il ne faut pas l'oublier n'a pas réussi à protéger Catlyn. 
Cersei de son côté s'inquiète de plus en plus pour sa fille Myrcella, que nous n'avons jamais vue car elle vit recluse à Dorne. Seulement voilà, après la mort d'Oberyn Martell, il n'est plus question de protéger la princesse qui est désormais en danger. C'est sans compter sur notre beau Jaime qui part pour Dorne afin de sauver sa nièce - et fille ne l'oublions pas
Nous découvrons Dorne pour la première fois depuis le début de la série si mes souvenirs sont bons.

Vient le tour de notre belle Daenerys qui ne s'en sort pas formidablement bien à Maureen, en effet afin de montrer l'exemple une exécution publique a lieu, ce qui déclenche une bataille entre maîtres et esclaves qui rappelons le, sont désormais des affranchis. La Khaleesi qui perd le contrôle de la situation aperçoit Drogon, son dragon le plus fort qui s'était enfuie lors de la saison précédente.

Stannis Baratheon est au Mur, où va d'ailleurs avoir lieu l'élection du nouveau Lord Commandant. Stannis désire que Jon l'accompagne dans sa bataille contre le Nord et donc quitter la Garde de Nuit, en contrepartie de quoi, il possèdera enfin le nom de Stark et non plus le patronyme Snow qui signifie bâtard. Mais Jon refuse, il a prêté serment auprès de sa nouvelle famille qui n'est autre que la Garde de Nuit. Quelques minutes après, Jon est proclamé Lord Commandant de la Garde de Nuit par Aemon Targaryen.



  • Mon avis : 

Ces deux épisodes sont loin d'être les meilleurs de la saison, tout d'abord parce qu'ils sont les premiers, eh oui, il faut bien rafraichir la mémoire des spectateurs. On assiste surtout à une ronde autour des protagonistes, on les voit un peu chacun sans trop développé dessus. Excepté pour Daenerys et Jon qui restent les deux principaux d'après moi, ceux qui sont la tête d'affiche si vous préférez. J'ai vraiment aimé retrouver les dragons dès le début, je trouve qu'il est temps de les mettre vraiment en scène plutôt que d'en faire des caisses du genre "Quoi ? il reste une Targaryenne avec ses dragons, ils ne sont pas tous morts ?!", maintenant il faudrait plutôt passer à "Ouais je m'appelle Daenerys, tous mes ancêtres sont morts, je suis la dernière et j'ai trois dragons qui font trop mal, attention !" Donc oui, je n'espère qu'une chose, qu'elle apprenne enfin à les contrôler, à s'imposer comme la Mama comme on dit haha.
Pour ce qui en est de Jon qui est mon préféré (comme beaucoup je sais bien !), c'est vrai que j'aurais aimé qu'il porte enfin le nom de Stark, qu'il ait enfin accès à son héritage et ainsi ne soit plus que le simple bâtard de Winterfell.
Arya est celle qui m'intrigue le plus, que cherche-t-elle réellement auprès du dieu Sans Visage ? La vengeance ou au contraire la paix en oubliant son identité ?

La suite au prochain épisode, enfin non, article ! haha 





samedi 27 juin 2015

Le Coin des Libraires - #18 Le Silence de Jean-Guy Soumy

Une nouvelle lecture commencée, dévorée, terminée. Le Silence de Jean-Guy Soumy, que dire ? Je ne connaissais pas du tout l'auteur, j'ai acheté le roman un peu au hasard, fouinant d'un rayon à un autre,  une nouvelle fois je n'ai pas été déçue. Je dirais que Le Silence fait partie de ces cours romans qui te garde en alerte, que tu veux continuer, poursuivre et ainsi, avoir le fin mot de l'histoire, le pourquoi du comment qui couvre toute cette quête d'identité. 


Le monde de Jessica s'effondre le jour où son mari, mathématicien de renommé internationale, se tire une balle dans la tête. Comment Alexandre a-t-il pu la trahir ainsi, abandonner leurs deux fils, détruire leurs vies ? L'acte est d'autant plus incompréhensible qu'il ne correspond pas à l'homme qu'elle a connu. Mais qui était-il vraiment ? Peu à peu, l'histoire se fissure... Alexandre a menti, falsifié son identité, inventé un passé. Comment cela a-t-il été possible ? Et surtout, pourquoi ? 


Jessica Leroy se retrouve désormais seule, son mari Alexandre s'est suicidé dans un motel sans aucune raison apparente. Jessica ne comprend pas, pourquoi a-t-il fait cela ? Pour l'instant, elle n'est qu'au début de ses peines. Au fil des pages, nous découvrons avec Jessica que son mari n'était pas ce qu'il semblait être, cet homme brillant, ce catholique Caennais qui a immigré en Amérique, patrie qui lui a tout donné. Jessica tente le tout pour le tout, avec elle, nous allons procéder à une cherche aux trésors, qui était-il vraiment ? 

Je n'imaginais pas qu'un disparu puisse occuper tant de place. Ton image devant mes yeux. Ta voix. Ton corps. Cet envahissement qui renvoi aux débuts de l'amour. Je te cherche.
Je cherche.
J'ai abandonné l'idée de déceler un signe que tu m'aurais laissé. Subtil, ambigu, comme tu savais l'être. Pendant des jours et des nuits, je me suis interrogée. En vain. Aussi, ai-je décidé de remonter à la source, au temps de notre rencontre. Comme si ma dernière chance de retrouver un signe m'attendait là-bas.
Jean-Guy Soumy, Le Silence.


