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L'Avenue du cinéma - #11 La Voleuse de livres de Brian Percival

Je reviens aujourd'hui avec l'espoir de vous faire découvrir quelque chose de nouveau. Mon sujet n'est pas très original pourtant : la Seconde Guerre mondiale. Cependant ce film est très différent des autres, non pas qu'ils se ressemblent tous mais ici, on voit l'envers du décor, il ne s'agit pas des vainqueurs, mais des vaincus, les Allemands. 


Le film s'ouvre sur la mort d'un enfant, cette scène d'ouverture est très importante pour la suite de l'histoire puisqu'elle est l'élément déclencheur. Après la mort de ce jeune garçon, on commence à suivre sa soeur aînée, Liesel (interprétée par Sophie Nélisse) qui est envoyée en maison d'accueil dans une petite ville allemande. C'est à partir d'ici que l'histoire commence réellement, Liesel rencontre ses parents adoptifs Hans & Rosa Hubermann (joué par Geoffrey Rush & Emily Watson) et Rudy, un jeune Allemand très prometteur dans le cadre des jeunesses hitlériennes. Commence alors une histoire très triste qui nous retourne l'estomac durant 2h10. Au départ, Liesel ne se plaît pas dans sa nouvelle maison, elle déteste sa mère qui ne cesse de lui donner des ordres et de mal lui parler, elle trouve refuge en son père adoptif qui va lui apprendre à lire. Dès lors, la littérature va faire partie intégrante de la vie de cette jeune fille parallèlement à cela elle prend conscience de l'idéologie du parti nazi durant la montée de celui-ci.

"Le bruit de la page tournée les fit sursauter.
Elle poursuivit sa lecture.
Pendant vingt minutes au moins, elle distribua les mots de l'histoire. Le son de sa voix apaisait les plus petits. Les autres voyaient en imagination le siffleur s'enfuir de la scène du crime. Liesel, elle, ne voyait que la mécanique des mots - leurs corps échoués sur le papier, qui se couchaient sous ses pas. Et ici et là, dans l'intervalle entre un point et la capitale suivante, il y avait Max. Elle se rappelait les moments où elle lui faisait la lecture quand il était malade. Est-il dans le sous-sol? se demandait-elle. Ou bien est-il encore en train de regarder le ciel à la dérobée, tel un voleur ?"

Cette fois-ci, nous ne voyons pas des soldats américains, anglais ou encore français, cette fois-ci on voit l'Allemagne durant la montée du nazisme, il ne s'agit pas de points de vue de soldats ou de réfugiés, non, il s'agit seulement de cette jeune fille qui a été mise en maison d'accueil car sa mère est une communiste, - chose vraiment dur à vivre à cette époque. On assiste à des scènes vraiment horribles, notamment celle où les habitants de la ville brûlent tous les livres au nom du Führer, on vit sous le regard de Liesel qui elle-même ne comprend pas pourquoi. Pourquoi font-ils cela, et au nom de quoi le font-ils ? Plus qu'un simple drame, il retrace l'histoire d'évènements survenus avant la Seconde Guerre mondiale comme par exemple, la Nuit de Cristal. 

Après ce jour, elle comprend la difficulté que représente l'accès à la lecture durant la dictature d'Hitler, néanmoins, pour continuer à enrichir sa passion pour la littérature, elle ne va pas hésiter à voler des livres - oui, oui, dont le nom La Voleuse de livre
Durant son apprentissage littéraire, on assiste à la venue d'un nouveau personnage dans la maison, Max, un jeune homme juif qui cherche refuge chez les Hubermann après que Hans ait combattu aux côtés du père de Max durant la Première Guerre mondiale. Commence alors une belle amitié entre notre protagoniste et Max, elle trouve en lui un grand frère, figure fraternelle qu'elle-même a perdue. Leur relation n'en devient que plus forte quand Max tombe dans le coma et qu'alors, Liesel tente de le sauver en lui lisant des histoires provenant de livres qu'elle "emprunte". 



Ce film permet de comprendre que les Allemands n'étaient pas tous pour Hitler, que certains vivaient dans la répression et la peur. Je pense d'ailleurs que Rosa, la mère de Liesel est l'incarnation de cette peur, elle se cache, littéralement, elle passe ses journées enfermées chez elle à travailler, elle guette par la fenêtre dès qu'elle entend ne serait-ce qu'un bruit. Cette femme en apparence si dur n'est en réalité rien d'autre qu'une femme qui est terrorisée, effrayée à la vue de la montée de la dictature. Son mari, Hans, est totalement opposé à elle, bien qu'il ait les pieds sur terre, il tente malgré son âge de se battre pour la liberté, comme on le voit quand un homme de son village est capturé par les SS pour la simple raison qu'il est juif. Hans, contre toute attente essaie de s'interposer, en vain. Il est d'ailleurs envoyé au front suite à cela. 

Ce qui m'a le plus touché dans ce film, c'est la relation Rudy/Liesel, ils ont beau être très jeunes, ils sont l'élément rafraichissant du film, leurs scènes sont toujours enjouées et on se prend à espérer que les espoirs du petit Rudy sont fondés : il finira par l'embrasser. 
C'est sûrement du fait de cette relation que je mets un bémol à ce film car, franchement, la fin, elle n'est juste pas possible. Arrivée au bout du film, je ne me suis posé qu'une seule question : à quoi bon regarder un film de deux heures si c'est pour qu'ils meurent tous à la fin ? Non mais franchement quoi, que les parents ou d'autres personnages décèdent, je peux le comprendre, il s'agit de la guerre il ne faut pas l'oublier, mais Rudy, non vraiment Rudy quoi, pourquoi lui ?

C'est un gros point négatif pour moi, je ne voyais même plus l'intérêt de finir ce film après cette scène de bombardements, tout le monde est mort excepté Liesel et Max, qu'y a-t-il d'autre à voir ? 

"J'ai aimé les mots et je les ai détestés, 
Et j'espère en avoir fait bon usage."

Markus ZusakLa Voleuse de livres.


J'aimerais lire le livre un jour, histoire comme d'habitude de me faire mon propre avis sur cette adaptation par rapport à son support d'origine. Je pense que cette histoire est plus "facile" à lire qu'à voir, elle est vraiment triste et parfois, je ne savais pas comment réagir face à certaines images. Le livre me paraît également être un bon compromis bien qu'on retrouve l'image de la mort qui est, dans le film présente par la voix off qui prend le rôle de conteur. J'aurais nettement préféré que ce soit le point de vue de Liesel. 


Contre toute attente ce film reste quand même bon, rien que pour sa qualité de film historique, cependant je ne pense pas le regarder de sitôt car, il fait partie de ces films qui vous font mal au coeur et que vous ne souhaitez pas revoir avant un petit bout de temps. 

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