Au fur et à mesure de notre lecture, on en apprend plus, il n'était absolument pas Caennais, ses parents n'étaient pas ses parents. Nous découvrons la vérité par le biais de quelques poèmes, quelques bribes de sentiments que ressentait probablement Alexandre. Tout comme Jessica nous sommes bercés dans le silence, un silence profond, dur et froid, un silence éternel. Le silence est le lot de Jessica, cette nouvelle présence, celle qui remplace son ami, qui s'immisce entre elle et les autres, ses fils Phil et Lewis - fils cadet atteint d'autisme - John, cet ami qui aimerait plus et Samuel, ce frère jumeaux avec qui elle partagera un thé, le soir, au coin d'un feu. 

Ce silence est là, dans toute l'oeuvre, tapis dans une obscurité pesante, noircie par le mensonge. 

Ce qui m'a plu fût de retrouver la Seconde Guerre mondiale comme thème récurrent dans l'oeuvre, après ma lecture j'ai aimée en apprendre encore un peu plus même si, il faut bien le dire, les passages sur la jeunesse d'Alexandre sont très peu détaillés d'un point de vue historique. Vient s'ajouter l'idée magnifique des poèmes d'Armand Robin (extraits de Ma vie sans moi) qui seront des indices pour Jessica, de petits fragments de ce qu'était Alexandre aussi. Alexandre étant un mathématicien de génie, il est évidemment que les mathématiques ont un rôle crucial dans le déchiffrement de l'énigme du roman. Surtout que Jean-Guy Soumy n'est pas seulement écrivain mais également professeur de maths. 


Le Silence de Jean-Guy Soumy.

Le gros point fort dans ce roman, intrigue mis à part est le personnage. Contre toute attente, Jessica n'est pas celle qui m'a le plus plu bien qu'elle soit le personnage principal. Son personnage me paraît trop loin, trop incomplet aussi. Oui, la question est de savoir qui était Alexandre mais j'ai été un peu déçue de voir qu'au bout du compte, on apprend tout sur lui mais rien de plus sur elle. Nous avons quelques bribes, ici et là qui viennent lui ajouter une certaine contenance qui ne m'a malheureusement pas suffit. Eh oui, ceux que j'ai préféré sont les outsiders, Lewis et Samuel. 
Dès le début, Lewis est celui qui m'a paru être le plus intéressant, le plus atypique. Pas parce qu'il est autiste, non, parce qu'il est dépeint avec une telle candeur, une telle précision cachée que je ne pouvais pas ne pas l'aimer. D'après moi, il est celui qui en sait le plus, je trouve que cela se sent dès le début, quand lui pousse l'idée de vouloir apprendre le yiddish. Il se révèle réellement lors du voyage en France, j'ai vraiment aimé ces passages où, au coin d'une pièce, on le croisait, toujours silencieux, toujours extérieur aux choses mais en réalité si sensible, si intelligent.
Samuel est un peu comme cela aussi, silencieux, calme, paisible, différent. Il est l'homme dans l'ombre, celui qui vit tranquillement dans sa ferme, qui a malgré lui tué Alexandre. Tout comme Lewis, je l'ai trouvé sensible malgré les apparences.

En revanche, Phil est le seul à m'être apparu comme quelqu'un de détestable, quelqu'un d'égoïste. Je ne sais pas si c'était la volonté de l'auteur ou non mais dans tous les cas j'ai apprécié ne pas entendre parler de lui. Bien que lui aussi soit un élément essentiel à l'intrigue puisqu'il est celui qui peut déchiffrer les énigmes, les équations mathématiques de son père, je n'ai pas aimé ses brèves apparitions dans le roman. On ne peut pas aimer tout le monde, j'imagine.

Je ne sais pas si tu me comprends. J’hésite devant les souvenirs que tu m’abandonnes. Je suis indécise, comme une femme qui doute de la sincérité de son séducteur. Il se pourrait que ce que nous avons accompli tous deux me fuie et s’échapper vers des territoires pleins de rancoeur. Il est possible aussi, et cela dépend de toi que tu réussisses encore à me toucher.
J’aimerais reconstruire l’histoire de nos vies. Respirer de nouveau librement.
Alexandre, toi. Quand as-tu cessé de respirer ?
Jean-Guy Soumy, Le Silence.

Le Silence est un roman qui s'écoute plus que ne se lit, un roman qui te murmure la réalité. Une bonne lecture malgré certains petits défauts, un moment de détente face à un style éblouissant qu'est celui de l'auteur.
Ce livre est pour moi ce que Pascal Guignard a dit dans Vie secrète : "Le silence n'est que l'ombre que le langage porte."

Si vous souhaitez l'acheter c'est ici (librairie chapitre)







lundi 22 juin 2015

L'Avenue du Cinéma - #18 Imitation Game de Morten Tyldum

Imitation Game est le premier film de Morten Tyldum qui met en scène un mathématicien/ cryptographe de génie sous la Seconde Guerre mondiale, qui n'est autre qu'Alain Turing (interprété par Benedict Cumberbatch). Ce nom vous dit sans doute quelque chose, puisqu'il est notamment l'auteur d'un article fondateur sur la science informatique, autrement dit, les ordinateurs. 

Déjà jeune, ses professeurs disaient de Turing qu'il était un génie, ce qui lui a valu d'être mal considéré par ses camarades. Alan Turing a permis de grandes avancées dans le monde mathématique, il est d'ailleurs comparé à Einstein et Newton dans le film. 
Cette comparaison à Einstein est justifiée puisqu'à l'âge de 16 ans, Turing étudie la loi du mouvement et de la relativité et les comprend sans l'aide de personne. 

Le film s'ouvre à Manchester en 1951, Alan Turing vient de se faire cambrioler, la police va commencer à enquêter sur l'affaire et surtout sur cet homme qu'ils ne connaissent pas. Directement le commissaire devient suspicieux face à un Turing qui ne se soucie guère d'avoir été cambriolé la nuit dernière.
Et puis, nous sommes propulsé des années auparavant, en 1939 plus précisément, la guerre vient d'éclater, on retrouve un Alan Turing plus jeune, qui souhaite travailler sur l'étape décisive que représente le décryptage de la machine Enigma utilisée par les nazis pour communiquer. On suit alors le jeune Turing travaillant secrètement pour le gouvernement anglais, on en apprend plus sur sa personnalité, sa vie aussi. On voit qu'il aime beaucoup courir, que ça semble lui "remettre les idées en place" tout comme dans la vraie vie.
J'ai vraiment aimé en apprendre un peu plus sur Alan Turing, qui il était, ce qu'il a fait. J'avoue que je ne connaissais même pas le personnage (honte à moi, je le sais bien), du coup ça n'a été que des découvertes sur découvertes bien que j'avais déjà reçu quelques informations de la part de mon meilleur ami au préalable.


L'enquête sur Turing est intéressante, au début, la police va se demander ce qu'il faisait pendant la Seconde Guerre mondiale pour finalement découvrir que le pressentiment du commissaire est totalement injustifié et que la seule "infraction" de Turing est son homosexualité. J'ai particulièrement aimé voir que tout le récit du passé de Turing qui est offert sous nos yeux n'est que la narration d'Alan Turing lui-même ainsi que le policier.
Il fut par la suite accusé d'indécence manifeste et de perversion sexuelle, sa réputation de professeur a été ruinée, à cette époque, on ne se remet pas d'un drame comme celui-là.
Le film est également agrémenté de flash-backs sur l'enfance d'Alan Turing, lors de ses études, on le trouve en compagnie de celui qui fut son seul vrai ami, Christopher. Ces flash-backs ne sont pas sans raisons puisque tout ce que fait Turing est destiné à son ami, malheureusement décédé. D'ailleurs tout commence avec ce dernier car, Christopher lui offre un livre sur la cryptographie.

J'ai trouvé émouvante les scènes où Turing était en compagnie de Joan Clarke ( interprétée par Keira Knightley), l'amitié qu'il lui portait sans jamais aller plus loin. J'ai aimé leurs scènes parce qu'ils sont similaires indirectement. Alan est un homosexuel, crime punie par la loi à cette époque - eh dire que c'était il n'y a pas si longtemps... - et Joan Clarke est simplement une femme, qui, encore à l'époque était très mal considérée comme le film le montre bien au moment où elle entre dans la salle pour passer le test et ainsi faire partie de l'équipe de décryptage. J'ai apprécié le personnage de Joan qui reste le personnage le plus proche d'Alan, elle est prête à se marier avec lui bien qu'elle sache qu'il est homosexuel et même si ça aurait permis à Turing d'éviter les ennuis, je suis heureuse qu'il ne se soit pas marié, que le film ait été fidèle à la réalité - bah sinon, ce n'est pas un biopic non mais oh ! -

La fin du film est déchirante, on y trouve Turing chez lui, Joan vient lui rendre visite. Alan Turing est alors persécuté pour homosexualité, il est forcé d'accepter la castration chimique (c'est-à-dire la prise d'oestrogènes) pour ne pas aller en prison. Seulement, la dépression est là. J'ai vraiment été choquée face à son allure végétatif, à bout de force, mais toujours avec son Christopher qui l'accompagne jusqu'au bout. 
Jusqu'à ce qu'il se suicide en s'empoisonnant avec du cyanure en 1954.



En plus d'avoir été époustouflé par une histoire vraie à couper le souffle, le casting est tout simplement bon. Benedict Cumberbatch (Star Trek Into Darkness, Le Hobbit ou encore la série Sherlock) m'a scotché, je l'ai trouvé épatant dans son rôle à croire qu'il était fait pour lui. Ce qui touche avec ce personnage, c'est indubitablement sa solitude, l'incompréhension autour de lui. On le remarque surtout au début du film, quand il est engagé pour décrypter la machine avec une équipe déjà composée, mais aussi dans les dernières minutes du film, quand Joan vient le voir chez lui, qu'elle le trouve en robe de chambre totalement désillusionné et toujours seul. J'ai adoré être face à un homme considéré comme un des plus intelligents du monde mais qui n'est pourtant pas capable d'avoir une quelconque relation. Turing est totalement désarçonné face aux êtres humains, j'ai même cru à un moment qu'il était atteint de dyslexie.

Bien qu'il dure quasiment deux heures - comme un peu tous les films presque maintenant -, on ne s'ennuie pas une seule seconde face à l'écran, le film est réalisé de telle sorte qu'on imagine avoir face à nous le sort de l'humanité tout entière, tout se joue dans une petite salle rempli d'une énorme machine créée pour contrer Enigma et ainsi remporter la guerre.
Ce film montre divers aspects des années 40-50, comme bien évidemment l'homosexualité qui était interdite par la loi ou encore le côté misogyne des hommes qui encore en 1940 ne pouvait accepter qu'une femme soit autant si ce n'est plus intelligente qu'un homme. Avec ce film nous prenons un vrai cours d'histoire sur la Seconde Guerre mondiale, cette fois-ci du côté des Anglais, de nos amis de l'autre côté de la Manche qui, on peut désormais le dire, ont sauvé la vie de milliers - millions ? - d'êtres humains.

  • Le secret autour du décryptage fut tenu secret jusque dans les années 70, Turing est décédé presque 20 ans auparavant. 
  • Ce n'est qu'en 2012, que la reine Elizabeth II reconnaît l'importance majeure qu'a été Turing d'un peu de vue humain comme informatique. 

Je tiens à préciser que j'ai eu énormément de mal à rédiger cet article, comme quoi, il est toujours dur de s'exprimer même quand il s'agit d'une oeuvre que l'on a aimé. Je dirais même qu'il est plus difficile de parler de quelque chose que l'on a aimé que le contraire. 




jeudi 18 juin 2015

Le Coin des Libraires #17 Au nom de tous les miens de Martin Gray

Ici, je ne fais pas dans l'original, Au nom de tous les miens est un livre mondialement connu qui est passé dans beaucoup de mains avant d'arriver dans les miennes, je ne le sais que trop bien. 
Pourtant, ce roman m'a complètement bouleversée, je savais que je le serai, bien évidemment, mais il a dépassé toutes mes espérances. 

Tout d'abord, Au nom de tous les miens raconte l'histoire d'un homme Martin Gray, ce polonais juif qui a tout fait pour simplement "vivre" durant la guerre. Le roman commence dans le présent, nous lisons les pensées de Martin, homme vieillissant rescapé de la Seconde Guerre mondial qui vit désormais à Paris. Le début m'a un peu fait penser au début du roman Moi, Christiane F, la vie malgré tout de Christiane Felscherinow, ce sentiment de répugnance face aux journalistes, ceux qui voulaient qu'ils racontent leur histoire - même si bien évidemment elles n'ont toutes deux pas la même ampleur. 

"Mais on ne pouvait pas penser longtemps à la chance qu'on sait ??    eue, on ne pouvait pas se féliciter des ruses qu'on avait inventées. La vie était devenue une course d'obstacle : on sautait le premier, un autre était déjà là, plus haut, et un autre derrière plus difficile encore et plus rapproché. On n'avait plus le temps de reprendre souffle."
Martin Grey, Au nom de tous les miens (rédigé par Max Gallo)

Et puis, tout commence, comme le dit Martin Gray, il est né en septembre 1939 au moment où la Pologne et Varsovie - la ville de l'auteur - se fait annexer par les Allemands. C'est ici que débute l'histoire, cette histoire d'horreur dont on entend presque nous-mêmes les cris, ces cris déchirants de millions d'êtres tués simplement parce qu'ils sont des hommes. 

Ce récit est peint d'une vérité si poignante et déchirante qu'il en devient difficile d'y croire. Je me retrouvais à chaque fin de chapitre en me demandant quelles horreurs allaient se produire dans le prochain.  J'ai aimé suivre Martin dans toutes ces péripéties, du moment où ils commencent à être contrebandier pour nourrir sa famille au moment où il est forcé d'être emmené au camp de Treblinka pour ne pas laisser sa famille seule. Il est toujours question de sa famille, "des miens" comme il aime les appeler.
J'avoue, pour le coup c'est la seule chose qui m'ait vraiment dérangée, qu'on retrouve toutes les deux pages un rappel du titre dans une fin de phrase, c'était, d'après moi des répétitions qui n'étaient pas forcément utiles. 

Au nom de tous les miens de Martin Gray aux éditions Pocket.

La force de ce récit, c'est sa sincérité, sa vérité qui nous apparait comme immonde mais qui est bel et bien la vérité. Certains passages m'ont juste donné envie de vomir, je pense notamment à celui où Martin tuait des enfants qui n'étaient pas morts dans les chambres à gaz, il les tuait pour abréger leurs souffrances c'est un fait, mais, je ne sais pas, c'est quelque chose de dérangeant, d'horrible tout simplement. Dans ce roman, je me suis rendue compte qu'être face à la réalité pouvait être quelque chose d'atroce. Et pourtant, au-delà de tout cela, j'ai adoré, c'est un témoignage historique si fort, d'une valeur inestimable. J'ai toujours aimé les biographies et pourtant, ici ce n'est pas cela, il s'agit simplement du récit d'une vie, d'une vie que personne n'aurait voulu et que Martin s'est évertué à préserver, encore, toujours, pour lui, mais surtout pour les siens. Pour expliquer, raconter, venger. 

Nous étions promis à la mort, tel était le destin qu'ils avaient tracé pour nous, j'en étais sûr maintenant. Ils me prenaient Zofia, cet esprit libre dans mon enfer ; ils m'arrachaient ces rires, cette douceur, tout ce qu'elle m'avait découvert : une vraie vie où les hommes ne seraient plus des loups. Je suis restée jusqu'au matin, tendu, incapable même de me souvenir des heures que nous avions passés ensemble.
Martin Grey, Au nom de tous les miens (rédigé par Max Gallo)

Quand l'on pense que c'est enfin terminé, que désormais lui aussi a accès à ce petit lot de bonheur, à New-York auprès de sa grand-mère maternelle et puis après, en France avec sa femme Dina et leurs quatre enfants. Oui, mais pourtant non, l'horreur revient une nouvelle fois, elle apparaît de nouveau face à cet homme qui n'a déjà que trop souffert. 
Et le voici de nouveau seul, nue, face à nous lecteurs, nous retrouvons un Martin qui se dévoile une dernière fois, qui se confie, qui pleure sur ses pertes, ses nouveaux morts. Il est là, devant nous tentant de refermer ses plaies, de vivre, même après cela, il faut toujours vivre. 



Je me suis documentée au-delà du roman, et j'ai appris que certains passages du roman étaient romancés et non réels. Il s'agirait des chapitres qui concernent le camp de Treblinka en particulier. Malgré ma déception, je pense que Martin Gray a été le plus fidèle possible face à de vieux souvenirs douloureux, ce qui me suffit largement. 

Si vous souhaitez l'acheter : librairie Chapitre





lundi 15 juin 2015

L'Avenue du Cinéma - #17 Rudderless de William H. Macy

Aujourd'hui je veux vous parler d'un film qui m'a vraiment beaucoup touché, il s'agit de Rudderless de William H. Macy, présenté au festival Sundance de 2014. Ce film ne vous dit sans doute rien, mais c'est normal ! Comme certains films maintenant il fait partie de ceux qui sortent longtemps aux États-Unis avant d'arriver en France ou dans d'autres pays. Va-t-il sortir en France ? Je n'en suis pas certaine, néanmoins je vous conseille de le regarder en vostfr, le plaisir y est bien meilleur. Rudderless, c'est l'histoire de cet homme, Sam qui perd son fils dès les premières minutes du film.


Les personnages sont très bons dans le film, Billy Crudup (déjà vu notamment dans Big Fish et Watchmen : Les Gardiens) est génial dans le rôle de Sam, on ne peut que compatir, que l'apprécier. Malgré le fait qu'il vive n'importe comment, il est un personnage très attachant qu'on se prend à aimer très rapidement en partie grâce à son caractère solitaire, fataliste, dépité et désabusé. Pourtant, malgré ça, il y va, il décide de faire partie de ce groupe, Rudderless, pour notre plus grand plaisir. Mon second personnage préféré n'est autre que Quentin, son interprète, Anton Yelchin (déjà vu dans de nombreux films tels que Star Trek (2009), Star Trek : Into Darkness (2013) de J.J. Abrams ou encore Only Lovers Left Alive de Jim Jarmush) fait de son rôle un personnage simple, amusant, hyper attachant, bref je l'adore. Il y a seulement vers la fin où bien évidemment j'ai été un peu déçu par rapport à sa relation avec Sam mais je ne vous en dirais pas plus. 

L'action est surtout concentrée autour de ces deux personnages, de leur rencontre, de leur alchimie, de leur vie aussi. Les autres membres du groupe ont chacun leur propre style, ils ont tous un petit quelque chose de différent ce qui rend les scènes entre eux très bonnes et souvent très drôles. 
Pour ce le rôle d'Emily, l'ex-femme de Sam, j'ai été surprise de voir Felicity Huffman - rappelez-vous, elle a joué Lynette dans Desperate Housewives ! -, simplement parce que je crois que c'est la première fois que je la vois dans un film. Malgré le peu d'apparition qu'elle fait dans le film, j'ai bien aimé son personnage, celui qui est passé à autre chose et qui aimerait que son ex-mari fasse de-même, j'ai trouvé qu'elle été le personnage le plus "normal", dans le sens où elle s'est faite aux évènements et elle tourne page. 
En revanche, très mauvais point pour Selena Gomez qui, jusqu'au bout m'a paru antipathique au possible. Tout d'abord, à cause de son rôle, Kate - elle était la petite amie de son fils décédé -. Bah oui, il n'y aurait aucun problème si elle ne revenait pas, ensuite parce que son interprétation est tout simplement sur-joué, elle essaie d'en faire des caisses dans les trois seules scènes où elle apparaît. J'ai trouvé ça trop, beaucoup trop même. Non pas que j'ai quelque chose contre elle, c'est seulement que je ne suis pas sûre qu'elle soit la meilleure personne pour ce rôle.



Au début tout s'enchaîne très vite, on aperçoit un étudiant Josh qui fait de la musique puis, son père, Sam l'appelle pour le retrouver. On sent directement qu'il y a un malaise avec le fils, quelque chose qui cloche. Et puis, un drame survient, une fusillade a eu lieu à l'université, le fils de Sam est mort.
Nous sommes propulsé deux ans après, Sam a complètement changé son train de vie, il est divorcé de sa femme, Emily, il vit dans son bateau et n'est plus cadre dans une entreprise. On comprend alors que tout a basculé depuis la mort de son fils. Emily a refaite sa vie avec un autre homme, eu un autre enfant. Elle vient voir Sam pour lui donner les affaires de musique de son fils, son ampli, sa guitare et ses chansons. C'est après de longs moments d'hésitations que Sam  se décide enfin à regarder, à découvrir puis à s'imprégner de ces chansons. Ces histoires écrites par son fils.

S'enchainent de belles rencontres, notamment avec Quentin sous le rythme de jolies mélodies. J'ai particulièrement adoré le film pour ses chansons que je trouve exceptionnelles - j'en écoute toujours quelques-unes d'ailleurs. Je ne saurai pas comment l'expliquer mais je trouve ces chansons belles, simples, emplis d'émotions.
J'ajoute en dessous celle que je préfère afin que vous puissiez vous faire une petite idée : 

Home interprété par Billy Crudup. 


L'histoire liée à l'univers musical est géniale, on est directement dans la peau de Sam. Le premier évènement est celui où Sam va interpréter Home justement, dans un bar tenu par William H. Macy qui n'est autre que le réalisateur du film (et également Frank dans Shameless U.S.) Quentin, présent dans le bar l'entend, il veut faire connaissance avec Sam. Petit à petit, malgré les réticences de Sam, commence une amitié pas commune entre un père de famille désillusionné et un jeune homme qui pourrait avoir l'âge de son fils décédé. L'alchimie est présente entre les deux personnages, ils font un excellent duo que ce soit cinématographiquement parlant que musicalement parlant. 
On se prend alors à avoir un petit sourire béat face aux évènements. On oublie rapidement que c'est un drame et, franchement, niveau tristesse, nous sommes servis. 
Après le premier vrai concert du groupe qui s'est formé petit à petit, toujours dans le même bar, mais avec une ambiance bien différente, le groupe cartonne complètement. Sam revoit celle qui était la petite amie de son fils, Kate qui est déjà apparu au début du film, lors de l'enterrement de Josh.  Les problèmes commencent, Kate menace alors Sam de révéler à tout le monde qu'il n'a pas écrit ces chansons, qu'elles appartiennent à son fils décédé. Sam ne sait plus quoi faire, surtout après que leur est proposé un concert qui pourrait radicalement changer leur carrière. 

C'est ici, ici que l'on comprend que ce ne sera désormais plus drôle, que les instants joyeux sont partis et qu'ils ne reviendront pas. La descente aux enfers de Sam recommence une nouvelle fois et, nous l'apprenons. Pourquoi est-ce si grave de chanter ces chansons en mémoire de son fils ? Je ne peux vous le dire, c'est trop gros, trop important, c'est dur et si triste. On voit une sorte d'envers du décor pour ces parents qui souffrent et qui pourtant, n'y sont pour rien. 

C'est ici, ici que l'on comprend que ce ne sera désormais plus drôle, que les instants joyeux sont partis et qu'ils ne reviendront pas. La descente aux enfers de Sam recommence une nouvelle fois et, nous l'apprenons. Pourquoi est-ce si grave de chanter ces chansons en mémoire de son fils ? Je ne peux vous le dire, c'est trop gros, trop important, c'est dur et si triste. On voit une sorte d'envers du décor pour ces parents qui souffrent et qui pourtant, n'y sont pour rien. 

Le film se termine sur une prestation de Sam, seul, toujours dans le même bar, une dernière chanson, afin de se dévoiler, de dire à la vérité à tous, de s'assumer. Cette scène est sans conteste la pire de tout le film, elle nous prend la gorge, vraiment, je me sentais mal à l'aise, je ne comprenais pas, pourquoi se regardait-il tous en sachant que c'était génial, mais en ne le montrant pas ? J'ai été choquée de voir que c'était la fin après cette scène, je ne m'y attendais pas et j'avoue que cela m'a laissé un goût d'amertume. 

Et puis je l'ai regardé de nouveau quelques semaines plus tard et ce fut pire, je savais. Tout. À chaque scène qui m'amusait, je me disais que ça n'allait pas durer, le film n'a pas changé, ça n'a pas duré. Et j'ai de nouveau vu cette scène finale, qui m'a une nouvelle fois émue, révolté un peu aussi.








jeudi 11 juin 2015

Le Coin des Libraires - #16 Shutter Island de Dennis Lehane

Eh oui, je sais, je ne fais pas dans l'originalité avec ce nouvel article. Néanmoins, je tenais à vous en parler, car, on ne peut pas passer à côté de ce roman. 
À vrai dire, désormais, je comprends l'engouement qu'il y a eu autour de ce livre et ensuite du film - que j'ai vu bien avant de lire le livre et qui est également très bon -. Parfois, certains livres deviennent on ne sait comment, des best-sellers adaptés au cinéma et alors, là, on se demande pourquoi ? Pourquoi lui plus qu'un autre ? 

Bref, je disais donc que j'ai fini par lire ce chef-d'oeuvre de la littérature policière, véritable thriller psychologique comme on les aime. Ce n'est que tout récemment que je m'y suis mise d'ailleurs. Je l'avais chez moi depuis très longtemps, je n'avais jamais eu spécialement envie de le lire, je m'étais dit "si un jour tu n'as plus de lectures, tu lis Shutter Island", - autant dire que je ne l'aurais jamais lue -. Et puis, l'ironie du sort sans doute, impossible de remettre la main dessus.

J'ai fini par le racheter dans une édition que j'aime d'amour, l'édition limitée de Rivages/Noir, célèbre maison d'édition pour tout ce qui est romans policiers/romans noirs. Avais-je l'intention de le lire rapidement ? Aucune idée, mais au moins, je savais que si un jour j'en avais l'envie, ce serait possible. Et puis, après avoir lu Karoo de Steve Tesich, je me suis attelée à la lecture de Shutter Island. 

"Elle m'a dit un jour que le temps n'était pour moi qu'une série de marque-pages dont je me sers pour parcourir les textes de ma vie, revenant inlassablement aux évènements qui ont fait de moi, aux yeux de mes collègues les plus perspicaces, un homme manifestant tous les symptômes du parfait mélancolique."
Dennis Lehane, Shutter Island

L'histoire commence avec le personnage de Chuck - Charles -, celui-ci explique son besoin de raconter ce qui s'est passé sur l'île, afin d'en avoir une trace. Une fois passé les trente premières pages, on ne peut simplement plus s'arrêter. Au début, c'est vrai je tournais les pages en attendant, en espérant que ça commence, que je sois entrainée dans ce tourbillon infernal dans lequel l'auteur, Dennis Lehane, m'a mené lors de ma lecture de Prières pour la pluie. 

Je n'ai pas été déçue, une fois bien rentrée dedans, les longues descriptions de l'île et de ses locaux terminés, on ne peut qu'apprécier l'histoire totalement sensationnelle que nous livre l'auteur. C'est du grand génie, les personnages sont bons, Chuck & Teddy formant une excellente équipe, plusieurs fois je me suis surprise à sourire devant ces deux protagonistes si complices. 
L'auteur parvient à nous faire entrer sur l'île, en tant que voyeur. Nous suivons Teddy dans ses péripéties sur l'île qu'est Shutter Island, on subit son cauchemar, celui d'être pris pour un fou, car d'après le syllogisme, "Les fous nient leur folie, or Bob nie sa folie, donc, Bob est fou". Il s'agissait de ça dans ce roman, de la folie, beaucoup. 

Chuck & Teddy sont Marshals fédéraux, une femme, une patiente qui se serait enfuie. Dès leur arrivée sur l'île, on comprend, déjà que quelque chose cloche  avec le personnel, chose qui n'échappera pas aux deux personnages qui semblent se correspondre et se comprendre. Commence alors de véritables recherches autour de la disparition de cette jeune femme qui aurait disparu sans laisser de trace, et surtout, sans avoir même ouverte la porte de sa cellule. Les lieux deviennent alors synonymes de danger, que se passe-t-il sur cette île ? Mieux, que se passe-t-il dans le phare de l'île ? 




"Il détestait qu'elle s'engage dans cette voie. Rue des Souvenirs. Comme elle était incapable de s'adapter au présent, à ce qu'ils étaient devenus aujourd'hui - avec tous les défauts -, elle emprunte les chemins sinueux de la mémoire pour retrouver un passé susceptible de lui réchauffer le coeur."
Dennis Lehane, Shutter Island


Cette lecture s'enchaîne si vite, mais les questions, demeurent jusqu'au bout. Qui est fou ? Qui est vraiment un agent ? Ce récit qui nous est livré est-il réellement factice, notre personnage a-t-il tort ? C'est autant de questions qui tourment le lecteur, jusqu'à la fin du roman. Bien entendu, pour ceux qui ont vu le film, la chute nous ait connues, pourtant, pas une fois j'ai eu envie de m'arrêter de le lire sous prétexte que je connaissais la suite. Dennis Lehane parvient à nous accrocher, nous divertir devant cette vision de la folie, des fantômes du passé, qui hantent, encore et tout. 
L'esprit de déduction du lecture est très sollicité, on assiste à des séries de codes que Teddy saura déchiffrer et qui finiront par le mener vers la vérité. Vérité qu'il ne semble pas vouloir accepter, qui la fait tomber dans une folie sombre depuis deux longues années passées sur l'île de Shutter Island. 

Dennis Lehane m'a tout simplement époustouflé dans sa capacité à nous dépeindre la folie, à nous rendre fous nous aussi d'une certaine façon. Définitivement, c'est un auteur qui me passionne pour sa facilité à nous faire ressentir des émotions si pures et fortes. 

"Sentant la vie s'écouler hors d'elle, il l'attira à lui, et elle s'affaissa contre sa poitrine. Alors, il la serra de toutes ses forces entre ses bras, le visage pressé contre la robe fanée, pleurant son amour perdu à tout jamais."

Dennis Lehane, Shutter Island


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lundi 8 juin 2015

L'avenue du Cinéma - #16 Kingsman services secrets de Matthew Vaughn

Film assez attendu - du moins pour ma part, Kingsman services secrets fait partie de ces films qu'il faut voir en ce début d'année 2015, surtout quand l'on sait qu'il est réalisé par Matthew Vaughn, qui n'est autre que le réalisateur de Kick-Ass, ou encore des deux derniers X-Men sortis. 

Tout commence avec des flashbacks, on aperçoit alors Harry Art alias Galahaad (interprété par Colin Firth), ainsi que son partenaire qui lui sauve la vie en donnant la sienne. S'enchaînent ensuite d'autres scènes où nous assistons à la première rencontre entre Harry et Eggsy qui n'est encore qu'un bambin. 
Nous sommes ramenés à la réalité, quelques années ont passé, nous retrouvons Eggsy (interprété par   Taron Egerton) qui est désormais un jeune adulte. D'une scène à l'autre, tout a changé, l'environnement autour d'Eggsy est différent des flashbacks. Sa maison, sa mère qui semblait former un cocon protégé a volé en éclat, sa mère a l'allure d'une femme facile et un homme profite d'elle comme bon lui semble, il règne un environnement dicté par les plus forts. 
Et nous assistons à la mort d'un des agents Kingsman, agent secret lié à une société elle-même totalement inconnue. 

On assiste par échelons à l'ascension de Eggsy qui passe d'un voyou surdoué à un homme battant et réfléchie - peut-être pas toujours, c'est vrai. Pour essayer de devenir le prochain Lancelot, le nouvel espion de Kingsman, Eggsy sera en compétition avec d'autres, oui, sinon ce n'est pas marrant. Les autres candidats ne m'ont pas spécialement interpellé plus que cela bien qu'ils apparaissent à répétition dans le film. 
La seule évidemment à sortir du lot en plus d'Eggsy est Roxy (interprétée par Sophie Cookson), elle est celle qui ira jusqu'en finale avec Eggsy, celle qui sera peut-être le nouveau Lancelot. Son personnage est plutôt bon, ce n'est pas du tout centrée sur elle, tout est vraiment concentrée sur Eggsy et Kingsman ce qui est génial. C'est une chose que j'ai vraiment appréciée dans ce film, ne pas avoir d'éternelles scènes amoureuses entre le protagoniste et sa belle. 


Avec Kingsman, on retrouve l'idée de faire du neuf avec du vieux. Eh oui, pour ceux qui ne le savaient pas encore, Kingsman est largement inspiré de tous ces super espions anglais/américains dont le leader reste évidemment James Bond. Mais, contrairement aux autres films d'espionnages il ne s'agit pas de faire quelque chose de sérieux, non, il s'agit plus de tout tourner en dérision, de se moquer gentiment de tous ces espions. On le voit notamment dans la scène où Eggsy est interrogé sur le nom de son chien prénommé JB, un petit bouledogue français tout mignon.

Certaines scènes sont juste éblouissantes et étourdissantes, je pense à la scène dans l'église celle du carnage de Harry, excellemment chorégraphié et filmé, nous sommes dedans, jusqu'à la fin, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus personne à vaincre. Le film est si bien tourné qu'on ne peut qu'être pris dans l'histoire jusqu'au dénouement final où tout apparaît de façon cyclique, eh oui, la boucle est bouclée. 

Il faut le dire, dans un film ce qui est primordial en plus d'un bon scénario et d'une bonne réalisation, c'est les acteurs. On retrouve dans Kingsman un excellent casting rempli de quelques acteurs qui ont depuis bien longtemps fait leur preuve et quelques petits nouveaux. 
Taron Egerton est celui qui m'a le plus époustouflé, son jeu est bon, il est tout simplement vrai. Eggsy est le jeune anglais désillusionné par excellence, à l'image bien évidemment de Jack O'Connell, - acteur révélé dans la série anglaise Skins et plus récemment dans Invincible réalisé par Angelina Jolie. Au fur et à mesure du film il se révèle véritablement au côté de son ami Harry. Il faut dire que ces deux-là forment un sacré duo ! 
Colin Firth fait partie de ces personnes très attachantes du début à la fin. Son personnage, Harry fait tout dans le but de protéger Eggsy, il est le mentor, le symbole parfait de ce qu'est Kingsman, un agent secret compétant doublé d'un gentleman, ce que doit devenir Eggsy durant son entraînement. On croit très facilement en son personnage bien que ce ne soit pas le genre de rôle que joue généralement Colin Firth, seulement, on ne peut qu'y croire. Il est d'une crédibilité sans nom et son caractère, son flegme si caractéristique des Anglais, ne fait que renforcer ce sentiment de réalité, oui Colin Firth est bon en super espion ! 
Que dire du personnage de Samuel L. Jacskon excepté que c'est un mégalomane ? Non sérieusement c'était assez étrange de retrouver cet acteur dans ce rôle. Surtout, je pense parce que j'ai regardé The Avengers quelques jours seulement avant de voir Kingsman pour la première fois. On le retrouve sous les traits de Richmond Valentine, le grand méchant du film, aussi amusant que répugnant avec son zozotement merveilleusement bien contrôlé. Une fois encore, Samuel L. Jackson montre avec cette interprétation qu'il fait partie de ces excellents acteurs qui peuvent jouer une multiplicité de rôles différents et être à la hauteur. Son personnage me fait rire avec ses casquettes assorties à ses costumes ainsi que l'ironie : combien de méchant ne supporte pas la vue du sang ? 


Kingsman services secrets est une sorte de melting pots, on retrouve une comédie légère à l'image de Bridget Jones (il me fallait faire un clin d'oeil à Colin Firth), mêlé aux codes des films d'espionnages mais également aux films d'actions tout simplement.
On retrouve des acteurs très bons qui portent le film vers quelque chose de plus grand, plus génial encore. J'ai adoré lors de mon premier visionnage et après l'avoir revu une deuxième fois, mon avis ne fait que se confirmer, Kingsman services secrets est un film à voir mais également à revoir. 
Je croise d'ailleurs les doigts pour qu'un deuxième volet fasse son apparition ce qui arrivera sûrement, il ne reste plus qu'à attendre que la FOX qui possède les droits l'annoncent publiquement. Il faut quand même rappeler que le film a fait plus de quatre cents millards de recette et plus d'un million cinq cents mille entrées en France.








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